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Tome troisieme. K - P.
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(e) Micrs-ìius, Synt.Hift. Eccles.pag. 78 rEdit. 1699.

(/) Ex Mi-ctxlio, ibid.

(16) Melch.Adam, inVitis Tlied.Gernian.«• 383 .

(17) Idem,ibidem ,«•■ 37 ».

( 18 ) Confé-rez* ce quediffus 'Re-marque (B)de P^ArticleÏ-UCEE.

(19) Melch.Adam. inVitis Theol.German.«• 37 »-380.

(20) Idem,

ibidem.

(11) Idem,ibidem ,

«. 37 â.

(2z) Idem,

ibidem ,

«. 3 , 7 *.

446 M U S C U L U S.

emploié à quelques Députations Ecclésiastiques très-importantes(G). II se rendit aíTez habile dansla Langue Greque, & dans l’Hébreu, quoi qu’il eût commencé bien tard à les étudier (H).Nous raporterons quelques jugemens que l'on fait de ses Ecrits (/). On a remarqué qu'il re-nonça à la doctrine de Zuingle dans le Concordat de Wittemberg, & qu’il l’embrasla tout denouveau après qu’il fe fut retiré d’Âugsbourg (e). Voiez la Remarque G. II ne faut pas le con-fondre avec André 1 Mus cul us, Auteur Luthérien, & Professeur en Théologie à Franc-fort fur l’Oder, & Surintendant général des Eglises de la Marche de Brandebourg au XVI Siecle.II étoit né à Schneberg dans la Mifnie, & il mourut l’an ip8o (/). II fut un ardent promoteurdu dogme de l’Ubiquité, ôí il s’expliqua d’une maniéré très-hardie (K). II publia un fort grand

nombre

qu’il n’eut jamais de Copiste (16); 8c que si ses Ouvragesfurent très-utiles au Parti des Protestans, comme ils le fu-rent fans doute, ils ne le font plus : il y a long-tems quepersonne ne les lit ; & c’est peut-etre une fausse délicatesse,8c un trop grand attachement aux méthodes à la mode.On donne presque pour rien dans les encans des Bibliothè-ques les Oeuvres de Musculus, 8c celles des autres Théo-logiens de ce tems-là.

(G) Il fut emploié à quelques Députations Eccléfiastiquestrés-importantes.'] H fut député avec Boniface Lycosthe-xie par le Sénat d’Augsbourg Pan 1536 au Synode qui fedevoit tenir à Eisenac, 8c où l’on devoit traiter de la réu-nion des Protestans fur la doctrine de la Cene. On nefit rien-à Eisenac; Luther écrivit aux Théologiens qui yètoient arrivez que fa santé ne permettoit pas qu’il entre-prît un long volage, 8c les pria de s’aprocher un peu plus.Ils partirent donc d’Eisenac 8c pouffèrent jusqu’à Wittem-berg, 8c y dressèrent 8c conclurent un Concordat. Mus-culus 8c plusieurs autres, persuadez de la fausseté de ladoctrine de Luther sur la Présence réelle , consentirentnéanmoins à des articles de concorde , où ils abandon-noient les explications nettes 8c précises dont ils s’étoientservis jufques-là. Ils eurent de bonnes raisons de fe relâ-cher; car ils espérèrent qu’au grand bien de la République8c de l’Eglise ils feroient cesser par ce moien une Contro-verse considérable, 8c rameneroient la paix qu’on souhai-toit depuis fi long-tems: mais l’événement leur aiant faitvoir que tous ces détours. & ces ambages de paroles necontentoient point les opiniâtres, 8c faisoient errer lessimples, & donnoient lieu de penser que les Sectateursdu sens de figure avoient changé d’opinions', ils revin-rent à leur prémicr langage, ils s’expliquérent rondement8c nettement, 8c dirent tout haut ce qu’ils pensoient.Vous voiez bien que je narre là une afaire délicate, 8cque si je ne faisoís voir que je traduis fidèlement lespropres termes de l’Auteur de la Vie de Musculus, jem’exposerois à la censure de quelques Lecteurs. Pré-venons leur malignité , copions le Latin de l’Original.Gfuibus autem rationibus , cbm ïpfe (Musculus) tïtm alìitnulti boni vir't, impulfi fint ; ut , cum in hat causa crajsamquorundam sententiam minime ampleclerentur , in hane ta-men concordiam consentirent , deque sua, qua haElenus , do-cuerant , perspicuitate nonnïhil decedtrent , prudentes vin fa-cile intelligunt. Ntmirum auod persuasum hoc illit effet, fac-turosse id summo cum ecclesu b Reip. bono. Sic enim solumgravem 0/ maie consultam illam de hac causa controverstamtolli, ecclefiis diu desideratum pacem restitui, e? Respub. etiamfirmius conjungì L? consoçiari pose. Postquam vero , rerumeventu edatli , his quasi fucis verborum pertìnacioribus nonfans fieri, jimpliciores vero in errorem abduci, seque apudomnes bonos in Juspicionem mutata fententu ventre cernerent ,ad pristinam suam ferspicuitatem revers, e? palam quid sen-tirent , profefisunt (17). Ceux qui disent avec des airs deDéclamateur, qu’il faudroit vuider les Controverses pardes Formulaires vagues, équivoques, 8c embarassez, oùchaque Parti trouvât son compte, pourroient-ils bien indi-quer beaucoup de Traitez de Paix de Religion conclus decette maniéré ? N’avoit-on pas fait à Wittemberg ce qu’ilscroient si utile (18) ? On. vient de voir que le fruit de toutcela ne dura guere.

Musculus fut député du Sénat d’Augsbourg pour aíïìsteraux Conférences qui fe tinrent entre les Théologiens Pro-testans 8c les Théologiens Catholiques pendant la Diete deWorms, 8c pendant celle de Ratisbonne l’an 1540 8c l’an1541. ' II fut l’un des Sécrétasses'de la Conférence de Ra-tisbonne entre Melanchíhon 8c Eccius, 8c st en dressa lesActes (19). Leshabitans de Donavert, aiant embrassé laRéformation l’an 1544, prièrent ceux d’Augsbourg de leurenvoier un Théologien qui dressât chez eux une Eglise,8c qui jettât les fondemens de la vraie foi. Musculus futchoifí pour cette fonction, Sc fit fa prémiere Prédicationle 28 de Décembre à ces nouveaux convertis, 8c leur an-nonça la parole chaque jour trois mois de fuite (20).

(D) ll se rendit habile dans la Langue Greque, S? dansVHébreu, quoi qu'il eût commencé bien tard k les étudier ,]II commença à étudier l’Hébreu lors qu’il fut Ministre àStrasbourg: il avoir bien trente-deux ou trente-trois ans.On assure qu’il s’avança beaucoup 8c fort vîte dans l’in-telligence de cette Langue. Tantam brevi ejus lingua cog-nitionem Jibi comparavit : ut non sacra solum Biblia ; se d ejyRabinorum obscurijstmos commentarìos , or Chaldaicos etiaminterprètes, perfeéle intelligent (21). On ajoúte (22) quependant qu’il fut Ministre à Augsbourg il àprit astez bien1 Arabe fans l’aide d’aucun Maître. II avoir quarante anslors qu’il commença d’étudier la Langue Greque : Xystus

Betuleius prémier Régent dans le College d’Augsbourg luien enseigna les prémieres réglés (23). On doit admirer (23) M .'que Musculus, s’étant avisé si tard d’étudier le Grec, en y^frheol-ait aquis tant de connoissance. " Gciman.

(/) Nous raporterons quelques jugemens que l'on fait de ses p a g. 37*-•Ecnír.] Mr. Huet loue à certains égards ses Traductions,mais il ne le trouve pas assez docte ni en Grec ni en La-tin. Wolffgangus Musculus, vir bonus, sed Graca lingua no-titiâ imparatus, nique Latinâ vald'e instruèìus , brevitate e?nitore, fimpltcitate etiam ac fide commendatur : nam 8c eaqute intelligebat, 8c ea quse non intelligebat, uti poterat,expreffit : nihil videas illum studio prœtermittere, nihilalienum substituere (*): cateroquin hallucinatursape, utpote ea- (*)rum artium rudis, quas qui colunt, éruditi appeìlantur (24). *

Vous ferez bien de consulter tout le passage de Caíaubon ’que Mr. Huet indique , vous y trouverez un parallèle ( 2 ^ hu et.entre Perot 8c Musculus, par raport à leur Traduction de de clansI»'Polybe. Volons ce que l’on a dit d’une autre Version de terpretibus,ce Ministre. ,, Musculus Protestant entreprit une nouvelle n> ' 11,, Traduction de l’Histoire d’Eusebe, qu’il fit assez heureu-„ sement: il s’est fort attaché à la lettre, 8c a traduit le„ texte avec beaucoup de netteté 8c de brièveté: mais il„ n’a pas toûjours bien entendu son Auteur, 8c il a laissé„ plusieurs fautes dans fa Version (23)”. On trouve que (zç) vu ? ltt>dans son Commentaire fur les Pfeaumes 11 fait paroître BibUoíb.

„ beaucoup plus de modestie, £c même plus de respect Tom ' I \hu„ pour l’Antiquité, que la plûpart des autres Protestans, f

,,.que la méthode qu’il a suivie.est assez Hollande.

„ exacte .... qu’on peut dire que cet Auteur a connu„ la véritable maniéré d’expliquer l’Ecriture : mais il n’a„ pas eu tous les secours nécessaires pour y réussir parfai-„ tement, parce qu’il n’étoit pas assez exercé dans l’étude„ des Langues 8c de la Critique. II examine cependant„ fans préoccupation les anciennes Traductions Grecques„ 8c Latines, 8c il a eu 'assez de lumière, pour con-„ noître que les points, qui font aujourd’hui dans le„ Texte Hebreu, n’y étoient point aux tems des Sep-tante 8t de Saint Jerôme (26)”. Vous verrez ail- ’

leurs (27) ce que l’on juge de son Commentaire fur l'E- Hlst ‘vangile de saint Jean, 8c fur l’Epitre aux Romains. Bau- vi’eux T ís 'douin remarque que Musculus débita dans ses Lieux comr tament >muns certaines choses qui auroient du modérer l’efprit de Livn S\v>Calvin quant au fuplice des Hérétiques, mais qui l’enfla-Nièrent davantage ; deforte qu’écrivant fur Zacharie, ilpoussa ce dogme si loin qu’il semble qu’il veut mettre le yglaive entre les mains des particuliers pour tuer les Héré- me , Hist 01tiques (28). Je ne garantis point le fait, 8cjene raporte critiq u ^cela qu’afin de montrer à mes Lecteurs que l’on a jugé desque Musculus a defaprouvé le fuplice de Server. Quel-ques-uns croient que par un défaut ordinaire aux Difpu- -rclìa»'^'teurs il s’éloigne tellement d’une extrémité, qu’il s'a.pro- chap.che trop de l’autre, comme lors que pour combatreles 74Anabaptistes, il diminue plus qu’il ne faut l’autorité des Jmv 'Pasteurs. Voiez les passages que Mr. Crenius a recueillis /, 8 ) foj’L;fur ce sujet (29). Fr. ^ l f ‘ 0

Notez qué Monsr. Simon prétend que Musculus dansson Commentaire sur l’Epitre aux Romains fe tient neutreentre les diverses maniérés d’expliquer la Prédestination.

„ II raporte fur les endroits les plus embarrassez les expli- ^

„ cations des anciens Commentateurs, 8c il n’est pas de (:») c \fv„ luy-même fort décisif. C’est pourquoy fur ces mots du "’Ar-ss-», Chap. 9. ltaque non volentis neque currentis, 8te. il don-,, ne en abrégé les diverses interprétations qu’il avoilr p„g. t‘

„ lues, fans néanmoins prendre party. II tâche de con)

„ cilier la grâce avec le libre arbitre, attribuant à l’un8c„ à l’autre ce qui leur est dû: Ab hujusmodi contenùonï-,, bus, dit-il, nos libenter abftinemus, credentes homïnì qui-„ dem esse voluntatem e? conatum , sed quatenus ad velle zff„ currere divinitus, vel ex gratta, vel ex indignations Dei„ fuerit motus. II improuve néanmoins l’opinion de ceux„ qui ont recours avec les Peres Grecs à la prescience de„ Dieu, croyant qu’elle ne fe peut accorder aVec la pen-„ fée de Saint Paul: Hac sententìa plane aliéna est a patt-» h , qui omnia tribuit miserentis Dei libéra voluntati & ^ Si< íl ? a ’

„ gratta (30)'’. Je ne comprens point le ménagement (3. {l cú)de ce Ministre; car le Passage Latin que Monsr. Simon ra- ieSporte contient en effet ce qu’il y a de plus rigide dans jn e ”^;iul’Hypothese de Calvin. Ceux qui combatent le franc- ^.^0 aïsarbitre avec le plus de rigueur, n’ont jamais nié que l’aro e L,del’homme, entant que meue de Dieu, ne veuille 8c netende ou ici ou là.

( K ) André' Musculus . . . fut un ardent P ron j°~teur du dogme de l’Vbiquité, L? U s’expliqua d'une m“^ ietres-hardieP\ Hofpinien observe que ce dogme fut ' n ^ eI Jj upar Brentius, que Jaques André y ajouta l’Hypothem