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Tome troisieme. K - P.
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M I L T O N.

(m) Elle efien xAnghiu

{44) Tiré desExtraits La-tins de la

Vie de Mil-ton par M .Toland.

f+î) C'tst-k-dire la 7 ^?-l«tfe attxObjectionsde Monfr.Wagstaf,

& la KJpenfiaux Preuvesdiredes allé-guées par lesPartisans dttTtoi Charles .

(46) Mil-to n f pag. m .24 de ^Ico-noclastes.

( 47 ) Cts-k-

dire de son

Iconoclas-

tes.

35>8

& ne se montra qu’après 1 a proclamation de l’amnistie. II obtint des Lettres d’abolkion,& tte suksoumis qu’à la feule peine d’être exclus des Charges publiques. Quelques-uns ont cru que leRoi eut plus de part à cette grande modération par un défaut de mémoire, que par fa clémence.Mais d’autres disent que Milton avoit des Amis dans la Chambre des Communes & dans le Con-seil privé, qui intercédèrent pour lui. II n’acheva qu’à plusieurs reprises son grand Poëme duParadis perdu, car fa veine ne couloit pas en toute saison, mais seulement au printems & en au-tomne. II publia son Histoire d’Angleterre (m) l’an 1670. Elle s’étend jusques à Guillaume leConquérant, & n’est pas tout-à-fait conforme à l’Original de l’Auteur. Les Censeurs des Livresen effacèrent divers endroits qui décrivoient vivement la superstition, l’orgueil,& les artifices del’ancien Clergé : ils s’imaginérent qu’on apliqueroit cela au Clergé moderne. Le dernier Livrequ’il publia est un Traité de la vraie Religion , de l'Hérésie, du Schisme , de la Tolérance , £3 desmeilleurs moiens qu'on ■puisse emploier pour prévenir la propagation du Papisme. J’en raporterai unPassage (O). Ceux qui dirent que la pauvreté l’avoit contraint de se défaire de sa Bibliothèque

s’abu-

frir. Seulement permets-mai de te requérir, (8c

Mylord, on eût ignoré l’aveti que firent alors ces deuxPrinces. Et fi le Docteur^ Hollingworth n’eût pas irritépar l’indiscretion de son zèle le Docteur Walker, celui-cin’eût point publié sa Rélation; 8c s’il ne l’eût point pu-

point publié la Relation; 8c s’il ne l’eût point pu-bliée , les papiers de Mr. North qui ont mis le comble auxpreuves irréfragables du fait, n’eussent point servi à la dé-couverte (44).

Notez que dans tout ceci je ne dois 8c je ne puis êtreconsidéré que comme un simple Traducteur des ExtraitsLatins que j’ai fait faire du Livre Anglois que je cite. No-tez auflì qu’on a combatu cet endroit-là de la Vie de Mil-ton; car Mr. Wagstaf a publié des Observations pour infir-mer le témoignage de Mylord Anglefey, la narration duDocteur Walker, 8c les papiers de Mr. North; mais Mr.Toland les a réfutées toutes dans son Amyntor, où il a deplus discuté tous les témoignages que l’on allégué pourmaintenir au Roi Charles la propriété de Ylcon bafilica. Onm’a dit que fur l’une 8c l’autre de ces deux parties de sonApologie (45 ) il n’oublie rien de tout ce qui est néces-saire pour conserver à ses preuves toute l’évidence,8c toutela force qu’elles paroiffoient avoir avant que l’on eût écritcontre. C’est tout ce que j’en puis dire, n’aiant point luce qu’on a fait contre lui, ni ce qu’il a répliqué, 8c nele pouvant point entendre, car ce font tous Livres An-glois.

Je finirai cette Remarque par une chose dont Milton fitun grand bruit, 8 c qui a été renouvellée dans la derniereDispute fur TIcon bafilica: c’est que la Priere que le RoiCharles I délivra au Doêleur Juxon immédiatement avantsa mort intitulée Priere pour le temps de Captivité , la-quelle se trouve imprimée à la fin des meilleures Editions quise soient faites de son Livre (46), est toute semblable àune Priere qui se trouve dans un Roman, je veux diredans VArcadie du Chevalier Philippe Sidney. Cela parolepar le Parallèle que Milton a mis à la fin de fa Répon-se (47) en la maniéré suivante.

„ Prière du feu Roi d'jingle-„ terre pour le temps de,, Captivité.

„ O Dieu tout puissant 8c„ éternel, auquel n'y a rien,, de fi grand, qui puiffe réfis-„ ter; ni de fi petit, qui soit„ méprisable;jette l’ceil de tes„ compactons dessus ma misé-,, re , cj- que ton pouvoir infini„ daigne m'ajfigner quelque„ portion de délivrance, telle„ que tu trouveras pour moi„ le plus expédient : Ne per-,, mets point, O Seigneur; que„ l'outrage trtomfe de mot; er,, fats que mes fautes soient,, corrigées par ta main ; ne„ rendant point mes injustesennemis les ministres de ta” Justice. Toutefois , O mon„ Dieu, s il semble à ta fa-„ gesse que ce soit ici le châti -,, ment le plus convenable a„ mes transgressions,îp*A”*,, inexcusables: St cette ingrate,, captivité est la plus propre„ à réprimer mes défirs trop„ altiers: Si c’est par ce moien„ que doit être brisé l’orgueil,, de mon cœur, qui n est pas„ ajfez humilié; O Seigneur,,, je me soumets à ta volonté,,, & embrasse avec alégrejse,, telle amertume , qu’il te„ plaira me faire souffrir. Seu--, lement permets moi de te re-ts quérir ceci, (e? que ma re-„ quête, o Seigneur, soit ac-„ ceptee de toi , puis que c’est„ toi-même, qui me mets

,, Prière de Pamméla, tirée,, mot à mot de l’Arca-,, die de la Comtesse de„ Pembrook, pag. 248.

„ O lumière qui void tout„ & la vie éternelle de tou-„ tes choses, auquel n’y a„ rien de si grand , qui„ puisse résister , ni de st„ petit, qui soit méprisa-„ ble ; jette l’ceil de tes„ compafiìons dessus ma„ misère, 8 c que ton pou-„ voir infini daigne m’as-„ signer quelque portion de,, délivrance , telle que tu,, trouveras le plus expé-„ dient; Ne permets point,„ O Seigneur, que l’ou-„ trage triomfe de moi;-> Lc fais que mes fautes-, soient corrigées par ta„ main, 8 c ne rends point„ mon injuste ennemi le,, Ministre de ta Justice.-- Toutefois, O mon Dieu,-- s’il semble à ta sagesse» que ce soit ici le châti-„ ment le plus convenable„ à ma folie, qui est inex-„ cufable : Si cette abjeíle„ captivité est la plus pro-„ pre à réprimer mes défirs,, trop altiers : Si c’est parce moien que doit être„ brisé l’orgueil de mon„ cœur, qui n’est pas assez„ humilié ; O Seigneur je,, me foûmets à ta volon-„ té, 8 c embrasse avec alé-„ greffe telle ajfiìélion, qu’il,, te plaira me faire souf-

„ au coeur ) savoir que par ta„ bonté, qui n est autre chose,, que toi-même , il te plaise,, faire luire quelque raion de,, ta Majesté en mon entende-„ ment ; afin que comme je„ reconnois que le plus noble,, de mes titres eft d'être ta,, créature; de même je puiffe,, en mes plus grandes affltc-„ fions dépendre conjidemment„ de toi. Tais ensorte que l’af-„ fliílton soit l'exercice, mais„ non pas la ruine de ma ver-,, tu. O Dieu, ne permets point„ que leur pouvoir prévaile,, jusqu à me détruire. Et fi,, c'ejt ta volonté qu'ils conti-,, nuent de plus en plus à me„ tourmenter par de sembla-„ blés foujfirances; Toutefois,,, O Seigneur, ne permets ja-„ mais que leur malice paffe„ ft avant , que de m’empê-„ cher de conserver toujours„ un esprit pur, 8 c une réso-,, lution ferme 8 c inébranla-„ ble de te servir sans crain-,, te, ni présomption ; Mais„ cependant , avec cette„ humble confiance, qui te„ puisse être plus agréable;„ en telle forte qu’à la fin je„ puiffe parvenir en ton” Roiaume éternel par les„ mérites de ton fils nôtre„ seul 8 c unique Sauveur„ Jésus Christ. Amen.

„ que ma requête, O Sei-„ gneur , soit acceptée de„ toi, puis que c’est toi-„ même qui me la mets au„ cœur) permets-moi de„ requérir, par le plus no-,, ble des titres, que dans„ ma plus grande affliction„ je m’attribuë , d’être ta„ créature, 8 c par ta bon-„ té (qui n’est autre chose„ que toi-même) qu’il te„ plaise faire luire telle-„ ment en mon entende-„ ment quelque raion de„ ta Majesté , qu’il puisse„ toûjours dépendre con-„ fidemment de toi. Fais„ ensorte que l’affiiction.„ soit l’exercice, mais non„ pas la ruine de ma vertu:„ Que leur pouvoir prevai-„ le, mais non pas jusqu’à„ me détruire : Que ma„ grandeur soit leur proie :„ Qué mon tourment soit„ la douceur de leur van-„ gence: Qu’ils m’affiigent„ (s’il te semble bon ainfi)„ de plus en plus de puni-„ rions: Mais, O Seigneur,„ ne permets pas que leur,, malice passe fi avant que,, de m’empêcher de con-„ server un esprit pur dans„ un corps pur.

,, La Version faite de VArcadie en François , imprimée à„ Paris Tan 162 q , ne suivant pas exaSlement l Original An-,, glois , j'ai été obligé de tourner la Priere de Pamméla„ fur T Anglois de mot à mot, comme la Priere du Roi en„ avoit été tirée , ainfi qu’il apparaîtra, en conférant Tune,, avec T autre.

(O) Je raporterai un Passage de son Livre de la vraieReligion, 8cc.] C’est afin que l’on conoisse les principes decet Ecrivain, chose auffi nécessaire qu’aucune autre dansles Articles d’un Dictionaire Historique qui concernent lesAuteurs. ,, L’erreur vient de la fragilité humaine, 8c au-,, cun homme n’est infaillible. Mais si les Luthériens, les„ Calvinistes, les Anabaptistes, les Sociniens, 8c les Ar-„ miniens, qui font profession de prendre la feule parole„ de Dieu pour la réglé de leur foi, 8c de leur obéissance,,, apliquent tout leur foin 8c toute la sincérité de leur cœur„ à lire, à étudier, 8c à demander l’illumination du saint,, Esprit, afin d’entendre cette réglé, 8c d’y conformer,, leur vie, ils font tout ce qui depend de l’homme. Dieu,, sans doute leur pardonnera leurs erreurs, comme il fit„ grâce aux amis de Job, honêtes gens 8c pieux, quoi„ qu’ils bronchassent lourdement fur quelques points de,, doctrine. Mais, dira-t-on, la condition des Chrétiens„ est bien diferente, puis que Dieu leur a promis de leur„ enseigner toutes choses. II est vrai, pourveu que par,, toutes choses on n’entende que les Articles absolument„ nécessaires au salut. Or si l’on examine tranquillement,,, 8c selon l’instinct de la charité les matières dont les Pro-„ testans disputent entre eux avec le plus de chaleur, on„ trouvera qu’elles ne font pas de ce genre. Le Luthe-„ rien croit la confubstantiation : c’est une erreur fans con-„ tredít; mais non pas une erreur mortelle. On blâm®„ les Calvinistes fur la doctrine de la Prédestination, com-,, me s’ils faifoient Dieu Auteur du péché. II est pour-„ tant feur qu’ils n’ont point dans l’ame aucune penfec,, qui répugné à l’honneur de Dieu; mais par un zèle un„ peu trop ardent peut-être, ils Rattachent a fa puissance„ absolue, non sans alléguer fa propre parole. On accule,, les Anabaptistes de nier que les enfans doivent être b a P'„ tifez : ils répondent qu’ils ne nient que ce que J’Ec”™

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