O S M A
OSORIUS. O S S A T.
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y eurent part (b). Mustapha qui fut rétabli le fit mourir, 6c gouverna fi sotement, qu’on le (Ddéposa encore une fois (c). Cette seconde déposition doit être mise sur le compte dp l’Alco-ran (£)-, car elle fut faite en conséquence d’un Décret du Pape des T ures : c’est ainsi qu’on peutjustement nommer le Mufti.
( c) Net en que la i déposition tonsisia en ce qu* on le contraignit de dire qu* il renonçait volontairement k P Empire* Osman , dans laLettre qu* il écrivit à Louis XIII-, dit que Mustapha s , étoit dépouillé lui-me/ne dc fi dignité > & pavois méprisa»
Citte Lettre est raportée dans le Mercure François , a satin. 1618 - pag. 208, 209»
plus exposez à la haine & à la cruauté d’Osman. Dansleurs quartiers ils pafferent d’abord du murmure à la sé-dition: peu commenccrent, mais tous suivirent, 8c serendirent en la place de l’Hippodromë au nombre detrente mille. De là une partie courut à la maison duCoza, c’est ainsi que s’apelle le Précepteur du Sultan,que l’on croyoit l’iniligateur de ce voyage; & commeils ne le trouvèrent pas, ils s’en vengerent fur fa mai-son, qu’il s pillèrent ; les autres faisant de grands cris s’enallerent au Serrail, & y demanderent les testes du Visir,du Chiflar Aga, 8c du Coza. Ceux qui estoient dansle Serrail, non seulement estoient depourveus de forces,mais de conseil; & ceux, qui par leur autorité cuisentpu s’opposer à ces séditieux , estoient l’objet de leurhaine, & les mesmes qu’ils demandoient pour déchirer.L’Empereur leur fit dire, pour les appaiíer, qu’il revo-, quoit son voyage; mais cela n’eust servi de rien pour
> dissiper cette multitude , qui ne s’appaise pas mesure, quand on lui accorde les choses qu’elle prend pour pre-, texte de fa mutinerie, 8c elle ne se seroit point séparée,
> s’il ne fust survenu une grande pluye, qui fut regardée, par cette nation superstitieuse, comme un augure finis-, tre. Peut-estre que cette furie se seroit terminée vers, la nuit, fi quelques hommes de la Loy, qui font fort, respectez par le vulgaire ignorant, n’avoient incité de
> nouveau les Janissaires, 8c prononcé qu’Osman estoit dé-, cheu de l’Empire, pour avoir violé l'Alcoran par des
aéìions sacrilèges. Après cela, ayant perdu toute forte, de respect envers leur Prince, ils chassèrent à coups de, pierres leur Aga, qui leur representoit leur serment de, fidélité, Sc rebutèrent Cussain Bassa qui leur offroít trois. cens mille scquins, en cas qu’ils voulussent s’arrester. En-
> core que le Serrail eust esté extraordinairement fortifiépendant la nuit, ils ne laissèrent pas de le forcer. Ils tuè-rent d’abord quelques Eunuques avec le Chiflar Aga leur
, Chef, 8c chercherent ensuite Mustafa onde d’Osman,
, qui autrefois avoir plûtost servi de fantôme, que de ve-, ritable Chef à l’Empire. Ils coupoient la teste à tous, ceux qui ne leur enseignoient pas où il estoit, fans s’in-, former s’ils le sçavoient, ou s’ils ne le sçavoient pas.
> Enfin, ayant conjecturé par de certains indices, qu’il, pouvoir estre dans une cave souterraine, ils l’y cherche-
> rent,8c le trouvèrent comme demy mort,y ayant desja
> âeux jours qu’on ne luy donnoit point à manger, lors, qu on luy annonça qu’on le vouloir faire Empereur: il
> oemanda avant toutes choses qu’on luy donnait quel-1 ques gouttes d eau; mais a peine fut il fur le thrône,
> «F 1 H témoigna que fa sois n estoit point entièrement ap-
> passée, 8c qu’il falloit l’étancher par le sang de son ne-
> veu. Osman s estoit caché : mais ayant esté trouvé fur. le soir , il fut gardé par le Bustangibaffi, 8c conduit en’ î? iï la il° n de 1 Aga des Janissaires, où se trouva Cussain
> B a fla- ta pitié commençoit à succéder à la colere dans
> leipnt de quelques-uns, voyant tomber d’un si haut» rang, dans une fi grande infortune, ce jeune Prince,
> qui voulant achever de les gagner, offroit cinquante se-, quins à chacun des Janissaires. Plusieurs se rendoient à, une telle proposition, 8c leurs Chefs consultoient en-» semble par quels moyens ils le pourroient sauver, 8c re-, tablir dans le trône, quand la multitude furieuse le leur
> arracha des mains, & le présenta à Mustapha. Osman,, les yeux baignez de larmes, demandoit la vie à son on-, de, lny représentant la bonté dont il avoit usé envers, lui, en le conservant pour le trônecontre la coutume
> des Ottomans. Mais selon l’usage des Barbares, qui font, le destin auteur de leurs crimes, Mustapha s’en excusoit,
> 8c disoit qu’il sçavoir bien qu’il avoit ordonné plusieurs
> fois qu’on le fit mourir; mais que Dieu ne l’avoit jamais, permis. De cette maniéré il fut abandonné aux Janis-, faires, 8c conduit dans les sept Tours au travers des
OSORIUS (JEROME) . . ,
fi) Naríì,Histoire dtfVenise,Lxvr. IV 9
Edit. deHollande se-ton la Ver-sion de TaU
lemant.
(2) TomeVIII y pag w3 $7 & suiv n
François,Tarn. VIII ,p. Z 62.
(4) Lk-m?mc,pag. zS6,
„ exécrations du peuple qui ayant éprouvé pendant son„ régné la famine, la peste, 8c la guerre, l’avoit en hor-,, reur comme la cause de tous ces maux: & il ne fut pas,, iìtost arrivé dans cette prison, que l’on luy trancha la„ teste ( 1 ) ”. On trouve dans le Mercure François (z)une Relation beaucoup plus ample que celle-ci de la mortd’Osman, 8c qui ne s’accorde pas en tout avec le CavalierNani. Je n’en tirerai que deux choses: l’une que les gens /»--§. 12s dude la Loi 8c la Milice firent savoir à Osman qu’il ne pou-volt aller à la Mecque, fans contrevenir, à la Loi de Maho-met (3). Ils avoient obtenu du Mufti cette décision parécrit : Osman n’y eut point d’égard, 8c déchira le papier.
L’autre est qu’aptès sélection de Mustapha, il y eut cer-taines personnes qui crièrent par la ville, Vhe MustaphaSultan des Turcs , 8c qui lurent dans une feuille de papier
les causes de ia déposition du Sultan Osman , disant que ^ _ ( .
c estoit farce qu il estoit Jaour, ceft-à-dire infidelle, C? qu'il àCann.iózz-vouloit mettre l’Empire des Turcs entre les mains des chiens
de Chrétiens, ce qu ils difoìent sourie rendre plus odieux'au p^ncois 016peuple (4). rancois.
(B) Sur le compte de l’Alcoran.'] Mustapha étoit un Prin-ce imbécille. Le prémier Vizir 8c les autres Favoris don-nèrent un très-beau nom à cette foiblesse ; ils la nommè-rent sainteté, dévotion, résignation aux ordres de Dieu.
Us l’obligeoient à lever les yeux vers le ciel, quand il sem outrait en public,. 8c iis supposoient des miracles. LeMufti ne donna point dans le panneau. II fit publier quel’Alcoran faisoit défense d’obéïr à un insensé , 8c que sousle Régné d’un tel Monarque toutes les prières étoient inu-tiles, tous les mariages étoient invalides. II salut donc quel’on déposât Mustapha. On mit en sa place Amurath frered’Osman. Il quai (Mustafa) era huomo jìotido, e la stoíi-dez.z,a di lui fi [pacciava fer fantìtà , e rajfegnatione in Dioda Daret Primo Vistr, e da glï ait ri corieggianì , facendolosemper guardar in eielo , quando usc 'tva in publko , e fingendomiracoti ; fi* deposto, havendo il Mufti promulgato, che l'AUcorano ■vietava /’ obbedienz.a ad un Re insensato , durante ilquale erano ìnefficacì Vorationi , e invalidì i matrimomi ( ç ).
11 n’y a point de Nation au monde qui parle plus avanta-geusement de ses Monarques , 8c de l'obérffance qui leur kettetati,est due, que les Turcs: ils ne savent rien de toutes ces j a s. i« 7grandes Disputes des Politiques de l’Occident, fur ì’origi- stmne de la Souveraineté: ils ne parlent point de. contract àt,
original entre les Peuples 8c les Rois; ils n’examinent point ^. en ? 0 j-' iesi 1 e droit décommander émane du Peuple, ni jusqu’où Moimchion le communique. A leur dire, la meilleure forme de OttomanîGouvernement est le pouvoir despotique du Monarque -, di Giov;milîc’est un dégré pour monter aux meilleures places du Para- clfvailcredis, que de mourir en obéissant au Sultan (6). Qui ne croi- imprimez íroit après cela que le thrône du Grand Seigneur est posé Venise f msur des fondemens inébranlables; 8c néanmoins, si nous 1673 in 4 “consultons l’Histoire, nous trouverons qu’il n’y a point de ^ Veín .Monarques, dont l’autorité soit plus fragile que celle des Ri cai;r ,Empereurs Ottomans. On ne se contente pas de se mu- Etat presenetíner contre eux.de les déthrôner, de les étrangler, avant de i’Empitaque la sédition finisse; on se sert auílî d'autres moiens: onles dépose fort bien par des procédures juridiques; on dé-libéré tranquillement Sc gravement fur leur destinée; onrecueille les suffrages, 8c on ses condamne à uste prisonperpétuelle. C’est ce que l’on fit à Mahomet IV l’an 1687,
8c nous avons vu qu’en 162.2. la même chose fut décrétéecontre Mustapha. L’Alcoran est consulté là-dessus, commeautrefois à Rome ses Prophéties de h Sibylle; 8c si l’onpeut mettre dans ses intérêts le Chef de la Religion, onpeut s’assûrcr d’un bon succès. Si le Mufti prononce que ^Letteratïla Loi de Dieu ne permet point de reconoitre pour légiti- deme un Prince malade, for, malheureux, prisonnier (7), J*nv. 167;c’est autant ou plus que si le Pape excommunie un Prince t a Z- 4 .Chrétien.
fr) Gior-nalc de
Livr. I yCh. I &
(?) Ne 9 Ubrédi Mahomettosi vìeta s ob-bedienz.a à T{efatti prigioniper obligarliikdifendersi.
Giornale
On estime ion Traite dc Gloria y 6c celui de Nobilitate CiviU £í? Ghrijli&nci ( -d].
{A) On estime son Traité de Gloria, & Celui de Nobìli-tate Civil! Sc Christiana.J Ils font divisez chacun en V Li-vres, 8c ils ont été imprimez diverses fois. L’Edition deCologne 1577 est accompagnée d'une Epitre Dédicatoirede Barthelemi Bodegemius à Matalius Metellut Sequanus,«fins laquelle il est fait mention d’une Edition de Floren-
ce, 8c d’une Edition d’Allemagne. Cette Rpstre Dédi-catoire se trouve dans l'Edition de Baie ex ojficina Per-ma 1584 i» 8 ; mais non pas dans 1 Edition d Anvers apustHenricum Aertstins 1635 m sz. En récompense, on ajoint à celle-ci la Vie de Jerome Osorius composée patson neveu.
„ 088 AT (Arnaud d’) se trouva sans pere, fans mere, Sç fans bien, à l’aage de sieuf„ a ns. II fut mis quelques années après au service d’un Seigneur de Castelnau de Magnoac au„ Diocèse d’Auch, qui estoit aussy orphelin, Sc il fit ses estudes avec lui : mais il le surpassa bien-
3 „ toii,