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Tome troisieme. K - P.
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M O R I N.

(í) C’étoitsn Orne,

(7) Votez. U1 1 LectieViíionaite,M- z 6 7 - ■

(8) 1661.

(9) II Let-tre Viílonai-te, p. z 68 .

(10) Préfacedes LettresYisionaires,

(11) Votez, la\emarcj. (1)de P Article

Ma rets

(Samuel

des-).

(iz) II a /t,

communiqué

tta LiLraite[■ r Moniteurt'Moue :\

4Zr

Morin avoit déjà quelques Sectateurs. J’ai ouï dire, i Qu’il avoit promis de ressusciter au troi-sième jour, & que de là vint qu’il s’assembla beaucoup de canaille à I’endroit où il fut brûlé (b) :2 , Que Mr. le premier Président de Lamoignon lui demanda s’il étoit écrit quelque part,que legrand Prophète ou nouveau Messie passeroit par le feu, & que Morin déjà condamné cita ce ver-iet du Pseaume XVI, Igné me examinafti , Q? non est inventa m me iniquìtas. L’Auteur que jecite dans les Remarques observe que le XVII Siecle a été fécond en Fanatiques (C). Je viensde recevoir un Mémoire très-curieux concernant notre Morin (D).

Depuis la seconde Edition j’ai apris quelques circonstances de son Procès qui pourront servirde Suplément 6c de correctif à son Article (A).

,, qu alors Morin tout ravi luy frit la main , C? la ferra entre,, les deux pennes , zv luy dit qu H voyott bien qu il eftoitsft-„ rituel z? dans l’estât de grâce, zs? qu il s'en fuioit feu qu il

,, ne fuft parfait, zsr dans ïestât de la gloire .(7) II

„ rapporte dans la fuite de fa Déposition plusieurs erreurs,„ qu’il apprit de la bouche même de Morin dans un au-,, tre entretien qu’il eut avec luy : comme qu il ne faut„ plus penser À la mort de Jesus-Christ; que l’imfec-„ cabilité est en ceux qui font divins zv parfaits-, que toutes„ fortes d’œuvres font indifférentes. Pendant toutes ces vi-„ sites que le Sieur Defmarests rendoit à Morin & à ses,, Damoiselles, il feignit toujours de vouloir estre son dis-,, ciple. '. . . Mais Morin, pour s’assurer de luy davan-„ tage, luy envoya, comme il est dit dans cette deposi-,, tion, une Lettre le 2.1 Decembre {S) jour de S. Thomas, qui,, luy fut apportée par fa fille aifnêe, par laquelle ledit Morin,, defiroit de luy une soumission aveugle zV stneere, pour aveu-,, glément suivre Z? sincèrement observer tout ce qu’il luy or-„ donnerait, fans referve de temps ni de chose, selon qu'on„ le peut voir dans ladite Lettre. . . . Cette demande de Mo-„ rin fit naistre quelque doute dans son esprit, ne voulant don-

„ ner aucun, consentement pour chose qui pust estre mal .

„ Mais enfin . jugeant que s’il ne feignoit d’adhérer à

,, quelque chose, pour découvrir tous les secrets de la cabale,

tout commerce cefferoit entr’eux, il fie résolut de luy envoyer„ par écrit son consentement, pour aveuglément suivre zsr stn-,, cerement observer tout ce que Simon Morin luy ordonneroit ;,, à quoy il ajoûta ces mots {de la part de Dieu z? selon„ Dieu) par lesquels il temoignoit qu’il ne se soumettoit„ qu’à ce qui luy seroit ordonné de la part de Dieu, &„ selon Dieu. ... (9) Ce ne fut pas là la fin des dágui-

,, scmens du Sieur Defmarests. II eut encore plusieurs„ entretiens avec Morin, dans le même esprit de dissimu-„ lation Sc de tromperie. II luy écrivit plusieurs Lettres,„ comme son disciple. II en reçut plusieurs, comme de„ son maistre. II íouffroit que cet Illuminé, & ces Da-„ moifelles abusées, le consideràssent comme estant entie-,, rement de leur cabale. .Et enfin il en vint jufqu’à cet„ excés prodigieux, que je vas rapporter en ses propres,, termes. Pour faire que Morin zv sa femme, qui eftoit tour-et mentée par son Diable sur son sujet, ne le soupconnas pas,,, il fe réjolut de luy donner .par la premiere Lettre- qu il luy,, écrivit une déclaration , qu il le reconnoifjoit pour le fils de„ l'homme, cr pour le Fils de Dieu en luy , sachant bien que,, Morin est fils d'nn homme, & que le Fils de Dieu est en luy„ comme en tout. Cette Lettre, dit-il, du premier Fevrier„ 166 2 fut fi agréable à Morin, que pour le reconnoistre de», cette déclaration, qu il croyait fort nette, il luy écrivit une,, repense du z Fevrier, par laquelle il luy donne comme par,, une grande grâce la qualité de son précurseur , 1e nommant„ un véritable Jean Baptiste ressuscité.

Le Janséniste que je copie réfute ensuite par les princi-pes de St. Augustin cette fourbe du Sieur Des-Marests. IIdit presque les mêmes choses que Mr. Arnaud a observéesdepuis, en se plaignant de l’Imposture d’un faux Arnaud,par laquelle on fit tomber dans le panneau un Professeurde Douai.

(C) D Auteur, que je cite . . . observe que le XVII Sieclea été fécond en Fanatiques.j Voici les paroles de cet Au-teur Çio): „ Nostre siecle,qui a esté auffi second qu’aucun,, autre en choses extraordinaires, l’a esté particulièrement„ en fanatiques : Sc il semble même que les esprits soient„ tournez, je ne sçay comment, de ce costé-là, Sc qu’ils„ y ayent une pente naturelle. Car, comme dans les ma-„ ladies contagieuses on voit d'ordinaire que tous les au-„ tres maux degenerent en pestes & en charbons, de mê-,, me on a vu souvent en ce siecle que les dévotions de-,, réglées, & établies fur des caprices humains, degene-,, rient en illusions fanatiques. L’Histoire des Hermites de,, Caen a esté célébré par tout le Royaume; Sc, si l’on„ avoit fait la recherche qu on devoir de la Compagnie,, du 8. Sacrement, on auroit peut-eíire découvert bien,, d’autres choses de cette nature”. II étale ensuite lesvisions de Charpy de Ste. Croix , celles de Morin , Sccelles de Des-Marests. S’il y eût joint celles qui en cetems-là se debitoient en Hollande (ii), il eût bien fortifiésa These. La queue de ce même Siecle ne dément pasles autres parties, dignum patella operculum.

(X> ) Je viens de recevoir un Mémoire tres-curieux concer-nant notre Morin (n).] En- voici quelques Extraits dansles propres termes de l'Original: „ Simon Morin étoit na--- tif d’Aumale, & il avoit autrefois été Commis de Mr.-- Charron Trésorier de l’Extraordinaire des Guerres. C’é--> toit un homme fans Lettres &d’une ignorance grossière,,, qui s etant voulu mêler de spiritualité tomba dans de

„ grandes erreurs. II ne se contenta pas de les debiter en„ cacheté à diverses personnes qui le regardoient comme,

,, un fou, il les renferma en partie dans le Livre qu’il fit„ imprimer en cacheté en 1647 in 8 fous le titre de Pen~-„ fées de Morin. dediées au Roi : c’est un tissu de reverses„ & d’ignorances, qui renferment les principales erreurs„ condamnées depuis dans les Quietistes, si ce n’est qu’il„ les pouffe encore plus loin qu’aucun n’a fait. Car il„ enseigne formellement que les plus grands pechez ne„ font pas perdre la grâce, Sc qu’ils servent au contraire,, à abatre l’orgueil humain. II entend de ces sortes de,, désordres les paroles de Saint Paul, que l’on entend„ ordinairement des tentations. II dit qu’en toute secte„ & nation Dieu a des élus vrais membres de l’Eglise.

,, Que parmy les moyens de se dépouiller de toute pro-„ prieté & présomption, un Directeur peut interdire à son„ penitent l’affistance à la Messe aux jours de feíte, la„ Communion, &c; luy ordonner la Communion fans„ Confession; defendre ce qui est commandé, & com-„ mander ce qui est défendu.

„ Que Dieu permit que St. Pierre le niât pour épurer„ fa présomption, que son désir de mourir pour Jésus-,, Christ n’eftoit point vertu parfaite, ny la négation,

,, vice destructif de la vertu: qu’il nia des levres & non„ du cœur.

„ II nie que le péché de Saint Pierre ait esté péché à„ mort.

,, II dit que St. Paul avoit esté non seulement en l’in-„ firmité de sa chair, mais même qu’il devoir y estre &

„ s’y soumettre, Sc qu’il avoit succombé aux tentations de„ la chair.

„Que là fréquente communion n’est utile qu’aux com-„ mençans, parce que jEsus-CHRisxse trouve mieux„ fous le pain des croix, que fous le lait du pain.

„ Qu’on pouvoit manger avant la communion, non„ seulement pour cause d’infirmité, mais par l’avis du Di-„ recteur pour se mortifier.

„ Que toute chute precedée de crainte & suivie de„ plaisir n’est pas péché; mais un témoignage de nostre„ impuissance qui doit servir à nous humilier.

,, C’est à-peu-prés à quoy se réduit la Théologie de ce-, Fanatique, qui est fans aucuns principes.

„ II fit imprimer avec ces Pensées divers Cantiques dont„ le style est pitoyable.

„ 11 fut quelque temps en prison, & relâché comme„ un Visionaire; jusqu’en 1661. Alors Des Marets Saint„ Sorlin , qui avoit été en grandes liaisons avec lui, 8t„ fait semblant, à ce qu’il avoue lui même dans ses Ecrits,

„ de le reconnoître pour le fils de l’homme resuscité, le

,, dénonça & se rendit son accusateur. On fit à

,, cette occasion le procez à Morin, & enfin il fut con-„ damné à être brûlé vif, ce qui fut exécuté au mois de„ Mars 1663. On dit qu’il avoit quelques disciples qui,, furent envoyez aux Galères, Sc feu Mr. de Neuré di-,, soit en avoir vu un à Marseille qui croyois que Morin,, étoit resuscité. Mais ceux qui ont conu Mr. de Neuré,

,, savent qu’il n’y avoit pas grand fond à faire fur les,, Histoires qu’il contoit, quand elles tendoient au liber--, tinage. Car il representoit cet homme , comme très- ■

-, sérieusement convaincu de la résurrection de Morim'

,» Cet homme mourut assez constamment, & on disoit„ alors que les Juges avoient été bien rigoureux, & qu’il„ auroit suffi de le mettre aux petites Maisons. Ceux-ci„ se défendaient fur le grand nombre d’impietez , qu’il,, avoit reconnues pour être ses opinions, Sc qu’il soute-„ nuit, non pas à la vérité avec esprit, mais de sang froid„ Sc avec une grande opiniâtreté.

(£) J’ai apris quelques cìrconfiances de son Procès, quipourront servir de Suplément ZV de correblif à son Article, j„ Le 14 du mesme mois (de Mars 1663) un nomme S“

„ Simon Morin, natif de Richement proche Aumale (*fi„ par Arrest de la Cour du Parlement, après avoir fait p*’st,, amande honorable nud en chemise, la corde au col & jif-„ la torche au poing, devant la principale porte de l’ss'

„ glise Nostre Dame, où il fut conduit dans un tomb e '

„ reau, fut ensuite mené à la place de Greve Sc là attacb c„ à un poteau pour y estre bruílé vif, avec son Livre i in *

„ titulé Pensées de Morin, ensemble tous ses Ecrits Sc j on„ Procez, puis ses cendres j citées au vent, pour punition.

„ d’avoir pris la qualité de fils de Dieu; Sc ses compsi ces„ condamnez d’assister à son exécution, puis d’estre atta-„ chez à la chaisne pour y servir le Roi à perpétuité,

,, après avoir esté fustigez par la main de l’Executeur e

,, la haute Justice, & avoir esté flétris & marquez de fRu ^

„ de lys fur les efpaules dextre & senestre. C’est ce