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MAINUS. M A J O R A G I U S.
(4) IW u 149s, lors que Louis Sforce fut déclaré Duc de Milan, ce qui lui valut de nouveaux titres (b).X'nar^c Liant devenu prelque aveugle, il interrompit ses Leçons (D ), & ne put être engagé à les repren-
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on l’investit
dre que par les pressâmes sollicitations de Louis XIÌ. IÎ fut honore de la présenceà l’une de ses Leçons (E) : cela fut accompagné de mille agrémens ; mais le fief dont
Leçons (E) . „ ^
(c) votez, la ne lui aporta Damais un fou ( c ), Lc au contraire l’engagea à des dépenses considérables. La jalousie■Remarie profession entre lui & Philippe Decius alla fort loin (F). Ce n’etoit pas un homme qui eûtP esprit fort subtil, ni qui fît scrupule de se prévaloir du travail d’autrui (G). II rançonnoit cruel-lement ceux qui le venoient consulter j mais il promettoit de leur rendre leur argent s’ils per-doient leur cause (d). II fut dispensé de faire Leçon les dernieres années de fa vie. Ce futune grâce qu’il obtint du Duc de Milan, & que le mauvais état de son esprit lui auroit suffi-samment procurée. Cette derniere partie de sa vie fut triste: il avoit perdu l’esprit, & il avoitun neveu qui le batoit ( e ). II mourut à Pavie le 2.2. de Mars 15*19, âgé de quatre-vingt-quatre ans, & laissa un fils naturel, qui eut des charges dans la République de Genes (/).
Remarque
(O).
(d) Votât,la T^emarque
(B).
(t) Firtti#cum serti#confeùluTiï
délirasse >sape à Corn,Hippolyto e*fretire nepott
ppignis cafardfuisse. P»û-zirol, nidinfrà , pdgm286 .
La réponse qu’il fit à Louis XIí a été mal raportée par Monsieur MoreriAuteur de plusieurs Livres (/). Il étudioit à la chandelle en plein jour (K).
(f) Tire' MPanzirole,Libr. U deClaris Le-gum Intel*pretibus,Cap,
(H). II est cxxviu
( 7 ) Ews(Ludovici
Sforcix)Senator acPatritius estdeclamîus.Tanzirol.de -ClarisLegum In-terpretibus,
pag, 283 .
„ Sénateur dans son Conseil, avec l’ordre de Chevalerie„ (7), 8c l’envoia en quelques Ambassades vers les Em-„ pereurs Frédéric & Maximilien; qui le jugeans digne de„ leur estime, par ses propres mérités, autant que par son„ caractère, luy firent des honneurs extraordinaires, 8c le„ congedierent chargé de leurs presens ". Cela n’est pasbien narré: en faisant fond sur ces paroles, on s’imagìneque Mainus fut envolé successivement à l’Empereur Fré-déric, & à l’Empereur Maxìmilien. C’eft une erreur; ilne fut envolé à la Cour Impériale, que lors que BonneSforce épousa Maximilien Roi des Romains.
(D) ll interrompit ses Lésons.] Pendant plus de neufans, si l’on en croit Panzirolle : mais il ne souffre pas lui-même que nous l’en croïons, car il dit que le Roi LouisXII le rengagea aux Leçons publiques, & que Mainusinvesti d’un fief, à condition qu’il enfeigneroit la Jurispru-dence ( 8) , remplit cette condition , & ne laissa pas d’êtrefrustré de son fief (9). II s’en plaignit à Louis XII, quiexpédia des Lettres en fa faveur ; mais on les jetta parterre, 8c l’on donna mille coups à celui qui les présenta.Jason amicorum opéra, à Rege litteras impetravìt, ut Jibi abla-ta restituerentur, se d nuntius pugnis, ex calcibus percujjus penécasus est, Litter/t in terram projeéla, ex conculcata fuere. Mai-nus écrivit ses plaintes à Guy de Rochefort Chancelier deFrance, 8c n’oublia pas les 150 écus que cette affaire luiavoit coûtez, fans qu’il eût tiré des terres que le Roi luiavoit données un seul denier. Panzirole ajoûte que ceschoses arrivèrent Fan 1 300, 8c que Mainus continua Ren-seigner jusqu’en Tannée ijii. L’interruption n’avoit com-mencé pour le plutôt qu’en 1495, où trouverons-nousdoncles neuf ans que Panzirole la fait durer ? Autrefois j’étoissurpris quand je rencontrois de testes fautes d’Arithmétiquedans les bons Auteurs; mais à présent elles ne me íurpre-nent plus: j’en ai trouvé un trop grand nombre pour n yêtre pas accoutumé, 8t bien endurci.
(E) Il fut honoré de la présence de Louïs XII, ^ l’unede ses Lepons.] Louis XII étant allé à Pavie voulut l’en-tendre. Mainus vêtu dune robe d’or le conduisit à l’Au-ditoire. Le Roi le fit passer devant, 8c dit que la puis-sance roiale dans ces lieux-là étoit inférieure à celle desProfesseurs. Rex eum velut preteeptorem praire jujpt, quod eom loco profitentibus regiam potestatem inferiorem ejje diceret (io).
II étoit suivi de cinq Cardinaux 8c de cent Seigneurs. IIembrassa Mainus à la descente de la Chaire, 8c lui fit pré-sent d’un château. On peut comparer ceci avec les hon-neurs rendus par Pompée au Philosophe Poíidonius. Cn.Pompejus confiblo Mithridatico bello intraturus Pojìdonïi sa-pientia prosejjtone clari domum fores percuti de more à liâlorevetuit, ex fastes liter arum janua submifit ìs cui se orient occì-densque submiserat. ( I x ). Le Sieur Bullart ne devoir pasdire que Louis XII entra souvent dans cet auditoire ( rr.).Mais voilà l’esprit de presque tous ceux qui font des Elo-ges : ils ne prenent point garde aux nombres; ils multi-plient tout. La matière, qui fut traitée par Mainus danscette Leçon, ne doit pas être oubliée : il soutint que ladignité de Chevalier, conférée par un Prince à celui quiTom. 1, pag. p e flg na le dans un combat, doit passer du pere aux enfans.2IZ - Ea leêtione dignitatem equestrem obspcfìatum in acie facinus de
manu Régis traditam, accendenda virtutis ergo ad posteras ma-nare diffinivit (13).
(F) La jalouse de profession entre lut ex .Philippe Decius allacap. lxvi, j. g s t s oìn ^ u n>est rien si e p| us ordinaire que de voir pro-duire à cette espèce de jalousie un torrent d’injures, 8cunegrêle de médisances ; mais il est rare que ceux qui en fontatteints se jettent des pierres au sens literai, comme firentun jour ces deux Professeurs. Ils fe rencontrèrent dans unepetite rue, 8c fe disputèrent le haut du pavé, 8c pensèrents’assommer l’un l’autre à grans coups de pierre. Quel spec-
sius, nurn.471 .
( 8 ) CafirumPìoteram*Rex irt feu-dum Jasoni ,dum viveret ,cum mulîisprtdiis & "provmtibusconcejfit , ho canime , tttJura profiterìteneretur ,fíijï valet li-ât ne effetimpeditus.Idem, ibid.
28Z.
( 9 ) Dominy.sÀ Corcu régi adonms ma-gijíir Jafo-ntm Castrofpoliavit ,
ct fi pofi ac-quifitumCafirum se?ri-per docuit .
Ibidem,pag. 284 .
(10) Panzi-xoJ. p t rSz.
(ir) Plinius,Libr. VIIyCap. XXX.
(u) Bui-lart, Aca-démie desSciences,
(rr) Jovius,in Élojr.
pag. 154 .Vo t ez, aussiPanzirole,de clanslegqmInterpiet.j>«£. 28 Z.
tacle ! 8c qu’il étoit propre à divertir les enfans, 8c tousles passans ! Jasonis nominis invidia exagitatus Philippus De-cius , ipsum usque ad insanas cavillationes nunquam inseêlarìdestitit. In tantum denique odium prorupere , ut femel in an-:giportu obviam faSli , cum de loco contendere cœpìjsent , etìatn . . -
lapidibussese mcejstjfeserantur (rq). . , r lî. pasìt*
(G) Il ne faisoit pas scrupule de se prévaloir du travail d’au-trui.'] Si on ne l’avoit pas encore enrôlé dans les Liftes des (ij) u estPlagiaires (15) ,on auroit eu tort: car il s’attribua un Livre Ams u Listequ’Alexandre d’Imola avoit composé; 8c il avoit à ses ga- de Thoma*ges quelques Ecoliers qui alloient copier les Leçons des plusfa vans Professeurs, dont ensuite il savoit faire son profit.
L’un de ces Professeurs s’en plaignit publiquement, 8c fut
fi outré de cette supercherie, qu’il changea de sentimentpar dépit, 8c qu’il réfuta les opinions qu’on lui avoit enle-vées. Lisez ce Latin, vous y trouverez le nom des per-sonnes intéressées. Aliorum etiam laboribus Jason libenterstuebatur ,siquidem commentarium in titulum de Aélionibus ab (0Alexandre ìmolenft scitì elaboratum stbi adscripjîjse, CéX in lu-cem edidiffe , sertur. (f) Hieronymi Torti Papienjis , qui cum ceeii.Jacobo Puteo in patria vespertinas leéìiones paulo ante explicue-rat , cv* aliorum scriptis locupletari voluit ; Bononia quoque dum fi 6 ) Panzi^ibi Bartholomaus Secinus , deinde Carolus Ruinus profiierentur , roi. de clan*audttores aluijse dicitur, qui eorum descriptas leíliones ad fe re-serrent: id v ejus comment aria oftendunt, çr Ruinus sape pu- p a g. zS j.blk'e deploravit, qui, mutât a per ìndignationem sementia,surreptas opiniones confutare consueverat (16). (17) Mo 16 *
(H) Sa réponse à Louis XII a été mal raportée par Monsr. r L nustletMoreri.] „ Paul Jove . . . ajoûte que le Roi Louis XII Maym '
„ lui ayant demandé à fa preíènce, pour quelle raison il , . ToiíiuS ,„ ne s’étoit jamais marié, il répondit qu’il s’étoit persuadé ) n xf<,§.
„ qu’à la sollicitation de sa Majesté le Pape Jule 11 le fe- cap. lXVI,„ roit Cardinal (17) ’. Ce n’est pas traduire comme il Iî4 ’faloit ces paroles de Paul Jove: Me audiente interrogatus à , ,p anz j,Ludovico Gallorum Rege, cur nunquam duxijfet uxorem , ut tecommendante, ìnquit, Julius Pontifex ad purpureum galerumgestandum me habilem sciât (18). Mais on ne laisse pas de ( 2o ) confí- Aconoître dans cette mauvaise Version, que Mainus avoit rez. xvec c“‘souhaité le Chapeau de Cardinal. II ne lui servit de rien KJpensede découvrir le secret de son ambition. Hoc responso dkllh r fanimi quidem secretum ostendit ,sed numquam votl compos sac- fssdoostus est Ç19). Voilà ce que dit Panzirolle, après avoir dit ce sZ 'xrtid'que l’on vá lire : ln domestico colloquio ab eodem (Rege) in- Remarieterrogatus Jason, cur nunquam uxorem duxijfet, Ut tua, in- *■ D hquit, amplìjsme Rex , opéra Julius Pontifex me ad purpureum an zí-Galerum promovere pojfit (20). 10I . ltl ‘
( I) Il est Auteur de plusieurs Livres. ] D’un Commen-taire fur les Pandectes, 8c fur le Code de Justinien, outre (zz) k‘ d -quatre Volumes dc Réponses, 8c l’explication du Titre de P a S- lSi ~Attionibus (21). II compiloit beaucoup; mais il ne com- .prenoit pas toujours ce qu’il empruntoit des autres (22). fssi*Jason non multum ingenio acutus ob hafitationem indecisos Ls.f.st.quandoque articulas reliquit, nec femel maie percepta aliorum qui sargumenta récitât, ac in referendis receptis opinionibus , qua citer - sfiCommunes vocantur, non nunquam decipitur. Vir alioquhabo- fs" V> 'ríofus , cr in cumulandis aliorum diâlis diligent, (J) quicquidenim legebat , scriptis mandabat, unde à solo calamo Juris (zsfludiosum adjuvari diélitabat, erse, quantumsiudebat, tan- capititum scribere reserebat. ,Ma • ‘ n
(K) Il étudioit à la chandelle en plein jour.] J'ai ouï direcela de quelques autres Savans, 8c je fuis bien ailé de letrouver imprimé touchant Jason Mainus (23). On devinefacilement la raison de cette conduite : il y a de certainsesprits qui ne peuvent rien produire s’ils ne fe recueillent,s’ils ne fe concentrent en eux-mêmes; 8c ils ont beaucoup
luto , ;
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y* ri co i 7 *ii
verni’ n‘ "cUrit a,t .,
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de peine à prévenir les distractions. C’est pourquoi il faut g"iqu’sts dérobent à leurs yeux la diversité des objets que legrand jour leur présente. ^
(l) Voiex.îíiitalis Co-nies, My-thol. Libr.IX, Cap. V,
■ fag. m.
MAJORAGIUS (Marc Antoine), Professeur en Eloquence à Milan au XVISiecle, s’aquit beaucoup de réputation par la politesse de son style, & par son habileté dans lesbelles Lettres. II étudia à Corne fous un Professeur qui étoit son proche parent (yf) j après
quoi
(-> 4 ) ll étudia . . . fous un Professeur qui étoit fin proche nom en Latin au bas d’un billet, ou il lui faisoit savoirparent.] H avoit bien du mérite, 8c s’apelloit Prémier le qu’il vouloir lui rendre visite, fut cause qu’Erafme, toutComte, Prïmus Comes (i). Ce nom fut le fondement dune infirme qu’il étoit, s’empressa de lui aller au devant, bienéquivoque qui surprit Erasme;car cet Italien aiant mis son persuadé que c’étoit quelque grand Prince, 11 fut hten
étonne