MAMURRA. MANARD. MANCINELLUS.
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Catulle. Manuce s’imagine qu’on parla alors à César del’inobservation des Loix somptuaires, de laquelle Mamurraétoit coupable. Cela est plus aparent que l’explication deLambin.
> Nous en avons parlé dans l’Article de ce Poète.
de campagne de Cicéron. Or quelle aparence qu’il ignorâten ce tems-là les Vers de Catulle, & que ce fût une nou-velle à lui aprendre? Nous avons fait voir amplement enun autre lieu (4), que la défaite des fils de Pompée est pos-térieure de beaucoup à la réconciliation de César 6c de
MANARD (Jean) né à Ferrare l’an 1462, a été l’un des plus habiles Médecins de sonSiecle. Vous trouverez; dans Moreri qu’il fut Médecin de Uladiflas Roi de Hongrie, qu’enfui-te il fut Professeur en Médecine à Ferrare, 8t que s’étant marié fort vieux avec une jeune fille ilfit des excès qui le tuèrent. Les Poètes ne manquèrent pas de plaisanter là-dessus (V), & prin-cipalement ceux qui surent qu’un Astrologue lui avoit prédit qu’il périroit dans un fossé. IImourut à Ferrare à l’âge de soixante 8t quatorze ans (A), au mois de Mars ipj6, & fut enterréau Cloître des Carmes (a). On assûre dans l’Infcription de son fépulchre qu’il avoit rendu à laMédecine son ancien éclat (C), après avoir mis plusieurs fois en fuite les troupes barbares quil’avoient déshonorée. Ses Lettres font le meilleur de ses Ouvrages (£). Calcagnin les a loiiées,& a parlé de leur Auteur avec des marques d’une grande estime (D).
(a) Votez,la Kemarant(B).
(b) Elles fontdivisées en
X X Uvres .Vous trouve-rez, le Som-maire de cha-iv.ne dans IaBibliotheq.dc Gefner*
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(^í) II fit des excìs qui le tuèrent. Les Poètes ne man-quèrent s as de plaisanter là-dessus.] Paul Jove l’accufe d’unegrande íaute de jugement: fort vieux, dit-il, & fort goû-teux, il épousa une fille dont la beauté & la jeunesse de-mandoient un homme qui fût à la fleur de Page. Le pisfut, ajoûte-t-on, qu’il tomba dans l’intempérance aux dé-pens mêmes de fa vie: il témoigna plus de paillon d’avoirdes enfans que de vivre, 8c il voulut bien hâter l’heure defa mort, pourvu qu’il pût aquérirle titre de pere. Tmxitautem uxorem plane fenex , zy artìculorum dolore dlfiortus,ab Mate , formaque , florentis juvenis toro dignam’, adeo levijudìcio , ct* letali quidem ìntcmperantìa, ut maturando funerisuo, aliquanto prolis , quàm vit& cupidior ab amicis cenfere-tur (1). Vous trouverez dans Moreri une Epigramme deiìx Vers Latins (z), composée sur ce sujet par Cursius;mais vous n’y trouverez pas ce Distique de Latomus.
In fovea qui te periturum dixit Arufpex ,
Non est mentitus : conjugis illa fuit.
On a tant brodé la pensée de ce Distique, que l’on est venujusques à dire que Manard, pour éviter la prédiction, s’é-loignoit de tous les fossez. II ne songeoit qu’au sens lite-rai , 8c ne se défioit point de l’allégorique; mais il reconutpar expérience que ce n’est pas toûjours la lettre qui tue,8c que l’allégorie est quelquefois le coup mortel : il mourutla nuit de ses noces pendant les momens de la jouissance,8c ainlì fut accomplie la prédiction. Voilà comment quel-ques Ecrivains circonstanciels la chose : je m’étonne qu’ìlsne.le comparent pas aux abeilles qui meurent des piquures
t ^, e , ( 3 )• Johannes Manardus . cum ab
j r° og° fpji pradièlum fuìjfet, vit& periculum in FOVEAtpji m miner e , a foveìs fibi timuit ct* fojsts , non fatis per-fpefía oraculi xptrtyei. Cum verò illiberis , prolis aliquantoquàm vit& cupidior, plane fenex uxorem duceret juvenculam ,prima nttptiali noble cum dilebla concumbens , defideratis in-tentus amoribus , in genitali foveâ extinblmfluavi morteoraculi implevit feopum , zy funus maturavit suum (4). Jccroi qu ils se trompent. Une telle circonstance' n’auroit pasété negligée par les prémiers qui ont parlé de cela; 8c jeremarque quePaul Jove nous conduit à croire que Manardne succomba pas lì tôt. Personne ne nous aprend si sesefforts furent suivis de quelque fécondité, 8c s’il eut dumoins la consolation de'laisser sa femme grosse. Travaillerbeaucoup &c s’en retourner à vuide est un fort très-malplaisant :
Afoxpòv roi Sqpóv re pívciv xsnóv n vêsrûai.
Nam turpe dìuque mqnere inanemque redire (5).
S’il étoit vrai que ce bon vieillard fût mort la nuit de sesnoces, un Devin,qui lui eût prédit ce que l’on verra dansles deux Vers qui font la clôture d’un Passage que je m’envais copier, eût encore mieux répondu que celui dont ils’agit dans le Distique Latin. Le Passage que vous allez
,, 8c à tout hazard j'offre d'entretenir à mes dépens les„ nourrices des premiers fruits de vôtre famille, pourvû,, que vous n’ayez point eu de Coadjuteur, & que vous,, ne fassiez point vôtre plaisir de voir bercer chez vous les
,, enfans des autres (6). Le Conseil de Saint Paul,
,, <§luìl vaut mieux fe marier que brûler , n’est à mon avis vre ™, Oeu-„ pour vous ni pour moi; 8c je pourrois bien rapporter ici 7 Part _ ’,, beaucoup d’exemples 8c d’autcritez fur le ridicule dés„ vieillards qui fe proposent de faire des noces quand ils„ doivent penser à leurs funérailles. Ce ridicule est tou-„ jours mortel : 8c vous m’entendrez fans Commentaire,
„ quand je vous ferai souvenir des Vers que Hardy a mis„ dans la bouche d’un confident à Alcyonée, qui, pour avoir ( 7 ) L k- m ê-„ l’Etat de son Roi, croyoit en devoir épouser la fille: me, P . i S0 .
( 6 ) che-
pag. 149 dansune Lettredatée du 1%dlOUobrelâzz.
On ne fe servira que d'un même flambeauPour te conduire au lit , zy du lit au tombeau (7).
Cousons à ceci un Passage de
(8) Patin,LettreXCVI,pag. 383 dtiTome I.
Gui Patin. IJn Conseiller dela Grand’ Chambre fort vieux , zy presque au bord de la fosse,fe va remarier a une jeune zy belle Fille dira autre Conseiller.
Je croi que le bon homme veut mourir d'une belle épée; maisvoyez, si ces bonnes gens font capables de bien juger nos fro-cez , eux qui font de telles folies ( 8 ) ? Nous avons vu ci—dessus (9) ce que disoit le même Patin d’une sembla-ble passion de Monsr. de Lorme Médecin illustre, ík quieut, dit-on, une destinée bien dïféreme de celle de nô-tre Manard: il fit mourir fa jeune épouse, 8c montra parlà que V Aphorisme le fort emporte le fnble n’est pas toû- C,“jours Vrai. ^ _ ' Theelogo, e
(B) Il mourut . ... à l'àge de soixante zy quatorze ans.] ss'flf 0 ™.Cela est marqué dans sonEpitaphe. Frere Augustin Superbi LméTJlu,de Ferrare se trompe lors qu’il assure, que notre Manardmourut Fan 1545 (10). Gefner d’autre côté, qui composasa Bibliothèque l’an 1544, 8c qui nous aprend qú’il a ouïdire que Manard étoit décédé depuis environ iìx ans (n),n’avoit pas été bien instruit.
(C) On assure qu il avoit rendu à la Médecine son ancienéclat.] Voici les paroles de l’Epitaphe (11): Ann. P. M. ^
L. X. (13). Contïnenter tum docendo zy scribendo, tum in-nocentissìme medendo omnem Medïcinam ex arce bonarum lite- f 0 [, 0r arum sœde prolapfam ,ey in Barbarorum potestatem ac ditìo-nem redaílam, profiratis ac profligatis hoflmm copiìs identidem (12) Elle estut Hydra renafeentibns in antiquum priftinumque Jìatum ac Aans Agosti-nitorem restituit. Superbi,
(D) Calcagnin . . . a parlé de Manard avec des marquesd’une grande estime.] C’est dans une Lettre qu’il écrivit à mini iJius-*Erasme Fan 152,5 : vous y verrez qu’aiant témoigné l’afflic- tri dí Fer-tìon que la mort de Leonicenus lui causoit il ajoûte (14) : ^Tda’ IV»Vna res mihì folatio fuit , qu'od Joannes Manardus, vir UvJtau° nGraecè zy Latine doélisftmus , rem meàicam zy nature arcana cloître desiifdem veftighs profequitur , cujus rei fpecimen dare postant Cfl r ™‘ s deEpistola , quas proxime edidit : eas puto in manus tuas per- P n e ^venijfe , quod fi nondum pervenijfe fignificaveris , dabe ope-ram , ut quamprimum ad te perferantur.. Scripfit ille quidem dans i’itine-
lire est de Mr. Chevreau, 8c vient ici fort à propos ; car alia plurima digna immortalitate , fed vir minime ambitiosus qmum it a -il concerne l’imprudence des vieillards qui fe marient -> Si ea nondum publieam materiam fecit : hoc fuperfiite minus à- vous aviez songé tout de bon à la principale fin du ma- Leonicenum defideramus. f a i,- a E,
(9) DansBÍArtìcleLorme(N. de),Tsemarques
(n) & (£);
(10) F.AgostinoSuperbi da
Apparatode gli Huo-miui illus-tri déliaCitta diFerrara,pag. 74.
sir) Gefner.
nage, vous auriez bien vû que cette principale fin n’est» plus pour nous. qui sommes âgez de quatre-vingts ans:
(13) Je ne fF fi ces quatre lettres signifient plus minus sexaginta. (14) Calcagni-nus, Epist. LXV Librì XX inter Erafmianas P‘ S- IOI í>.
MANCINELLUS (Antoine) fut un très-bon Grammairien au XV Sie- (§) vuu s \ r c le. II enseigna dans le College de Rome, & puis alla à Venise par le conseil de Pompo- Aareoius)"^sner n * Us Laitus (s), & continua de publier divers Ecrits de Litérature (xl)- On dit qu’aiant fait Msià ds59 ^ ne Harangue contre les mauvaises mœurs d’Alexandre VI, ce Pape en fut si irrité qu’il lui romsu,ât couper la langue 8c les mains (6). Les deux Auteurs que je cite pour ce fait-la font l’un fan» 304^4.’ bon Catholique, 8c l’autre bon Protestant. J’en citerai un troisième qui circonstancie (A) un
peu l’Egsise,
». ("U bl continua de publier divers Ecrits de Litérature.] fit des Notes fur Horace, fur Juvénal, fur Suetone , &c, & P a g. m.
°us trouverez le Titre de la plupart dans la Bibliothèque des Corrections aux Elégances de Laurent Valla. II composae <je f n er, qui remarque entre autres choses que le Com- aussi des Harangues, 8c des Vers Latins qui ont été infé-ïiai^rf 6 à Mancinellus fur le prémier Livre de la Rhéto- rez au II Tome du Delich Pcetarum Italorum.l4o- C t C Cit f ron adHerennium fut imprimé à Venise Fan (B) Je citerai un troisième Auteur qui circonstancie unP 7 , en présence de F Auteur. J’ajoute que Mancinellus peu plus la chose.] Mr. duPleísis Mornai, alléguant ceux
p P 3 qui