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Tome troisieme. K - P.
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MUSCULUS.

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une autre face quelques mois après; car on trouva à propos qu’il résidât. II se transporta donc çà Dorlisheim, ct y foufrit les rigueurs de la pauvreté fort constamment (B). On le rapeils

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Strasbourg au bout d’un an pour l’emploi de Ministre Diacre dans la principale Eglise,exercé environ deux ans, il fut apellé à Augsbourg, & commença d’y prêcher le zz de JanvierI )“3 r. La Charge du Ministre qu’il y exerça fut fort pesante pendant les prémieres années ;

Melchior

r - . Adam, /»

-L’aiant vka Mus-

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3 57 dr sep,VitarumTheoiO^or.Tout ce qu?ila dit ejì tiré

gistrats que le Papisme fût entièrement chassé (C). II servit l’Èglise d’Augsbourg jusques tiX-aì? deau tems que les Magistrats eurent la faiblesse de recevoir M Intérim l’an 1 f 48. II sortit alors de laville, & se retira en Suisse. Sa femme & ses huit enfans le suivirent au bout de quelques semai- Muscuu*nés. II fut les prendre à Constance le 30 de Juillet; Sc après avoir attendu à Zurich qu’il fe f 4 ” s‘ h - 0n uprésentât quelque vocation commode, il fut apellé par Mrs. de Berne l’an ifqp pour la Proses- 7 ,“?,1 11sion en Théologie. II l’accepta agréablement, Sc il en remplit les fonctions avec toutes sortes defoin; Sc afin de témoigner ia reconnoissmce à la ville de Berne, il ne voulut jamais accepter les condonumemplois qu’on lui ofroit en d’autres lieux (D). II se borna aux Leçons de Théologie, Sc refusala Chaire de Prédicateur qui lui fut oferte (Á). II mourut à Berne le 30 d’Août 15*63 {d). Ce Edmond»fut un homme fort laborieux, Sc fort docte, Sc qui publia beaucoup de Livres (T). II fut austì Ríu ujs

emploie

Ministre ne fût insulté, le fit garder par trois hommes quile conduisoient au Temple, 6 c le ramenoient à son logis.

II y eut souvent des tumultes devant ce logis: les.dômes- .tiques du Cardinal d’Augsbourg y firent des attroupemensavec mille iujures, 8c mille risées, 8c cassèrent à coupsde pierre les vitres de Musculus. Les Espagnols, 8c lesPrêtres lui tendirent des embûches,8c l’accablérent de mé- . , T; ,distances, 8c de huées (7). L' est ainsi que les choses de ce jijelchíor ‘monde haussent 8c baissent. Chacun a ion tour. Adam , i n

(X)) ll ne -voulut jamais accepter les emplois qu on lui Vitis Theol.ofroit en d’autres lieux. ] On tâcha trois fois de l’attirer en Oerman.Angleterre, 8c fur tout après la mort de Martin Bucer.

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criture de Bucer étoit si mauvaise que les Imprimeurs nela pouvoient lire: il y étoit lui-même assez souvent emba-rassé; il avoir de la peine à la déchiffrer. Mais Musculusqui la savoir lire couramment peignoir à merveilles; 8cC'est pourquoi il rendit un bon office à Martin Bucer oc-cupé alors à divers Ouvrages que l’on m étroit fous la pres-se. Raportons les paroles de Melchior Adam; on y trou-vera des circonstances. Adeo maiepingebat Bucerus, ut quaferiberet , k Typographis , imò ab ipfomet sape Bucero , dtjst-cilim'e legerentur : Musculus vero ea legebat expeditiffìme,pingebat elegantijfime. Defcripfìt itaque ei cum alia plura,tûm -vero potìjfimum expltcationem Zephaniae Propheu, quaextat, in cujtis sronte ejus leguntur carmina, c? Psalteriumillud totum, quod fub Aretii Felini nomine in lucem edidit (1).

Erasme, Lipse, 8c plusieurs autres grans Auteurs, ont eule même défaut que Martin Bucer, 8c il y a très-peud’hommes doctes qui possèdent la qualité contraire, com-me Musculus la possédois. Cela étoit encore plus rare au demies, 8c lui promirent de grosses pensions. II s’en ex- ststff v

XVI Sieclequ’au XVII. , -..à. - ffxxv,

(B) ll fe transporta à Dorlisheim , e? y foufrit les rigueursde la pauvreté fort constamment, j II n’avoit pour tous meu-bles que le petit lit qu’il avoir fait emporter de son Cou-vent. Ses paroissiens eurent assez de charité pour lui of-frir les utenfiles nécessaires ; mais il coucha fur un peu depaille étendue par terre (z). L’Historien observe que safemme étoit prête d’accoucher (3), 8c c’est là-dessus queMr. Bailles fe fonde pour dire que les Proteftans content,

parmi les mortifications les plus héroïques de Musculus, celle fungens (<?)• ( It i ihu, m ■

d avoir couché fur la dure, farce qîíil avoit eu la generofîtê (í 1 ) Tl publia beaucoup de Livres, J ll cotnïïiença par a nno 1540, *

d abandonner à fa femme le Ut qu'il avoit aparté de son Cou- des Traductions de Grec en Latin. Le premier Ouvragew nt_ damant quelle en avoit besoin pour ses couches (4). 11 de cette nature qu’il publia (10) fut le Commentaire de (n) Voiezservit un an i’Eglise de ce village sans toucher un seul saint Chrysostome sur les Epîtres de fiât Paul aux Ro- Mr - juillet»

denier de pension. Enfin, les Magistrats de Strasbourg mains, aux Ephesiens, aux Philippiens, aux Coloffiens,

le tirèrent de la misere, en lui assignant quelque chose 8c aux Thessaloniciens. II publia (n) ensuite le second Ami. "des deniers publics. Anmm totum in Ma eedefia docuit , Tome des Oeuvres de saint Basile, 8c puis les Scholies ducum ne terunúum qu'tdem à quoquam stipendi't loco acciperet , même Pere fur leS Pseaumes, 8c plusieurs Traitez de saint (n) Epie.

Arhanafe . 8c He saint Cvrille t l’Histoire Eccléfìastimip BibííotJi.

La ville d’Augsbourg aiant recouvré fa prémìere liberté

l’an 133Z le mit au nombre de ses Ministres exilez qu’elle défi,

rapella. Ceux de Strasbourg, les Electeurs Palatins Othon 384» à

Henri, 8cFrideric, 8c le Landgrave de Hesse, le sollici- $

térent souvent de venir servir leurs Eglises, 8c leurs Aca- [ 9 ) Til uan,

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cusa entre autres raisons fur celle-ci principalement, qu’il (&■ mn pas

vouloit consacrer tout le reste de sa Vie au service de la M. 36. -°«-République de Berne qui l’avoit si humainement retiré de m ‘ K ° ni S *son exil (8). Cette conduite est très-louable, 8c il n’y a Vst) st?pas beaucoup de gens qui aient la force de la tenir. ’ 7 *

(£) Il fe borna aux Leçons de Théologie , V refusa la (ir>) ^ B îl eChaire de Prédicateur qui lui fut offerte. ] Ceci montre chez Hnva-que Monfr. de Thon ne devoir’ pas dire que Musculus í‘ m l ' mexerçoit à Berne la Charge de Passeur, Pastaris munere de- Is}6 ’

nec ettam peteret ; fed in fumma paupertate patientiffime z?tranquille viveret. €)uo minus autem tilt stipendium folve-retur, m -çausa erat Aíbas Cœnobii Hohenforst , qui ohmomnes tUtus ecclestst décimas , cr cenfus annuos colligeret ; mi-nijtro tamen Evangelii stipendium pendere recufabac, tandemvero Argentinenfes ut ipstus penurìam fublevarent , aliquamMi pétunia futrmam , e publico arario benigne numera-runt (5).

Athanase , 8c de saint Cyrille ; l’Hiltoire Ecclésiastique .d’Euíebe, de Socrate, de Sozomene, de Theodoret, 8c enen »

(C) ll obtint . des Magistrats d’Augsbourg que le

Papisme en fût entièrement chafféfj Musculus fut d’abordMinistre au Temple de sainte Croix. Les Catholiques,qui occupoient encore l’Eglìse de Notre Dame, 8c plu-sieurs autres des meilleures, 8c la plupart des Couvens,remuoient ciel 8c terre, non seulement pour se maintenir,mais aussi pour chasser les Luthériens. Ils furent bien com-battis par tous les Ministres ; mais l’ardeur de Musculuséclata infiniment plus que celle de ses Collègues. De làvint que les Catholiques l’eurent principalement en aver-sion. II fit tant par ses journées que le zz de Juillet 1534le Sénat & le Peuple d’Augsbourg leur défendirent abso-

pag. m. 8 2 y.

d’Evagrius ; 8c Polybe. Voici les principaux Ouvrages iu fmmtqu’il composa de son chef: Deux Sermons de Mijsa Pa- imprimez mpiftica prononcez pendant la Dicte de Ratisbonne en 1^41. fistfff 11 stIls furent imprimez à Wittemberg, & puis à Augsbourg, IJJo Sr ststcum additione de externìs Miffa abujtbus. Cochlaeus écrivit duits’par V.contre cet Ouvrage l’an 1344; 8c de là sortit 1 'Anti-Co- Poullain,chUus{i z),que Musculus publia en Latin 8c en Allemand à lei int »uUAugsbourg la même année. II publia quatre Dialogues cinq Tem P°-ans après fous le nom à'Eutychms Myon, 8c fous le Titre de -n??Profeents (13), fur la Question si un Protestant peut com- rroiceîusmuniquer extérieurement aux Superstitions papales. Son f une - Al -Commentaire fur les Pseaumes fut imprimé l’an 1550. Ce-lui qu’il fit fur la Genefe fut publié l’an 1334. II en pu- irpórxcupmblia un fur l’Epitre de saint Paul aux Romains l’an 1333. Temporarins.Un fur la Genefe l’an 1337. Un fur les Epîtres aux Co-rinthiens l’an 1559. Un fur l’Epitre aux Galates, 8c furl’Epitre aux Eplieiiens l’an 1361. Son Commentaire fur Adamô,

_ __ les Epitres aux Philippiens, aux Coloffiens, 8c aux Thés- vitis Thcoi,

lumen t de prêcher en aucun lieu de la ville, 8c ne leur saloniciens, 8c fur les prémiers Chapitres de la prémìere à German.laissèrent qu’huit endroits où ils leur permirent de dire la Timothée , fut publié après fa mort par ses héritiers. Ses 383. JeMesse, Ils l’abolirent par tout ailleurs avec les"images; 8c Lieux communs font un Ouvrage à quoi il travailla pen- Meichio ?Meenfin le 17 de Janvier 1337 le grand Conseil chassa tous dant dix ans, 8c qu’il mit au jour l’an 1360(14). Quelqu’un Adam Jles Prêtres Sc tous les Moines, 8c repurgea d’idolatrie ces remarque qu’il y découvrit les abus sordides de la Taxe de parte peint duhuit endroits, 8c les consacra au service Protestant. Alors la Chancellerie Romaine. Cette Observation ne vaudroit Commea-Musculus fut fait Ministre de l’Eglìse qui avoir été consa- rien dans une Version Françoise: donnons-la donc en La- Musculuscrée à la sainte Vierge. II commença d’y prêcher le ij tin. Mintme ridiculùs hic Musculus Papistis habetur, fur l’Lvaa-

pracipue cum turpijstmam illam Nundinationem , Taxarum gile de st.fcilìcet CancellarU Apofiolica , id est feelerum omnium e? Matthieu,*blafphemiarum thefaurum toti Mundo in Loois fuis Commue- & sil FJ’E-nibus aperuerit;: quofaéio crafft illt Romani Elephanti , info,- St^an***tiabiles ventres , furere vtdentur , non (écus ac fi ipforum in J 'Musculus prêcha dans d’autres Eglises avec son ar- probofeidas, mures, ad rab.em ufque J çofdem vexantes , irrep- ír s ) J sc.

8c sa liberté accoutumée. On l’épioit; on le défé- stffent. Magnus igitur Musculus exijtimandtts, qui in Verheidca,roit à l’Rmpereiir sur le pied d’un Prédicateur séditieux, Romani Plutonts Pttrgatorìique Régis auream Cameram atque E ^f íe ".

? :i 'jurieux. Michel Sidonius, Sufragant de l’Archevêque Adyta ptmtravtt { 15 ). je ne parle point des Ouvrages gi£ piafs- 0 ’Ce Maience, alloit souvent à ses Sermons, 8c en faiioit que Musculus composta.en Allemand; mais je dirai qu’il tantiumExtraits fur ses tabletes. Le Sénat, craignant que ce écrivit de là main tout ce grand nombre de Volumes, 8c Theoiog.

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fie Juillet 1337 , 8c continua de le faire tranquillementjusqu’au 30 de Juillet 1347 (6). Mais depuis cejour-là,juiqu’à fa sortie d’Augsbourg, son Ministère fut exposé àfie grans troubles. Charles-Quint, aiant fait son entréefians la ville, fit rendre aux Catholiques l’Eglise de NotreDame.deur

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