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Tome troisieme. K - P.
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O V

r 0 e.

(90) Ovid.

. de VetuJa,

Libr. 11 ,

Cap. XXX& XXXí ,pag. m . 48.

(91) Poft-efuam vìgintitìrciur annostum spofjfosucras , par-tuque ejfœiafrequtnti érsua j ain. fa-cìes dispen-dia parttt-riendi sensc-rat. Idem,ibid. Cap.XXXlVy

50.

(92) Naudé,Dialoguede Mascu-1 a t t pag. 22 6 ,

( 93 tf ) Là-mê~me,pag. 22 S*

(94) Notez,que Naudctenfurc Sel-denus, quidans sonTraite deDiis Syris,pag. m. 31 jsite pour cecila Leçon 21d*Halcot surla Sapience.

(95) Dans la(#)•

(96) Votez, la"Remarque deTxArticU deJulie filleeCiAuguste.

(97) Ovid.

Libr. UTrist. f.

2»7.

(s> 8 ) Idem.ibid.

«)6i

exilé pour avoir surpris Auguste dans un exécrable inceste (.AT), & je ferai voir que. leurs Con-jectures à l’égard de Julie fille de cet Empereur font fausses, éc qu’à l’égard de Julie fa petite-

Burfa paflorum: Venter fulcatus a r titra,

Arentes cimes macredine, critdaque crura ,

Inflatumque genu, vincens adamanta rigore.

Accusant Vetulam membrorum marcida turba.

Concitus exurgo , c.eepi firmare , quod illamAppeterem ferra : sed mens ad se revocavitVirgineam famam, qua scandala ne pateretiir,

’ Continus, .quamvis omnïs spes ejus habendaj}am difceJJÌJfet. Sic dextra quievit ,,amorqueExtinSlus, vivum potuit superare doíorem (90).

La jeune fille se maria, & devint veuve au bout de vingtans après 1111 grand nombre de couches fréquentes quia voient fait de grans ravages fur fa beauté (91). Elle femontra alors très-difpofée à fe marier avec Ovide: il yconsentit; mais tout bien compté il ne trouva pas que ce'fût une faveur proprement dite. II n’avoit qu’une vieilleen fa puissance. Cela lui fit prendre la résolution de chan-ger de vie, 8c de s’attacher à des études solides.

Ce Poème, 8c un antre qui a pour titre Brunellus Vi-gelli, feu Spéculum flultorum, furent imprimez à Wolfem-butel l’an 1662,. Celui qui eút foin dè cette Edition assuredans fa Préface datée du 13 de Décembre 1661, quil yavoit près de deux cents ans qu’ìls avoient été imprimezdans la ville de Cologne. Naudé ne conoiffoit pas cetteprémiere Edition; car il dit que ce prétendu Poème d’O-vid t a esté imprimé deux fois, la premiere séparément ç? sansnom de ville, ni d'Imprimeur, l’an 1534, cr la seconde interOvidii erotica 8c amatoria opufcula publiez, à Francfort l’an161c avec une Préfacé qui n’est pas à mefprifer (92). II re-marque (93 ) que Robert Holcot a raporté plusieurs versde cet Ouvrage en son Commentaire sur la Sapience, leçon60 de la vieille Edition de Venise,Z 7 61 de celle de Rafle (94),fans nier ni assurer qu Ovide en fût le vrai pere: An fitliber Ovidii, Deus novït, quamvis à Leonè Protonotatio Sa-cri Palatii Vastafii Principìs, referatur liber ille extratlus desepulchro Ovidït, unde teflatnentum Ovidii nuncupatur ; dicitenim quod inventus fuit in cœmiterio publìco , in quodamsepulchro, insuburbano Dioscori Civitatis, qii£ efi caput RegntColchorum; cv quia ibi non erat copia Latinorum, eo quodArmenici iinguam Latinam non intdligunt, Rex Colchorummifit illum liùrum Constantinopolim, ubi erat copia Latinorum.Refert eftam quod inter antiquorum fépulchra unum inventumefi, in quo ,epigramma fuit scriptum litteris Armenicis, cujusinscriptio fie sonabat, Hic jacet Ovidius, ingeniofijfimus Po'è-tarum, obiit autetn anno Chrifli XVI í J, ficut refert Cuil-klmus de Euange in Cfironico fuo, tertio anno, unde constatquod fi veraciter liber suus erat, fuit pulcherrima prophetia dechrìjto. 11 n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour pou-voir jurer fans nulle ombre de témérité, qu’Ovide n’a ja-mais fait un Poème auíîì barbare que celui-là, 8c que c estla production d'un Chrétien du bas Empire.

(■K) J’ ■■ ■ éclaircirai ce que j’ai dit (95) contre ceux quitroitnt qu’Ovide fut exilé pour avoir surpris Auguste dans unexécrable inceste .] J’ai cité le Pere Briet, qui dit qu’il y ades gens qui veulent qu’Ovide ait surpris Auguste en fla-grant délit avec Julie fa fille, 8c je ne réfutai point cela,comme je le fais aujourd'hui, par une raison convainquan-te, qui est que notre Poète fut disgracié lors qu’il y avoitplusieurs années que Julie étoit hors de Rome, 8c l’objetde l’indignation de ion pere (96). Au lieu d’alléguer cetteraison démonstrative, j’oposai seulement à ces gens-là uneprobabilité, savoir qu’il n’y a nulle aparence, que fi lacause de l’exil d'O vide étoit telle qu’ils se figurent, il eûttant de fois représenté que ses yeux étoient la source deson malheur. Rien n’auroit été plus propre à fomenter le ■chagrin d’Auguste, 8c il n’y avoit point de tour d’espritque ce Poète n’emploiât pour l’apaiser, '8c pour le flater.Mais cette Objection, quelque spécieuse quelle soit,n’estpas fans répliqué; car on ne sauroit nier que ce qu’Ovideavoit vu ne fût une chose qui intéressoit tellement Au-guste, que c’etoit renouveller sa douleur, 8c couvrir saplaie, que de rapeller le souvenir de cet objet. Ovidelui-même l’avoue en adressant la parole à .cet Empereur.Perdìderint cum me duo crirnina, Carmen e? error ,

Alterius faâti culpa filenda mihi.

Nam non fum tanti, ut renovem tua vulnbra, Cttfitr§uem nimioplus est indoluisse femel (97).

Voilà deux causes qu’il allégué de la ruine de fa fortune,l’une est d’avoir composé des Vers d’Amour, l’autre d’a-voir vu fortuitement certaines choses. 11 se justifie le mieuxqu’il peut, 8c fort en détail 8c amplement sur la prémie-re (98); mais il envelope la seconde sous le silence, a finde ne pas renouveler la douleur d’Auguste. II savoit doncqu’on le chagrinoit, 8c qu’on l’irritoit en rapellant le sou-venir de cet accident; 8c néanmoins il le rapèlloit à toutpropos dans ses Poésies: il n’avoit donc pas la prudenceque j’ai i'uposé qu’il auroit éue; 8c par conséquent je mesuis servi d’une raison qui prouve trop, car elle prouvequil a évité, de ramener des idées chagrinantes, 8c il estcertain qu’il ne l’a pas évité.

Lette Objection est plus forte contre Aide Manuce que

contre moi; car la raison que j’ai emploiée frape seulementceux qui veulent qu’Ovide ait surpris Auguste, ou avecfa fille, ou avec fa petite-fille; mais Aide Manuce l’em-ploie généralement contre ceux qui conjecturent qu’onsurprit cet Empereur dans une action mal honnête : Ubiqueexilìi cauffam tum libros de Arte, tum errortm suisse commé-morât (Ovidius) : quìs vero ille error fuerit-, nunquum ape-ruit, ne magis Augustus fibi irafeeretur, verum quia^ ut ipfeait , Nitimur in vetitum semper, cupimusque negata ; quid-nam id fuerit, plurimi feire conati funt, e? conatur semperaliquis ; quapropter fufpicati funt quidam turpe aliquod Au-gusti fecretum cafu vidijfe Ovidtum , quod non places, quiatoties objieiendo fedus, immitiorem reddidìjfet Cafarem, quemler.ire ey placare studebat fyg). Je pourrois avoir raison quoi■ qu’Alde Manuce eût tort : il y a telle action sale dontOvide auroit pu oser renouveler le souvenir à Auguste,sans qu’on en puisse inférer qu’il auroit eul’imprudencedelui rafraîchir l’idée d’un inceste afreux. Cette idée étoitinfiniment plus capable de chagriner, 8c de dépiter, quecelle d’une simple galanterie où l’on auroit été surpris avecla fille ouavecîafemme d’unMagistrat;8cnéanmoins cettesurprise pouvoit déplaire à Auguste, 8c lui inspirer contreOvide toute l’irritation qu’il fit paroitre. Son âge de soi-xante 8c dix ans 8c bien d’autres circonstances qu’on peutsuposer seroient de grandes raisons d’entrer en colere con-trç celui qui auroit porté fa vue fur ce mystère d’amour.Ciofanius n’a point eu d’égard à la pensée d’Aide Manuce,8c au contraire il s’est rangé à l’opinion que je viens dereprésenter: Ejus exìlii, feve potius relegationis caufam lon-ge veriorem eam este puto , vtfum à fe forte fortuna Au -gustum Cafarem in re quadam turpi a t que obfccena. Teftaturenim Aristot. lib. 11. De Arte dicendi, nullum ejfe tammagnum , tamque vehemens odium, qudm illud , quod ex eonafeitur, cum quis in ejufmodi re turpi deprehenditur (100).Remarquez que ni l’un ni l’autre de ces deux Auteurs n'in-sinuent rien touchant l’inceste, 8c souvenez-vous que fi leraisonnement que j’ai emploié n’est pas à l’épreuve desObjections,il faut néanmoins convenir que la Conjecturede l’inceste est nécessairement fausse par- raport à Julie lafille,exilée long-tems avant qu’Ovide eût déplu à l’Empe-reur; 8c notez qu’elle étoit déjà exilée lors qu’il fit les Li-vres de Arte amandi 8c qu’il sc passa huit ou neuf ans de-puis la composition de ce Livre jusques à ce qu’il sotbanni. Cela réfute l’Abbé de Marolles, qui a prétendu quel’une deí deux raisons de fa disgrâce sot que dans les Li-vres de ï Art d'aimer il avoit touché quelque chose qui avoitdés leu à l’Empereur en parlant de fa fille fous le nom de Co-rinne (101). Voiez ci-dessus (102),les raisons d’Aide Ma-nuce contre ceux qui disent que cette Corinne étoit la filled’Auguste (103).

Examinons les Conjectures touchant Julie la petite-fille.On ne peut point les fortifier par le passage de Suetone (104J;car s’il y avoit quelque fond à faire fur l’extravagance deCaligula, ce ne seroit tout au plus que par raport à Juliefille d’Auguste, 8c prenez garde, je vous prie, que Sue-tone en raportant cette extravagance ne dit rien qui insi-nue qu’il eût couru des bruits touchant les amours d’Au-guíìe ou pour fa fille, ou pour fa petite-fille. C’étoit néan-moins une occasion fort naturelle de dire un mot de cela,puis donc que Suetone n’en a dit rien (105), ni dans cette cir-constance, ni lors qu’il a parlé desimpudicitez d’Auguste 8cde fa conduite-à l’égard des deux Julies, c’est une marquequ’il n’y avoit point de tradition sor l’inceste dont il s’agitici; car s’il y en avoit eu cet Historien ne l’auroit pas igno-ré, 8c en auroit fait mention. C’étoit son génie de déterrercette espece d’Anecdotes 8c de les insérer hardiment dansson Ouvrage : mille 8c mille exemples le prouvent. Mais,quoi qn’il en soit, la Chronologie ne me donne pas iciautant de secours que contre l’autre Conjecture ; car l’exild’Ovide, 8c celui de Julie la petite-fille d’Auguste, arrivè-rent environ le même tems.

Cette Julie mourut l’an de Rome 781, après vingt an-nées d’exil(ioó). Elle avoit donc été banie l’an 76.1. Ovideavoit cinquante ans lors qu’il fut bani (io7) , ïl le sot doncFan 761, car il étoit né l’an 711 (108): 11 dit dans uneLettre où il fait mention de la mort d’Auguste,qu’il avoitdéja passé six ans ait pals dès Gétes (109). Cela confirme ceque j’ai dit, puis qu’il est certain' qu’Auguste mourut Fan767. Or comme nous ne savons point le jour que com-mença la disgrâce de ce Poète, quoi que nous. sachionsqu’au moi s de Décembre il passa ia mer Adriatique pours'en aller au païs desGetes(no), 8ccomme d’ailleurs nousne savons pas le jour 8c le mois que Julie encourut l’indi-gnation de songrand-pere,nous ne pouvons pasréluterpardes raisons de Chronologie ceux qui diroient que llexil deces deux personnes procéda de la colere que sentit Au-guste en volant que son inceste étoit découvert. Ovide,qui en avoit été le Spectateur, devint odieux,8c par con-tre-coup Julie même devint odieuse : on ne vouloir plusavoir deux objets qui pouvoient renouveller la honte àecette surprise. On les chassa tous deux de Rome , Kpour le faire sous de beaux prétextes, on fit convaincre

(95) AldusManiirius,in VitaOvidii ,GíofaníuittObservât,in Ovidiiinugag. m. 20.

fioo) CÌo-j.fanius, inVita Oviduubi supra -

M- 27.

(101) L’Ab-bé de Ma-rolles,. Visd’Ovide ai*devant deTraductionFrançoise d#Poëtne conMIbis , pag. 4 *

(102) Dantla "Remar-que (£) ,Nttm. Vif.

(roz)0i,I'-rencore dit.dans un Ei;vte imprimel’an ió 97 *Soli Imp.

xAug, envis#*

( Ovidius 1 .q ni de foUiti“tata subCorinna no*mine JítliaJua suspetîTomos inexilium mi ft*Jo. Alb,Eabricius,Biblioth..Latina,

35 , Z 6 .

(104) ggrj’ai raport*dans la 'Rfmarque {Sst

(105) Ctff *çi-dejsouf wpremiers d*mes raison*'

(106) r *idem tern?^

Julia rnoW*

oliit qtíA 17 *nepttm vA**gustus C 0 «'vittum w* *terii dAfítftverat prejfjratqtìs tn irtsulam Tri'metum . *ìllic vigft*annisliurn tol*f

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