PAULICIENS.
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de grandeur qui se puisse concevoir. Les anciens Peres n’ont pas ignoré que la question del’origine du mal ne fût très-embarrassante (K). Ils n’ont point pu la résoudre par l’Hypothesedes Platoniciens qui au fond étoit une branche de Manichéisme (Z,),puis qu’elle admettoit deux
prin-
retês qu il est difficile de digérer. C'est pourquoy l'hypothèsede Saint Augustin est fans doute préférable. Quel étrangedogme voit-on ici ! quoi ! un Professeur en Théologie oiedébiter, qu’il y a des Hypothèses indubitablement préfé- f IOJ jrâbles à celle qui pose la divinité dam le plus haut degré de desus, ch**
Apologie 11 ' féquent que Dieu est l’auteur de leur péché, Mr. JurieuÇout if aé- ne peut souffrir que Maimbourg conclue, Donc la dottrmeíormat. i , de Calvin détruit l'idée que l'on doit avoir de Dieu , zsr enX/x Cha ^' s ulte conc ^ u,t tout ^ rou * L'Athéisme. II ne se contente pas’P ' 245, de prétendre qu’il ne fut jamais rien dit de plus inconfiderê
(®4) Li-mê- que l est cette concluíion (93), il la traite de penséefolle (94), grandeur ztr d'élévation ou elle peut être conçue ? N’est-il pas uon (t 1 )m ‘- & d’ignorance (95), 8c il dit qu’elle témoigne que Maim- certain que tout ce que nous pensons doit avoir pour f I0 «) pi u( .
bs) Lk-ml- bourg est un pauvre Philosophe z? u» misérable Théologien (96), but, non seulement la gloire de Dieu, mais austi sa plus de stoicor.n ‘,pag. 247. 8c qu’il n est rien de plus absurde b de moins Théologien grande gloire? Nos opinions & nos actions ne doivent- Re P u S n -(s«)£' (- st u ’ une telle conséquence (97). C’est un grand défaut dans la elles point tendre ad majorem Del glormm ? Ce ne doit pas pas ’ 105r ‘t a-rm- „„„ „i„; „„„ u— —être la Devise dune Compagnie particulière, mais celle , . no ~ 6
de tous les Corps, & de toutes les Communautez, mais ce!- J., 5 à 7 ,ev[,le de tous les particuliers. Ainsi un Théologien qui avoue Myu Sï ràd’un côté que le Système des Supralaplaires tend à la plus Xpvrímtou,grande gloire de Dieu, & y parvient mieux que toute au- hoauÇuvtre suposition, & qui soutient de l’autre que l’Hypothese deSt. Augustin est sans doute préférable , tombe dans une pen- aÙToVéuéirsfée profane 6c blasphématoire. Cette profanation ne se yi-
peut pas excuser sur les duretez du Système des Supralap- nfcaw; $faire, qu il est difficile de digerer; car fous prétexte de quel- 7 «P *«*ques difficultez de plus ou de moins, il ne doit pas être *“*, ffál ' T£0 spermis de préférer la moins grande gloire de Dieu à laplus grande, & de poser le souverain être dans un degré in- ro o xpvtrfa-ferieur de grandeur zsr d'élévation. Si le Système de Saint mu Aóyov
tn e . Controverse que celui que l’on reproche à Ovide » Nescire
_ quod bene ceffit , relinquere : nescire definere (98 ). Ce Mi-W) Lk-mi- nistre avoit fort bien justifié les Superlapsaìres, en montrant- 45 - ce q U ’ on leur impute à tort, ëc en déclarant qu’ils défa-is*) Scan- vouent la conséquence qu’on leur reproche de faire DieuSeneT^ auteur du péché (99). II faloit se retirer du champ de Ba-Controvers ta ^ e a P r “ ce C0U P ' & n’etre pas assez téméraire pourx xviii, ' soutenir que quand même ils feroient Dieu cruel , injuste,t“g‘ m. zjz m punijfant ZJ 7 châtiant par des fuplices éternels des créatures(ss) Turie innocentes ; c’est-à-dire que quand même ils feroient DieuApoi. pouí sauteur du péché, 8c néanmoins le Juge sévére qui puni-roit ce péché éternellement dans la personne qui n’en se-roit pas coupable , ils ne conduiroient pas les hommes àl’Athéisme ; mais qu’au contraire ils éleveroient la Divi-
- *• pou
la Réfor-niât. par.
* 44 > 245.
(ïoo) votez, nité.au plus haut dégré de gloire où elle puiíse être con- Augustin étoit uni 5 c facile, on ne seroit pas fi surpris du S ^ Zeòç
if Hans l* A- - —-‘--a. j- ' - - s ---j -J-~ ..--- -*i-i.: —--
pologiepour la Ré-formât,f Part. Chap.^IX, pag.2 4 «, 247.
çue. D oh vient donc, lui devons-nous demander, quetoutes les Sectes Chrétiennes évitent comme l’écueil leplus dangereux de toute la Théologie l’aveu que Dieu soitl’auteur du péché ? Doit vient que l’idée seule d’un teldogme fait horreur? II faut avouer qu’il y a des gens heu-reux : st un autre Ministre avoit dit de telles choses , sesLecteurs en auroient été scandalisez , on lui auroit fait
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mauvais goût de l’Auteur; mais il avoue lui-même (105)qu’il y trouve des pesanteurs accablantes, & qu’il ne létient fous ce fardeau, que parce que les Méthodes relâ-chées ne l’en peuvent délivrer. Par ia même raison, il de-vroit être Supralapfaire; car fi la suposition des Jésuites neleve pas les embarras du Système de Saint Augustin, il est 0ÌKclair que l’Hypothese de Saint Augustin ne leve pas lesduretez des Supralapsaires. Quand tout est bien compté e í de
8c pesé, il se trouve que ceux-ci, & ceux qu’on nomme chrysippe,
’Infralapsaires, soutiennent au fond la même chose: ils ne bqaor ) n »tsauroient se faire grand mal les uns aux autres; les argu- t u st um
mens ad hominem 8c les rétorsions les tirent de tout. Vous
tnuttliter
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h°l) Nec , r , . u
n uit 0 atsar. deiavouer cela comme une tmptete , « peut-etre quejedtora fmt fuis le seul qui ait pris garde à cette étrange doctrine.rln’ 1 * V aita ~ Mais enfin, dit-il (100), plus on mêle Dieu dans tout,
/«p 4> ) ac st ms plus on supose qu’il existe, 6c qu’il est puissant. C’est doncs«aù,ate no- tisonner en insensé que de dire, Dieu est Tauteur du pêché,
c «erunt donc il n y a point de Dieu: il est donc faux que cela puisse avez id en petit le Caractère de ce Docteur: il n’y a nulle faèam?
& ,ra i»- conduire à l’Athéïsme. La pauvre défaite! A ce compte les justesse dans ses Censures, nulle liaison dans ses Dogmes: »«« chrysippt
anciens Poètes qui attribuoient à Jupiter 8c aux autres tout y est plein d’inconféquences; l’inégalité, les contra- # V 'ÇDieux toutes sortes de pechez (101), 8c nommément celui dictions, les variations règnent dans tous ses Ouvrages.
de pousser les hommes au mal (ioz), fans néanmoins dire Ceux qui prendroient la peine de les éplucher, trouve- e jsc , /J j 0 T
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que le même Dieu qui les y poussoir les en châtioit, n’au-roient pas avancé des choses capables de ruiner l’idée deDieu, 8c d’éteindre la Religion, Lc de faire des Athées.Notez qu’il n’y a point de différence entre commettre soi-meme un crime, lors que l’on en a les instrumens, & lecommettre par les instrumens d’un autre. II est clair à touthomme qui raisonne, que Dieu est un être souverainementparfait, 8c que de toutes les perfections il n’y en a pointqui lui conviennent plus essentiellement que la bonté, lasainteté, 8c la justice. Dès que vous lui ôtez ces perfec-lions, pour lui donner celles d’un Législateur qui défend
le crime à l’homme, 8c qui néanmoins pousse l’hommedans le crime, 8c puis l’en punit éternellement, vous enfaites une nature en qui l’on ne sauroit prendre nulle con-ancui,ifa S m , àiieeune nature trompeuse, maligne, injuste, cruelle:^eriatcppae'* immortali
trecreatos.c 'cero,
ce n’est plus un objet de Religion; de quoi serviroit del’invoquer, 8c de tâcher d’être sage? C’est donc la voie de
dictions
trouve-
roient à tout moment une matière de critique comme ; sive ,«celle—ci. /«« viua,
Concluons qtt’un Manichéen, qui prendra droit fur lesoin extrême que l’on a d’inventer des Hypothèses qui dis- f,íe punit,culpent Dieu, 8c en tout cas de ne convenir jamais qu’on saisitle fasse auteur du péché, soutiendra toujours hardiment & ,ìtn inuuUa,fièrement que cet écueil est plus terrible que tout autre. ldem > lbid -Considérez bien ce que l’on a dit contre Chryfi ppe quisoutenois (106), %ue ce n'est point inutilement qu il y a despersonnes inutiles, dommageables, malheureuses : s ilefiainst,répliqué Plutarque (107), quel est Jupiterì J'entens celui deChryfippus, s'il punit une chose qui n'est ni de soi-mesme, niinutilement', car le vice, selon Vopinion de Chryfippus, seroittotalement irrépréhensible, £7 â l opostte Jupiter lui-mefmese-roit à reprendre, s’il fait le vice estant inutile, er s'tl le pu-nit Vayant fait non inutilement.
(K) Les - -■ Peres n ont pas ignoré que la question de
(ios) Orï-genes con-tra CeJíum,l.ibr. IV,pag. 207.
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5«ura■Deor.
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l’Athéisme. La crainte que la Religion inspire doit être l’origine du mal ne fût tris-embarrassante.] Un passage d’O-
- 21 ^- J’.~ Sv m-r, A n tt ó n ûf rt 4 -í /-v«. f í cif*r, t* ma tíurirlrí Ì1V11 rí i-» fmisPC )é»C CÌfcîMOnC rrnp 7 f* nAiiv
Cap,
mêlée d’amour, d’espérance, 8c d’une grande vénération:quand on pe craint un objet que parce qu’il a le pouvoir8c la volonté de faire du mal, 8c qu’il exerce cruellement8c impitoiablement cette puissance, on le hait, 8c on ledéteste. Ce n’est plus un culte de Religion. N’est-ce pas)>*> v<ne t. exposer la Religion à la moquerie des Libertins, que dïR.emar- représenter Dieu comme un être qui fait des Loix contrele crime .lesquelles il fait violer lui-même, pour avoir unprétexte de punir (103) ? On n’ôtera point à cette nature1 existence, pendant qu’on suposera qu’elle est auteur dupeche: cela est évident; car toute cause doit nécessaire-ment exister quand elle agit: mais on la réduira à l’Uni-vers , ou au Dieu des Spinozistes; à une nature qui existe8c qui agit nécessairement, fans savoir ce qu’elle fait, 8c
(roy)T oiïôeovTààyx''6 x TOfoOvroÇìoráôsv rctHOCKX,
Cum Deusbona faciàt»unde sint
P'(C) de
‘Artici,
~Giaie'e,
*• let \e-(X)f (r) de,ArticleENE.
mï ì K Ill * a ‘
\ tn soute-
rigene me tiendra lieu dc toutes les citations que je pour-rois avancer. EiVsp ’áhlá; r/ç révos râv h àvSpárroiç ïstTcta’EUí maîa. c’estSeópiivoç > S00S ifpard; I Tip (pécsi Í/zí 3 v , iv rovrotç xxì h ’ríSv xcetcûv la matitre deTcixhí'o âv yÉïîíXi;. Si quts ahus est locus in rébus humants, la X iT,scrutât u difficilts natura-, inter hos merilo numerari potest ma- ^è^Maxìmèlorum origo (108). de Tyr.
(L) L’Hypothese des Platoniciens qui au fond étoit unebranche de Manichéisme.] Je ne veux considérer ici cette Ctro) oùHypothèse que selon qu’elle a été expliquée par Maxime ts où pu-
ât Tyr dans son Traité sur la question d’ou viennent les ^maux puis que Dieu est l'Auteur des biens (109) ? Cet Auteur vo -_ q>}évossupose que pour conoître la cause des biens qui font dans ^ U Q evle monde, il n’est pas nécessaire d’aller à l’oracle, 8c qu u rcu 1est assez visible qu’ils viennent de Dieu, 8c que les maux «-destins o -
qui n’est intelligente que parce que les pensées des créatu- ne peuvent descendre du ciel où il n’y a point de natures
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res font ses modifications,
U y a une autre chose à reprendre dans la doctrine par-ticulière de ce Ministre. Tant s'en faut, dit-il (104), quecette opinion des Superlapsaìres conduise à l'Athéisme , qu’aucontraire elle pose la divinité dans le plus haut degré de gran-deur z? d’élévation où elle peut estre conceue. Car elle anéan-tit tellement la créature devant le Créateur, que le Créateurdans ce fysterne n'efl lié d'aucune cfpece de loix à l’esgard dela créature, mais il en peut disposer comme bon luy semble, &•ia peut faire servir à sa gloire par telle voye qu il luy plaist,
sans qu’elle soit en droit de le contredire. Cette opinion est . ■ r ,
d'ailleurs pleine d’incommodités, je Vavoue, z? elle a des du- puis i! considéré les maux fans nombre qm perlécutent no-,, „ s . , ,, . or il prétend que la reponse des Dieux fatidt-
Mr. Pufend, pag. 2^0 de son Jus feciale divinum, Ôcc, (104J Jlineu, Apo- tre ame, « n p u, , 1 , --
déformation, Pan I, Chap. XIX, pog. 24S. ques qu’on
T O M. III
tat'on (m)%opov
envieuses (110); mais que pour conoître d’ou viennent
les maux, on a besoin d aller aux devins, cell-ì-dire deconsulter Jupiter, Apollon . ou telle autre Divinité quiProphétise, 5 c qui prend soin des choses humaines. II faitensuite un dénombrement des miseres à quoi notre corpsest assujéti, 8c en conclut (m) que l’homme est la plusinfortunée de toutes les créatures.
Oibb (ÍKihÓTepoV yuíct rpstpet àvQpâmso,
Nil mttrit tellus homine infelicius uno.
Non enim ècœlo me Her-cules 9 non ècœ'.ù, Exu-lat enim Hit cinvidia,Maxim.Jyuus.Dif.fertatione
Xx V, pag,
m. 253.
(st s t) Idem,ibid, pa% r
a’coníultez, est que ks hommes ont grand tortL LU d’im-