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PATIN.
gnent cn particulier que le Symbole de l’Auteur n’étoit pas chargé de beaucoup d’Articles (G),Lc qu’il avoit beaucoup de tendresse pour ses enfans. II ne faut que cela pour réfuter l’impostu-re énorme qu’un Ecrivain Allemand a publiée ( H ). On a observé que Guy Patin ressembloit àCicéron (/). II mourut l’an 1672.5 à laissa un iàls qui s-est rendu fort illulìre (I), .Sc qui ex-
celloit
($8) Déejsefui présidait&hx enfante -mens.
(S 9 ) D sisequi était l*pettrene desvols ir desentreprisesqu’on voulaiteather.
(5o) Horat.Epist. X VIEibri /,
Vers, 5o,
(si) HenriÈstienne,Apol. d’He-iodote,fag. 225.
(«2) Ovid.ïleg. XIVLìbri llAinornm,Vers. 27.
(63) L’Abbéde Marolles,Remarquesfur le 11 Li-vre desAmoursd’Ovide,pag. 269,270. Ce Uvre
frit impriméVan 1661.
„ de l’Hôtel Dieu y étoit présente. Elle a une capacité„ singulière dans fa Profesiìon, & beaucoup d’esprit & de,, discernement pour toutes choses. Je luy demandé fa,, pensée sur beaucoup de questions, touchant les marques„ de virginité; je voulus sçavoir à quoy elle avoit connu„ d’abord, que cette femme, que nous allions ouvrir, avoit„ eu des enfans. Elle me fit observer les plis du ventre;„ & comme je lui répliqué, qu’il se pou volt faire qu’elle„ eust esté hydropique, ou qu’elle eut eu le ventre en-„ fié par d’autres causes que par la grossesie, & que les„ mesmes plis fussent restez.,pour me convaincre,elle me„ fit voir, & à toute la compagnie, ce que les Sages-fem-„ mes appellent entr’elles le déchirement de la fourchete,,, qui est une Macération de l’entrée de l’orifice e-xtreme„ vers l’anus, qui se fait toujours à la sortie du premier„ enfant, & qui par conséquent est une marque indubi-„ table de l'accouchement qui a precedé”. De ces deuxmarques d’accouchement la premiere est plus terrible fanscomparaison que la seconde à une fiancée qui passe pourfille ; car elle a tout lieu d’espérer que son époux ne co-noîtra point la seconde, & tout lieu de craindre qu’il co-noîtra l’autre. Et par là nous entendons le Vers d’Ovide,beaucoup mieux que par les Commentateurs, 8c nous eo-noissons clairement pourquoi les filles Romaines s’expo-soient à un péril fi redoutable, afin d’éviter rugarum cri-men , que les rides de la peau du ventre ne manifestassentleur crime. C’étoient donc des rides beaucoup plus à crain-dre que les rides du visage, 8e il ne faut point douter qu’onn'en sache communément les conséquences dans notre sié-cle, comme on les savoit dans celui d’Auguste, Le quecela ne laisse de grans soucis aux personnes mêmes qui ontété secourues de Lucine (58) avec le plus grand secret dumonde. Leurs invocations conçues selon le formulairedes prières que l’on adreffoit à Laverna (59),
Labra movet, metuens audiri : Pulchra LavernaDa mìhi fallere, da pufium sanêîumque vidert:
Noílem peccatis esr fraudibus objice nubem (60).
Leurs invocations, dis-je , parfaitement exaucées selonl’esprit de cette formule, ne rassurent point contrelesapro-ches d’un nouvel époux qui ne s’atend point à trouver desrides, ou des replis; & de là vient qu’on recourt aux dro-gues le plutôt qu’il est possible. Henri Estienne avoit rai-son d’observer que de son tems maintes dames avoìent pla-ceurs préservatifs qui les gardaient de devenir grasses (6r).L’ancienne Grece & l’ancienne Rome n’étoient que desnovices dans ce mauvais Art en comparaison du XVI Sié-cle, & l’on veut que le Siecle XVII ait surpassé encore leprécédent; néanmoins, on y a mis en pratique les'plusgrossières & les plus dangereuses maniérés dont Ovide aitfait mention. Lisez Mr. l’Abbé de Marolles fur ce passa-ge d’Ovide (62): Vestra quid effadìtis subjeêîis viscera telis!Pourquay vous percez, vous les entrailles avec de petits traitsaigus? „ C’est une chose estrange”,dit-il(63), „qu’une si„ damnable invention ait esté mise en usage de si longue„ main, 8c qu’elle ait esté renouvellée de nos jours. Une„ mauvaise femme convaincue de ce crime abominable,„ après avoir tué la mere, ne croyant que tuer l’enfant„ dans son ventre, a esté chastiée 8c punie exemplaire-„ ment à Paris, la mesme année que j'ay composé ce Li-„ vre”. Quelque ingénieuses que puissent être les pas-sions , qui font soutenues par le point d’honneur, les ris-ques font grans encore aujourd'hui pour une fille ou pourune veuve, qui laisse aller le chat au fromage; car assezsouvent les préservatifs se trouvent trop courts : le neu-vième mois tombe fur le dos, & c’eít là le Diable, c’estla scene la plus fâcheuse de toutes. J’en prens à témoinces Vers de Madame des Houlieres:
BALADE à Mademoiselle D***
Ores est temps de vaus donner conseilSur les périls ah beauté vous expose.
Pille ressemble à ce bouton vermeilQu en peu de jours on volt devenir rose.
Tant qu est bouton on voudrait en jouir,
Hui ne le voit sans désirs de rapine.
Des que Soleil l’a fait épanouir,
On n en tient conte , un matin le ruine ,
De rose alors ne reste que l epine.
Lorsqu un amant , l’exemple est tout pareil,
Pait voir defirs à quoy pudeur s’opqfe ,
Si l'on ne fuit, l’amour est un Soleil ,
Point n'en doutez, par qui sieur est éclose.
Alors en bref on volt s’évanouirTransports cr foins par qui fille peu finePrésume d'elle, Vse laiste éblouir.
Mépris succédé à ï amour qui déclinesDe rose alors ne reste que l’épine.
Plus de commerce avecque le sommeil,
Ou fi f ar f otS un moment on repose,
Songe cruel donne fâcheux réveil j
Cent & cent fois on en maudit la cause.
Voir on voudroit dans la terre enfouirTendre secret duquel on s’imagineQu’un traistre ira le monde réjouir.
Parle-t-on bas, on croit qu on le devine,
De rose alors ne reste que l'épine.
ENVOI.
Galans fiéfez donneurs de gabatine ,
J'ay beau prescher qu on risque à vous cuir,
A cequeter toute fille est encline.
Plût ost que faire approuver ma Dofírine,
On fileroìt chanvre fans le rouir,
Mais quand tout bas faut apeller Lucine ,
De rose alors ne reste que l’épine (64).
(G) Le Symbole de l’Auteur ri étoit pas chargé de beaucoupd'Articles.] Raportons ces paroles de son Eloge (6j):„ II disoit les choses avec un froid de Stoïcien, mais il„ emportoit la piece, & fur ce chapitre, il eût donné„ des leçons à Rabelais. On disoit qu’il avoit commenté„ cet Auteur, 8c qu’il en savoit tout le fin. C’est ce qui,, le fit accuser d’être un peu libertin. La vérité est qu’il„ ne pouvoit souffrir la bigoterie ,1a superstition, 8c la for-,, sauterie; mais il avoit l’ame droite, 8c le cœur bien pla-„ cé ; il étoit passionné pour ses amis, affable 8c officieux,, envers tout le monde, 8c particulièrement envers les„ Etrangers Lc les Savans ”. Prenez bien garde que pourrépondre à l’Accusation de Libertinage, l’Auteur de l’Elo-ge ne dit pas que Mr. Patin fût dans le fond bien persua-dé de l’Orthodoxie Chrétienne; on se contente de nousassurer qu’il haïssoit la superstition, & qu’il étoit honnêtehomme. Voiez les Nouvelles de la République des Let-tres (66). Ce n'est pas ainsi qu’on répond pour le Princede Coudé, on opose à la renommée la déclaration qu’ilfit en mourant, je n ai jamais douté des mystères de la reli-gion,quoi qu'on ait dit, mais f en doute moins que jamais (67).On dira peut-être que les Libraires de Geneve ont fourrédans cet Ouvrage de Monsr. Patin tout ce que bon leur asemblé, mais cette pensée seroit ridicule.
( H j Id énorme imposture qu un Ecrivain Allemand a pu-bliée.] II s’apelle Axtius. II a débité dans une Lettre furl'Antimoine , jointe à un Traité de Arboribus coniferis âIene en 1679. que Monsieur Patin voulut, empoisonner sonpropre fils avec l'Antimoine qu’il croyois être un poison, maisqui contre son attente le guérit heureusement (68). CharlesPatin, s’étant plaint de cette injure à la Faculté de Méde-cine d’Iëne, obtint toute la satisfaction qu’il pouvoit pré-tendre ; car la Faculté ordonna au Médecin Axtius de feréfracter publiquement. Saluberrima Facultas illum nuit-voìíar (69) cantare coegtt , quam fuprejfa calumnia typis man-dat am ad me transmistt, c’est Charles Patin qui parle (70),hisverbis: Editioni Tractatus hujus de arboribus, bene-vole Lector, fubjunxeram Epistolam de Antimonio, cuirelationem de lUustrilììmo Guidone Patino" inscrueram:Qui autem certo comperi illam falsam, & ab ipsius male-volis sine dubio effictam esse, Epistolam rursiis imprimicuravi, fabulant expunxi, Lc Manibus celeberrimi illíusviri injuriant factam esse aperte profiteur.
(I) On a observé que Guy Patin ressembloit k Cicéron. ]„ Feu Monsr. Huguetan Avocat de Lion,qui le connois-,, soit particulièrement,trouvoit qu’il donnoit de l’air (71)„ à Cicéron dont on voit la statue à Rome (72) ”. Celame fait souvenir qu’on a dit, que le Chancelier de l’Hô-pital ressembloit à Aristote: Specie fuit augufta, vultu gra-vi c?* tranquillo, qui ut ex veteri numismate apparuit Arif-totelis faciem plane referret (73).
(K) Il laissa un fils qui s’est rendu fort illustre.] U s’a-pelloit Charles Patin. II naquit à Paris le 23 deFévrier 1633. 11 fit des progrès si surprenans, qu’il sou-tint des Thèses Greques 8c Latines fur toute la Philosophiel’an 1647. Son Professeur (74), qui étoit un Irlandois, 8c quin’entendoit point la Langue Greque, rebuta durement cesThèses quand on le pria de vouloir les examiner; maisvoiant que le jeune homme fe préparoit à les soutenir fansCathédrant.il fut contraint de présider à la Dispute, pourne point prostituer sa réputation. Le Nonce du Pape,trente-quatre Evêques, Lc plusieurs personnes de qualitéde la Cour Lc de la ville assistèrent à cette Thèse. Le Ré-pondant soutint le choc pendant cinq heures en l’une Lc enl’autre Langue, Lc fut reçu Maître és Arts glorieusement.II étudia en Droit par complaisance pour un oncle mater-nel Avocat au Parlement; il prit ses licences à Poitiers aubout de seize mois, Lc il fut reçu Avocat au Parlementde Paris. II emploia six années à cette étude; mais il nepouvoit renoncer à celle de la Médecine : son inclinationl’y avoit toûjours porté. II ne lui fut donc pas difficile des’accommoder aux volontez de son pere, qui étoient quilabandonnât la Jurisprudence, Lc quil se vouât a la prose*"fion de Médecin. II goûta saps peine les belles rasions
(64) Poésie*de Madamedes Housse'res t pag. iZ4>IZ5 , Edit.(CsAinftttám16 P 4 .
(6s) ^AvtSau Ltâtftrau devantdes Lettresde Guytin, folio *
6 verfit
( 66 ) Matsd y ^Avril1684.
pa*. m. 1 r 6 ,117. Votez,aussi U Joui -nal deLeip'fie 1684,pag, 25 r*
(67) Voie ason Oraisostfunèbre pf**nononcee pdfMr. PEvêqMde Meattx
10 de MetfS16S7 ,pag. il’57. Edit. 0*Hollande.
(58) Tiré à»ì’Eloge àeGuy ratin»à U tête deses Lettres.'
(59) Il e&falu dire f
(70) Cate-lus Patifl u5 ’in LyceoFatavin 0 ,pig. 10 1 >10J.
l 7 i) SalM '
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