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Tome troisieme. K - P.
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NAVARRE.

(a) Spon-dan. ad ann .ÏJ 4 I, n . J.

(£) Olhaga-xay, Hist.de Foix,Bearn, 8cNavarre,504.

Mr. de Spon-de s*est trom-pe dsenvirontin An * il amis ce ma-riage an moisde JuinIí4 r -

(r) Spon-dan. ad ann •1541, n. 5.

(2) Guill.Paradin,Histoire denostretemps,

Livr. IV,pag. m. 40 6 &fuiv.

(z) kAu Li-vre VIII à

Pan 1540,pag. m. 90p.

(4) Olhaga-ray, Hist.de Foix,Bearn, 8cNavarre,t«-g- S °3 »

S°4.

(5) C'st-Ì-

dire te %oide Navarrefere de lamariée .

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pour les instincts de leur conscience : c’est savoir rendrejustice à leurs bonnes intentions, 8c au zèle qu’ils témoi-gnent pour la vérité en général : c’est conoître qu’ils setrompent dans rhypothese, mais que dans la these ils seconforment aux loix immuables 8c éternelles de Tordrequi veulent que Ton aime la vérité, 8c qu’on sacrifie à cetamour les commoditez temporelles 8c les douceurs de lavie : c’est en un mot savoir distinguer dans un même hom-me son opûsition à des véritez particulières qu’il ne conoîtpas, & son amour pour la vérité en général, amour qu’ilfait éclater par son grand attachement aux doctrines qu’ilcroit véritables. Voilà le discernement que la Reine deNavarre savoit faire. II est difficile à toutes sortes de per-sonnes de parvenir à cette Science; mais cela est surtoutdifficile à une Princesse comme celle-ci, qui avoit été éle-vée dans la Communion de Rome où Ton ne parloit de-puis plusieurs Siécles que de bûchers & que de potencescontre les errans. Les préjugez de famille fortifioient puis-samment tous les obstacles que f éducation mettoit. au de-vant de cette Princesse ; car elle aimoit uniquement leRoi son frere persécuteur implacable de ceux qu’on nom-moit Hérétiques, gens qu’il faisoit brûler sans miséricordepar toilt où la vigilance infatigable des mouchards les dé-terroit. Je ne saurois concevoir par quelles routes cetteReine de Navarre s’éleva à un si haut point d’équité, 8cde raison, 8 c de bon sens : ce ne fut point par Tindiférencede Religion, puis qu’il est certain qu’elle eut beaucoup depiété, 8 c qu’elle étudioit la sainte Ecriture avec une apli-cation singulière. II salut donc que la beauté de son gé-nie, & la grandeur de son aine lui découvrissent un che-min que presque personne ne conoît. On me dira peut-être qu’elle n’eut à consulter que les idées primitives & gé-nérales de Tordre, qui montrent très-clairement que leserreurs involontaires n’empêchent point qu’un homme quiaime de tout son cœur la Divinité, telle qu’il Ta pu co-noître après toutes les recherches possibles, ne doive pas-ser pour serviteur du vrai Dieu, 8 c que l’on ne doive res-pecter en lui les droits du vrai Dieu. Mais 3 aurois bien-tôt répondu que cette Maxime est elle-meme un sujet de

grandes disputes, tant s’en faut qu’elle soit claire & évidente^Outre que ces idées primitives ne se montrent guere ànotre esprit qu’avec des limitations 8c des modifications,qui les obscurcissent en cent maniérés, selon les diférenspréjugez que Ton contracte par Téducation. L’esprit deParti, T attachement à sa Secte, le zèle même de l’Ortho-doxie produisent une espece d'effervescence dans les hu-meurs de notre corps; 8c dès là le milieu, par où la Rai-son doit regarder les idées primitives, s’épaiflit 8c s’obscur-cit. Ce sont des infirmitez qui accompagneront notre Rai-son pendant qu’elle dépendra du ministère des organes.C’est pour elle la même chose que la basse 8c la moiennerégion de l’air, païs de vapeurs, 8c de météores. Très-peu de gens peuvent s’élever au dessus de ces nuages, 8cse poster dans la véritable sérénité (93). Si quelcun faisoitcela , il faudroit dire de lui ce que Virgile disoit deDaphnis :

Candidus instuetum miratur lumen (94) Olympi,

Sub pedibujque videt nubes v fidera Daphnis (93).

Et il ressemblerait moins à l’homme qu’aux natures im-mortelles, que l’on plaçoit fur une montagne (96) plushaute que la région des vents, 8c des nues, 8cc. On n’aguere moins de besoin detre au dessus des passions pourbien conoître un certain genre de véritez, que pour agirvertueusement. Or nous savons que cette montagne estl’emblême d’un homme de bien, qu’aucune passion ne tiredu chemin de la justice.

Sed ut altus Olympi

Vertex, qui fpatio ventos hiemefque reltnquit,

Perpetuum nulla temeratus nube ferenum ,

Celjior exsurgit pluvïts auditque ruentesSub pedibus nimbos, ct rauca tonitrua calcat :

Sic patient animus per tant a negotia liberEmergit, fimilifquefui-, jufliqu'e tenoremFleôlere non odium cogit, non gratta fuadet (97).

Je prétens avoir montré par un bel endroit THérotímede la Reine de Navarre.

(93 ) Munit*tente c Editudûílrina f*'pittisura têt»'fia ferma.Lucret.Libr.

Vers. 7-

(94) La fl*pfart déla-tions dist'U

limen.

Í9ï) VírgíJ-Eclog. v >Vers. 5â.

(96) Ctlktp Olympe-Volet. AP u,ein Libro de

Mundo,

tm, m. 7Î>&les Versd 'Homère

qu’il ate.

(97) cm-

dian. deMíxllii

Theod.

Consulat 11 »

pag. ?». 6 ,

cot. L.

NAVARRE (Jeanne d’Albret Reine de) fille de la précédente, a été l’une desplus illustres Princesses de son Siécle. Elle n’avoit pas encore onze ans,lors que François I la ma-ria au Duc de Cleves (a). Ce mariage, célébré à Chatelleraud avec une pompe extraordinaire {A)le if de Juillet 1540 (b) , fut déclaré nul quelque tems après. Aussi avoit-il été con-clu malgré les protestations de la fille, & contre la volonté d’Henri d’Albret, & de Margue-rite de Valois, ses pere Sc mere (B). Elle épousa à Moulins au mois d’Oétobre ifq.8 Antoine deBourbon Duc de Vendôme. Ils eurent dam les trûis ou quatre premieres années de leur mariagedeux fils qui moururent tous deux au berceau par des accidens ajfez extraordinaires (c j (C). Ellese sentit grofle pour la troisième fois l’an iffZ étant en Picardie avec son mari qui étoitGouverneur de cette Province, Sc qui commandoit une armée contre Charles-Quint (d). Dèsqu’Henri d’Albret son pere eut apris qu’elle étoit groste, il la rapella auprès de lui (e). Ellepartit de Compiegne le. 1 f de Novembre, Sc arriva à Pau le 4 de Décembre, Sc accoucha d’unfils (/) le 1} du même mois (g). Elle fit paraître pendant les douleurs de l’enfantement uncourage Sc une force extraordinaire (D). Elle devint Reine de Navarre par la mort de son pere

le

(■d) Son mariage . . . célébré avec une pompe extraordi-naires | Mr. de Sponde remarque que le couronnement deCharles V couta moins que ces noces-là; 8c il condamneavec raison l’humeur prodigue de François I, à T égard deces vaines magnificences (1). Guillaume Paradin a décritles joufles qui furent faites en ce tems-là , 8c les palaistriomfaux, c? à l'antique, esquels estaient Chevaliers armez.,qui tenaient le pas pour l’honneur chacun de fa Dame cre (z).Voiez aussi les Mémoires de Guillaume du Lestai (3).

( B ) . . . fut déclaré nul quelque tems âpres. Aujfi avoit-il été conclu malgré les protestations de la fille , cr contre lavolonté de ... ses pere c? mere.] Olhagaray (4) conte queFrançois I faisoit élever Jeanne d’Albret au PleffisàTours,8 c ne lui permettoit pas d’en partir ; car il craignoit queson pere ne la mariât à Philippe fils de TEmpereur. IIajoute qu’elle s’ennuioit mortellement en ce lieu-là , Scqu’elle remplissoit fa chambre de plaintes , 8t de soupirs. Cequ oyant le Roy François, il la maria avec le Duc de Clevesfans le consentement de pere ny de mere, . . , sur quoi elleprotestait C? fit protester en presence de Jean Sieur d'Abere 8cc..... Aujfi ce mariage forcé , continue cet Auteur , n'tut

autre fruiêt que les cérémonies . cr nostre Prince Hen-

ry (3) fait condamner ce mariage, v la forme qui y avoitesté tenue par ïauthorité du Pape : de forte qu en l'Eglise ca-thedralle de Tours, bien toft âpres, en un jour de Pasques,il fut déclaré nul, cr toutes parties mises en liberté de Jè ma-rier à qui bon leur fembleéoit. Parquoy le Duc de Cleves semaria avec la fille de Ferdinand Roy des Romains , frere deVEmpereur. Notez en passant une faute de Mr. de Sponde.

„ n’eut sçeu marcher, le Roy commanda à Monsieur le„ Connestable de prendre sa petite Niepce au col 8c la„ porter à l’Eglise, dont toute la Cour s’en estonna fort„ pour estre une charge peu convenable 8c honorable en» telle cérémonie pour un Connestable, 8c qu’elle se pou-„ voit bien donner à un autre, dequoy la Reyne de Na-„ varre n’en fut nullement desplaisante, 8c dit voilà celuy„ qui me vouloir ruiner autour du Roy mon Frere (6), qui,, maintenant sert à porter ma fille à l’Eglise. Je tiens ce,, copte de cette personne quej’aydit, 8c que Monsieur„ le Connestable fut fort déplaisant de cette charge, 8c en„ eut un grand dépit pour servir d’un tel spectacle à tous,„ 8c commença à dire, c’est fait déformais de ma faveur,„ Adieu luy dis, comme il arriva; car aptes le festin 8c„ disner des nopees il eut son congé 8c partit auili-tost.„ Je le tiens de mon frere aussi qui estoit lors Page à la„ Cour qui vit le mystère 8c s’en souvenois très-bien, car„ il avoit la mémoire très-heureuse (7).

( C ) Elle eut deux fils qui moururent tous deux au ber-ceau par des accidens ajfez extraordinaires. ] ,, Le premier

,, estouffa de chaleur, parce que fa Gouvernante qui estoit,, frilleufe le tenoit trop chaudement. Le second perdit„ la vie par la sottise d’une nourrice ; car un jour com-„ me elle se joiioit de cet enfant avec un Gentilhomme,,, 8c qu’ils sc le bailloient Tu n à l’autre, ils le laissèrent„ tomber par terre, dont il mourut en langueur (8).

(-D) Elle fit paraître . . . . un courage cr une force-ex-traordinaire. ] Le Roi de Navarre son pere lui promit delui mettre entre les mains son Testament dès qu’elle seroit

II veut que Jeanne n’ait été dégagée de son contrat, qu’à accouchée; mais à condition que dans l’enfantement elle luy

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cause que le Duc de Cleves s’étoit marié avec la fille deFerdinand.

Brantôme débite un fait qui prouve que la Reine deNavarre, mere dé la mariée, assista aux épousailles ; lachose est curieuse. „ Le jour que Madame la Prin-,> cesse de Navarre fut mariée avec le Duc de Cleves à>» Chastelleraud, ainsi qu’il la fallut mener à T Eglise, dau-„ tant qu’elle estoit chargée de pierreries Sc de robbe d’or,, 8c d argent, 8c pour ce pour la foiblesse de son corps

chanterait une chanson, afin, luy dìt-il, que tu ne me fas-ses pas un enfant pleureux 8c rechigné. La Princesse le luypromit, esr eut tant de courage, que malgré les grandes dou-leurs quelle souffrait, elle luy tint parole, C? en chanta unten son langage Bearnoìs , aujfi lost qu elle l entendit entrerdans fa chambre (9). Voici les paroles de la ChansonFtoste Donne deott cap deou pon, adjouda mi en aqueste hou-Ve , c’est-à-dire, Nostre Dame du bout du pont , aidez tn otà cette heure (10). ^

(c) Peréfi* 6Hist. deHenri leGrand, ,pog. f. U'

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