(M Tirs'deMaim-boutg , Dé -cadence deTEmpire jLìnr* IL
(s) MarieD ’ ARA -G O N . Votez,son ^Article.
(d) Voiez-enles preuvesdans Maim -bourg, Dé-cadence derEmpiie,Uvr. IL
( s ) Voiez,
ï* ^ArîìdeBOLES *LAS I.
(/) Calvi-lius , a dann. 1001Oirifti.
(g) Mathias,
Tlieatr.
Hist . pag.m. êzâ .
552 O T H O N. O T T O B O N I.
marchoit vers Rome pour lé châtier : mais il ne résista gueres ; il fut contraint de fe rendre danspeu de jours, avec l'Antipape qu’il avoit créé. Celui-ci fut fouetté,aveuglé, 8c enfin tué par lapopulace , avant que l’Empereur eût eu le loisir de le condamner (B). On verra quelle fut lapeine de Crefcentius (C). Ceci arriva Pan pp8. Le Pape Grégoire V, rétabli en même tems,mourut quelques mois après -, fie ce fut alors qu'O thon éleva au Pontificat Silvestre 11 . Les Ro-mains enhardis par l’abfence de l’Empereur, qui s’en c toi t retourné en Allemagne, fe brouillèrenttout de nouveau ; car ils n’aimoient pas à dépendre des Allemans. II salut qu'O thon travaillâtencore une fois à remettre le calme dans cette ville; mais il s’y prit mal: il espéra que pourveuqu’il se montrât fola majeftate armatus , chacun rentreroit dans son devoir, 5 c il éprouva tout lecontraire. II fut un exemple qu’il ne faut jamais qu’un Prince expose fa majesté désarmée, à làdiscrétion d’une populace mutine. Le peuple de Rome se prévalut tellement de ce qu’Othonn’avoit presque aucunes troupes avec lui, qu’on l’enferma dans son Palais j fie si Hugues Marquisde Toscane, fie Henri Duc dé Bavière, ne sussent accourus à Rome, fie n’eussent amusé le peu-ple par diverses propositions d’accommodement, jusques à ce qu’ils eussent fourni à l’Empereurles moiens de s’évader, on ne fait pas ce qu’il feroit devenu dans la captivité qui lui étoit inévi-table. Ceci arriva en iooi. Or comme ce Prince ne manquoit pas de bonnes troupes en Italie,où il n’étoit retourné que pour en chasser les Sarrasins, fur lesquels il avoit repris Capoue, il netarda gueres à rentrer dans Rome (D) si fort fie si puissant, qu’il la châtia à fa fantaisie. IIreprit le chemin de l’Allemagne au commencement de l’année 10025 mais il mourut à Paterne,avant que d'être sorti de l’Italie, le 28 de Janvier de la même année. On attribue fa mort à desgans empoisonnez, que 1 a veuve de Crefcentius, l’une des plus belles femmes de son tems, luidonna, pour fe vanger de son manque de parole. II lui avoit fait une promesse de mariage, pourjouïr d’elle ; 8c puis il s’étoit moqué de cette promesse, quand il fe fut assez diverti (H). II n’avoitpas été heureux en femmes (E) : car celle qu’il avoit épousée (c) joignit à ses impudicitez unautre crime, pour lequel il la fit brûler; fie celle qu’il n’époufa pas ( F ) lui donna la mort.Ceux qui disent,que le College des sept Electeurs fut établi de son tems, fe trompent (r/), soitqu’ils en attribuent P établissement à Othon même, soit qu’ils l’attribuent au Pape Grégoire V.On a plus de raison de dire que la Pologne fut érigée en Roiaume par cet Empereur, comme jel’ai dit dans P Article de Boleslas I. On a conté des merveilles de la pénitence de notreOthon (G). II étoit dévot jusqu’à entreprendre des pélérinages (e)-, 8c l’on dit même qu’ilavoit promis de fe faire Moine (/). Je ne voudrois pas alléguer, pour une marque de fa dévo-tion, l’habit où il avoit fajt mettre toute P Apocalypse en broderie (§).
<3 ) Petr.Daraian.
Ep. II adCad. Cia-conius, Si-gouius, citez,par Maim-Dburg, Dé-cadence del’Empiie,Livr. 11 .
(4) Ueiss,
Histoire de
TEmpire,Tome I ,pag, m, 122 .
( 5 ) ^Antipapaà vulgo vir-gis c&fusytcttlis priva -tus, & demumconfojjus ,
prittsymm deeo Otto fen -tentiam tulit •
(6) Ex 8e-tho Calvi-Lo.
(7) Gîaber.Lìbr. / a &Dithmar.Liir. I V %tuez par
Maim-bourg, Dé-cadence deFEmpire,Livr, IL
( 8 ) Voiez laTtemarç/ue (B)de i* xArticleBAEELOT.| "
(9) Maim-bourg, Dé-cadence deFEmpire,pag % m, 123 .
(10) Hist.de FEmpire,Tom. I , pag,* 9 , 122 .
(E) L’Antipape . . . fut . . tué par la populace , avant
que l’Empereur eût eu le loifer de le condamner. ] II y en aqui disent (3) que le peuple se saisit de l'Antipape avantqu’Othon eût été reçu dans Rome, qu’on lui arracha lesyeux, qu’on lui coupa les oreilles St le nés, qu’on le mitfur un âne la tête tournée vers la queue, & qu 'Othon, hqui l'on ouvrit en suite les portes , le relégua dans le fond del’Allemagne ou il mourut peu de tems âpres de douleur. V oilàcomment les uns assurent de l’Antipape une partie de ceque les autres disent de Crefcentius. II y en a qui di-sent (4) que ce fut Othon qui fit couper le nés, & creverles yeux à l’Antipape, & qui le fit jetter du haut du châ-teau Saint Ange. Ces'variations dégoûtent cruellement del’étude de l’Histoire, & font le déshonneur du genre hu-main; car si l’homme valoit quelque chose, il y auroitentre les Historiens une entiere uniformité fur des faitsaussi édatans que ceux-ci. ■ Mais comment plusieurs Histo-riens s’accorderoient-ils, puis que bien souvent un seul ncsauroit s’accorder avec lui-même. Consultez le Théâtrede Mathias: vous y verrez dans la page 888, que ï Anti-pape fut foueté, aveuglé, & enfin tué par le peuple avantqu Othon l’etit condamné (5) ; & dans la page suivante voustrouverez, que l'Empereur aiant fait couper le nés Z? arra-cher les yeux à l'Antipape, le précipita du haut en bas du Ca-pitale. Imperator anno Chrïsti 998 liomam profeùlus efi,Antipapam nafis & oculis privavit, & de Capitolio pracipi-tem dédit , uti supra prolixius diximus. Ces dernieres pa-roles font bien étranges; l’Auteur se cite lui-même fausse-ment; car il avoit dit tout autre chose que ce qu’il rapor-te en cet endroit.
(C) O» verra quelle fut la peine de Crefcentius .] On lefit monter sur un âne, la tête tournée vers la queue, &on le promena en cet état par toute la ville: puis on luicoupa divers membres, & on le pendit. Ses complicesfurent châtiez les uns d’une maniéré, les autres d’une au-tre ( 6 ). Voici de quelle façon quelques Ecrivains racon-tent la chose (7). Crefcentius, s’étant défendu dans la for-teresse de Rome le plus qu’il lui fut possible, tâcha de pré--venir fa perte en s’allant jetter aux pieds d’Othon; mais cePrince le fit ramener au chateau, afin de l’y prendre devive force. Crefcentius s’y défendit en désespéré; enfin,on donna Passant, on gagna la place, on fit tout passer aufil de l’épée , à la referve de Crefcentius ,qui fut pris fortblessé , zA précipité sur le champ du plus haut de la forteresse ,traîné par les boues, Z? puis pendu à un gibet fi haut (8)qu il pût être vu de toute la ville (9), Selon Mr. Moreri ilne fut que décapité;inais Mr. Heiss (10) dit que tant lui,que douze de ses complices, furent pendus au plus hautarbre qu’on put trouver.
(D) il ne tarda gueros h rentrer dans Rotne.] Après avoirbien pesé la narration de plusieurs Historiens, il m’a sem-blé évident que Mathias s’est trompé, lors qu’il a dit qu’O-thon se voulut retirer en Allemagne, afin d’y lever une ar-mée qui le pût mettre en état de punir la rébellion desRomains, mais qu'il mourut cn chemin. Sur ce pied-làil feroit mort fans s’être venge ; or cela est contraire auxbons Auteurs ( n ). Néanmoins il y auroit beaucoup detémérité à mettre ceci au nombre des fautes; car l’His-toire de ce moien tems est si brouillée, & a passé par tantde mauvaises mains, qu on trouve des autoritez fur le pour,& fur le contre, & fur mille sortes de variations. Celam’ôte beaucoup de matériaux ; car si je me hazardois decondamner ceux qui raportent un fait d’une certaine ma-niéré, on ne manqueroit pas de témoins à m’opofer. IIest presque impossible de mentir (11) sur ces Siecles-là.Racontez selon votre caprice & à tout hazard les circons-tances de quelque fait, ìl arrivera rarement qu’aucun Au-teur ne vous favorise.
( E ) Il ne fut pas heureux en femmes.'] En général il sem-ble que le sexe lui ait porté malheur; car outre ce que j’aitouché concernant son épouse, & sa maîtresse, j’ai luquelque part ( 13 ) que ce fut pour l’amour de cette maî-tresse, je parle de la veuve de Crefcentius, qu’il entra dansRome si mal accompagné, que peu s’en salut qu’il n’yrencontrât une prison perpétuelle. Ajoutez que Theopha-nie fa mere, fille d’un Empereur de Constantinople, lerendit odieux à bien des Grands (14); & qu'après la mortde fa mere (15) étant élevé par Adélaïde son aieule, il fecrut obligé de l'éloigner d’auprès de lui. Ce ne fut pointaparemment par le conseil des plus sages de la Cour, maisenfin il crut que le bien de ses affaires le demandoit. Celane l’empêchoit point de donner des Gouvernemcns à desfemmes : pendant son voiage de Rome en 996 il donnacelui de Saxe à Mathilde fa tante maternelles & puis à fasœur Adélaïde après la mort de Mathilde.
( F) Celle qu’il n’époufa'pas.] Un Historien nommé Gla-ber dit qu’Othon l’épousa. Ce qui est certain c’est qu’a-près savoir admise dans son lit, il fe dégoûta d’elle & laquitta.
( G ) On a conté des merveilles de la pénitence de notreOthon.] On prétend qu’il jûnoit quelquefois toute la se-maine horsmis le Jeudi, & qu’il pleuroit à chaudes larmespour expier ses péchez. Le Latin le dira mieux : Plurimttingemifeens facinora hoéïis filentio , vigilús e? orationibus iv~tentus, lacrimarum quoque rivìs abluere non deftitìt , fepenU'mero omnem hebdomadam excepta quìnta séria jejunium pro-ducens, in tleemofynis valde largus (16). Joignez à ceci cequi a été raporté ailleurs (17) touchant ses pélérinages.
(n) Vi>MDitmar . .apud Casosium , Aann. Tool ,
(u) c'tf f
dire <Cav^’cer desch»j tffans prens*oh fans ts*
(13) s ubet ‘
Historia
Civil .
Tom. !•
(,A Y**I’HistfL
Univc ((elde J«f
Cluvei
Otbo»‘
lit-
(U)
clu , fth»
sâk
es;""'
dtir
pe-
î,
>TS
(n) Danl
fierntirqee
BOt* 51AS l-
I*
OTTOBONI (Pierre) natif de V enise, a été Pape dans le X VII Siecle sous le nomd’A lexandre VIII. Marc Ottoboni son pere, Grand Chancelier de Venise , acheta desLettres de Noblesse qui lui coûtèrent cent mille ducats en 1646. Pierre Ottoboni aiant fait sesétudes prémiérement à Venise,, fi z puis à Padoue, fie reçu le bonet d'e Docteur en Droit dans laderniere de ces deux villes, s’en alla à Rome âgé de vingt ans. II eut sous le Pape Urbain VIH
t