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Tome troisieme. K - P.
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NAPLES.

( g ) II c'toitfrere de

Renc d’Anjou (g), qui n’eut pas 1a force de s’établir dans le Roiaume, & qui ne laissa à fes des-cendans qu'u n vain titre de prétentions. II étoit plus propre à rendre heureux un Etat tran-quille qu’a subjuguer des sujets rebelles, 6c il donnoit plus de teins à la Peinture qu’aux préparatifsd’une expédition (E). Le vrai Successeur de cette Princesse fut Altonse d’Aragon, duquel jeparle dans l'Article suivant. Personne ne nie qu’elle ne se soit déshonorée par fes impudicitcz (F).Brantôme l’en excuse três-mal ( G ). Ce fut peut-être pour les expier, qu’elle fit du bien à

l’Eglise,

(22) Sero iTìimis exigMAtam pMÌenìis& obft^utn''tis filii baritía cura >mortìfijuf

ei fumma

ingratitvdineCQncìlîAtaingénu busgemitibusfife incíifiavit.Spondaans,ad nnn. 1434»num. 16.

(23) PetrusAlcyonius,in MediceLegatopolíeriorcde Exiìio,

(+) Michelde Montagnedit, an 2.liv. de ftsEJfitis , Chap,17. de la pte-fomprìon ,qt? t fiant ABar le Duc ,il vit presen-ter an %pyFrançois 11• un pourtraiiiqtte %cné %pyde Si MeeivoiP faitde foy.

(24) Mat-thieu, Hií 1toire deLouïs XI,Uvr . /X",pag. m. 503,

(25) Balzac,dans sonPrince,

Ch. CX XVI,p. m. 88,8p.

(**) Ce futla Batailleqidil donnaà Ismaël %pìde Perse.

(2 6) Scuderi,illustreBassa, Tom.I, pag. 326.

(27) LeTays,NouvellesOeuvres,ll Parue ,Livr . I,LettreXXXV ,pag. 71. 72 .

(28) Votez,Matthieu,Histoire deLouis XI >pag . Zoz;dçr Ruffi,Histoire deMarieille,

T om. I ,pag. 2.6- &fuiv.

(29) H

mottint Pan

1480.

(30) Coîle-nuccio,

Libr. V,fiib fin. folioico verso.

(31Ì Damesillustres,pag. 395 ,

blés, qu’elle n’avoit pas répondu par un traitement honnê-te au respect qu’il lui avoir toujours porté (rr).

( E) René d'Anjou .... donnoit f lus de tems à la Pein-ture qu aux préparatifs d-'une expédition . ] Voici ce qu’unAuteur Italien a dit là-dessus. §ualis avorum memoria Re-ndus Neapolitanus Rex fuit. Hic enim piHura maxime de-leclabatur , er ob ejus Jludium res mAximas conficere neglige-bat. Illum e? familiares , & propinquì reguli admonebant,é dignitate regia non ejfe dies noSlesque m pingeftdo consumere,semperque tabellas contemplari , c? de figuratione corporurndifeeptare. Ad quos refpondebat se non minus piélorem quamRegem natum ejfe. At quàm mtlius confaluijfet fibì cfr pofie-ris fuis , fi tantam curam non egijfet artis illius pulcerrìmaqutdem , fiâ Regibus nunquam adtnodum necejjarìa , profetîoex illo regto folio non excidijfet , nec privatus in GalliamHarbonenfem navigajfet (2.3). Joignons à ce témoignagecelui d’un Historien François. „ II pafloit son temps à„ des peintures (*) telles & si excellentes qu’on les voit„ encores à présent en la ville d’Aix. 11 peignoir une» perdrix quand on luy apporta la nouvelle de la perte du„ Royaume de Naples, & ne voulut pour cela tirer la,, main de la besongne, tant son esprit y avoir de plai-,, sir (24)”; Balzac, aiant dit que Louis XIII ne per-dait point son tems k- des exercices peu convenables à unRoi, ajoûte ces paroles (25): fene doute point qu il n'aitleu avec beaucoup de defdain l'Histoire du Roy René , dernierComte de Provence , qui fut trouvé achevant le crayon d’uneperdrix, par celuy qui luy apporta la nouvelle de la perte defin Royaume de Sicile ; e? je m’ajfeure que si Selim , Empe-reur des Turcs dans un tableau qu il fit , Zfr qu il publia,n’eufi figuré une bataille {**) qu il avoit gaignée , il ne luypardonnerait pas facilement d’avoir fait fiavoir au mondequ il estait peintre. Mr. de Scuderi observe que Selim en-voia cette bataille peinte de fa main aux Vénitiens qui laconservent encore aujourd’hui dans leur thrtfor (26). Cetteoccupation de Selim ne fait point de tort à sa mémoire,car elle ne l’empêcha point de conquérir; mais un sem-blable attachement flétrit le bon Roi René, qui perdit pres-que tous fes Etats. „ Un peintre aiant veu à Aix un ta-„ bleau de la main du Roi René de la Maison d’Anjou dit

daleufi; & qu ’enfin elle abandonna & fa personne & fin Royau-me à Jean Caracciole, celui de tous ses Favoris quelle aimale plus tendrement (36).

(G) . . . Brantôme l’en excuse tr'es-mal.j Voici fes ter-mes : „ L’Histoire de Naples dit que cette Reine.

„ estoit toûjours amoureuse de quelqu’un, ayant par plu-„ sieurs sortes & avec plusieurs fait plaisir de son corps,„ mais pour cela c’est le vice le moins blasmable à une„ Reyne, grande Princesse & belle qui soit point,& si est,, le moindre si qu’elle puisse avoir, mais très-grand est-il„ celuy quand elle est mauvaise, malicieuse, vindicative,„ tyranne, comme il y en a, dont le pauvre peuple patit„ beaucoup, mais peu pour fes amours: ainsi que j'ay ouï„ discourir à un grand de par le monde (37)’’. C’estainsi à peu près quePaulJove tâche d’excuscr la vie volup-tueuse de Léon X, comme on l’a vu ci-dessus (38). Ona vu aussi nos réflexions fur cette espece d’ApoIogie. Maisj’ajoûte qu’il y a une grande différence entre l’impudicitépublique d’un Roi, 8c les amours scandaleuses d’une Reine.II vaut mieux fans doute pour les sujets que leur Souverainles scandalise par la multitude de ses batars, que s’il leschargeoit d’impôts, & s’il les tyrannisent: & il est très-possible qu’un Souverain furieusement débordé après lesfemmes maintienne Tordre dans ses Etats, y fasse fleurirla justice, 8c le commerce, 8c ne foule aucunement sessujets. J’avoue auffi que les peuples sont plus heureux sousune Reine impudique, si d’ailleurs elle les traite douce-ment, & sagement, que sous une Reine chaste, avare,cruelle, 8c ambitieuse; cela ne souffre point de difficulté.Mais il me semble qu’il est moralement impoffible, quedans un pais où les Loix de la Religion, 8c les Loix del’Honneur humain, font auffi sévéres contre Timpudicitéd’une femme qu’elles le font dans l’Occident, un Roiau-me soit heureux fous une Reine qui foule aux pieds la pu-deur, 8c la vertu la plus propre de son sexe. L’indulgencede Thonneur humain pour les amours illégitimes, qui écla-tent dans la vie d’un Monarque, nous empêche de con-clure que puis qu’il lâche la bride à cette paffion, il n’estpoint capable - de se modérer sur d’autres choses; mais lasévérité de ce même honneur, contre les impuretez publi-

s } 6) Mitof

bourg, Hitt-du grandSchismed’OccidenLLivre V i ìpag . ra . 2§4*

( 37 ) Bran-tôme, Da-mes ilhu- .tres, f. M"

(38) % emar -yue ( O )l’^írtide

L E 01 S X-

considé-rationsfur lesAmoursillégitimesdes Reines-

ingénument après savoir admiré, que c’étoit grand dom- ques d’une femme quelle qu’elle soit, nous porte à croire.. --f. _1, (n, 1. nnî franchit cette barrierp. pfl-

„ mage que ce René fut Roi, 3 c qu’il ne fut pas Peintre de„ son metier (27)”. Notez que lesProvenceaux furent très-heureux sous ce Roi Peintre (28) qui vécut long-tems (29).

(F) Personne ne nie quelle ne fi fitt déshonorée par fesimpudicuez. ) Alléguons d’abord ces paroles de PandolfoCollenuccio : Fama lafiio di fi infiabilc e impudica , dicen-dofi di lei, che nella inftabïlità fila fu Jlabíle , e che fem-pre era stata innamorata , havendo in piu modi e con tnol-ti la sua lafeivia macchiata ; ma fipra tutto con Pandol-fello Alopo , e XJrbano Auriglia , e M. Giovanni Caracciologran Sìmfcalco, tutti tre Gentilhuomini , e molto destri , vir-tuofi , e coftumati ; ma fipra ogni cofa di perfona e effigie bel-lijfima (30). Brantôme (31) a traduit cela de cette façon.„ Or l’Histoire de Naples dit que cette Reyne laissa un,, bruit de femme impudique 8c mal attestée, comme de„ qui Ton disoit qu’elle estoit attestée en cela seul qu’elle,, n’avoit point d attest, 8c qu’elle estoit toufiours amou-„ reuse de quelcun, ayant par plusieurs sortes 6c avec plu-„ sieurs fait plaisir de son corps”. Collenuccio est si re-court pour partial contre la Maison d’Anjou, que non seu-lement les Historiens François, mais auffi quelques Ita-condamnent fa mahgnité 8c fes médisances, 8c

qu’une Reine, qui franchit cette barrière, est capable detoutes sortes d’excès. II faut qu’elle ait perdu toute hon-te, qu’elle n’ait aucune sensibilité pour la gloire, qu’elleait l’ame basse, puis qu’elle se peut résoudre à sacrifier soahonneur & sa conscience, 8c T estime du public, à unepaffion criminelle qu’elle a conçue, ou pour un de ses do-mestiques, ou pour un de fes vassaux. Les sujets peuvent-ils avoir quelque estime pour une Princesse dont sis se for-ment une telle idée , par un raisonnement fi plausible?Peuvent-ils s’empêcher de la mépriser? 8c ce mépris n’est-il pas un mauvais levain de séditions? De plus il est pres-que inévitable que la conduite impudique d’une Reinen’entraine dans un semblable désordre tontes les femmes defa Cour, & qu’il ne se répande par ce moien dans tout leRoiaume un relâchement pernicieux des Loix de la bien-séance 8c de la pudeur, qui contribuent fi fort à conserversur la terre ce qui y reste de chasteté. Alors ce qu’on nefaisoit que mépriser devient odieux 8c exécrable à tous ceuxqui s’intéressent comme il faut au bien public. Que peut-on attendre de cela que des factions, 8c que des révoltes?Le concubinage d’un Souverain n’est pas exposé aux mê-mes inconvéniens. L’ambition, T envie de s’élever, unefausse idée de grandeur, ont presque toûjours plus de part

liens (32), _

principalement à T égard de la Reine Jeanne I du nonle laisse passer , 8c on le fuit même, à T égard de la I T ' 1

Jeanne:n*est-ce pas un signe manifeste que les impudicitez p U ^ute de fes favorites que l’amour- au h>„ n , ‘ "

de la prémiere sont douteuses, 8c que celles de la seconde r/r ne ga ' lante n ’ eít Précipitée dans des désordres mbr Un - C

font incontestables ? Le Passage que je vais citer est fort / L que par la paffion brutale du plaiilr charnel ^f 1 "

curieux. Comme Ladislas ,,(33) estoit trop débordé anrès P°f encore cctte considération. Une Reine m,; J

les femmes, 8c furieusement hay pour ses cruauté/ si band 1 0nne a de s galans, devient leur esclave eíîePp r

" à empoisonné cette année d’une vilaine nianà' f 0 * leur âset;ee sont eux proprement qSre/nínT

„ prit la mort dans la source du plaisir 8c de la vie \Jn n 7* V3mte ’ leurs autres P affi °ns, sourcfféconde df des'

" ààin dont ù entretenoit la fille, ayant donné à ceYte r elles ‘ “ êmes ' deviennent encore plus siestes

malheureuse une drogue empoisonnée pour s’en froter ffichï f nx,P llS eXat “ t dans l'esprit des Crans On

' ' ' à ^àPquer on eabale. on se cantonne, ôn ai-

KVrt r? P ‘ Le$ ÍT S P euvent ~ils être heureux fous

h vien?TT r eme e nt m-n PéneDCe "âme tout ce quepoint-H - 6 d , re c rì j lissoire ne nous fournit presque

de abame Xe d P fi d p RelneS . Salantes ’ & ^pudiques à bri-troubles ’ î r 6 n , ait Cté trés-malheureux. QuelsSf Te ïr a f kRoiaume à Naples souVnoShfen i r - Combien de guerres de toute nature? Com-

Brantom^ 0 ^ 6 ™ 6 - 11 ^ Ain , fi ,, nous P°uvons conclure contreb]â l ue c est un défaut capital, 8c un vice très-

bkmable dans une Reine que de s’abandonner à l’impu-

pour les peuples J “ sUÌtCS s ° Bt le à

Un Jurisconsulte contemporain fit une pointe en Langue

’ ’ 39)>

non

elle crut que c’estoit un filtre pour donner plus de plai-sir à son amant, 8c de cette soi te se tua avec luy (34)., Jeanne fa sœur 11 du nom, veuve de Guillaume d’Auítri-che, luy succéda. Elle avoit pour lots quarante-quatre’’ ans;' & toutesfois cet âge, bien loin d’avoir refroidy sespassions, les avoit enflammées dans se dernier excès.Voiez ce que je cite de Mr. de Sponde (33); 8c considé-rez que le Jésuite Maimbourg, qui a tant fait le Panégy-riste 8c T Apologiste de la prémiere Jeanne, avoue de cel-le-ci qu’elle déshonora fin régné par une vie tout-a-fait fian-

. ( sz ) Tomaso Costo, Summonte, &c. (33) Mezerai, Abrégé Chronol. Tom .

111 , pag - soc , à Pan i 4 t 4 . Voiez . auffi fa grande Histoire, Tom . ll , pag , 627.( 34 ) Collenuccio rtme cela fort au long , Livr . V , folio ,z , fr Brantôme a ptès lui ,Dames illustres, pag . 4 o 4 . (z;) Dans la % em , ( H ), Citât . (45).

Italienne contre la prémiere Jeanne. Elle'a été, dit-il ( 39 ^J

(3 P) C0Ue 'DU ca °’ f,lisLilr- Vf 1s soin 1 '-