Mercure
François,Tût». V, àl’an 1617,
M. u s .(b) Or.rul’Article
Osman.
(«) Erasin.Èpist. VLibrì XXIII,jag. 120 9.
(í) Idem,ibìd.m.
( c ) PaiilusBombaiìus,Epist. adErasmum,XXIIILibri IIinter Erai-mianas.
(d) In Elo-giil, Cap.XXX.
(í) Voicz, la%emerq. (§).
(/) Anec-dotes deFlorence,
fag. ISo,
I 81 , 182 .
45 o M U S T A P H a: M U S U R U S.
MUSTAPHA, Empereur des Turcs, succéda à son frere Achmet mort le if de Novem-bre 1617 (a). On conut bientôt qu’on s’étoit trompé, en le croiant plus capable de régnerqu’Osman fils d’Achmet ; c’est pourquoi on le déposa au bout de deux mois, & l'on établit Os-man sur le thrône de son pere. Nous verrons ailleurs (b) comment Mustapha fut rétabli, ôcpuis encore déposé.
MUSURU 8 (Marc) natif de Candie, se distingua parmi les Hommes doctes qui pa-rurent en Italie vers le commencement du XVI Siécle. 11 enseigna les Lettres Greques dansTUniversité de Padoue avec beaucoup de réputation,& avec tant d’attachement aux fonctions decette Charge, qu’à peine laissoit-il passer quatre jours toutes les années fans faire des Leçons pu-bliques (a). II les faifoit ordinairement à sept heures du matin. II entendoit admirablement kLangue Latine 3 ce que l'on n’avoit gueres remarqué dans aucun Grec transplanté en Occident (&),& il étudioit avec ardeur la Philosophie. Voilà ce que dit de lui un homme qui le conoissoitpersonnellement {-á). Quelques-uns disent que le désir de s’avancer l’obligea d’aller à Rome ( B ),pour faire ía cour à Léon X. Ce ne fut pas inutilement, vu qu’il obtint de ce Pape l’Arche-vêché de Malvazia dans la Morée; mais à peine avoit-il été orné de ce beau titre, qu’il mou-rut à Rome pendant l’automne de l’an 1 f 17 ( c ). Ce fut d'hydropisie, si nous en croionsPaul Jove (ss), qui ajoute que le chagrin de n’avoir pas été élevé au Cardinalat le sit tom-ber dans une extrême langueur. On ajoute encore qu’il étoit bon Poete, ôc que l’éloge dePlaton qu’il composa en Vers Grecs, & qui fut mis à la tête des Oeuvres de ce Philoso-phe , fut reçu avec de grans aplaudissemens, & considéré comme une Piece qui alloit du
pair avec les meilleures de l’Antiquité. Le même Paul Jove prétend que la Ligue, qui fita guerre aux Vénitiens, obligea Mufurus à quitter fa Profession, & à se tenir dans le reposdu Cabinet. Ce n’est pas narrer les choses exactement (e). Monsieur Varillas a fait un Articletout-à-fait joli de notre Mufurus (/) ; mais jusques à ce qu’on me produise de bonnes preuvesde son narré, il me semblera que presque tous les embellissemens en sont romanesques (C).
Nous
fi) Erasin.Epist. VLibri XXIII,I 2 oí».
(2) Quodam
dit cum dom
ipjius cœnaíu-rtts ejsem &adejset pattrfcniculus ,qui nihilnijt GrâceCciebat . Idem,ibíd.
(3) -A Utête du XIVLivre desAntiquesLeçons.
U) Beat.Rhénan.in VitaEra
m. zz, 34.
(5) Jovîus,in Elogiis,dp. XXX..
( 6 ) Savaconjurationeexternarumfentium af*fiìctis bclloVtntiis indeexfnrbattts.Idem, ibid.
(7} Sciasin Sénat#Vcneto fan-citum elfe ,atcjue niantpraconiopublicatum ,tligendttm*'{Je fwcejfo-rem MarcoMusuro,publia tCîrxcas
literas auciito-
Tes doceat ,
ftipendiumejite
icnîtnorum
aureorum
de retum.
Epist.
Erafm.
XXVIII
L bri X ,
(A) Un homme qui le conoijfoit personnellement.'] C’est randis non [me lattde , partim emendatione castigatìoneque iisd’Eraíine que je veux parler. Je m’affûre que plusieurs prìflimm nttorem quoad ejus fieri poterat , restituendis , Léo Xtrouveront ici avec plaisir ce qu’il raconte de Mufurus. Pont. Opt. Max. [ponte sua nihil taie cogitantem admirabiliPatavii ntminem vidï celebrem , mortttos tantum tommtmo- consenfu sacrosanttorum Cardinalium in Archiepìscopalem dig-ro , prater Raphaëlem Regium hominem admodum natu nitatem evexit (8). Aide Manuce reconoît là les secours (z) Aidasgrandem, sed cruda viro virìdisque senecius. Erat tum, ut qu’il avoit reçus de Mufurus pour l’Edition de Paufanias. Manut^'opiner, non miner annis septuaginta , zy tamen nulla fuit Disons en passant qu’on voit à la tête de cette Edition unehyems tam aspera quin ille mane hora septima adiret M. Mu- Lettre Greque de Mufurus à Jean Lafcaris, de laquelle au
surum Graecè profitentem , qui toto anno vix quatuor inter- Mr. Perrault se peut prévaloir, car elle réfute ceux quimittebat dies quin publice profiteretur. Juvenes hyemis rigo- n’admirent que l’Antiquité.
rem ferre non poterant, illum fenem necpudor me hyems dbt- Pour rectifier la Narration de Paul Jove, l’on doit su-
gebat ab auditorio. Mufurus autem ante feneélutem periit, poser que Marc Mufurus en quitant Padoue fe retira à
pojleaquam ex benignitate Leonis cœperat este Archiepiscofus, Venise , & qu’il y fit des Leçons jusques au tems qu’il
vir natìone Grsecus, nimirum Cretensis, sed Latinse lingua alla à Rome. II faut dire u ri il i que le Successeur que le
usque ad miraculum doílus , quod vix ulli Grseco contigít Sénat de Venise lui vouloit donner l an 1518 devoir rem-
prstter Theodorum Gazam, zy Joannem Lascarem qui ad- plir,non la Chaire de Padoue,mais celle de Venise. Nous
hue in vivis est. Deinde totius Philosophie, non tantum stu- verrons ci-deflous (9) dans un Passage dePierius Valeríanus, (9) D0I m
dìoftjstmus , vir summis rébus natus.fi licuiffet superejfe ( 1 ). que Mufurus enseigna premièrement à Padoue, & puis à s
La Lettre d’où j’ai tiré ces paroles fut écrite lan 152.4. Venise, I] enseignoit 3 Venise en 1513 & en 1514, I* 7 )*
Erasme y dit quelque chose du pere de Marc Mufurus, bon comme nous Taprend Manuce dans l’Epitre Dédicatoirede
vieillard qui ne savoir que fa Langue maternelle (r). C’est son Atlienée.
quelque chose de considérable > 8 c de bien glorieux au (C) Tous les embellijsemens du récit de Varillas font re-Profeffe ur Grec, que cette astiduité avec laquelle un fa- manefques.] II nous aprend que Mufurus s’étoit déjà si-vant homme, tel que Raphaël Regius, fréquentoit toutes gnalé en Candie par fa Civique fur les Auteurs Grecs,ses Leçons à l’âge de soixante & dix ans. Si tous les élo- lors que la République de Venise lui donna une Chaire àges, que Mufurus a reçu de Cœlius Rhodiginus dans une Padoue; que le nombre de ses Auditeurs y fut fi grand, qu ilEpstre Dédicatoire (3) font véritables, on auroit tort de salut agrandir l’Ecole publique, z? permettre à Mufurus d’en-lui refuser le titre de grand personnage. _ ^ feigner la Grammaire le matin, çr la Poésie le soir, pour sa-
Je m’en vais citer un Auteur qui lui attribue une très- tìsfaìre ceux qui voulaient l'entendre expliquer ces deux Artsgrande lecture, beaucoup de mémoire,une extrême péné- libéraux; qu’il continua de professer jujquà ce que la guerrenation, une clarté admirable, & une tendresse merveil- deserta son auditoire, c? Vobligea lui même de penser à sa su-leufe pour son pere. Nihil erat tam reconditum, quod non reté; qu il se retira à Rome, où U composa un Poème (10) fro)aperiret, nec tam involutum quod non expediret Mufurus, vere qui fut trouvé trop admirable pour lui être attribué ; qu'on l ’ íl °X.Musarum euftos z? autistes. Omnia legerat , excuserai omnia. aima mieux donc le soupçonner de l'avoir trouvé dans un an-Schemata loquuûonum, fabulas, historias, ritus veteres ad cien Manuscrit , & publié sous son nom; que cette défianceunguem callebat. liane tam consummatam erudìttonem ettam étoit fondée sur ce qu'il n étoit pas pojfible qu un homme fîtinsignis pietas commendabat, dutn patrem Graculum jam gran- alors un Ouvrage, où le caraBtere (s 1 les grâces qu avoit eudavum amanter feduloque foveret (4). la Poésie Greque au fiecle d'Alexandre fujfent établies dans le
(B) Le désir de s'avancer l’obligea d'aller u Rome.] Selon plus haut point de leur ptrfeilïon; que Mufurus aida de fortPaul Jove (5), ce fut la guerre qui 1e contraignit à quit- côté à confirmer cette pensée, car il n e voulut plus rienter sa Profession de Padoue, lors qu il fe forma une Ligue composer de cette nature, de peur de diminuer par une Pieceformidable contre la République de Venise (6). II faudroit foible ou moins achevée la haute réputation où il étoit par-donc qu’il fût sorti de Padoue 1 an 1509. Paul Jove veut venu tout d’un coup, zy fans y penser ; qu’il se contenta deque depuis cette retraite Mufurus se soit tenu en repos faire voir en expliquant aux Romains les plus beaux endroitsdans son cabinet, jusques à ce qu il alla à Rome où Léon X d’Homere, d'Hefiode, de Theocrite, zy d'Anacreon, qu’ilattiroit par des récompenses les plus célèbres génies. Mais, avoit pu les imiter puis qu’il en connoijfoit st parfaitement lecomme je voi dans une Lettre qui fut écrite à Erasme tour çy la delicatejse , zy de mener une vie fi reglée que l'onl’an 1518, que le Sénat de Venise venoit de faire savoir vint insensiblement k cejfer de le soupçonner d’injuflice; qu il•au public, qu’au bout de deux mois on éliroit un Proses- en étoit là quand Léon Xsut élu Pape ; qu’il ressentit lesseur des Lettres Greques, pour succéder à Marc Musu- prémieres gratifications de ce Pontife, & qu’il fut pourvurus (7), je fuis fort tenté de rejetter ce que dit Paul Jove; de l’Archevêché de Ragufe; qu’il fe mit auifitôt à faire descar je ne trouve nullement vraisemblable que depuis qu’en brigues pour être Cardinal; qùil quitta ses Livres pour étu-1509, les Vénitiens eurent repoussé l’Empereur Maximi- dier l'ïntrigue; qu’il s y rendit fi habile, que le Pape étonnélien qui avoit assiégé Padoue, & que leurs afaires fe réta- de ce changement lui en fit la guerre zy l’en railla quelqne-blirent assez avantageusement, ils n’aient songé à remplir f 0 j s ; q U ’,l ne l a ijs a p as de continuer , zy qu’il prit tant dela Profession de la Langue Greque qu en 1518. Mais voici nouvelles mesures avec ceux qu’il voioit être bien en Cour ,des paroles d’AIde Manuce, qui nous aprenent que Paul qu’ils lui donneront assurante d'un chapeau à lapremierepro-Jove n’a point parlé exactement. Elles témoignent que motion ; mais que le Pape avoit pris plaisir de les tromper ,
Mufurus faifoit des Leçons dans Venise furies anciensAu- afin de fe divertir mieux de ce que Mufurus feroit en fuite;teu.rs Grecs, lors qu’il fut attiré par Léon X. tUc autem que Mufurus ne manqua pas d'ajuster fa maison, d'augmen-a n °bts pr&stari tibì potuerunt suasore adjutoreque M. Mu- ter son train , ni même de preparer le remercîment qu tl P re ~
Jure , qutm nuper heroicarum literarum decus Venet'ús propa- tendait faire; que n’aiant pas été compris dans la promo-ganttm Gracia prifcis autorïbus partim illufiri juventuti emr- tion des treme-un qui furent ajoutez, au sacré College , J a