6 f 8 PERGAME.
à piller le Temple de Nicephore qui n’étoit pas loin de laEe (z r). Mais voici quelque choie de plus fort contreExcerptis Polybe, me dira-t-on. Le Roi Eumenes dans la Haran-à Valesio, gue, qu’il fit au Sénat de Rome, déclare formellement
piíblicaiis q U ’ii f u t alìiégé dans Pergame, & qu’il eut le bonheur
zz«. U d’empêcher que la ville ne fut prise. §uod miferrìmumïfmfiìTen** eftinbello, obfidiomm pajsus fum, Pergami mclufus cum dis-
enleva tous
les Dieux & nommément Esculape,
crìmine ultlmo jìmul vìtâ regnìo[ 0 t , lìberatus delnde obfiâlone ,
cum aiia farte Antiochus, alìa Seleucus circa arum regni met soî) T.Lt-
castra haberent , reliélis, rébus mets tota clajse ad Hellefpontum
L. Scipioni Cof. veftro occurri, ut eum ìn trafúendô exercitum Ca f Lllì.
adjuvarem (33). Je répons que ni Polybe ni Diodóre de
Sicile ne parlent point de ce qui fut fait fous le RoiEume- (34) Appia'
lies. Ils parlent d’un fiege de Pergame postérieur à ce nus, ìn
tems-là, & soutenu par Attale Philadelphe contre Prusias Mithridat.
Roi de Bithynie. Voiez Appien (34). ar “‘ imU
(a) Voiez* la%emarq. ( B),
(b) Van542. Voiez*Tite Live,.Libr. XX yi,pag. m. 451.
(O T. Lï-ve, Libr.XXIII, pag t610,
(.d) Van $$6de Lomé.
( e) T. Lï-vius, Libr.XXXIIIpag, 6 1 o.
Polybius, inExcerptisVaieíìimis,pag. io 3 .
PERGAME (Attale Roi de) succéda l’an fiz de Rome à Eumenes son cou-sin ( A ), qui avoir été le Successeur de Philettere leur oncle. 11 se donna le titre de Roi qu’ilsn’avoipnt point pris ( B ), & il crut le pouvoir faire fans arrogance après la gloire qu’il avoiraquise en gagnant une bataille contre les Gaulois (a). 11 fit alliance avec les Romains (b) dans
un tems ou un tel ami leur étoit fort nécessaire; car outre qu’ils avoient à repousser Annibal dansl’Italie, il faloit qu’ils tinssent tête à Philippe Roi de Macedoine qui s’étoit déclaré leur ennemi.Attale prit le parti des Romains avec beaucoup de chaleur, & fut attaché à leurs intérêts tout lereste de fa vie. II fit un voiage à Athènes pour nuire au Roi de Macedoine. Les Athéniens luifirent de grans honneurs (C). II fit un autre voiage en Grece à Page de plus de soixante & dixans, afin de procurer des alliez aux Romains contre le Roi de Macedoine 0). II harangua lesThébains avec tant de force (Z>), afin de les engager dans cette Ligue, que son ardeur un peutrop grande pour un vieillard lui causa,ou un vertige, ou une fluxion, qui ne lui permit pas decontinuer fa Harangue. II tomba évanoui au milieu de son Discours,& s’étant embarqué peu dejours après il s’en retourna à Pergame, où il mourut (d) en peu de tems après un Régné de qua-rante-quatre années ( e ). II vécut soixante & douze années (/). Ce fut un Prince qui aima les Phi-losophes (?), & qui fe servit de ses richesses en homme d’honneur, & en homme magnanime.II fut fidelle à ses alliez,il vequit en fort bonne intelligence avec fa femme (E), & il éleva très-
bien
(f) tolyb.
ibidem.
(o) Fû/ffi
rtinicli
LACYDE.
(1) Strabo,Libr. Xlil,fug. 429.
(2) Labbe,Cbronolo-gue Fran-çois, Tarn. II,t f S- 3 °°.
a t ann. de'Lomé 512.
D Au metEumenes.
(4) Henri-cus Valelìus,Notis adExcerptaPolybii,
P*g. 19.
(5) Diog.Laërtius,Libr. iv, inArcesilao,r.nm. 48.
(6) Arben.Libr. X ,
P“S- 445.
(7) On maici Altaï,dam la Tra-duction de-
Dalechamp.
(8) Athen.Libr. XIII,m- 577 -
(9) Strabo,Libr. XIII,V«£- 4 - 9 -
(to) Polyb.Libr. XVIII,in ExerptisValeíiams,P“g. !oz.
(u) T. Li-vius, Libr .XXXII ,png. m , 610.
(12) 1 {exEiihynìàE umenet,Just. Libr.XX VU ,
Cap, 2 U»
(,3)
fflyei uvrípttoAA à Ev-tzsvìjç 0 rat?
ôtà K#} xow-
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Piogen.Laeitius,Libr, IV,
mm» 3 ft
{A) ll succéda à Eumenes son cousin.'] Plùletaere avoitdeux freres: le plus âgé fe nommoit Eumenes; l’autre fenommoit Attale. Le fils de celui-là eut le même nomque son pere, & succéda à Philettere. Le fils d’Attale s’a-pella Attale & fut Successeur d’Eumenes (1). Si le PereLabbe avoit lu Strabon attentivement, ilnel’auroit pascité comme âiant dit qu’Attale fut frere V Smcejfeur d’Eu-menes (1). Celte faute a été copiée par Mr. Moreri (3).Je m’étonne que Monfr.Ménagé n’ait point remarqué unefaute de Diogene Laërce que Monfr. Valois avoit censu-rée (4). Cet Historien des Philosophes assure qu’Eumenesétoit fils de Philetsere (5). II faloit dire neveu ■■ c’est laqualité que Strabon & Athenée lui donnent. Je raporte lesparoles du dernier parce qu’ellés nous aprenent un fait cu-rieux ; c’est que cet Eumenes mourut de trop boire.vxò (iêfyt ùrtiOteviv EufiÉMi; S rtspyafí^Sç ó $it,irxîpw roB Ilipyá-(íqu /3 cunteiacaTac, xSeÁipiStiBí, «s /çopeï KrijnxÀ^í h r (iris %( óvm (6).Eumenes Pergamenus Pbiletari ( 7 ) qui Pergami regnavìt exfratre nepos, ebrietate periit , ut refert Cteficles libro tertio detemporibus. Notez qu’Athenée s’est servi encore ailleurs (8)du même mot ficeiriteúirce;, en parlant de Philetaere.
(E) Il se donna le titre de Roi qu’ils n avoient point pris.']
Strabon nous Taprend d’une maniéré précise : A’viryopevôti(Ìcecû.sìí oSroç wpâTop viwecec; TaK&rup H&Wf fisy&Id). n' tc p r l mtls
Rexsalutatus est cum magna pugna Galatas vicijfet (9.). Po-lybe avoit déjà assuré la même chose (10) : Nixií<râ ? yhp!IÚ%<P TaKúraç > 3 ^apvrctrov xceì iicc%tp,ÚTtiTov ’éívo; Hx tóts xutìirlfv A 'erícev > raú tsiv àf'/stv ìrtoíncruTO > nui tcts TrpûTOV etbrìv ’ífoi |sÇxcnxíu. Superat'ts enim pralio Gallis, quet gens maxime ter-ribilis ac bellicoststima tum in vífia erat, tum primum regiumnomen palam fibi adscivk. Tite Live a. adopté le mêmefait : Vi 6 lis deinde pralio uno Gallis qu& tum gens recentì ad-venue terribilior Asta erat, regium ascivit nomen cujus magni-tudinisemper animum aquavit (u). Ces trois témoignagesme paraissent préférables à l’autorité de Justin, & à cellede Diogene Laërce; car en 1 lieu Justin commet une fau-te qui prouve qu’il ne s’est pas informé exactement de cequ’il faloit savoir. II dit qu’Eumenes étoit Roi de Bitby-nie. Voilà ce qu’il peut fournir à ceux qui refuseraientde croire que notre Attale ait pris le prémier le titre deRoi. Eumenes son prédécesseur, pourroient-ils dire,n’est-il pas qualifié Roi par l’Historien Justin (iz)? Mais, ré-pondrais e , commandoit-il dans la Bithynie ? Ne com-mandoit-il pas dans Pergame ? Votre Justin pourra-t-ilfe disculper s’il ne recourt à quelques Critiques qui lisentNicomedes , & non pas Eumenes , dans le passage en ques-tion? En 2 lieu, comme Diogene Laërce rie traite pashistoriquement de Pergame, & quril ne parle d’Eumenesque par accident, il ne faut point croire qu’il ait recher-ché avec quelque foin fi ce Prince s’apelloit Roi: il lui afufi de lavoir qu’Eumenes avoit dans Pergame l’Autoritésouveraine; cela, dis-je, lui a fufi, pour se servir d’uneexpression qui lignifie la Roiauté. II a dit (13) qu’Eu-menes, aiant comblé de bienfaits Arcesilas, fut le seul detous les Rois à qui cet Auteur dédia des Livres. Le passa-ge d’Athenée que j’ai cité n’est pas une chose à m’oposcr.On y trouve que Philetrere régna dans Pergame; mais celane veut pas dire qu’effectivement il fe qualifioit Roi. Li-sez les Historiens modernes des Ducs de Savoie, desElecteurs de Bavière, ou de Brandebourg, Sec; vous ytrouverez souvent les mots regner, régné, qui ne signifient^ u ’ une Autorité exercée fous le nom de Duc, ou d’Elec-
ur ‘ Lcs Médailles qui donnent à Philetaerus le titre de
Roi, fi l’on en croît Goltzius (14), font plus fortes con-tre Strabon, en cas qu’elles ne soient point suposées. Cel-les que Monfr. Spanheim a vues ne le qualifient pas ain-si (15). Au reste, la victoire d’Attale fur les Gaulois futremportée la derniere année de la 134 Olympiade (16).C’est l’an 512 de Rome.
(C) Les Athéniens 'lui firent de grans honneurs. ] T otitela ville, hommes & femmes. Sc les Prêtres avec leurs ha-bits sacerdotaux, furent au devant de lui. Peu s’en salutqu’on ne contraignît les Dieux à lui rendre le même hon-neur. C’est Tite Live qui me fournit cette pensée : RexPiraeum , renovanda firmand&que cum Athenienfibus societatiscausa trajecit. Civitas omnis obviam effusa cum conjugibusac liberis, sacerdotes cum infignibus fuis intrantem urbem, acdit prose ipfi exciti sedibus fuis exceperunt (17). II remarquequ’Attalus trouva plus conforme à fa dignité de commu-niquer par écrit ses propositions, que de commettre fa mo-destie à la nécessité d’étaler lui-même ses services, & derecevoir d’un peuple dateur une infinité d’aplaudìssemens.L’Historien explique à merveilles cette pensée: in concio-nem extemplo populus vocatus, ut Rex qm vellet, coràm age-ret; deinde ex dignitate magis vifum, scribere eum, de qui-tus videretur : quàm pr&sentem aut reserendis fuis in civita-tem beneficiis erubefeere, aut fignificationibus acclamationibttf-que multitud\nis ,a]fentatione immodica pudorem onerantis (18).La guerre fut conclue contre Philippe Roi de Macedoine.Ce fut alors que pour honorer Attalus on proposa d’ajoû-ter une nouvelle tribu aux dix anciennes, & de la nommerAttalide: Ingenticonfenfu bellim adversus Philippum decretum.Honores régi primum Attalo immodici, deinde 12 “ Rhodiis ha-biti : tum primum mentïo Mata de tribu, quam Attalida ap-pellarent, ad decem veteres tribus addenda (19).
(D) Il harangua les Thébains avec tant de force.] Ceciest assez singulier pour mériter que l’on voie les propresparoles de Plutarque (20): k 2 ì t dvroi vupeMv 6 t/to?,oúx ’é%uv rie oróLiv, ’éiri.ùee êhêtriui rit p'<wfía/»v .AVraZou roB fiat-,tnXéue avvxyopeúovroç civríó xcìì crvve^opjiSvrop robq ©>fj 3 ctíovç. àaVKrraKoq pj.h, (ùq’éoixev) roV yíjpaq irpoSviiárepoy êccvròe rïp Tirai(íropcc 7 tstpxtr%éìo QiXonpiovveeoq > te àvroi rû Lêytiv nporveoíeToqItáyyovrteòçìjptviMerop ,’úpearie UMytne tm!w<pt\tìq ’éztcrev,xceì ij.tr'ou ttoLù rciìq vau rie tlq A'aície ànoxoiu/rûtìq irtXtúrtirty. Titus (21)inde, quasi urbe non potiretur, affatus eos est, fuadens ut inpartes Romanorum dtfcedereni adjuvante Attalo er Thebanosincitante. Sed Attalus quidem, quum pr&ter statem, {utrniht quidem videtur) majore contentione oratorem §uintiopr&-stare vellet ; ejr vertigine quadam vel pituita. estes in média ora-tione correptus, collapfus est , nec multis diebus post in Astamnavibus deveSìus expiravit. Voiez dans Tite Live (22) com-mentEumenes fils d’Attalus représenta cet accident au Sé-nat Romain, après avoir étalé en peu dé mots les servie,esque son pere avoit rendus à la République Romaine.
{E) ìl vequit en fort bonne intelligence avec ft femme.]Elle étoit de Cyzìque, & de condition roturière, &c fenommoit Apollonìas. Elle aquit le caractère de Reine,St le conserva toute fa vie, non par les adresses d'une Cour-tisane (23), mais par fa modestie, par fa probité, par faprudence, par fa gravité. Elle aima tendrement ses quatrefils, & leur conserva son affection jusques à fa mort, quoiqu’elle furvequît plusieurs années à son mari. Cette clausen’est pas superflue; car il n’arrive que trop souvent que desReines douairières , fassent des cabales au préjudice de leursenfans. Le Roi Attalus son fils l’honora beaucoup; C e futun spectacle que l’on admira dans Cyzique,qu e de le voirlui Sc son frere mener par la main leur mere 4ans tous les
Tem-
(14) VolcaValeflus,Notis adExcerptaîojybii,pog. 19 .
(rsl Ezech-Spanhem.de pr.dt. SCiisu Nuniií'mat.p.4íS.
(K) Vale-lìus, Notisad Excerp-ta.Polybii,
fag. 19.
(17) T. Ii-vius, Libr.XXXI,pog. S 7 ~
ct8) Ucuttibidem .
(19) Idia»ibid. p. 5 71 '
(20) Plot? 1 '
chus, /*, y icíFiaminii»pag. } 7 > b "
sor) C'st-*'
dire Eiift*
QtttncUi**Flamini ” 11 f’qui étoit 119Consul.
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MT*- N,npurctricittilUcebrit.xolybius,
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