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Tome troisieme. K - P.
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M O R I N.

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(O) ll a fait un récit ingénu de plusieurs choses qui luiétoient désavantageuses.] II dit (134) que fa mere malade àla mort le déshérita, 8c lui refusa sa bénédiction. On la fitun peu revenir de cette haine: les Prêtres 8t les parens luireprésentèrent que son Testament seroit cassé, 8c qu’ellecourroit un grand risque d’être damnée : ainsi elle consen-tit à lui donner sa bénédiction, & à lui laisser un legs, leplus petit qu’elle put. II prétend que la cause de cettehaine fut qu’il avoit dit à son frere aîné, leur pere 8c leurmere étant malades, qu’il aimeroit mieux la guérison deson pere, que la guérison de sa mere, s’il faloit que l’undes deux n’en réchapât point. La mere mourut deuxjours après, dans les dispositions que l’on vient de voircontre son fils. Voilà un fait très-peu honorable & à lamere & à Pensant; mais il n’y a rien qui coûte trop àun Astrologue, quand il en peut donner des raisons selonses principes. Morin est dans le cas; il trouve (135) dansson Horoscope que sa propre mere a dû le haïr. II ytrouve auffi qu’il a dû être emprisonné plusieurs fois, 8cil avoue que dans fa jeunesse il s’est vu fort proche de cemalheur à cause de fa paillardise, 8c de son esprit vindi-catif (136). L’instuence maligne de quelques Planètes deson Horoscope aiant été corrigée par les aspects favorablesde quelques autres, la prison fut convertie en une autreespece de mal qui sympathisoit avec la captivité ; car de-puis l’âge de seize ans jusques à celui de quarante-six, Mo-rin fut toûjours chez quelque maître. II en servit seizesuccessivement; il fut chez des Notaires, chez des Maî-tres à écrire (137), chez des Présidons, chez des Evê-ques , chez des Abbez, 8c enfin chez le Duc de Luxem-bourg. La raison pourquoi il changeoit de servitude sisouvent, est qu’il se brouilloit avec la maîtresse du logis,ou qu’il survenoit des accidens imprévus, ou que les maî-tres fe rendoient coupables d’une énorme ingratitude. §uodautem fer carceres fieri non potuit, per fer vit ut em effecit cu-mulus ille Planetarum in duodecima domo . est enim

servitus .... species quadam incarcerationis quod homo inaliéna domo non liber, sed altérs mancipatus vivere teneatur.Stquidem ab anno 16 ad 46 vit a mea fuit perpétua servitus ,dommosque habui 1 6 quos omnes dereliqui vel ob çurgia cumdominabus , quarum imperium cum ferre nollem odia pajfusfum .... vel ob cafus repentinos , vel ob dominorum intole-rabilem ingratitudinem (138). II trouve la cause de tousces événemens dans fa figure de nativité ; ses querellesavec P hôtesse, l’ingratitude de ses maîtres, la chetivecondition des uns, la médiocrité des autres, le haut rang

de quelques-uns. II n’y a point d’étoiles qui aient mieuxréussi à son dam que celles qui le menaçoient du côté desfemmes ( 139). J’ai déjà parlé (140) des deux blessuresqu’il reçut pour une femme galante. Ce fut peut-êtredans un lieu de prostitution. Je ne compte pour rien laviolence que lui firent des gens de guerre, qui à l’instiga-tion de quelques garces entrèrent chez lui (141). Unhonnête homme n’est pas à couvert d’un tel affront; n’al-léguons rien d’équivoque. II avoue ( 14Z ) qu’aiant eul’honneur d’être conu des Rois 8c des Reines, des Prin-ces 8c des Cardinaux, 8c des premiers de l’Etat, il n’y aeu tout au plus que cinq personnes de haut rang qui Paientaimé , 8c qui lui aient fait du bien , soit à cause de sascience, soit à cause de sa candeur, soit par sympathie: 8cqu’au contraire l’envie ou Pantipathie Pont exposé à lahaine d’un fi grand nombre des gens, qu’il a horreur d’ysonger. Borret memoria referre quot inimioos habuerim vel obinvidiam, vel ob antipathiam (143). Pour ne rien dire du reste,peut-on voir un plus grand défaut que celui d’un hommequi fe plaint d’avoir été un objet d’envie, 6c qui fe vanted’avoir été aimé de quelques Crans à cause de son savoir?Ses plus grans Accusateurs, fur le chapitre de la vanité 8cde la vénalité, font ses propres Livres. 11 se vante dansl’une de ses Réponses d’avoir soutenu une guerre conti-nuelle pendant dix-sept ans contre quinze Mathématiciensou Philosophes, 8c de les avoir tous réduits à une hon-teuse retraite. II dit qu’en l’année 1636, sa réputation futrépandue presque par toute l’Europe (r 44). A tout pro-pos il nous parle de fa prétendue Démonstration des Lon-gitudes, comme d’une chose dont les plus fameux Mathé-maticiens reconurent publiquement la vérité. II devoitdonc être content; la gloire de l’invention lui demeurait,le public lui rendoit justice par ses louanges. Cependant,Morin ne parle presque jamais de cela, fans s’emporterbrutalement contre le premier Ministre, qui ne lui avoitpas fait toucher l’argent que cette invention méritait.N’est-ce point témoigner une a me vénale, baffe, sordide,qui au lieu de travailler pour la belle gloire, ou plutôtpar un motif entièrement désintéressé, ne compte pourrien la gloire, lors que les pensions, 8c les récompensespécuniaires ne font pas de la partie ? Au reste, il n’étoiípas auffi conu par toute l’Europe depuis Pan 1636 qu’il leprétendoit. Son Nom & ses Livres n’ont pu trouver placedans un Livre de Voffius (34;), où l'on voit une longueListe des Mathématiciens, 8c des Astrologues, 8cc,anciens8c modernes.

(139) PropterÌ) tr 2 in

.duodécimalquœ mihi exparte mulìe -rum multamalt damna,vitaquc pe-ricula pepere-runt. Idem.ibidem.

(140) Dansla %mar-que (D),Citât. (11 h

(141) Astro-log. Gallic.Libr. XXIU,pttg, 64,.

(141) IbU.

Libr. XVII,pag. 398.

(143) lbid.p • 398,399.

(144) Tunevero noTnitíìsmti fama pertotam fermeEttropam

Ibids Libr*XXIII ,f&g. 64s.

(545) Celuide ScientiisMathema-ticis. ll jY-tend jusqu* enI64 6 & plus*

Préfacé desLettres Vi-iìonaires.

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MORIN (Simon) Fanatique brûlé à Paris Van i66z. Son Esprit étoit en désordre de-puis long-tems (A). II soutenoit (a), qu’il fe devoit faire bientôt une Refomation generale de ( a \ v ^ uf Eglise , (st que tous les peuples alloient être convertis à la vraie foi. II prétendoit que ce grand re-nouvellements fe devoit faire par le second avenement de Jesus-Christ dans son état de gloire ,

(st incorpore en lui Morin j (st que pour Vexécution des choses aufquelles il êtoit destiné , il devoit êtreaccompagné d'un grand nombre d'âmes parfaites , (st participantes à l'état glorieux de Jesus-Christ, qu’il apelloit pour cela des combatans de gloire. Le Sieur Jean Des-Marests de l’Acadé-iuie Françoilè feignit d’être son Disciple, 8 c découvrit par ce moien cet horrible Fanatisme (B).

. Morin

le Livreffiitfmi? d “Y” d ss° rdre depuis long-tem s.] Voiez Car, comme on a veu un fou, qui, s'imaginant estre Dieu lePan Ot, - f lmon M ? rí V’,i h fut imprimé Pere , refutoìt d’une maniéré convaincante un autre fott qui

nom ^ ru le nom de 1 Imprimeur, ni le croioit estre Dieu le Fils;parce, difoìt-il, que moy qui fuis

rn du heu ou on 1 imprima. L Auteur etoit en prison Dieu le Pere , je sçay bien que je ne l’ay joint engendré : dea Tans pont les erreurs des Illuminez, lors quë les Amis même le Sieur Desmarefts n'avoit fas de seine à fe prouver àde Gassendi écrivirent contre P Astrologue Jean Baptiste foy-même que les pensées de Morin er de charpy estoient faus-Morin, auquel ils reprochèrent qu’il étoit ou frere ou pa- ses. Charpy , disoit-il, s'imagine que le monde doit estrerent de ce prisonnier. L’Astrologue prit cela pour le se- reformé par un Lieutenant de J e s u s-C h r i s t, joint avec lescond de leurs mensonges. Secunda (impostura) dum ajserit Juifs .- es 1 Morin dit que ce fera ^Jesus-Christ mimequemdam Simonem Morinum in carcerìbus Archiepiscopatus hit- incorporé en luy, Ct accompagné des combattans de gloire. Or]usce ajservatum, ob illumìnatorum doêlr ’mam quam prostetur, je suis bien ajjuré qu ils se trompent, puisque c est par moy-mê-tjse meum consanguineumsvefratrem (i). me, Dcsmarests de S. Sorlin, Eliacim Michael, vt par mes

(£) Des-Marests .... feignit d’être son Disciple, ct dé- viêlimes, que tout cela se doit operer. Apres les avoir ainficouvrit . . . son Fanatisme.] 11 étoit lui-même un grand condamnez, d’illuson par cette preuve trés démonstrative à sonfanatique (z), 8 c il s’attendoit à une admirable 8 c sainte égard, il se crut obligé de les poursuivre de toutes ses forces.Révolution; mais s’imaginant qu’elle ne se seroit point par Ainsi il n a point eu de repos qu'tl n ait perdu Morin, en yem-les voies que Morin_ marquoit , ni par celles d’un autre ployant même les trahisons les plus indignes d’un honneste^ hom-

Vifionaire nommé Charpy de Sainte Croix (3), il se mit«n tête de combatte ces deux personnages. „ Charpy pre-s, tendoit que toutes ces merveilles se dévoient faire par>, un certain Lieutenant de Jesus-Christ de la race» de Juda, auquel il apliquoit les plus claires Prophéties» du Messie (4) ”. On a vu dans le Corps de cet Arti-cle la prétention de Morin, 8c voici celle du Sieur des^íarests. Je la raporte selon les termes d’un Auteur qui feservoit du temps présent. Le Sieur Desmarefts enseigne corn-ue eux qu il est vray que le monde fe va reformer, que toutesles sebhs vont estre réunies à la Religion Catholique ; mais quetout cela fe doit faire par le grand Prophète Eliacim Michael,lui n’est autre que le Sieur Desmarefts de S. Sorlin, ct par unearmée de cent quarante quatre mille viêlimes ou âmes annean-

me e- 7 J d'un Chrestien , Et il se vante luy-mê/ne dam fr Repensed.'avoir esté cause de la prison de Charpy (y). (d Lettre,

Voici les moiefls qu’il emploia: il dépose (6) qu’il eut Visionairesquelques entretiens avec Damoiselle Marguerite Langlois « ^ Préface',dite la Malherbe, 8c avec une autre nommée Mademoiselle pí! "- rn -de la Chapelle: ,; que d’abord elle craignait de se découvrir,

„ mais que peu à peu il l'apprivoisa àfe communiquer à luy, y} fsts f„ Ct quelle commença à luy parler de ce Morin p 1 de fafem- Visionaite,, me\ qu’elle lui dit, qu’il estait certain que l Esprit de J e s u s- I a S- ra. 245 ’,, Christ estait incorporé & reffujstté en M. Morin pour fin 0n . 7 cíts 1“,, second advenement en terre-, qu’tl estait le fils de l’homme, sf°é‘ tlan du„ à qui Dieu avoit donné tout jugement fur la terre. Après ìflníh^'

„ cela il décrit son entreveue avec Morin, qui s e fi t sc„ lendemain , 8 c il dit que d’abord Morin luy voulut pa -roistre m homme fort saint ct de grand recueillement, fais

tant

t*s, qu’il doit*assembler pour les donner au Roy, afin qu elles „ . ..y. - - discours, voyant que s ils humthott

exemtent fous fis ordres cette haute entreprise, félon ies lumie- „ quapr q 1 far 0 ^ r£ j> haut, û pourrait le trai-ns divinement inspirées au Sieur Desmarefts. ll est bien visible „ devant 7,-1 ^ , & qu il n avoit pas tant de temps

que ce dernier Prophète ne pouvait pas s accorder avec ces deux ,, ter g ^ ffmmt point de luy dire ce qu’il ft avoit desautres, ©- qu il avoit dans ses visions de quoy détruire les leurs, „ a per sc#» (legrez , t? de la spiritualité:

Vifionaiies, à la rrísaa, pag. m. Zîí, " ^ ' „ qualtfi