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Tome troisieme. K - P.
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(a) Cicero,ad Attic.Libr. VII,Epifl. VII,ïíin. Libr.XXXVI,Cap. VI.

(i) Sallnst.in BclloCatUinar.

(j) Plinius,Libr.

XXXVI,

ùsp.VL

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MAMMILLAIRES. MAMURRA.

baptistesj car c’est une preuve qu’ils portent la sévérité de la Morale beaucoup plus loin queceux que l’on nomme Rigoristes dans le Païs-Bas Espagnol {B). Je raporterai à ce propos uncertain Conte que l’on fait du Sieur Labadie (C). J’a'i ouï dire que des gens d’esprit soutinrentun jour dans une conversation qu’il n’y aura jamais de Bafidres^ ou d 'Ojculaires^ entre les Ana-baptistes (D).

( B ) Les Anabaptistes . portent la sévérité de la Mo-

rale beaucoup plus loin que .... les Rigoristes . . . du Páis-Bas Espagnol.’] Les Cafuïstes les plus relâchez, les San-chez , & les Efcobars, condamnent 1 atouchement des

tetons: ils conviennent que c’est une impureté, & unebranche de la luxure, l’un des sept pechez mortels. Maisíì je ne me trompe ils n’impofent pas au coupable une pé-nitence fort sévére : & il y a plusieurs p aïs dansl’Europeoùils font presque contraints de traiter cela comme les petitesfautes que l’on a p elle quotidians incurfionìs. On est si ac-coutumé à cette mauvaise pratique dans ces païs-là, & c’estun spectacle fì ordinaire jusques au milieu des rues à l’é-gard fur tout du commun peuple, que les Cafuïstes miti-gez se persuadent que cette habitude efface la moitié ducrime : ils croient qu’orq ne l’envisage point sous l’idéed’une liberté fort malhonnête, & que le scandale du spec-tateur est très-petit. C’est pourquoi ils passent légèrementfur cet article de la Confeffion. Je ne pense pas que jamaisaucun Rigoriste ait diféré pour un tel sujet î’absolution deson pénitent, non pas même dans les climats où cette es-pece de patinage est peu usitée, 8t passe pour une de ceslibertez dont les personnes de l'autre sexe sont obligées defe fâcher tout de bon. Ainsi les Anabaptistes font les plusrigides de tous les Moralistes Chrétiens, puis qu’ils con-damnent à l’excommimication. celui qui touche le seind’une maîtresse qu’il veut épouser, & qu’ils rompent laCommunion Ecclésiastique avec ceux qui ne veulent pasexcommunier un tel galant.

(C) Je raporterai un certain Conte que Ion fait du SieurLabadie.] Tous ceux qui ont ouï parler de ce personnagesavent qu’il recommandeit à ses dévots, & à ses dévotes,quelques exercices spirituels, & qu’il les dressoit au recueil-lement intérieur, & à l’oraifon mentale. On dit qu’aiantmarqué à l’une de ses dévotes un point de méditation, &lui aiant fort recommandé de s’apliquer toute entiere pen-dant quelques heures à ce grand objet, il s’aprocha d’ellelors qu’il la crut la plus recueillie, & lui mit la main ausein. Elle le repoussa brusquement, 8c lui témoigna beau-coup de surprise de ce procédé, 8c se préparoit à lui fairedes censures lors qu’il la prévint. Je vois bien, ma fille,lui dit-il, fans être déconcerté, 8c avec un air dévot, quevous êtes encore bien éloignée de la perfeBion : reconnaissez,humblement vôtre faiblesse-, demandez pardon à Dieu d'avoirété st peu attentive aux mystères que vous deviez méditer. Sivous y aviez aparté toute l'attention nécessaire , vous ne vousfujfiez pas aperçue de ce qu on faifoit à vôtre gorge. Maisvous étiez st peu détachée des .sens , fi peu concentrée avec ladivinité , que vous n avez pas été un moment à reconoître queje vous touchois. Je voulois éprouver st vôtre ferveur dans l’o-raìson , vous élevois au dessus de la matière, & vous unistoitau Souverain être, la vive source de l'immortalité, g? de laspiritualité ; est je voi avec beaucoup de douleur que vos progrèsfont tres-petits , vous n allez que terre à terre. Que cela vousdonne de la confufion , ma fille , gv vous porte à mieux remplirdéformais les saints devoirs de la priere mentale. On dit quela fille, aiant autant de bon sens que de vertu, ne fut pasmoins indignée de ces paroles que de faction de Labadie,Lc qu’elle ne voulut plus ouïr parler d’un tel Directeur. Jene garantis point la certitude de tous ces,faits, je me con-tente d’assurer qu’il y a beaucoup d’aparence que quel-

ques-uns de ces dévots si spirituels, qui font espérer qu’u-ne forte méditation ravira l’ame,8c l’empêchera de s’aper-cevoir des actions du corps, se proposent de patiner im-punément leurs dévotes, 8c de faire encore pis. C’est dequoi l’on accuse les Molinosistes. En général, il n’y arien de plus dangereux pour l’esprit que les dévotions trop ,mystiques, 8c trop quintessenciées, 8c fans doute le corpsy court quelques risques, 8c plusieurs y veulent bien êtretrompez.

(S) ll n y aura jamais de Bastaires, ou d’Ofculaires , par-mi les Anabaptistes.] Ce seraient des gens qu’on retran-cherait de fa' Communion , parce qu’ils u’auraient pasvoulu consentir que l’on excommuniât ceux qui donnentdes baisers à leurs maîtresses. Or voici le fondement deceux qui niaient qu’on puisse attendre un tel Schisme. IIn’est possible, disoient-ils, qu’au cas qu’il y eût des Casuïs-tes assez sévères pour vouloir que Fexcommunication fûtla peine d’un baiser, comme il sien est trouvé d’âssezrigidespour vouloir faire subir cette pénitence à celui qui avaittouché les tetons de fa maîtresse. Ces deux cas ne font 1point pareils. Les loix de la galanterie de certains peuples,continuoient-ils, ont établi de génération en génération,

8c fur tout parmi les personnes du tiers Etat, que les bai-sers soient presque la prémiere faveur, 8c que F attouche-ment des tetons soit presque la derniere, ou la penuItieme.

Quand on est élevé sous de tels principes, on ne croit fai-re , on ne croit soufrir que peu de chose par des baisers, 8cl’on croit faire ou soufrir beaucoup par le m animent dusein. Ainsi, quoi que les Administrateurs des Loix canoni-ques aient fort crié contre le jeune homme qui fut protégépar lesMammillaireSjil ne s’enfuit pas qu’ils crieraient con-tre l’autre efpece de galanterie. Ils déféreraient a l’ufage,ils pardonneraient des libertez qui ne passent que pour lespremiers élémens,ou pour F alphabet des civilitez caressan-tes. Je ne raporte ces choses que pour faire voir, qu’il n’ya point de matière fur quoi la conversation des personnesde mérite ne descende quelquefois. II n’est pas inutile defaire connaître cette faiblesse des gens d’esprit. En con-science, une telle spéculation méritoit-elle d’être examinée?

Et après tout n’eût-il pas bien mieux valu ne point répon-dre décifivement de F avenir ? De futuro contingenti non estquoad nos determinata Veritas, disent judicieusement lesMaîtres dans les Ecoles de Philosophie.

Notez en passant qu’il y a eu des païs où l’on supofoitque le premier baiser qu’une fille recevoir de son galantetoit celui des fiançailles. Voici ce qu’on lit dans l’Histoirede Marseille (1): Le Fiancé donnoit ordinairement un anneau d

a la Fiancée le jour des fiançailles , v 4 lui faifoit encore quel- Marseille *que présent considérable en reconnoiffance du baiser qu il luidonnoit. En effet , Fulco Vicomte de Marseille fit donation pag. 391l’an 1005 à Odile sa fiancée, pour le premier baiser, de tout Edition dele domaine qu il avoit aux terres de Sixfaurs, de Cireste, de 16964Soliers , de Cuges , e t d’Olieres. Cet usage étoit fondé à ce M,

que f estime fur la Loi (*) 16. Si a Sponso, qui or donnoit ad Uk’s- ‘que lorsque le mariage n avoit pas son effet, la fiancée gagnoitla moitié de's presens quelle avoit reçu du fiancé , car les an- (r)ciens croioient que la pureté dé une fille étoit flétrie par un seul r ì 1,e s ,

baiser, mais cette Loi est présentement abrogée en ce Rdiaume. gu"al-‘Voiez ci-dessus (z) la Réponse qui fut faite par une fille drad®»Florentine.

MAMURRA, Chevalier Romain, natif de Formium, aquit de prodigieuses richesses dansles Gaules, où il accompagna César en qualité d’Intendant des manœuvres (a). Qu’il me soitpermis de traduire ainsi le Prœfectus fahrûm de Pline. II se servit de ses richesses comme s’enservent les voluptueux ; il les amassa avec une avarice & une extorsion dévorante & il les dé-pensa prodigalement dans toute forte de luxe: Alìeniappetens , fuiprofusus , comme*on l’a dit deCatilina^). II sic batii une maison extremement magnifique a Rome sur le mont Cœlius : toutesles murailles étoient incrustées de marbre, & i].fut le prémier qui donna dans cette somptuosité (Qf).

Elle consistoit à apliquer propiement de petits morceaux de marbre fort minces, & de diversescouleurs, fur les murailles. II n’y avoit point de colonne dans cette maison qui ne fût toute dumarbre le plus estimé. Catulle fit des Vers tout-à-fait piquans contre les voleries immensesde Mamurra, & contre les liaisons de débauche qu’il supofoit entre Jules César Sc lui (B).

Nous

Habebat unSlum , & ultima Britannia.

Cinsde Romule h u videbis cv feres,

Es impudicus , zy vorax , gy aleo.

L’Epigramme-LVIII est encore plus forte:

Pulcre convertit improbis Cinsdis,

Mamurrhs Pathicoque Cssarique.

Cot 1 *'

U y a des Interprète? de Cicéron (z), qui croient que ces dus,paroles de la Lettre LU du XIII Livre à Atticus: Tum '

audivit de Mamurra ,vultum non mutavit (3), signifient queCésar ne changea point de couleur, lors qu’on lui aprit ce (?J a ^ tf*-que Catulle avoit versifié contre lui & contre Mamurra : gisvìu*mais cette explication est mal fondée. César, retourné de for ti,la défaite des fils de Pompée, étoit alors dans une masson «ut** *

de

(A) Il fit bâtir une maison . ... ■ dont les murailles étoientincrustées de marbre, gy il fut le premier qui donna dans cettesomptuofité.] Primam Roms. parietes crusta marmoris operuiffetotius domus fus in Ccelio monte Cornélius Nepos tradidit Ma-murram Formiis natum , equitem Romanum , Vrsfedlum fabrumC. Cssaris in Gallia. Neque indignatio fit tali auôlore inventare, hic namque est Mamurra Catulli Veronenfis carminibusprofaiffus, quem gy res gy domus ipfius clarius quam Catullusdixit habere quidquid habuiffet comata Gallia, gyc (x).

(B j Catulle fit des Vers tout-à-fait piquans contre . . . .lui.] V oicì le début de la X XX de ses Epigrammes :

Quis hoc potest videre, quis potefl pati,

IXst impudicus , ssr vorax , gy helluo ?

Mítmurram habere quod Comata Gallia