fr») Jurieu,Jugementsut les Mé-thodes ri-gides & re-lâchées ,t*i- 72.
(So) Lh-mt-
n>e,pag, 73 -
(ii) Jurieu,II Apolo-gie, pag.îo,col. z , citéfar Saurin,Examen dela Théolo-
f ie de Mr.
urieu,pag. z 40 .
(Si) Ci-des-sus , Cita-tion ( r9 ).Votez* aujjil’^Article.MA NI- .Chb’ens,\em. (D).w; ì lineâ,
Si IA Doc-trine quiíeroit Dieuauteur dupéché con-duiroit àl‘Athéïs-ine.
(Sj) Le P
Chap. 1, pag.
6zr ' P A U L I C I E N S.
du péché conduise à Virreligion. II a même dit
„ verain qui sauroit avec une parfaite certitude , qu’en■„ mettant un homme l’épée à la main dans une. foule il„ y excitera une sédition , 8e causera un combat dans le-„ quel dix mille hommes seront tuez, pourroit dans toute„ la rigueur de la justice être considéré comme le pre-,, mier auteur de tous ces homicides. II ne satisferait ja-,, mais personne en disant, je n’ai point donné ordre à,, cet homme de fraper de í'épée, je ne lui ai point com-,, mandé d'exciter de sédition; au contraire, je lui ai de-,, fendu, je n’ai point pouffé son bras pour tuer,ni formé,, fa voix pour solliciter au combat. On lui dira toujours„ vous saviez bien 8c avec certitude, que cet homme posé,, dans ces circonstances causeroit tous ces malheurs. II ne„ tenoit qu’à vous de le poser dans des circonstances plus„ favorables, d’où il seroit venu toutes sortes de biens.„ J e fuis assuré qu’il n’auroit rien à répondre qui fût ca-,, pable d’arrêter les murmures. Et si l’on veut parler íin-„ cerement, on avouera que l’on ne sauroit rien repon-„ dre pour Dieu qui puisse imposer silence à l’esprit hu-,, main. --(79) Enfin, il n’y a pas jusqu’au Dieu de
Socin qu’o n ne puisse accuser d'être auteur du péché.
’ ___ (80) Pour conclure, je soutiens qu’il n’y a aucun
”, milieu commode depuis le Dieu de St. Augustin, jus-„ qu’au Dieu d’Epicure qui ne se mêloit de rien , ou jus-,, qu’au Dieu d’Aristote dont les soins ne descendoientpas„ plus bas que la sphere de la Lune. Car tout aussi-tost„ qu’on reconnoît une providence generale & qui s’étend„ à tout, de quelque maniéré qu’on la conçoive , la dif-„ siculté renaît,& quand on croit avoir fermé une porte,„ elle rentre par une autre ”. C’est parler net que cela.Mais si le Dieu des Manichéens, je veux dire le bon prin-cipe qu’ils appelloientDieu par excellence, se fût présentéà l'esprit de ce Ministre , ne l’eût-il pas obligé à s’expri-mer un peu autrement, 8c à confesser que leur Hypothèsedisculpe Dieu ; car elle. attribue tout le mal au mauvaisprincipe. II ne fera pas inutile de savoir ce qu’il répond àses Censeurs. ,, On trouve auíïì parmi ce fatras, ajoute„ Mr. Jurieu (81), me observation sur ce que j’ai dit„ quelque part, que quelque méthode que l’on suive on„ ne levera jamais parfaitement les scrupules, que les ob-„ jections des profanes jettent dans l’esprit, au sujet de la„ providence de Dieu iur le péché. Si ces Messieurs sa-„ vent un moyen d’éclaircir parfaitement ces difficultez,
„ ils nous obligeront de nous le donner
Vous avez tort,medira-t-on,de reconnoître que l’Hy-potliese des Manichéens disculpe Dieu ; car s'ils prétendentqu’il a transigé avec le mauvais principe , comme vousle. disiez tantôt (82) , il a consenti à l’introduction dumal, il s'est engagé par contract à le souffrir, 8c il a voulupositivement que tous les crimes, 8c tous les malheurs dugenre humain , fussent produits. Cela est plus à fa char-ge, que si l’on disoit avec les Sociniens qu’il n’a point susi la créature libre pécherait; 8c que s’il en a voulu cou-rir les risques, il a eu beaucoup d’ei'pérance que les lu-mières qu elle possédóit, 8c ses menaces la détourneraientde mal faire. Je ne pense pas qu’un Manichéen trouvât làbeaucoup de difficulté: car en 1 lieu, il pourroit dire queDieu n’a passé cette transaction, que parce que fans celaìl n’eût jamais pu faire du bien à la créature. 11 y a doncune grande différence entre le Manichéisme & le Socinia-nisme. Les Sociniens avouent que Dieu, pouvant em-pêcher tres facilement que l’homme ne fût ni criminel,ni malheureux, l’a laissé tomber dans le crime 8c dans lamisère ; mais le Manichéisme supose que Dieu n’a con-senti à cette chute > que par une pure nécessité , 8c pouréviter un plus grand mal. En 2 lieu, on pourroit nier queDieu ait jamais transigé avec le mauvais principe, 8c sou-tenir qu’il s’opose de toutes ses forces fans fin 8c fans cesseau péché, 8c à la misère de la créature , afin de ia rendreparfaitement sainte, 8c parfaitement contente : mais quele mauvais principe agissant de son côté avec toute là puis-sance, pour un dessein tout contraire,il résulte de ce choccontinuel le mélange de bien 8c de mal que l’on voit aumonde ; comme Faction 8c la réaction du froid 8c duchaud produisent une qualité moienne. Apliquez ici ceque disent les Scholastiques, fur la nature des mixtes ré-sultante du combat des élémens. Jc fat bien que l’une 8cl’autre de ces deux explications creusent un abîme affreuxde difficultez ; mais il n’est plus question ici que de lavoirsi cette Hypothèse disculpe Dieu: or ces misérables Héré-tiques prétendent que toute difficulté est petite,en compa-raison de celle qui naît de le faire auteur du péché ; 8c ilest sûr que tous les Chrétiens abhorrent de l’en reconnoî-tre la cause.
Les Jésuites soutiennent ( 83 ) qu’ìl seroit mieux d'êtreathée, ev ne point reconnoître de divinité , que de rendre leshonneurs suprêmes à une nature qui défend à l’homme defaire le mal, 8c qui néanmoins le lui fait commettre,8c puis l’en punit. Ils soutiennent que le Dieu d'Epicureest plus innocent , CV s’d faut parler de la forte plus Dieuque ne seroit celui-là. Et lors que les Marciomtes es? le sManichéens je font avijez. de faire un second Dieu auteurde tous les maux , ils en ont adoré un autre qui donnoit tous
Adam, cité p ar D-aillé Réplique à Adam ík à Cottibi, Pan. 11 ,
2,3 ■& ì\
que cette doctrine éleve Dieu au plus haut faite
de
les biens , là oh le vôtre , disent les Jésuites à ceux de IaReligion, est pire que les hommes. Ceux à qui l’on fait ceSreproches ne rejettent point ces conséquences, ils ne re-jettent que le principe; ils soutiennent seulement qu’onne peut fans une infâme calomnie les accuser de faire Dieuauteur du péché (84). Les mêmes Jésuites prétendent-quela doctrine de Calvin fur la Prédestination traîne après foi à. baissédes conséquences , qui détruisent absolument toute l’idée da n s tout cequ on doit avoir de Dieu, c? en fuite conduisent tout droit à chapitre.l'Athéisme (8y). Le Ministre, qui a répondu à Mr. Maim-bourg, le convainc d’avoir raporté infidèlement la doctri- Mium "ne de Calvin. II en faloit demeurer ià ; car quand on Hist. duajoûte que Mr. Maimbourg a tiré une fausse conséquence Calvinisme,de la doctrine qu’il a imputée à Calvin , on raisonne pi- Livr. 1,toiablement: mon Lecteur en va juger. (86). Outre cela M; 7 y
je dis qu’d conclut mal, es? qu il n est rien de plus absurde es? demoins Théologien , que la conséquence que le Sieur Maimbourgveut tirer de ía doâlrine de ces Théologiens. C'est qu’elle dé- (s«) Jurieu,trust absolument toute l’idée qu’on doit avoir de Dieu, 8c Apologieensuite conduit tout droit à F Athéisme. Il ne fut jamais rien ì^f* r leSdit de plus inconsidéré. Prenons les choses au pis. Si cette doíìri- teurwiLrt.ne détruit toute l’idée qu’on doit avoir de Dieu, c’est parce chap* xix‘,quelle nous reprefente un Dieu cruel , injuste , punisant es? paj. 24;,chastiant par des supplices éternels des créatures innocentes. Etcest précisément ce que veut dire le Sieur Maimbourg que cela , 4 ‘détruit l’idée de Dieu , parce que l’idée de Dieu renferme lesattributs de la douceur, de la justice, es? de l'équité. Mais en Et am
conscience ce qui nous donne l’idée d’un Dieu fevere, tyran , pendant leusant de fes droits avec une rigueur excessive, conduit-il les Spìnozisme
hommes à V Athéisme ? - C’est une pensée selle de di - en s‘‘í K
re qu une hypothèse conduit à l’Athéisme , laquelle fait entrer ^hostTstntDieu en toutes choses (87), le fait estre la cause de tout, le £>,',« lui-mS-pofe comme l’unìque but de toutes fes propres adlions, es? l’é- *»*> ‘f «»leve au dessus de la créature, jusqu à en pouvoir disposer fe-Ion des réglés qui paroìjj'ent mefme injustes au sens de la chair.
Tant s’en faut que cette opinion des Superlapfaires conduise à ^ gg ^l’Athéisme , qu’au contraire elle pose la divinité dans le plus rand de St.haut degré de grandeur es? d'élévation ou elle peut estre con- Ionien írceue. Car elle anéantit tellement la créature devant le Crea- sc-ieur, que le Créateur dans ce fyfteme n’est lié d’aucune efpece Théolotitnsde loix à l’efgard de la créature, mais il en peut disposer comme U luposetu,bon luy semble, t? la peut faire servir à fa gloire par telle voye Volez. unqu’il lui plaifl , fans quelle soit en droit de le contredire. AA^deLan-
Voici bien la plus monstiueuse doctrine , 8c le plus ab- n oï inséré t»surde paradoxe, qu’on ait jamais avancé en Théologie, 8c abrégé imsje ferais fort trompé si jamais aucun célèbre Théologien /« Essais deavoir dit une telle chose. On s’est tourné de tous les cô- Jlieologie^tez imaginables, pour expliquer de quelle maniéré Dieu àinflue dans les actions des pécheurs : on a gardé l’Hypo- mn.’l’aathèse de la prédestination absolue, lors qu’on a cru qu’elle ISS 7-ne faisoit nul tort à la sainteté de Dieu; mais dès que l’onsest imaginé qu elle lui donnoit atteinte, òn l’a quittée. j i9 XCeux qui n’ont point vu que le libre arbitre soit incom- c*pZ%patible avec la prédetermination physique , ont enseigné Louis deconstamment cette prédétermination ; mais ceux qui ont Dole, mr,•-cru qu’elle le ruinoit, l’ont rejettée, 8c n’ont admis qu’un Dlí P“-concours simultanée 8c indifférent. Ceux qui ont cru quetout concours est contraire à la liberté de la créature, ont de modosuposé qu’elle étoit seule la cause de son action (88). Rien conjunctio--ne les a déterminez à le suposer, que Ia pensée que tous ? is conc - ac 'les Décrets, par lesquels la Providence s’engagerait avec & '««urnenotre volonté, rendraient nécessaires les événemens,8c fe- ad actus h-raient que nos actions criminelles ne feraient pas moins un b eros <>rdi-effet de Dieu, qu’un effet de la créature (89). Ils n’ont point ?. 1S nataI {j t .trouvé leur compte à dire que le péché n’est pas un être, t |^que ce n’est qu une privation 8c un néant qui n’a point de ad pravos,cause efficiente, mais une cause déficiente (90). Enfin, on adverlus .en est venu jutqu’à soutenir, que Dieu ne sauroit pré- P rat deterflW'voir les actions libres de 1 a créature. Pourquoi tant de asseitow»supofitionsí Quelle a été la mesure, quelle a été la réglé, ícientisde tant de démarches? C’est l’envie de disculper Dieu; média: n* 0 ”c’est qu’on a compris clairement qu’il y va de toute lá dern01 "^.Religion, & que dès qu’on oserait enseigner qu’il est Fau- cf Livre fi*teur du péché, on conduirait nécessairement les hommes imprimé *à l’Athéiíme. Aussi voit-on que toutes les Sectes Chré- Lion f**tiennes, qui font acculées de cette doctrine par leurs Ad- 1634 lD *"versasses, s'en défendent comme d’un blasphème horrible, , Vl ;m8c^comme d’une impiété exécrable, 8c qu'elìes fe plaignentd’être calomniées diaboliquement. Et voici un Ministre «d t 11 £Í "qui nous vient dire fort gravement que c’est un dogme, sa!s , jLíequi pose la Divinité dans le plus haut dégré de grandeur es? f 1 jir. ta-d’élévation oh elle puijje être confue. C’elt l’éloge qu’il ne pf n , ** rlcraint pas de donner à une doctrine, qui nous représente Traitéun Dieu cruel, injuste, punissant esr châtiant par des fuplites la f r J ;a létemels des créatures innocentes. II interpelle notreconscience , pour savoir si l’idée d’un Dieu tyran nous vconduit à FAthéïsme. Prenant les chojes au pis s c ’est-à- (91) '
dire su posant que Maimbourg ait eu raison d’avancer que AP^fVé-selon Calvin, Dieu a créé la plufpart des hommes pour lesdamner, non pas farce qu’ils l ayent mérité par leurs crimes, l part. êhap-mais parce qu il luy plaijl ainjì, & qu il n a prévu leur dam- X DCnation que parce qu’il l’a ordonnée avant que de prévoir leurs 24Lcrimes(çi); suposant, dis-je, que Maimbourg accuse très- ^-«in-justement Calvin de dire que ceux qui souffrent les supli-ces éternels font des créatures innocentes (92), 8c par con-séquent