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Tome troisieme. K - P.
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NAPLES.

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î’Eglisc, & qu’elle permit à Capistran de vexer les Juifs (H). J’ái parlé ailleurs (h) de Caraccioll’un de ses Galans. Ce que Brantôme en a dit est; tiré de Collenuccio. II faut (/) que je dise

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ici deux mots de Barthelemi Coglione.

uon pas la Regina, mais la ravina (40) du Roiaume deNaples, & il courut un Vers Prophétique contre la secon-de Jeanne, lequel portait qu’elle seroit la destruction duPais. Délia, quale un verso prosetico fer il reame Ji diceva :

Ultima Durazzi fiet destructio Regni (41).

Ce Jurisconsulte tenoit pour la Loi Salique;il condamnaitTadmiffion des femmes au thrône (41). Tout bien pesé& considéré, l’on seroit contraint d’avouër que les Statuts,qui permettent que les Roiaumes tombent en quenouille,n’ont pas été sagement imaginez. Ce n’est pas que lesfemmes aient moins d’esprit, ou moins de capacité que leshommes : il y en a qui ont régné avec tant de gloire, &qui ont montré fur le thrône tant de courage, tant de sa-gesse, tant d’habileté, que les plus grans Rois méritent àpeine de leur être comparez; mais par accident il se trou-ve que les Etats, qui n’ont point la Loi Salique, s’expo-sent à plusieurs désordres, dont celui-ci n’est pas le moin-dre, c’est que l’homme qui se marie avec l’héritiere estpresque toujours fur le qui vive avec ses sujets & avec fafemme. Ils le regardent pour l’ordinaire comme le maride la Reine, & non pas comme le Roi ; elle n’est pas fâ-chée qu’ils le fassent, & quelquefois même elle ne luidonne pas le titre de Roi. C’est de là que vinrent milledésordres dans le Roiaume de Naples fous les deux Jeannes.Consultez l’Histoire d’Angleterre faus la Reine Marie fem-me de Philippe 11 . Le pere & le grand-pere de celui-ciavoient passé par la même épreuve, l’un en Espagne,l’au-tre aux Païs-Bas.

Le Pere le Moyne me fournit un Suplément. 11 a ré-futé par de très-belles raisons la Morale relâchée du Tasse :II fupose que ce fameux Poète, étant devenu amoureuxde la Princesse Eleonore d’Est, sacrifia aux intérêts de fapassion les intérêts de la vertu, en soutenant que la chas-teté n’étoit nécessaire qu’aux femmes du commun ( 43 ).On combat vigoureusement cette mauvaise Philosophie, &l’on se sert entre autres Remarques de celle-ci : „ L’Hon-,» nesteté publique fe joint à l’honneur des particuliers,,, contre cette nouvelle Morale du Tasse. Non seulement„ rimpureté est plus sale, & de plus mauvaise odeur, en„ ces Personnes éminentes : elle y est encore plus conta-„ gieuse & de plus dangereuse conséquence;- Le mauvais,, exemple est un mauvais air, qui est tousiours à crain--, dre; de quelque part qu’il vienne, & quelque vent qui-> le pousse. Mais il a un venin plus subtil & une maligni-„ té plus pénétrante, quand il fort des grandes Maisons ;„ quand il est soufflé d’une bouche d’authorité ; quand il" P orte dans des habits d’or & de soye. Et si aujour-„ dhuy les: Princesses, & celles qui approchent de leur„ rang, s estaient déclarées pour la mauvaise doctrine du„ Tasse; dez demain toutes les autres croiraient, qu’il fe-„ roìt de leur honneur d’estre galantes : & la licence des„ Dames seroit mise en mode, aussi bien que leurs habil-,, lements & leur coiffure (44),

(if) Ce fut peut-être pour expier ses impudicitez, quelle

fit du bien à l’Eglise, & quelle permit ,.. de vexer les Juifs.']Mr. de Sponde dit cela expressément, par raport au peude pompe avec quoi elle voulut être enterrée. Sepulta est ,dit-il (43), in Ecclefiâ Virginie Annunáats, ignobìlisepultu-râ , ut ipsa jujserat, in pœnitentìam luxurioss vite, quâ vehe-metyter tnsamata est. Voici ce que l’on ajoute à l’égarddu foin qu’elle prit des avantages de la foi. Inter vitjaquibus fœdata est, egit zv multa pia opéra, tam in Ecclefia-rum , quàm in status regni utilitatem, qutt Summontius Nea-polìtanus enumerat. Inter qua fuit , quod potestatem fecitFr. Joannt Capistrano infigni Ordinis S. Francises professinterdicendi Judais usuras <& alia ab Ecclefiâ prohibita ; esrcogendi ferre fignum Thau, ut dignoscerentur à Christianis(46). Un homme aussi ardent que ce Cordelier , éta-bli pour inspecteur sur la conduite des Juifs, & qui lesoblige à porter fur eux la lettre Thau, afin qu’on les puissecon offre, a bien la mine de leur avoir fait souffrir plusieursvexations.

(f) Il faut que je dise ici deux mots de Barthelemi Coglione.]Ce fut un des plus célébrés Capitaines de son siecle. ,, II„ étoit né aux environs de Bergame, & sa maison avoir été„ passée toute entiere au fil de l’épée dans les querelles des,, Guelphes & des Gibelins. 11 avoir mandié jusqu’à l’âge,, de dix-huit ans, lorsque se trouvant à Naples, & per-,, sonne n’osant lui disputer le prix de la lutte, ni de la„ course, à cause de sa prodigieuse force & de son in-„ comparable agilité, Jeanne seconde Reine de Naples,,, qui n’estimoit les hommes que par la vigueur du corps,„ en avoir fait son mignon: mais il s’étoit bien-tôtlassé,, de cét infâme exercice, & s’étoit dérobé de la Cour,, pour aler faire son aprentissage au métier des armes„ fous le célèbre Braccio (47)”. Je ne ferai rien de su-perflu, si j’avertis mon Lecteur que ce fait fe trouve dansles Eloges dePaulJove; car la feule autorité de l’Histo-rien François n’empêcheroit point qu’on ne doutât de ce-la. Voici le Latin qui lui a servi d’Original: Fuit Coleocorporìs ftatura erecla atque habili , adeoque formosus atqueagilis ut Regina Joanna ingénia procaci mulier, av 'tdaque vi-rer um fortium Coleonis amore caperetur , quum ea speSlantecunstos in palafira jaâlaque ferrei veBis ev saltu cursuque cer-tantes cum magno fpeâlantium plaufit superaret (48). Vousconoitrez par là le naturel de cette Reine. Elle voir pen-dant la folemnité des jeux publics un avanturier de bonnemine, & d’une si bonne compléxion qu’il gagne le prixde la lute, celui de la course, celui du saut, à tous ceuxqui le lui disputent, il lance le javelot plus loin qu’euxtous. Elle ne s’informe d’autre chose, Sc le choisit pourson Favori. Apliquez lui donc la Fable de la Jument ra-portée dans le Mercure Galant de l’année 1673. Si je m’ensouviens bien, elle finit par cette moralité:

Maintes concis qui trompent à leur mine,

Et font du goût de la jument ;

Il ri importe qui ni comment ,

Pourveu qu'il ait bon rable C bonne échine.

1 ^-^EI,L 3 (^1.1-0 N8L I du nom. Roi de) joignit par fa vigueur & par son adreíîele Roiaume de JNaples aux Etats dont il avoit hérité, lors que Ferdinand son pere Roi d’Aragonmourut en l’annee 1416. Jeanne II du nom Reine de Naples, assiégée dans là.ville capitale parLouis d’Anjou } recourut à notre Alfonfe, & lui promit de l’adopter s’il la délivroit de ses enne-mis. Alfonse, qui venoit de fe signaler en Sardaigne, ne laissa point échapper une si belle occa-sion de s’agrandir, il envoia fa flotte à Naples, tìt lever le siégé, & fut adopté par la Reine aumois de Septembre 142.0. L’amitié ne dura gueres entre ce fils adoptif & la Reine Jeanne j l’a-doption fut cassée au mois de Juin 1413, après de grosses querelles, qui s’étoient enfin convertiesen des actes d’hoítilité très-violens. Louis d’Anjou III du nom fut adopté par cette Reine, ScAlfonfe prit le parti de s’en retourner en Espagne. II s’embarqua à Naples au mois d'Octobre1423, Sc prit Marseille en passant. Cette conquête fut due au bon conseil qui lui fut donné depousser sa pointe après qu’il eut pris le port ; Sc d’attaquer la ville toute la nuit, fans donner auxhabitans le loisir de fe reconoitre, Sc de revenir de leur prémiere fraieur. Pendant son absencela faction d’Anjou reprit le dessus à Naples3 mais comme la Reine Jeanne, qui ne valoir pasgrand’ chose, étoit d’ailleurs obsédée par des gens qui ne cherchoient qu’à sc débusquer, Sc dontles passions changeoient souvent d’intérêt, la faction d’Aragon reprit des forces quand on s’y atten-doit le moins. Alfonse se vit instamment sollicité à retourner. Le Duc d’Anjou mourut aumois de Novembre 1434. La Reine Jeanne le suivit quelques mois après. Ainsi tout favorisentAlfonse, encore que le peuple de Naples eût proclamé Roi René d’Anjou; car ce n’étoit pas uncompétiteur redoutable. La France joiioit de malheur en ce tems-là (_ J). Mais nonobstant

toutes

{A) La France jo’úoit de malheur en ce tems-là. J S’ilétoit permis anjosird’hui de dire de la Fortune ce qu’endisoient les Paiens, qui ne reconoiffoient pas fous ce mot-E, avec autant d’évidence que nous, une direction très-sage & très-juste de la main de Dieu, on Taccuseroit d’a-v °ir eu alors une partialité trop affectée pour TEspagnecontre la France; car on ne fauroit lire l’Histoire du XVdu XVI Siecle, par raport aux affaires d’Italie, fansremarquer un ascendant & une supériorité de TEspagne sur

la France, qui doit encore aujourd’hui donner de la con-fusion aux François, & de la fierté aux Espagnols. 11 fautadmirer dans cette conduite le doigt de Dieu. C’est lepere commun de tous les Peuples, il donne dans un Sié-cle à une Nation les bénédictions temporelles , qu’il luiôte dans un autre Siecle. Le XV & le X VI Siécles ontamené le tour de TEspagne pour le bren; le XVII a étéson tour pour le mal. L’ascendant & la supériorité de laFrance avoient été aflìgirez à ce Siecle-là, Je ne fais queMmm 3 déve-

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dans fiArti*'cle dt* I CA- 'RACCÎOI,

(45) Spon- ,danus, ad,*nn. 143^num, z, pag 0831. lt avoitdit ad an n.Ï4Ï4, num,

6, pag. 734 *Successif

in regnum *foror ejusJoàìina, hujusnominissecunda,vidua Guil-lelmi Auí-tiii, annumagens jam44 > scdamorecujusdamFandolfelliAlopi 'Neapolitaniconípicuâ.formajnvenis àmulto ton-pore infa-mis.

(46) Idem vibidem y adann. 1435,num, 3.

(47) Varil-las, Anec-dotes de

flosence,f *&. 35 -

(48) Jovíus,EtogioiumVirorumbctlica vir-tute illus-tiium,

Libt. m,

f“i- ». *57»