-88
1
M A J O R A G I U S. M A J U S.
(*) Tiré dela, X Haran-gue de Ma-joragius.
Ce ft celle oùil se justifiedu changementde son nom .
publiquement, & la gagna (*). II continua d’enseigner avec une forte aplication, qui fans doutelui abrégea la vie; car il ne vécut qu’environ quarante ans &'six mois. 11 mourut le 4 d’Avrilifff. Mr. Moreri a donné le Titre de quelques-uns de ses Livres (A), & a fait quelques peti-tes fautes (F). Mr. de Thou en a fait aussi quelqu’une (G).
Majoragius doit être mis dans le Catalogue des personnes accusées de Plagiat (//).
teurs de la belle Latinité. Or il n’y a point d exemple dansl’Antiquité Romaine, qu’un homme ait été nommé Marie,ni qu’il ait eu tout à la fois un nom masculin & un nomféminin. Voilà pourquoi il convertit le nom Maria encelui de Marcus, par l’alongement de la derniere syllabe,& le mit devant celui d 'Antonius-, car c eût été une bar-barie, un usage inconu à l’ancienne Rome , que de s’a-peller Antonim Marais. II salut donc non seulement al-longer l’un de ses noms, mais auffi lui faire changer deplace. Comme nous avons ici un exemple des superstitionsde la Secte Cicéronienne (2.1) , il faut raporter les propresparoles de cet Auteur, In verborum deleíïu, quod C. Cafaréloquent i& prïncipium ejfe diëlitabat , adeo diligens , zy penedixerim fuperftitiofus eram, ut nullum omnin'o verbum, nul-lam •verborum conjunSîionem , nullam dicendì formulam ad-mittendam mihi ejfe censerem , quam non apud veteres Latinosatque probatos auitores invenìjfem. Id igitur in nomme meoprdápue fervandum ejfe Jlatuebam , ne, cìim Lat'ma Vingiucanâorem Q? elegantiam frofitercr , aliquis mihi bqrbarum no-me» ey inujttatum alìquando pojfet objicere : atque eo m agis,quod snihi nullo modo convenire vìdebatur , ut muliebre nomencum vìrili conjungeretur. ffuìs enim apud antiques unquamtalem nominis conjunôïwnem vel legit, vel audivit , ut quis kviro zy mhliere nomìnaretur (2,2) ? Quant au nom de Majo-ragius, il le préféra à celui de Cornes , par la raison que j’airaportée ci-dessus (23). Ainlì, au lieu d 'Antonius MariaCornes, qui étoient les noms qu’il avoit portez avant qued’étre aggrégé au corps des Auteurs, il fe nomma MarcusAntonius Majoragius en s’érigeant en Auteur. J’ajoûte queMajoragius étoit le nom de son pere , & que son pereavoit eu ce nom à cause qu’il étoit né dans le village deMajoraggio proche de Milan. Julianus Cornes, homo cummnocentia atque integritate vita, tìim officia , fide , atéloritatefui municipii facile Princeps , mihi pater fuit , P. C. qui cìemMajor agtum vìcum habitaret , atque ita fe comiter liberaliter-que gereret , ut vicinis omnibus gratus cy carus haberetur-, cog-nomen k loco fortitus eji, zy Majoragius appellatus (24). Aureste , ce Julien Majoragius aiant épousé Magdeleine leComte, se nomma Cornes , à l’imitation de ses beaux-fre-res, qui ne trouvèrent point du bel usage de se dire deComité, ou de Comitibus. C’est notre Majoragius qui mel’aprend. Cum hoc locutionis genus k consuetudine Latinì fer-monis abhorreret : primo vir eruditiffimus avunculus meus, quipermultos annos Mediolani magna cum gloria publice docuit,cum elegantid fermants admodum Jiudiofus ejfe t, non amplïusfe de Comttibtis, ut c&teri faciebant, fed Petrum Comitem coe-pit ìnjcribere. . . . Hune \mitati funt ejus fratres Jacobus zyAloyjius, atque etiam pater meus Juliamis , qui hortim foro-rem Magdalenam ,matrem mearn in matrimonio habebat (25).Notez que Julien & fa femme étoient issus de mêmesancêtres (26).
(E) Mr. Moreri a donné le Titre de quelques-uns de fesLivres .] II a oublié les Harangues & les Préfaces, impri-mées plusieurs fois. Je pense que la prémiere Edition futfaite à Venise l’an 1582 (27) par les soins de Jean PierreAyroldus Marceilinus. Elle comprend XX V Harangues,(27) Elit eft XIV Préfaces, & le Dialogue de Eloquentia. Je me fers
(21) Majo-lagius étoitun Cicero-nien mitigé:il ne dídai-gnoìt pas lestermes dontCiccron nes ì efi passervi, pourvuqtdìls fujjentdans d?autresbons Ecrivainsde VancienneHpme, Votez*U Tjcmarque( E ) > versla fin .
f22) Majo-ragnis,
Orat. X,
p. l$>9 ,2CO,
(2 z) Dans la\era, (^ 4 ),Citation (3).
(24) Ma/o-lagiiis,Orat. X,pag. 194. Ildit pag . 222 :Cum pra:-sertim Ma-joragii cog-
nomentumh ab c rem
adhuc àpâtre haere-ditaiium.
(25) Ma-joragius,Orat. X,pag. 22 r.
(26) Idem fOrat. VIII,pag. 141.
(28) Elle apour TitrePhilochry-fus, lìve delaudibusAmi.
de l’Edition de Leipfic 1628 , enrichie de Notes margina-les par Valentin Hartungus Professeur en Médecine. Onn’avoit point osé publier en Italie la Harangue de Majora-gius contre l’Avarice du Clergé (28). C’est une très-bel-le Piece, & auffi finement tournée qu’il se puisse. Ellefut publiée à Utrecht l’an 1666 m 4 fur le Manuscrit deMr. Gudius. Mr. Morhof aiant vu que les Exemplaires enétoient devenus rares, la fit réimprimer avec un Discoursqu’il avoit fait selon ce modele l’an 1690. L’une & l’au-tre de ces deux Pieces fe trouvent dans la Collection desHarangues & des Programmes de Mr. Morhof, publié àHambourg l’an 1698. Vous trouverez un fort long Ex-trait de cette Harangue de Majoragius dans le Luthéranis-Us) Secken- me de Mr. de Seckendorf (29). Mr. Moreri-devoit undors, Hist. p eu m j eux expliquer le sujet de la querelle de Majoragiusavec Calcagninus , & avec Nizolius. La querelle avecCalcaeninus fut soutenue pour les Offices de Cicéron, cou-
le Titre qu’il donna à fes Réponses publiées l’an 1543. Ja-ques Grifolus réfuta auffi les Difquijitions de Calcagninus.
Ces trois Pieces, jc veux dire la Critique de Calcagninus»
& les Réponses de Majoragius & de Grifolus furent pu-bliées ensemble in 8 au XVI Siecle. Mr. Graevius a in-séré tout cela dans son excellente Edition des Offices deCiteron. Quant à Nizolius il fe brouilla avec Majoragiuspar jalousie de métier : il eut du dessous parce que peud’habiles gens s’accommodoient de son caprice de Cicero-nien rigide. Hune Tuliiana elueubrationis genìum cum intercœteros ejus atatis praferret etiam Marins 'Nix,olius Brixellenfis ,orta ejl inter utrumque de prima laudis acquijttione eontentio ,multa vicistm fibi publice objeHantem ,' ac sua vicijfim feriptacarpentem : in quo tamen Nizolius ideo aeerbiora eruditorumjudicia, quod fubacri ey tetricâ fuperjlitione , in tant a Latì-norum procerum fœcunditate ne hilum quidem k Ciceronis for-mulìs recedendum arbitraretur. Sua igitur non inepte tutatusplacita Majoragius perdoíU ac induftrït ingenii nomen eme-ruit (30). N’oublions pas que Gaudentius Merula doit êtrecompté au nombre des Adversaires de Majoragius, qui l’ac-cuse d’être un grand voleur (31).
(F) Mr. Moreri a fait quelques petites sautes, ] I. II nefaloit pas dire que Majoragio étoit natif d'un château de cenom-, car Majoraggio n’est qu’un village. Si l’on me ditque rien n’empêclie qu’il n’y ait un château dans ce vil-lage, je l’avouërai ; mais j’ajouterai que Majoragius nenaquit point dans un château. Je le prouve par ces paro-les (32): Amphortius , qui ex illìs (33) natu maximus erat,
Majoragium vicum extruxìt, atque m eo turrim , cujtts adhucm domo mea paterna, pojì feptmgentos atque amplms annos,quidam extant 'vefiigiq atque fundamenta ; hic nostri generisauftor fuit. . Majoragius auroit-il parlé ainsi de son logispaternel, si c'eût été le château du lieu? Joignez à celaqu’il avoue que son pere étoit fort pauvre (34); mais nonpas qu’il fut domestique du Seigneur de son village. 11 . Cene fut point lui, mais son pere, qui, à cause du village deMajoraggio où il demeurait, prit le nom Majoragius.
Voiez la Remarque (D) , Citation (24). III. II n estpoint vrai que son nom fut Marc-Antoine Maria. IV. Niqu’il ait enseigné à Ferrare.
( G) Mr. de Thou a fait aujjl quelque faute.] I. II ne de-vait pas dire que Majoraggio fut apellé de ce nom, d,'un bourgok son-pere demeuroit (z;) : j’ai déjà fait voir que son Peres’apelloit Majoragius. II. Son Epitaphe dans le Muséumd’Iinperialis porte qu’il enseigna pendant quatorze ans:mais dans le Théâtre de Ghilini elle porte qu’il n’enfeignaque neuf ans. Mr. de Thou dans Mr. Teiffier fait cesser (34J Lîctt>*la Profession de Majoraggio au bout de huit ans, & supose ,l
qu’il la quitta , pour s’kpiiquer enûerement k ï étude de la #
Théologie. Mon Edition de Mr. de Thou porte que Majo- jviajorag-ragius ne commença cette étude qu après avoir emploie Orat. X,treize ans à instruire ]a jeunesse. I II. II dit dans le mê- P a g- 2 3 6 -me Mr. Teiffier que Majoragius a vécu quarante deux ansL’Edition Latine ne lui en donne que quarante. La vé- 1 e 01rité est qu’il vécut quarante ans & près de six mois.
(H) ll doit être mis dans le Catalogue des personnes accusées Mr, Tesli ££de Plagiat j] Natalis Cornes assure qu’il a ouï dire à d’ha- " ai:
(30) Joli.Impérial is*in Musieo
Histoi. p*$?126.
Qî) In
Apologiâ»pag. 23 , apetAlmelove-nium, i>*PlaiQuio-rum Syll*'bo, pag. A'
(íz) Ma-jorílgius ,Orar. X»pag. 220*
( 33 )I/ entiej'parler deFreres,Didier %°í, -des Lomùítrdhleur Oncle
maternel ,
éleva àdignité de ,Comte, & *qui il donnaplttfienrsterres .
Aâdit.
E! °s- r t f ,
G P 5 S- í
Edition d!7696.
Le LittiioA,
ÍO
ateí
Luther.Libr. III,pag. 342 iy
Ju-
biles'Florentins, que Majoragius, redevable à Pierre Vie-tonus de fes Eelaircissemens fur la Rhétorique d’Aristote,l’avoit paié d’ingratitude, & s’étoit paré insolemment d’unbien dérobé. 6jui locus ( Aristotelis in 3 .libro Rhetorico-rum) cum ante nostram atatem legeretur depravatus , PétriViHorii patricii Tlorentini ac tiiri clariffimi ingénia ejì ìntegri- MajoraS 11 ^tati rejhtutus : ut mihi, cum ejfem Florentin, multis rationi- vico i n f*bus probarunt •viri quidam eximu ìntegritatis cy eruditionis ,atque in primis Vincentius Borghinus, vir omnium quos un-quam cognovi, midtiplici rërum cognitione prajìantilfimus. Ho-rum gravium tejiium autoritate commotus non potui non fum-mopere improbare M. Antonii cujusdam Majoragiì nefeio impu-dentiam ne appellem , an exquifitam ambitionem .- qui omni ex-plicatione prope Ariflotelics. artis ipjìus Viâlorii feriptis accepta,ut ex iifdem vìrìs illujiribus cognovi, ex hac emendatione elatus,mox alibi in Viêlorium ìpfum non femel tnfultavit ,zy per hujusloci correbîìonem viros omnes clarïjftmos fust atatis infeëlatus
e l us P,,r,
habicatA’ita vo catThuanu^Lik. -*■ r
(3
Comu s >My thoh
Cap.
m. 9 &
tre lesquels Calcagninus avoit publié XXV Difquijitions. eji: atque in primis Hermolaum Barbarum vïrum prajiantijfi-Majoragiusles réfuta toutes par autant de Décisions: c’est mum (~>E\
mum (36).
( 1 1 Sabel-licus, de#Iaingua La-tins Repa-latoribus,pag. 405 >apud Anton.Nicode-xmim, Ad-
s, \ Voie& ^BÌbl oJeta” a
^ v , _ NíAo
bua beaucoup par fes Leçons & par fes Livres à rétablir le bel usage de la Langue Latine (B)-, ftpi' 1 » í 4 '
MA J US (Junianus) Gentilhomme Napolitain, enseigna les belles Lettres dans Naplesvers la fin du X V Siecle (a). U eut entre antres Disciples le célèbre Sannazar {A). II contri-
( A j II eut entre autres Disciples .... Sannazar .] Celaparaît par la VII Elégie du II Livre de Sannazar dédiéead fumanum Majum praceptorem. J’en citerai ci-dessous linlong Passage.
{B) ll contribua beaucoup ... k rétablir le bel usage de lanium, c™- ^‘ an & u f latine.'] C’est la louange que Sabellic lui a donnée,dizioni alla Subjiciet his aliquis , dit-il (1), haud ìmmerìto j h. TorteliumHiblioteca Aretinum ey Junìanum Parthenopaum. Juverunt illí indus-Napoletana, tria uterque jua, nec muìtum inter fe diverfa verborum utriHs-fag. 144. -
maïs
que lingua copiam. Majus publia un Livre à Naples l’an147 ; , de pr'ìfcorum proprietate verborum, qui fut réimprimédans la même ville fan 1490. La seconde Edition est pleinede fautes d’impreffion (2); mais il fe loue beaucoup desImprimeurs de la prémiere. Les paroles dont il fe sertplairont aux curieux ; car elles aprenent le nom de celuiqui commença d’exercer l’Imprimerie dans ce-païs-là. 4*'eedit ad hac quod Germant folertt > ac incredibiU quidam ‘ n ~vento nuper mvam quandam imprìmendi rationem mvenerunt,
pracipu»
1 68*
(t)
ISTic
T0PP 1
bU ot ‘
polet-i
16S,
Bi'
fia'