NAVARRE.
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de Montmorencî le fouhaitoit,& y étant enfin arrivé il rie fut nullement capable des’établirdansl’exercice des droits que fa qualité de prémier Prince du sang lui donnoit. On l’éloigna fous pré-texte de conduire la Reine d’Efpagne (n) jusques aux frontières du Roiaume; & quand on le (n) Filze-rapela lui & le Prince de Condé son frere, ce fut pour les oprimer (H). La mort de Fran- ^
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M Spon-dan. adann. 1561,nxm, 6.
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çois 11 les sauva. Ils disputèrent le terrain avec les Guises 1 a prémiere année du Régné de Char-les IX, Lc fans doute, s’ils ne fe fussent divisez, ils auroient eu tout l’avantage dans cette Dispute 5mais le Roi de Navarre s’étant ligué avec le Parti Catholique y périt en peu de tems. II mourutle 17 de Novembre if 6 z de la blessure qu’il avoir reçue au siégé de Rouen le zy d’Octobre de lamême année. L’Àmbassade d’obédience, que lui & Jeanne d’Albret avoient envoiée au PapePie IV l’an 1760, avoit été favorablement reçue nonobstant les opositions du Roi d’Efpagne (0).
Cette Reine maltraitée par son mari (/>), depuis qu’il eut renoncé à la Religion Protestante, feretira de la Cour de France, & arriva en Bearn malgré les efforts qu’avoit faits Monluc pour l’ar-rêter au passage. Ce fut un homme qui lui voulut beaucoup de mal (/). Elle ne fe contentapoint d’établir dans ses Etats la Religion réformée, elle y abolit aussi le Papisme, & se saisit des fefe/j y _
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qu’il avoit tirez des hérefies de Luther L? de Calvin. Con- permis d’estre fait par ceux de la Religion , dejfendans tous,
terez avec ceci la Remarque ( F) de l’Article du Chance- --- ’-'- r ‘ L - --■.n... j:- . i.
lier de I’Hospitai (44) : vous y verrez que le bon état,oîi furent les Réformez de France pendant Tannée 1561,procéda de rattachement du Roi de Navarre à leur Parti,
& que la décadence de leurs afaires„eut son origine dansle changement de ce même Roi. On le gagna par desespérances chimériques du Roiaume de Sardaigne; on lefit tomber dans les piégés de T amour, par les ruses d’unecoquette fille d'honneur de Catherine de Medicis. 11 passadu blanc au noir: il devint l’ennemi de ceux de la Reli-gion, 8c il voulut contraindre la Reine fa femme à lesabandonner (45) ; mais il 11’en usa de la sorte qu’apr'ès leColloque de Poiffi (46). Elle y avoit assisté, 8c nous avonsvu ailleurs (47) avec quel éclat elle fit prêcher au bourgd’Argenteuil íe 29 de Septembre 1561. Notez qu’avantque de partir de Nerac pour la Cour de France au moisd’Août de la même année, elle avoit donné le couvent desCordeliers , qui estait alors tout vuide, pour y loger les Mi-nistres, cy y faire un College (48) ; & qu’en passant par Pe-rigueux, elle bailla en garde le Ministre L rallier aux Cha-noines qui l’avoient mis en prison, Sc les assura que fi onluy saìfoit mal quelconque ils en refpondroient, ce qui le con-serva pour ce coup (49). Notez auílî qu'il y a beaucoupd’aparence que le Roi de Navarre ne changea qu’extérieu-tement, Sc qu'il ne devint persécuteur que dans la vued’obtenir les avantages que la Cour de Rome, 8c Philip-pe II, lui avoient fait espérer; car quand il vit que lamort alloit faucher ses espérances, il se démasqua. „ II-, mourut repentant (ce disoìent aucuns) d’avoìr ainsi», changé de religion, Sc résolu de remettre la reformée-, mieux que jamais, ainsi qu’il le manda à Monsieur le„ Prince ion frere, par un sien Maiítre d’Hostel, qu’on,» appelloitOsquerque, qu’il avoit envoyé vers luy le visi-„ ter. Cela se disoit parmy aucuns de nous autres (50)”.
Mr. de Thou (51), Mezerai (52', Variilas (53), Sc plu-sieurs autres Historiens raportent en gros la même choseplus ou moins. Volez aussi d’Aubigné (54).
La fermeté avec laquelle Jeanne d’Albret résista-, 8c auxduretez de Ion mari, Sc aux sollicitations de Catherine deMedicis, a été raportée dans un autre lieu (35). Continuonsde raconter ce qu’elle fit pour l'a Religion. Elle s’en re-tourna en Bearn quelque tems après le changement de sonman; 8c aiant su qu’on avoit corrimis plusieurs violences
jurement, blasphémés, padlardijes, jeux de hasard , dancesdissolues , publiques , ou particulières , íes processions publi-ques, l’enterrement dans les temples, es? enjoignant au SénatEcclésiastique eftably par fa Majesté rechercher un bon nombred’enfans propres aux lettres, cy les entretenir au College auxdefpens du public, ajin de servir k la République , cy au Pro-cureur général de poursuivre les usuriers , ordonnant que lesexcommuniés qui demeuroytnt plus d'un an, feroyent par lemefme Sénat pourfuyvis cy amendés-, Ofla le moyen aux Ec-clésiastiques de conférer les Benefices , donnant puijfance aupatron de prefenter tel que bon luy sembleroit, mais qu’il fistprofession de la Religion : Ordonna la pension aux Ministres,csr le reste réserva à fa venue ou retour de la Cour \ 6 o). Aiantapris que Grammont, qui craignoit quelque désordre,avoitfait suspendre pour quelque tems la publication de sespatentes, elle retourna en Bearn, 8c dès qu’elle fut à Pauen quelque repos elle les fit pleinement exécuter (61). Elleordonna des Commissaires pour fe transporter par tout à pro-céder à la démolition des Images cy des Autels de tous leslieux de fa souveraineté (6a). Les Catholiques Romains fesoulevèrent eu divers,endroits. Sc formèrent des conspira-tions, Sc furent domptez par la Reine. Les Etats de Bearnassemblez à Pau lui demandèrent instamment la révocationde ses patentes; mais elle leur accorda feulement une am-nistie pour les Jeditieux d’Oleron qui efioyent entre les mainsdu bourreau préfi à les executer, Sc refusa du tout les res-trictions ou les modifications qu’on demandoit (63). Elleperdit ses Etats par la rébellion de ses sujets Catholiques &
soutenus des troupes de France pendant la troisième guer-re; mais le Comte de Mongommeri les recouvra ; Sc vou-lant finir ses trophées par une nouvelle vifiloire fur les fean- (65) Vuistdales cy impietez, il convoqua un Synode à Lefcar le dizie- Ur ’m deme d'Oélobre 1569, où la discipline qui se voit dans la fou-veraineté de Bearn fut renouvelles (64Ì. Je m’imagine quela Reine renouvela auliì alors son Edit touchant Tabolitionde la Messe, 8c touchant la confiscation de tous les biensdes Ecclésiastiques, Sc que c'est pour cela que presquetous les Historiens (65) en mettent T époque a l’an 15 69,quoi que la véritable date soit du mois de Juillet 1566.
(H) Ce fut pour les oprimer.\ Le Prince de Condé futmis en justice, Sc condamné à perdre la tête, 8c Ton estpersuadé qu’il l’auroit perdue par la main du bourreau, siFrançois II eût vécu un peu plus long-tems. On conte que
(60) Lk-r»t*me,pag. 56,.
ftfl) LÀ-mê-*
me, pœg. 565*
(62) LÀ-même .
( 63 ) L.à-rnt™me , pag, 56A.
( 64 ) Olha-garay, Hist*’de Foix,
de
Nantes,Tem. /,P a g. 3 S, est
de ceux-là.
n re les Huguenots au pais de Foix (56) , elle en fut fort les Guises avoient persuadé à François 11 de poignarder leojjencee & en escrit de bonne ancre au Sieur de Paillés; ey se Roi de Navarre, & qu’il le leur avoit promis, mais que
MWrt sslM ^ y/sl srt r 14 i \ jili?, Â y, f /ì mltnl -1 TU -.: ìa ■ — I., 1 J A ^ .4 .
( 66 ) VolezOlhagaray jHift. deFoix, Bearn,& Navarre,
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suiv. Mr. deThou, Livr.XXVI , peg.Sti. Jurieu,Apologiepour la
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le cœur lui manqua au moment de l’execution: on ajoûtequ’ils tâchèrent de lempoisonner, Sc que le coup aiant Rctormafmanqué, ils s’avisérent d’un autre expédient qui fut de le rêm. /, plg,faire assassiner à la chasse (66). Voiez ci-deffus la Remar- 444 & suivique (si) de T Article Guise (François) (67).
(I) Malgré les efforts de Monluc. ... Ce fut un hommequi lui voulut beaucoup de mal.) Le Roi de Navarre, quit-tant l’exercice de ceux de la Religion , voulut contraindre la
(6?) Page1352.
(6SÌ Olha-garày, Hist.de Foix,Bearn, Sc
souvenant de ses Jujeiìs de Foix , de Gibel, de Haute-rive,
C? autres lieux , elle leur obtint un abolijfement entier de toutce qu on leur imposait , er le* fortifia par ses lettres rempliesde notables consolations , prinfes de l’Ecriture. Cela leur res-leva le coeur fort abbattu par les extrêmes affiifhons passées;cy voyant Bearn rejolu à vouloir son vouloir , elle deffèn-dit abfoluement par tout l’exercice de la Religion Romaine,fit abbattre les Images cy les Autels , cy envoya à Geneve
pour avoir le peur du Merlin, cy peu de temps âpres à grand Reine fa femme d’en faire autant, de forte qu estant un peufraix elle rappela une vingtaine de Ministres Béarnais pour mal traitée en fa Cour , elle prìnt le chemin de Bearn , oùprejeher en la langue du pays, cy quelques Basques (s 7 )pour elle avoit trouvé bon de fe retirer, non fans estre poursuivie Navarre^tnjiruire fa baffe Navarre , cy fur tout défendit toutes pro- par le Sieur de Monluc, qui avoit pr'tns charge de l'arrefter ^ JJ0 , *
rufí.-v.. - r - i„; a « Nerac, dequoy elle estant advertie, en donna à ses fujeéîs
de Bearn des advis , qui foubs la conduite du Sieur d’-du- ( 6 s) Beze,daitx, l’allerent accueillir au rivage de la riviere de Garon- Hift. E c ci es.-re (68). Théodore de Beze nous aprend une circonstance f^ r ' 7 > . x>qui fait voir Tanimosité de Monluc exprimée en des ter- 7 sê,a\'a aa ,mes qui sentent plus le Soldat qu’un Gentilhomme raison- 15«2.nable. Je raporterai un peu au long les paroles de l’Histo-rien, car elles contiennent un bel Eloge de cette Rei- st°) t**ne. (69) Dieu suscita aux paovres affligés pour son nom . .il se tint dans le entre autres aydes trois Dames , dont la mémoire doit estre "
T" d'.Ajsttr
cesthns publiques. Le Cardinal d’Armagnac lui écrivit là-dellus une longue Lettre le 18 d’Août 1563. Elle y fitHne très-belle Réponse fur le champ (58) : 8c aiant convo-qué un Synode à Pau , elle fit voir ces deux Lettres àtous les Ministres (59. Elle fit faire des Réglemens pourk recette des deniers ecclésiastiques, Sc pour la redditionfies comptes, 8c pour son Académie, 8c commanda à sonSénéchal de tenir les Afflfes par le pays de Bearn qui fonttomme une efpece de grands jours en France. Pendant qu’elle
é)oit à la Cour de France Tan 1366 , il fe tint dans le __ .... „ .
Bearn au mois de Juin une Assemblée de ceux de la Reli- reeommandable k jamais pour les grandes charités qu elles fille de Aief-&‘ :n , où il fut conclu de lui députer Michel de Vignaux exercèrent. L’une ( 7 °) ^ prémiere fut la Roy ne de Na- fis* GalhotMinistre de Pau, pour la supplier de vouloir proceder entie- -varie vérifiant par effeâí le dire du Prophète, que les Roynesrenient k l’abolition des cérémonies de 1 ‘Eglise Romaine, CV re- seroient les nourriffleres de, l’Eglise de Dieu, combien que pour tillerfe de *îr-tr le pays félon les loix conformes k la fainfíe EJcriture, cy lors elle fust bien menacée cy intimidée quelque Roy ne quelle France, frte contre tous paillards , larrons, usuriers , yvrognes , taver- fust en toutes les fortes , voire jusques k luy faire entendre ”j ere du sieurnters , joueurs de Cartes , contempteurs de la discipline. Elle quelle seroit divorcée par le Pape, privee de son Royaume cy ^ é**,
’eçeufl de fort bon œil le député, cy tout attffì toft fit proce- de tous ses biens , cy condamnée pour le moins a perpétuelle Mndameer en son conseil, k l’examen dé toutes f es remonfirances, prison. plus ? Monluc enfle de la viùloire obtenue con- de Biron.
^ au mois de ffuillet elle y rejpondït par des lettres patentes tre Duras , cy ayant oublié qu il eficit un petit champignon ac- Ha-mêms,portant un certain reglement fur It temps, One 1 ‘exercice estait creu en peu de temps, osa bien dire publiquement qu’il efpe-^' 796 ’fOAí. ni. O 00 z roit