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Tome troisieme. K - P.
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s’abusèrent grossièrement : il ne la vendit que parce qu’il crut qu’il en tireroit plus d’argent quef à héritiers ne sauroient faire; & il est certain qu’il leur a laissé une succeffion très-considéra-

ìde («).. La goûte fut fa. principale maladie: il en mourut fans une grande douleur Fan 1674,? ----- âgé de soixante-fix ans. Ce fut un homme d’une agréable conversation, d’une humeur douce Se"*'• égale, extraordinairement sobre, & qui se plaisoit infiniment à la Musique. La Secte qui lui

0 ) Tirífa Plaisoit davantage dans fit jeunesse étòit celle dés Puritains j mais dans son âge viril celle des In-

^êpendans & celle des Anabaptistes lui devinrent plus agréables,parce qu’elles accordent plus deliberté que les autres à chaque particulier, & qu’il lui sembloit que leur pratique s’accordoitm * eilx avec celle des premiers Chrétiens. Enfin, quand il fut vieux il se détacha de toute sorteWy ^ de Communions, & ne fréquenta aucune Assemblée Chrétienne, & n’observa dans fa maison leàuel d’aucune Secte. Quant au reste, il faisoit paroîtrë, & par ses actions,& par fes paroles,und!rs ptosond respect pour Dieu (0). On fit une Edition de toutes ses Oeuvres (p) à Londres, Fan

Wsm™ 1699, en trois volumes m folio', & l’on mit dans les deux prémiers ce qu’il a écrit en Anglois,.

ét dans le troisième ses Traitez Latins. On verra dans la Remarque N le parallèle que Miltonbit ‘‘é‘rt c , à entre une Prière qui est dans le Livre de Charles I, & une Prière qui fe trouve dans le fameuxRoman qui a pour Titre Li Arcadie clela Comiëjse' clé Pembrok,

» sainte rejette;. On objecte aux Socitiiens & atì'x Ariens ;

i, -qu’ils combatent la Trinité: ils assurent néanmoins qu’ils,, croient le pere, le fils, Sc le saint Esprit ,-selon l’Ecriture» Sc selon le Symbole des Apôtres; 8è que pour ce qui est

j, des termes, Trinité, Triunitè, Coejserttialité , Tripersonà-„ lité, & autres semblables', ils les rejettent comme des„ notions d’Ecole qui ne se trouvent point dans l’Ecritu-„ re , laquelle selon l’axiome général des Protestans est as-,, fez claire pour fournir en mots propres & convenables3, l’explication des doctrines qu’elle contient. Enfin, on,, accuse les Arminiens d’élever le franc arbitre fur les„ ruines de la grâce; mais c'est ce qu’ils nient dans toils,, leurs Ecrits,. & ils citent l’Ecriture pour.soutenir tous.„ leurs dogmes. Nous ne pouvons nier que les Fonda- .„ teuvs dé toutes ces nouvelles Sectes n aient été doctes,,, venerables, pieux, &zêlez, comme on peut le voir par„ la description de leur. vie & par la bonne renommée de‘1, leurs Sectateurs, parmi lesquels il y. a b’eaucoup de per-„ sonnes relevées,.savantes, qui entendent bien l’Ecritu-„ re, & dont la vie est irréprochable. II n’est pas poffi-„ ble de s’imaginer que Dieu. veuille que des Ouvriers„ dans fa vigne si laborieux, & si zêlez, Sc qui soufrent„ très-souvent plusieurs maux pour la conscience ; soientj, abandonnez à des heresies mortelles 8c à un sens re-,, prouvé, eux qui ont imploré l’aíîîstance de son saint Es-„ prit en tant de rencontres. II est plus croiable que„ n’aiant donné à aucun homme le don d’infaillibilité, il

leur a pardonné leurs erreurs, & s'est contenté beni-3i gnement des pieux efforts avec lesquels, ils ont examiné» .toutes choses sincèrement & selon la réglé de l’Ecriture,„ & sous la direction celeste telle que leurs prières ont pu,, obtenir.- Où est donc le Protestant qui attaché aux mê-,, mes'principes, & condamnant la foi implicite, veuille,, persécuter de pareilles gens, au lieu de les tolérer en„ charité ? La persécution ne prouveroit-elle pas qu’il,, abandonne son propre principe ? Si quelcun demande„ jusqu’où il est bon de les tolerer,.je répons, x, que la„ tolérance doit être égale envers tous, puis qu’ils font„ tous Protestans : 2, que par cette tolérance il leur doit,, être permis de rendre raison de leur foi en toutes ren-„ contres, soit par des Disputes, & par des Prédications„ dans leurs Assemblées publiques, soit par des Livres im-» primezJ48) . Apres cela, Milton montre que le Papis-me doit être entierement privé du bénéfice de la Tolé-rance , non pas entant que c’est une Réligion, mais en-tant que c’est une Faction tyrannique, qui oprime toutesles autres. II montre auffi que le moien le plus efficaced’en empêcher l’augmentation dans l’Angleterre est d’y to-lérer toutes sortes de Protestans, & en général toutes au-tres Sectes dont les principes ne favorisent ni le vice ni lasédition.

Par ce morceau de la doctrine de Milton, on peut aisé-ment conoître qu’il n’yavoit personne qui eût plus de zèleque lui pour la Tolérance; car ceux qui n en excluent pasle Papisme , & qui par conséquent la limitent beaucoupmoins que lui, ne sont pas comme il le semble d’abord fesplus fideles Sectateurs. Ceux-ci par un excès d’amitié pourla Tolérance font intolérans au dernier point à 1 égarddes Sectes persécutrices ; & comme le Papisme est de temsimmémorial le Parti qui persécute le plus, & qu’il ne cessede tourmenter le corps & l ame des autres Chrétiens partout où il le peut faire, c’est principalement à son expul-sion que concluent les tolérans les plus outrez. Ils pré-

tendent raisonner coriséqùérriment, & ils ne savent' com-ment accorder l'Edit de l’Empereur de la Chine avec cettehaute, sagesse dont on le loue. Je parle de l'Edit-de To-lérance qu’il a fait pour les Chrétiens, & dont un jésuitea donné une belle Histoire (49). Ils croient qu’un Princesage n’eût pas accordé aux Miffionaires du Pape &c à leursNéophytes, la liberté de conscience, avant que de s’in-former quels font leurs principes de conversion , ÔC dequelle maniéré leurs prédécesseurs en ont usé, S’il .eûtcherché là-desiùs tous les éclaircissemens que la bonne po-litique demandqit, il n’eût point permis aux Miffionairesce qu’il leur accorde; il eût su que ce sont des gens quiprétendent que Jesus-Christ leur ordonne de contraindred’entrer, c’est-à-dire de banir , d’emprisonner, de tortu-rer , de tuer, de dragonner, tous ceux qui refusent de seconvertir à l’Evangile, & de déthrôner les Princes qui s’o-posent à fes progrès. On ne volt point que l’Empereurde la Chine se pût laver d’une imprudence inexcusable, flsachant cela il eût néanmoins accordé l’Edit (50).. IIfaut donc croire pour son honneur qu’il n’en savoir rien,& par cela même il est blâmable, il ne S’est point assezinformé de ce qu’il faloit qu’il fût. Aparemment il nevivra pas assez pour avoir lieu de se repentir de sa négli-gence : mais il ne faut point répondre que fes descendansne maudiront pas fa mémoire; car peut-être fe verrout-ils obligez plutôt qu’on ne pense à résister à des séditionsdangereuses, excitées par les Sectateurs de la nouvelle Re-ligion, & à égorger s’ils ne veulent être égorgez. II fau-dra, peut-être jouer au plus fin comme autrefois dans léJapon (yi). Ne craignez pas que les Miffionaires s’amu-sent à se quereller, quand il faudra mettre en pratique ledogme de la contrainte, & celui des squlevemens & desdragonnades. Les Thomistes, les Scotistes, & les Moli-nistes oublieront alors tous leurs diférens, & travaille-ront d’une même épaule à l’exécution du contrain les d’en-trer. Aujourd’hui (51) toute l’Europe; retentit de leursDisputes: ils s’entr’accusent à Rome; les Congrégationsdes Cardinaux, laSorbonne, les Princes, les Auteurs, fetrémoussent là-dessus, Sc se donnent cent mouvemens. Etil est bien étrange que les divisions des Miffionaires, leursDisputes, & leurs entre-mangeries , qui ne peuvent être in-conues aux nouveaux Chrétiens du Levant, leur permet-tent de faire les grans progrès dont ils fe vantent (53). Usne feroient point de mauvaise intelligence, s’il n’étoit ques-tion que de véxer 8c de tourmenter les Idolâtres de laChine. Mais brifons-là : ce font des objets contraires à latranquillité d’un Ecrivain, Sc à celle de plusieurs Lecteurs.Us fe chagrinent assez de ne pouvoir parcourir une Gazet-te, fans y trouver quantité de gens persécutez en France,auPalatinat, Lee.

Pour revenir à Milton, 8c finir par lui; je dirai qu’ilme seroit bien dificile de marquer pourquoi il se détachade toutes les Sectes Chrétiennes ; car son propre Historienlaisse indécise la question, fi ce fut à cause qu’il lui dé-plaisoit de les voir embarassées dans une infinité de Dispu-tes destituées de charité, & de remarquer en elles un espritde domination & un penchant à persécuter, qu’il consi-déroit comme une portion de Papisme inséparablement an-nexée à toutes les Communions; ou bien si ce / u . 1 ‘ a cau sequ’il étoit persuadé qu’on peut être homme de bien sanssouscrire au Formulaire d’aucune Secte, & q ue toutes lesSectes avoient corrompu en quelque chose lés Statuts deJefus-Çhrist (54).

MINUTOLI (a). Les personnes les plus dtíhnguces de la Maison Mnuito d de klSs ’y transféra de florence environ l’an.1300 après avoir joui de toutesles^gipublique Florentine, sont les suivantes, fans parler de FAntianat & du Gi ade de Lr lomer,

qui leur a été commun. Sénateur A

Jaques Minutoli, qui naquit 1 an 1434 de F r a n ç o x s M ^ Dfoit .

Marguerite Balbani de Famille auffi très noble, devmt tres-íavant , , t "

vil que Canonique, &c. Etant allé à Rome, le Pape Pie II le

postoliques Fan 1460 ; & le Pape Paul 11 l’aiant fait un des Commissaues de 1 A mee Papale dansla Guerre du St. Siégé contre Robert Malatesta Seigneur de Rimini, il se conduisit si prudem-ment Sc avec tant de courage dans cet emploi, .qu’ilréduisit a 1 obéissance toute 1 Ombrie Sc fur

& parfera sde \éfiéxior>:t r ès-ciivieufes.,Votez. /* His-toire desOuvragesdes SavanSj,Février 169H,73 £Tsuivant .

(p) Exceptéses Poésies»

S I L á E M-pereurde la Chine

agit pru-demmentlors qu’ilaccorde uitEdit de To-lérance auxCatholiquesRomains.

(49) Le PcygCharles leGobien :son Livre aété impriméÀ Parts Panr 698 ìn 12.f en ai citécjîitlqtte ebostci-dejfu s Ci-tation (33)de PiArticUBRACH-MANES.

($ 0 ) Voiezìle Com-mentairePhilosophi-que surcontrain lesd'entrer,Part. I ,pag. 81suiv.

(51) Conférezce que dejsus £\emarq. (E)de P i^irticlt

Japon.

(52) On striéceci en No-vembre 1700+

(53) Voiezile même

Commen-taire Philo-sophique ,an Suplémentìpag. 117 &sttiv*

sj4) Tiré díiExtraits dela Vie deMilton,par Monsr ,Toland.

(«) Mémoiretouchant l aMaisonMinutoli.Vbûz, UsAvertisse-rnens fur lasecondeEdition,