Band 
Tome troisieme. K - P.
Seite
507
JPEG-Download
 

N I D H A R 0.

ir°7

On débite une plaisante raison de l’amitié que conçut pour ce Jésuite la Reine mere du Roid’Espagne (G).

( tS ) Apo-

, S'e pouric s Reli-gieuses de

iT; Koial >

Préfet,

fille f z '

b?) £à-ròe-‘ - folio 11 zVerse. '

(U)

Là-mi-f°lìo || 3,

■Êst J cateHr ‘

d* »

* c.»

,>4~

4 ïfPMon

^ V de Mge

«eul , c ° n '

LiS

A^Ere.

tóf**

1 f vtrs Q ,

sur la Controverse de la Conception immaculée de ta sainteVierge.] L’Auteur de F Apologie des Religieuses de Port-Roial imprimée Fan i66y fit un fort joli Parallèle entre laconduite du Pere Annat dans F Affaite du Jansénisme, &la conduite du Pere Nidhard dans la Dispute de la Con-ception immaculée. ;'II fit voir une infinité de conformi-tez entre ces deux Peres Confesseurs, 8c entre les deuxA faires qu’ils poursuiv oient, l’un en France , l’autre enEspagne. La seule diférence qu’il trouve est que le Jé-suite Nidhard (r 6) ne paroist pas tout à fait fi emporté quele Pere Annat, (17) & le surpasse mesme en subtilité. LesJésuites aiant obtenu de sa Majesté Catholique quelle fit sol-liciter à Rome la définition de la Conception immaculée, onécouta serieusement à Rome cette proposition, mais l’on se con-tenta de payer les Jésuites Espagnols dune Bulle provisionnelle,„ II est expressément défendu par cette Bulle mesme sous» peine d’excommunication d’accuser de péché mortel, out, d’hereíìe, ceux qui ne tiendraient pas l’opinion de la„ Conception Immaculée : & par là les Dominicainscroyoient estre à couvert des insultes des Jésuites. Mais

„ le Pere Nidard.a bien trouvé moyen de se deli-

„ vrer de ce lien, & de se mettre en liberté d’accuser lesS , Dominicains d’heresie , 8c de peçhé mortel. La de-*, fense, dit-il, que le Pape en fait, n’est que contre ceux„ qui le font ajfertivement, mais il n'est pas défendu dé„ le faire problematiquement , C en plusieurs autres manie->, res; de forte que quand les Dominicains le plaindront„ qu’on les traitte d’heretiques fur une question qui n’en,* peut estre matière, les jésuites en seront quittes en di-„ íànt qu’ils ne les appellent pas ajfertivement lieretiques,„ mais problematiquement , e? en plusieurs autres maniérés.„ En fuite, de peur qu’on ne crust que la doctrine de la„ Conception Immaculée n’estoit pas plus certaine après-, la Bulle du Pape qu’elle l’estoit auparavant , le bon Pere„ Nidard Fa fait monter par ses raisonnemens jusqu’au„ comble de la certitude humaine. Ce n’est rien pour luy„ que de soustenir quelle est moralement certaine., parce*, que par là il ne ferait pas absolument impossible cpselle-, fuit fausse, ce qui luy paroist un grand inconvénient. II„ passe donc plus avant, & il soûtient en x lieu, qu’elle„ est physiquement certaine. 11 semble qu’il auroi.t pú hon-„ nettement en demeurer là , 8c que c’estoit bien assez'„ qu’il fust aussi certain que la Vierge est conceue sans„ péché originel,comme il est certain.que le Soleil éclaire.si Mais le Pere Nidard ne se contente pas encore de ce-, degré, st veut que cette opinion soit metaphysiquement-> certaine, c’est-à-dire comme les premiers principes:», Toute chose est, ou n’est pas; Le tout est plus grand” isra à P artìe ‘ Que peut-on destrer après cela? Le Pere„ Nidard néanmoins désiré.encore quelque chose de plus,„ parce qu’il n’y avoir rien que de naturel en toute cettej, certitude; or il estoit bien aise qu’elle eust quelque chose„ de surnaturel. Et c’est pourquoy il bastit un quatriesme-, degré, qu’il appelle certitude infaillible, en prétendantstue cette doctrine est immediatement dérivée d’une„ proposition de Foy. Que fi vous demandez à ce bon,, Pere le fondement de toutes ces certitudes morale, phy-„ Jlque, métaphysique, V infaillible, qu’il attribue à Cette,, opinion : il vous dira tout simplement que c’est que le,, Pape est infaillible dans l’institution des Restes esr des Con-„ frairies. D’où il conclut que le Pape permettant ou or-„ donnant qu’on en institue en l’honneur de la Concep-„ tion Immaculée, il faut que cette doctrine soit certaine„ en toutes ces maniérés L’Apologiste des Religieusesajoute à cela que les Jésuites ont dijlingué deux choses danscette opinion ; la vérité, cr la piété, ou la laudabilité. Iln'est pas , difent-ils, de Foy, quelle soit vraye , mais il est de-Foy quelle est pieuse, & quelle est louable. Et ainst les Do-minicains font hérétiques, non parce qu ils ne croyent pas cetteopinion véritable , mais parce qu ils ne la croyent pas pieuse.Le Pere Nidard, continue-t-il (18), fait valoir autant qu ilpeut le nouvel Article de Foy de la laudabilité de l’opinion dela Conception. II montre que les dominicains eftoient obli-gez. de prononcer la formule (î$>), quelques sentimens intérieursqu'ils eussent de cette opinion. ... Il suppose que le Pape adroit de mettre les opinions, dont il ne définit pas encore laventé, dans un certain degré qu’il appelle d’indubitabilité endéfendant de les révoquer en doute directement ou indirectement,O 1 de témoigner par aucm signe k doute qu’on en auroit. ílsuppose que par la Bulle de la Conception , quoy que la véritéde cette opinion ne soit pas définie comme de Foy, elle est pour-tant placée dans ce degré d’indubitabilité. Le Pape, dit cesiere Nidard,vent que cette opinion soit indubitable; Vultillam esse indubitabilem, vult ut nemo dubitet. II veutstn'on supprime tout ce qui pourrait faire révoquer endoute, ce privilège de la sainte Vierge. Vult taceri quod-cumque in dubitationem posset Virginis privilegium revo-ie. Ce fondement posé il ajoûte que k silence des Domini-cains c5“ le refus qu'ils font de prononcer cette formule faitdouter de ce privilège. Ainsi, dit-il, les Dominicains ne fontîst-t seulement blasmables lors qu’ils parlent , mais en se tai-fattt mesme, ils ne laijfentpas de s’opposer à l’ordre du-Pape,farce qu’il y a un silence parleur a t qui ne scandalise pasmoms que les paroles. Non tantùin loquentes culpanturT O M, m.

Domînicani, sed etiam tacentes adversus totam Pontifiasdispositionem obloquuntur. Quapropter est loquens siien-tium quod non minus quàm vox ipsa producit scandalum.

Et de tout cela il conclut, qu’ils font un péché mortel par cesilence, V" qu on les doit contraindre à prononcer ce formulaire.

On ne peut douter, dit-il , que ce silence ne viole la Bul-le , & qu’ainsi celuy qui viole la Bulle par son silence necommette un péché mortel. Enfin il entreprend de prou-ver (20) ,, qu’il n’y a point de mensonge à prononcer (20) Apó-„ extérieurement les paroles du Formulaire quoi que l’on„ ne croye rien de ce qu’il contient. Celuy, dit-il, qui Yeuses d»

„ parle conformément à une opinion probable encore iW-Koial,„ qu’il croye que le contraire est aussi probable* ne ment ist fonte,

„ point. Or il est probable que la Vierge est conceue jUPrlstcc-,„ fans péché originel. Et partant les Dominicains peu- 2„ vent parler conforr»ement à cette opinion. Mais si„ leur esprit ne se pouvoit plier à juger probable l’opi-„ nion de la Conception Immaculée, que faudroit-il fai-,, re, & ne seroit-ce pas alors un mensonge? Non, dit,> le Pere Nidard, parce qu’il suffit de conformer son af-„ section à ses paroles fans y conformer son entendement,

,, etiam cum retentione proprii judicti.

J’ai cru qu’on ferait bien aise de trouves ici une Ana-lyse des Ouvrages du Pere Nidhard fur la Conception im-maculée. Voiez la marge (21). (fsi il est

Mais il no faut point que je passe fous silence que le a! f l de j uai *Jacobin Vincent Baron, aiant imputé à ce Jésuite les mê-mes choses à-peu-près que l’on a lues ci-dessus, se rétracta /- p fil nu-dans un autre Ouvrage imprimé Fan r666 , & fit à ce l>ariPere Confesseur de la Reine mere de fa Majesté Catholi- A"que une réparation très-respectueuse. Lator , dit-il (22), tvflh™ iéf^~datam mihi occafionem retraSiànii qua temeré de illo fcripse- pi us akstreî-ram, v quam ex nimiâ cndulitate nligiojìjfimo vire intulì ,es > & lesinjuriam fanéatrocem, quâ pojsum, resarciendi. II avoue,r, Qu’il n’avoit point lu le Livre qui portoit le nom du ‘ e ‘Pere Nidhard. 2. Qu’il s’étoit fié à la relation trompeuse ( 2Z ) vin-d’un certain Auteur, qui prétendoít avoir tiré d’un Ou- cent. fiarojuvrage imprimé à Douai l’interpretation que ce Jésuite AP 0 . 10 ."-avoit donnée à la Bulle d’Alexandre Vll'surla Concep-tion de la sainte Vierge. 3. Qu’il avoit cherché chez les ìssiLibraires de Paris l’Ouvrage en question, & qu’il avoit An. ultime,fait prier les Dominicains de Douai d’en. faire tenir un I' r ‘ - > - 5.Exemplaire ; mais qu’il n avoit jamais pu recouvrer cetOuvrage-là, & qu’ainsi son sentiment est qu’on Fattribuemal à propos au Pere Nidhard. 11 donne diverses raisonsde fa pensée qui ne sontgueres convaincantes, & que jene m’amuse point à examiner. Je raporterai seulementune chose qui fait conoître que le Livre, qu’il ne veutpoint attribuer au Confesseur de la Reine mere, est celuidont FEcrivain de Port-Roial a tiré ce qu’on a vu ci-des-sus : Inùderam in Authorem nescio quem .- is forte aliorumdiâlis , sicut ego ipfe ejus kílione deceptus, quam citât0 locoadnotavi, Pontificii de Conceptione decreti prs.tiojiera.rn omninbinterpretationem retulit ex libro hujus Authoris, ut narrabat,

Duacï edito , aficitam Conceptionis lmmaculata Laudabilita-tem ex Pontifiais sanílionibus, Catholicis ìnàubitatam, con-tendebat ad certìtudinem fidei proximam , per quatuor gradussupra Moralem, Juprà Phyficarum dignitatum, & Metaphy-ficarum demonfltationum , imo supra principíorum per fe no-tor:im > indemonstrabìlium evidentiam arcanum Immacu-latx Conceptionis provenijfe: unde ïnferebat , quamvis ultimaAlexandrì VII Constitutione cautum fit , ne fecus fientientesdamnentur, aut vexentur , affertive & fide certa , pojse tamenillis notam erroris inuri ,er pœnas probkmatice infligi (23). ) y in .

(G) On débite une plaisante raison de l'amitié que conçut cent Baron;pour ce Jésuite la Reine mere du Roi d’Espagne. ] C’est un A P°l°g-Copte que j’ai trouvé dans une Lettre de Mr. Boursault: ^ib^iuje n’y change rien. „ Le Cardinal Nitard y alla (24) par Àn. «itimá ;>, une route que personne n’avoit jamais prise, 8c que per- Nx-r-r-„ sonne ne prendra peut-être jamais, 8c passa de la Com-„ pagine de Jésus dans celle, des Cardinaux qu’il trouva,, meilleure. La feue Reine d’Espagne, Mère du Roy p„ l l!in si,, d’aujourd’huy, 8c Sœur de l’Empereur, le mena avec„ elle quand elle fut épouser Philippes IV. Cette Prin-„ cesse, qui en Allemagne avoit une liberté honnête, 8c„ à qui l’on donnoit tout ce quelle pouvoit souhaiter, ne„ trouva pas les mêmes agrémens en Espagne. Totit y„ est si exactement mesuré, que les Reines n’y ont à boire„ 8c à manger que ce qui est marqué par l’Qfficier géné-„ ral à qúi ce foin est commis; 8c fi elles ont soif entre,, les repas, c’est d’un verre d’eau qu’on les régale, Elle„ eut de la peine à s’accommoder à une maniéré de vie,j si différente de celle quelle avoit menée : Et le Père„ Nitard qui étoit Jésuite:* ergo habile homme, l’ayant„ adroitement remarqué, luy portoit luy-même tous les„ matins, en allant dire la Messe à Sa Majesté, une Bou-teille du meilleur Vin qu’il pouvoit trouver, qu’il don-” noit à une 'personne sure , 8c que la Reine avoit le”, plaisir de boire quand elle croyoit en avoir besoin. L’as-siduité du Père à luy rendre ce petit service la toucha„ si fort qu’elle résolut de reconnoitre un zèle si grand*

„ si jamais son pouvoir répondoit à sa volonté; 8c en ef-„ set, après la mort du Roy ayant été déclarée Régente*

„ elle F éleva à un si haut degré, qu’ayant donné de la ja-S s s z „ lousie