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Tome troisieme. K - P.
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. O V Js D E. 56?.

Viïula eíl un Ouvrage d’Ovide (/). J’en raporterai quelques Vers {d) afin que ceux qui n’ont (f d as upoint ce Livre-là puissent juger de la veine de l’Auteur. ^

Je commencerai mes Suplémens par éclaircir ce que j’ai dit contre ceux qui croient qu’il fut

. exilé

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f 81) Euripî. *** e s, in Hip-

1 ?olyco>fi‘ r f 37s,3S9.

A«!er. quef arnabe,ln OvidiiMetam.d-itr. VII,Vír f n ,* l t*ibue faus -ftfoent ccù à

'* Medee« Euripide.

( 8 r) Ovid.

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( 8 3) Idem ,\ k "lem ,

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Augustin noús à conservées, & qui contiennent une des-cription st vive de la servitude de l’ame sous l’empire despallions ? Homo non ut à. tnatre, fed ut à noverca naturaeditus est in vitam , corfore nudo , e? fragili , e? infirma,anima autem anxio ad molestias, humili ad timorés, molli adlabores , frono ad libidines, in quo tamen inejfet tamquamC-BRUTUS quidam divinus ignìs ingenii, e? mentis (77).N’a-t-ileu aucune lumière ni aucun fiubpon de l’étrange chan-gement qui s'étoit fait en l’homme par lequel la raison étoitdevenue esclave des pastions? Que veulent donc dire les pa-roles que le même saint Augustin nous a conservées, oùCicéron paroît aprouver les anciens Prophètes du Paganis-me, qui avoient cru que la naissance deT’homme étoitla peine d’un péché commis dans une autre vie (78)?N’aprouve-t-il pas une pensée qu’il avoit lue dans Aristo-te, que l’union de l’ame avec le corps étoit une punitionsemblable au suplice dont quelques anciens voleurs s’é-toient servis, c’étoit d’attacher des corps vivans avec descadavres, bouche contre bouche, ventre contre ventre,& ainfi des autres parties (79) ? N’étoit-ce pas reconoîtreque l’ame étoit réduite par les péchez à la condition mi-sérable qu’elle éprouve dans le corps? N’étoit-ce pas con-sidérer le péché comme la cause qui l’avoit dégradée deson état naturel, & de sa prémiere noblesse. Raportonsce beau passage de Cicéron. Ex quibtts humana vita erro- ,ribus , e? drumnis fit , ut ínterdum veteres illi Jìve vates ,five insacris, initiifque tradendis divina mentis interprétés,qui nos ob aliqua fielera suscepta in vita superiore, peenarumluendarum caujsa natos ejj'e dìxeruht, aliquid vidijje vtdean-tur ; verumque fit illud , quod est apud Aristotelem , fimilinos affeílos este supplicia , atque eos, qui quondam , cum inpr&donum Etmscorum manus incidijfent , crudelitate excogitatanecabantur : quorum corpora viva cum mortuis, adversa ad-verfis accommodata, quam aptijfime colligabantur : ita nos -tros animos cum corporibus copulatos, ut vivos cum mortuisesse conjuníîos (80). Enfin je ne comprens pas d’où vientque Monsr. Esprit assure, que les Philosophes ont ignoréque la puissance de la Raison s’est perdue , que fa lu-mière s’est néanmoins conservée. Euripide le Philosophedu Théâtre n’a-t-il pas dit qu’après avoir médité long-temsfur la corruption des hommes, il a trouvé que cen’est 1 .point selon la disposition de l’entendement qu’ils pèchent,mais parce 'que conoissant le bien ils s’en détournent lesvns par paresse, & les autres par l’amour des voluptez. 11met ces belles maximes dans la bouche de Phedre.

Hív 7 tot aXÁa>( vvktÒì io [tzy.pai xpótHgtBvttTiïìi . ècppóvrta , % SiéQUaprca fttoq.liai [zai SoxoVatv oh xcoràt yvújzxi <ftíninpúcraeiv xxxiov. "Eçí y appris* eu tppovetv, TloIXotoiv , àÀAx Trfi âôj»tTéov TÚSe,

Tòt xt'-if hqsiZ'tûx > xxì 'yiyváiTXopzco ,

O vx ìxxovov(j.tv S’. 0/ )J.h àpyíaç ijico,

OZ 5 ’ ííovi )lt otpoôévTSÇ àvrì tqG xuiJ-ovAAAïjy tív\

Jam sape mecum aliâs noSlìs in longe temporeCogitavt, quomodo corrupta fit homìnum vita.

Et mihi videntur non secundum animi naturam : at prse-ter eam

Deterius facere. est enim relia rerum cognitioMultis. Sed fie speâlanda sunt hac.

Bona quidem tenemus , zs? novimus :

Sed non facimus : alii quidem propter ignavtam,

. Alii vero anteponentes voluptatem honefio ,

Aliam aliquam (81).

Peut-on mieux représenter que par ces paroles d’Ovidel’incapacité où est la raison de nous faire faire ce quellenous fait aprouver?

Concipit interea validos Aetias ignés,

Et luílata diu, postquam ratìone furoremVincere non poterat ; Frustra Medea. répugnas,

Nescio quis deus obftat, ait (8z).

í*0

Vol,

■p J,Í E(r )Et ENE.

Excute (83) virgineo conceptas peíîore flammas,

Si potes , infelix. Si poffem , sanior ejfem ;

Sed trahit in vitam nova vis : aliudque Cupido,

Mens aliud suadet. Video meliora, proboque,Détériora sequor (84).

Prenez garde, s’il vous plaît, qu’elle impute à quelqueDieu cette impulsion à laquelle il ne lui est pas possible derésister. C’étoit le dénoûment ordinaire de’s .Paiens dansles passions qui entraînoient l’homme malgré les lumièresde son esprit, & la conoissance de ses véritablesintérêts(8y).Ils trouvoient là quelque chose de divin, & presque toû-Jqws la punition de quelque péché antécédent ; ce quimontre qu’ils n’étoient point auffi ignorans que Mr. Es-1 o m. ìie

prit le supose, & qu’ils siaffoient en quelque façon ce queles Théologiens nous enseignent de la perte du franc ar-bitre amenée par le péché, & de l’abandon de ceux quiabusent des grâces de Dieu. * .

J’aurois pu citer au lieu d’Ovide plusieurs Ecrivains quiavoient philosophé de profession : mais il m’a paru beau-coup plus propre à faire voir la méprise de Monsr. Esprit-;car l’on est moins excusable d’ignorer ce qui se trouvedans un tel Poète, que d’ignorer ce qu'ont dit les AuteursGrecs. J’aurois pu aussi entasser plusieurs témoignages très-capables de nous convaincre que l’on a fort bien conuque le genre humain croupit encore dans le Calios; maisles descriptions les plus fortes des Orateurs, ou des Poë-tes,ou des Philosophes Paiens, ne peuvent pas nous don-ner une idée auffi vive de cela que celle que Saint Paulnous en a laissée. II sufit donc de jetter les yeux'fur lapeinture que ce grand Apôtre dirigée par la Vérité éter-' '

nelie nous présenté dans son Epitre aux Romains. Je n’a-prouve pas ce que je fais, dit-il (86), parce que je ne fais pas (*<•) Epîtrece que je veux: mais je fais ce que je condamne, Que fi jefais ce que je ne veux pas faire, je consens par là à la loy, yn, v'ers. ij

& je reconnois quelle est bonne. Maintenant donc ce n est fr fui v: je

plus moy qui fais ces choses, mais c est le péché qui habite en me fers de Utnoy. Car je sf ay qu il n y a rien de bon en moy, c'est-à-dire dans ma chair ; parce qu encore que je trouve en moy lavolonté de faire le bien , je ne trouve point le moyen de l’ac-complir. Car je ne fais pas le bien que je veux ; mais je faisle mal que je ne veux pas. Qpe fi je fais ce que je ne veux

pas, ce n est plus moy qui lésais, mais c’est le péché qui ha-

bite en moy. Lors donc que je veux faire le bien , je trouveen moy une loy qui s’y ópose, parce que le mal refide dansmoy. Car je me plais dans la loy de Dieu selon Vhomme in-térieur. Mais je fins dans les membres de mon corps une au- *

tre loy qui combat contre la loy de mon esprit, qui me

rend captif sous la loy du péché qui est dans les membres demon corps. Malheureux que je fuis ! qui me délivrera de cecorps de mort ?

Notez que je n’ai considéré le Cahos de l’homme queselon la guerre intestine que chacun sent en soi-même. Sij’avois considéré les discordes qui règnent de peuple àpeuple, & même de voisin à voisin, avec toutes les hy-pocrisies, 8c les fraudes, 8c les violences , 8cc, qui s’ymêlent, j’aurois eu un champ bien vaste, 8c bien fertileen confirmations de ce que j’avois à prouver.

( I ) Il faudroit être bien dupe pour s’imaginer qu'un cer-tain Poème de Vetula est ... d’Ovide.j On conte que çePoète, désespérant d’être rapellé de son exil, composa ceLivre, 8c donna ordre qu’on l’enterrât avec lui (87). On ^ 7 ) Ecoajoûte (88) que ce Poème aiant été trouvé dans un ci-metiere public aux fauxbourgs de la ville de Dioscurias, f aime Libra-fut porté à Constantinople par ofdre du Roi de Colçhide, de ye-& que Léon Protonotaire du sacré Palais 8c Sécrétasse de tuJa ‘l’Empereur Vatace (89) le publia. II est divisé en trois fs8 ) G ] 0 ssa.Livres, 8c l’on veut qu’il ait été intitulé de Vetula à cause ter ejusdtm 'de l’Aventure que l’Auteur récite dans le second. Ilaimoit operit depassionnément une jeune fille qui étoit une beauté ache- Vetula.vée, & il avoit engagé par ses présens une vieille femmeà le servir dans cette passion. Elle avoit été la nourrice s c J js' 1 ’de cette belle, 8c après avoir représenté plusieurs fois les Ducal ' ji f Membarras de l’entreprise, elle avoit enfin assuré l’amant Empereur 'qu’à une telle heure il trouveroit sa maîtresse au lit dans depuis i' a „un tel lieu où il faudroit entrer doucement, 8c fans chan- I2 Y ■"‘f 1delle. Ovide , transporté du plus violent amour qu’on ^ (!>lzs é %puisse sentir, Je glissa au lit marqué; mais dans tout sonLivre des Métamorphoses il n’avoit point parlé d’un chan-gement aussi étrange que celui dont il s’aperçut alors; carau lieu de ce détail de beautez dont son imagination étoitremplie, il trouva tout le détail de la vieillesse. Ce futà cause que la nourrice s’étoit mise dans ce lit-là. , Ledépit 8c la rage qui le saisirent furent extrêmes. H fautl’entendre.

Heu mihi ! tanta meis régnant dulcedo medullisQuàm modicum manfit! Reperi contraria votis,

Vertitur in luSlum cytharec sonus, ìnque stuporemDeliciarum spes, moritur fax ignis amoris.

Si quid erat , quod epar, ventofi turbine mijfo,

Eecerat arrekum , subito languetque caditque:

Sopitur virtus, frigefeunt omnia membra. _

Credere quis pojjet, quod virgo, quattuor implentNuper olympiades, adeo cité confinuijset ?

Nunquam tam modico Rosa marcuìt. In nova formasCorpora mutât as cecini, mirabiliorqueISfon reperitur ibi mutatio, quàmfuitista:

Scilictt, ut fuerìt tam parvo tempore talis,

Taliter in talem vetulam mutata puella!

Heu qù'am diftmiles sunt, Virginie artubus, artufl 4Accusant Vetulam, membrormn turbasenilis,

Collum nervosum, scapularum cuspis acuta ,

Saxosum pefìus, laxatum pellibus uber,

Hon uber, fed tam vacuum, quàm molle ; velut sunt’ B b b b Burs/e