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Tome troisieme. K - P.
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PELIAS. PELLISSON.

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ment avec les filles de Pelias, & il laifla même le Roiaume au fils de cet Usurpateur (D).

<z6) Diod.Siculus,Libr. IV,Cap. LII,1*111. Votez.aK J'Hygin,c “p. XXIV.

(z?) Varro,Marcipo-Ie apud No-zuurn Mar-

e eUum, v.

puellos,sap. m. 158.

(zs)Pausan.Libr. V,

t*&- 16;.

(z») Diod.Siculus,Libr. IV,Cap. LV,?*£• Z 44 .

(30) Vda-teur de P vir-ilement de U

•Medée

d’Euiipide.

(31) Lyco-phron,

Eers. 1313 .

(sz) Efchy-, ìn Nu-tricibusEacchì ,apad^AutoremuArçumemiMedesEusipidis,

(«) Ovidíus,Metam.Ubr.XUI,ér alibi.

que ce dernier jûra folemneílement qu’il restitueroit leRoiaume dès que Jason seroit de retour. Pourquoi necroirions-nous pas qu’il y eut des Ecrivains qui assurèrentqu’il tint fa parole. Dès là on pourroit dire fans dificultéque Medée le rajeunit à la priere de Jason. Ce qu’il y ade bien certain est qu’il reste encore des témoignages de lapassion avec laquelle il souhaita qu’elle lui fît ce plaisir.Consultez Diodore de Sicile (26) dans l’endroit où il ra-conte comment Medée agissant en fanatique , & faisantacroire quelle venoit du païs Hyperboréen pour rendreheureux Pelias 8c son Roiaume , persuada à ce Princequ’elle avoir ordre de lui redonner la fleur de jeunesse.Mais fur tout lisez ces paroles de Varron. Peliam Medeapermifisfe ut se vel vivum degluberet , dummodo redderet puel-lum (27). Observons que les funérailles de Pelias furentcélébrées avec beaucoup de magnificence, & que Jason futl’un des Héros qui disputèrent le prix dans les jeux funè-bres de cette cérémonie (28). N’est-ce pas un ligne quePelias étoit mort réconcilié avec son neveu? II est un peuétrange qu’on ait débité quelle rajeunit son mari Jason,car il étoit fort jeune lors qu’il l’épousa ; 8c fi elle eut lechagrin quelques années après de le voir tout disposé à unsecond mariage, ce fut à cause qu’elle commençoit àvieillir (29). Peut-être qu’un coup de plume donné de tra-vers , ou par l’Auteur, ou par le Copiste , a été causequ’enfin il y a eu tradition que cette femme rajeunit Ja-son. Si au lieu d’écrire Á’Arw on écrivit Váœm il arriva quele fils 8c que l’époux se trouva au lieu du pere 8c du beau-pere, je veux dire au lieu du bon homme Eson que Me-dée rajeunit. Cette faute d’écriture ne seroit que la trans-position d’une lettre, 8c j’avoue qu’on est plus sujet à cet-te sorte de transposition en imprimant qu’en écrivant; maisnéanmoins les Auteurs 8c les Copistes ne s’en garantissentpas autant qu’il seroit à souhaiter. On auroit donc quel-que lieu de croire que ceux,qui ont dit que Medée rajeu-nit Jason, se fondèrent sur un Livre où par mégarde lemot l'úttm s’étoit glissé à la place du mot A ’irm. On nepeut pas prétendre cela à l’égard de l’Ecrivain cité par Mr.Ménagé (30) ; car la fuite du discours montre qu’il parledu rajeunissement de Jason. Je croì que Mr. Ménagé au-roit cité Lycophron, s’il s’étoit souvenu de ces paroles ;

uctì tAfinn SaiTpeuûeìi Séiuœç oùx âtrizémç ’é/cxpsev èpfáou <rxÌToq ;Et in lebete corpus excodlus non impune cepit arietis vellus( 31).Sur quoi Canterus a fait cette Note, Jafionem à Medearecoâlum suisse , notum est.

Notez que fi une femme avoit le don qu’on attribuo.ità Medée, ce seroit principalement pour son mari qu’ellele seroit valoir. Ainfi tout considéré je ne trouverois plussi étrange que l’on eût dit que Medée redonna la vigueurde la jeunesse, non seulement aux nourrices de Bacchus,mans (.S 2 -) - à Eson son beau-pere, à Pelias fré-té d Eson, mais aussi a son époux Jason. II est plus éton-nant qu’elle s’oubliât : pourquoi soufroìt-elle qu’on luipût dire Meàice cura te ipsum , puis que vous rajeunis-sez les autres, d’où vient que vous ne vous défaites pasde votre vieillesse ? cela vous seroit pour le moins aulîìutile que le rajeunissement de vôtre mari. Je finis cet-

te Remarque par l’observation d’une méprise d’Aide Ma-nuce le jeune. II a dit que Pelias étoit le pere de Ja-son (33).

(D) Il en usa généreusement avec les filles de Pelias, ez 1 ilïaijfa même le TLoiaume au fils de cet Usurpateur .J Ellesétoient trois: Jason les maria fort avantageusement: Al-cestis l’aînée de toutes fut femme d’Admetus. La secondes’apelloit Amphinome,8c fut mariée avec Andremon. Latroisième eut pour mari Cânas Roi des Phocéens 8c filsde Diodore de Sicile. Cet Historien observe (35) que Ja-son établit Acaste fils de Pelias fur le thrône de son pere,8c néanmoins peu auparavant il avoit narré que Peliasn’aiant point de fils craignoit d’être déthrôné par son frè-re (36). Qu’on ne dise point pour l’excuser qu’il remar-que que les narrations fabuleuses font toutes pleines de va-riations; il n’observe cela qu’afin qu’on ne le condamnepoint fi l’on trouve qu’il n’est pas toûjours d’accord avecîes autres Auteurs. Katíim yùf> reùq ctap.aioì>ç ftvSovt cb%

ùctfSp) oùbè vvptrretpmìtiKvyv íçapíxv %%eiv ffvfipépwe. Aiáteep ou XP'ibxuptáseoi hív riva rïïv à(%atoI.oyov(ihtav pi ov/npavag ucrutri ro7iiroutTuíç xaì trwyypxipsvtTt a'vyxpívaijiev : ln priscis emm fabulisnulla omnino fimplex z? per omnia fibi con/entiens est historia,Haud ergò mìrandum est, fi in antiquitatibus illis recensendiscum Poétis c?' scriptoribus aliis non ubique nobis conveniat (37).Mais je ne crois pas qu’il ait prétendu que cette Remar-que dût servir à sa justification, en cas qu’il se contreditlui-même; s’il avoit eu cette prétention, il auroit été blâ-mable. Disons donc hardiment qu’il mérite ici un peu decensure; car il ne devoir pas adopter dans la page 233l’opinion de ceux qui disoient que Pelias n’avoit point defils, 8c dans la page 243 une opinion toute contraire. Dumoins auroit-il dû avertir que les uns disoient une chose,8c les autres une autre. Au reste.il a eu sujet de remarquerque ses narrations n’étoient pas conformes à celles des au-tres Ecrivains. Nous en avons ici un exemple; car noustrouvons dans Apollodore (38), qu’Alcestis pendant la viede Pelias fut mariée à Admetus, qui avoit rempli les con-ditions dificíles que Pelias exigeoit de ceux qui la recher-choient (39). Apollodore donne quatre filles à Pelias, 8cles nomme l’une après l’autre (40). H y gin (41) lui endonne cinq, 8c en raporte les noms. Pausanias conte queles filles de ce Prince, désolées du malheur qu’elles avoienteu de le tuer en pensant le rajeunir, abandonnèrent lepaïs, 8c se retirèrent en Arcadie: elles y moururent, 8cy furent enterrées (42). Cet Auteur parle de leur tom-beau , 8c il ajoûte qu’aucun des Poètes qu’il a lus n’a ditcomment elles s’apelloient, mais que le Peintre Miconavoit marqué fur leur portrait les noms Afteropée , 8c An-tinoe. II observe ailleurs (43) que l’une d’elles s’apelloitAlcestis dans la représentation des funérailles de Pelias. Jem’étonne qu’il n’eût point lu les Ouvrages d’où Apollo-dore 8c Diodore avoient tiré le nom de ces filles, ou qu’iln’eût point lu. ces deux Auteurs. Notons que la femmede Pelias s’apelloit Anaxibie, 8c qu’elle étoit fille deBias (44). D’autres la nomment Philomaque, 8c la fontfille d’Amphion (45).

(n) AldusManutius,

P. :F. in Ci-céron. de

Senectute,

sub fin.

f 3+1 Tiré deDiodore deSicile,

Libr. IV,

Cap. LIV,pag. 243.

( 35 ) Idem,ibidem,

(36) Idem tibidem , Cap,XU ,rzz.

(37) Diod.Siculus,

Libr. IV,pag- 172

Edit. llcnr.

Stephani

SSS9.

s 38 ) Apol-lod. Libr. r,pag. ; r. Hy-gin. Cap. LI.

( 39 ) II de--mandait qtdotj.lui amenâtUn chariotattelé d'ttnlion & d'mtsanglier.Apollod.

(40) Apol-lod. ibidem ,pag. 45 .

<41) Hygín.Cap. XXIV.

(42) Fausan.Libr. VIII,pag. 245.

(43) Idem,Libr. V,pag. IS5.

PELIAS étoit le 110m de la lance (a) dont ôn fit présent à Pelée le jour de ses no-ces (h) (ví). II s’en servit dans les combats, & il la donna à son fils Achille, qui la rendit ex- (f) D,'u.traordinairement célèbre (c). Elle étoit si pesante, qu’il n’y avoit que lui qui la pût darder (d), cáp.'xiii'Elle fut faite d’un frêne que Chii'on coupa sur la montagne de Pelion ( e ). Voiez Pline (f). pag.m. 24»,

(b) Sclioliast. Homeri in lliad. Libr. XVI, Vers. 140. (c) Idem, ibidem. (d) Homei. ibitì, (e) Idem , ibid,

(A) C'étoit le nom de la lance dont on fit présent à Pelée Pelìadem fraxinum (ì). /àûi : Pelias fr-axims (2).

le jour de fies nôces.’j Dans Homere c'est seulement une épi- Les Latins convertirent en nom propre cette épithète,thete prise du lieu où Chiron coupa lé frene. jrea/uv : (r) Homer. Uiad. Libr. xvi, f. 143. ( 2 ) u. ibid. Libr. xxi, f. 277.

PELLISSON (Paul) a été l’un des plus beaux Esprits duXVII Siecle. La mêmesaison, qui m’a empêché de donner un long Article de Monír. Ménagé, est cause que je fuis icifort court (a). Tout ce que je pourrois dire de l’honneur particulier que l’Académie Françoisefit à Monsr. Pellistbn (A), & de la louange qisil mérita pendant les persécutions qui lui furentfaites, pour avoir été au service de Monsr, Fouquet jtout cela,dis-je,&plusieurs autres endroitsde fa vie ne trouveroient ici aucun Lecteur qui n’en eût encore la mémoire toute fraîche. II neíeroit - - - 1 , '

r—« mums hhuuil u uue i.u<-uniuuu;e qui m a ete auuree par queiques pcuuimu, C.CC

qu il eut voulu que la grande affaire des conversions eût été toûjours conduite selon la route qui

41 T T fil 1 " P t” P Tl 1 1 TT , m !.. P . s _ _ s* « -e —^ 4 * P u 4 - fi. i- 1 /, M— 4 .

w L 'Elo& l’Abxéde sa vieMr. Pelli;son > se tnvent dansplusieurs Ltvres nou-veaux quicourent partoute U tercomme leMercureGalant , ,Journal cSavans, IMercureHiítoriqu {le‘ Lettres

Histor.

f 11 C'est-(a 4) L'honneur particulier que VAcadémie Françoise renditdire de *' <* A Ir. Pellij]on.~\ „L’Academie Françoise ayant((Histoire _ ,, désiré d’entendre en pleine Assemblée la lecture de cet

” Ouvrage (i), qui n’éstoit encore que manuscrit; quel-voite. r; "j' » ques jours après, elle ordonna de son propre mouve-

Quvragç de » ment, en faveur de l’Auteur; Que la premiere place qui

A-fonJr. p e l i: ^^

Mens des s, 0n a ta stj° urs passé pour un chef d'œuvre. Vgiez. Monsieur Eailkt , Juge-Savans > fut les Critiques Hìst, Num. IZ4>

T O M. III,

vaqueroit dans le corps, luy seroit destinée, 8z que ce-" pendant il auroit droit d’assister au.x Assemblées, 8c ci’y" opiner comme Académicien : avec cette clause; Que la" me sme grâce ne pourroit plus estre faite à personne,

" pour quelque considération que ce fust”. Vous trou-verez ces paroles dans l’Hiítoire de l’Académie Françoi- (2 ) A la page• p e t z ) : elles y font suivies du Remercîment que cet Auteur 569 . Eii, ‘ dtprononça dans cette Assemblée le 30 de Décembre 1652.

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