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Tome troisieme. K - P.
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PERGAME;

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bien ses quatre fils(^). 'Eumenes F aîné de tous lui succéda. II étoit d’ún tempérament in-firme: mais d’une grandeur de courage qui íupléoit à la foiblesse de son corps. II aimoit la gloiresouverainement, il fut magnifique, Lc il combla de bienfaits plusieurs villes Greques, & plusieursparticuliers. II étendit au long Lc au large les bornes de ses Etats, & ne fut redevable de cetagrandissement qu’à son industrie, & qu’à fa prudence. II fut si bien contenir ses freres dansleur devoir {F), qu’ils concoururent avec lui au bien de l’Etat fans se laisser jamais entraîner àdes entreprises factieuses (r). II se tint inviolablement attaché à F alliance de Romains, & il entira de grandes utilitez. II amena en personne une bonne flote au Consul Flaminius pendant laguerre contre Philippe Roi de Macedoine (k). II excita les Romains à faire la guerre à Antio-chus-, & il éprouva que les principes fur lesquels il raisonnoit en leur donnant ce Conseil étoient

fort

( h ) Ex eoâïrAPolybio ,<»ExcetptisValelïanisj,pag. 103.

( i l Idtm ,ibid. paç.

166 îr Jipm

({) Titu»ì-ir. Lrír.

J(XXIV,f<g. 632;

(24) tolyb.in ExcerptisValesian.

p. 173,114,

(2j) Idem ,ibid. editis ,M- 16 9.

(26) Conférez,ct que dtjfm >Citation (7)de P . ArticleDruSIUEfille d’A-gtippine sé- Citât. U)

P . Art:ceB RI'SIUSfils de Get-manicus.

( 27 ) Tlutar-chus, de fra-terno Amo-le >(“£• 4S0,

C.

Í2«) El/esauoìent rtn-zetrfé par Dé-cret publictoutes lesStatuesdP Eumenes.Jolyb. inExcerpt.

P“g- IZZ-(29) Tolyb.

ibidem,

13 o) ste-

voce

Kvpevstec.

(31) En

Sis,

Temples, & dans toits les autres lieux de la ville. Celaleur attiroit mille louanges, 8c mille bénédictions (2.4).On ne seroit pas si surpris de voir aujourd’hui de sembla-bles choses dans l’Occident.

(F) Il fut fi bien contenir ses freres dans leur devoir.']Polybe nous donnant le caractère d’Eumenes marque pourle dernier trait de distinction, que ce fut un Prince qui seconduisit fi habilement envers ses freres, qu’ìls furent lesinstrumens de la sûreté de son Régné. II ajoûte qu’onvoit rarement cela. A’A/vpà; ’ígut rfiîç hsA xfijfi w ixixíat

nfëlj 7 rfA.tr xúf/A tÚtuç avvltr^e n c/aotm, yfo ÌAÇ'-Jpsfii-f; }‘cf zlefrÀc T 7 ns Pcecrt'/.ctceç atíoiux. tSto ìic tturunuí tvçoiTr; «» pípvlí. Fratres cum haberet tres zy State zy induftriapollentes , eos in officia omnes continuit zy morigeros cuftodefqueregni ac dignitatis sua habuit satellites. §uod raro admodumcontigiffe reperias (25). II a raison de dire que c’est une- chose rare (26) : l'Histoire est toute remplie des cruellesguerres, que les Princes ont eues à soutenir, ou contreleurs freres, ou contre leurs propres enfans. Deforte queceux, qui fout lue avec réfléxion, ont pu bâtir cet Apho-risme, &uun Foi qui a des freres zy des enfans a plus de peineà gouverner fa famille , qu à gouverner son Roiaume. S’il pré-vient les guerres civiles, ce n’est pas fans des précautionspénibles, 8c continuelles; 8c s’il ne les prévient pas, quelsfoins ne doit-il point prendre pour les terminer ? à quelleinquiétude, à quels périls, ne se voit-il pas exposé? Lapolitique des Turcs fait horreur, elle sacrifie inhumaine-ment à celui qui régné, ou la vie, ou la liberté de tousses freres : mais c’est un mal nécessaire ; car fans cela onexposerait un vaste Empire aux désolations les plus affreu-ses. Voler les Méditations Historiques de Camerarius auChapitre LXXXVIII du I Volume. Quoi qu'il en soit, neregardons pas comme un bonheur, mais plutôt commel’effet d’une prudence consommée soutenue par un grandmérite, la concorde où le Roi Eumenes fit vivre ses fre-res. II étoit d’autant plus difficile de les contenir dans leurdevoir, qu’ils étoient environnez de mauvais exemples.La Syrie, 8c l’Egypte, étoient cruellement déchirées pardes disputes de succession. ' La Maison Roiale dans la Ma-cedoine fut ensanglantée par la jalousie de l'Autorité. Cefut un siécle abominable. On ne voioit qu’attentats hor-ribles des freres contre les freres, 8c des peres contre lesenfans, ou des enfans contre les peres. Cela étoit fortcapable de tenter les freres du Roi de Pergame. Leurmere avoit bien sujet de s’estimer très-heureufe de les voirsi bien unis. A' 7 szXboislo'a a» Kv^ikíivÌo , E b/uetSc iïe tS jdaai-

Ji£*>s fttjitpçp , yef zçtSv a»,sor At 7 «A», jjjtf < 3 s lÂersiípss s(fj A’Ûí)-

I tcclíSjOteypuffl fAststgs^i^e/v t oc.y tri r ùíi yjf rtiïç &eo 7 ç%áfto’íjgiv, où dà]a î

Tctv sr&ovToVy aub'e tdjf tço nya/ttovìeov , «aïs útï toÙç rptiç, vtovs í oc (oc,fr 4 tÇecr&v{&T or boqvtpoçovvfo.ç, sfixtîror tr ptítrvio cavtoíç c coc/PPa, yifíjpn tpofSÁnr , íleSiq oicundut yov. Apollonidem Cyz.icenam ,Eumenis régis matrem ac triunppr&terea filiorum Attalì, Phi-let&rify Athendiyprddicajfe fubinde fe beatam, diifque egiffie ajuntgrattas, mnpropter divitias vel imperiumfed qtibd tres filios vi-deret natu maximi ejfe satellites ,eumque in medio ipforum gla-dios bastafque ferentïum abfque metu verfari (27). Attalus,l’aîné des trois freres qui ne régnoient pas, étoit celui quiavoit le plus de part aux grandes affaires. II témoigna, jel’avoue, beaucoup d’amitié à Eumenes en diverses occa-sions. Le sachant fort afligé de la conduite que les villesdu Péloponèse avoient tenue (28), il n’oublia rien pourles engager à lui en faire satisfaction (29). II donna le nomd Eumenie à une ville pour faire honneur à son frere (30):en un mot, il eut le surnom de Philadelphe ; mais néan-moins il étoit suspect au Roi, & avec raison, comme Ti-te Live va nous l’aprendre. Cet Historien raconte qu’a-presla conquête de la Macedoine (31) Attalus, qui avoittreS "ì I tf ^ SrV ^ * es domains dans cette fameuse expédition,vint à Rome avec de sécrétés espérances de fuplanter sonP r0 P^ freres qu’il aurait fait éclater toute cette intrigue,si le Médecin qui l’accompagnoit ne l’en avoit détourné!Or ce Médecin étoit un homme qu’Eumenes lui avoitdonne, & qui avoit ordre de l’obferver. O étoit propre-ment l’efpion du Roi. On le donna par un principe dedéfiance bien fondée. Suberat zy sécréta fpes honorum pr&-mìorumque ab fenatu , qus. vtx falva pietate ejus contingerepoterant. Etant enìm quidam Romanorum quoque non boniauílores, qui fpe cupiditatem ejus elicerent : eam opinìonem deAttalo zy Eumene Rom& ejfe , tanquam de altero Romanis cer-te amico, altero nec Romanis, nec Perfi fido focio. Itaque vixstatui pstjji j utrum qua pro fe ,aw qua contra fratrem petitums*Js et s ab fenatu magis impetrabilia forent ; adee miverfos

V O m. III,

omnia zy bmc tribuere , & illi veto negare. F.orum bominum{ut res docuit ) Attalus erat , qui quantum fpes fpopondiffepcuperent , ni unius amici prudens monitio velut francs animaejus geftienti fecundis rébus impofuijfet. Stratius cum eo fuitmedicus , ad idtpfum à non fecuro Eumene Romam mijfttsspéculât or rerum, qus. àfratre agercntur, monitorque fidus fidecedi fide vidiffet. Is ad occupatas jam aures folicitatumquejam animum cum venijfet , aggrejfus tempeftivìs temporibusrem prope prolapfam restituit (32). Je ne raporte pas lesraisons solides que ce Médecin emploia pour contenir At-talus dans son devoir. Je dis seulement qu’elles méritentd’être lues dans Tite Live, 6c qu’aparemment celle-ci nefut pas la moins touchante. On représenta que le RoiEumenes étoit vieux 8c fans enfans,8c qu’ainsi la porte dela succession légitime seroit ouverte bientôt à Attale (33).

II faut savoir qu’en ce tems-là le fils d’Eumenes n’avoitpas été reconu. II n’y avoit que trois ou quatre ans, qu’ils’étoit passé des choses qui témoìgnoient que l’amitié fra-ternelle étoit combatue par l’ambition dans le cœur d’At-tale. Le Roi Eumenes, aiant été dangereusement blesséde deux coups de pierre proche de Delphes, s’étoit faitporter à l’Ile d’Egine. On le pensoit si secrètement qu’iln’y avoit presque personne qui sut au vrai s’il étoit en vie.Ainsi le bruit de fa mort courut par tout. Attale y ajoûtafoi avec plus de promptitude qu’un bon frere n’auroitfait.II parla en Roi à fa belle-sœur femme d’Eûmenes, 8c auGouverneur de la Citadelle. Pour couper court, il femontra trop habile à succéder. Ehmenes ne l’ignora point,8c quoi qu’il eût résolu de soufrir cela sans en marquer sonressentiment, il ne se put abstenir de reprocher à son freredes la premiers conversation cette impatience excessived épouser la Reine. Tite Live n’en dit pas davantage,mais la vérité est, si nous en croions d’autres Auteurs,qu’Attale coucha effectivement avec la Reine. (34) Com-potem jam fui regem , amici postera die deferunt ad naveminde Corìnthum, à Corintho per Jsthmi jugum navibus tra -duflis (35), Mgtnam trajtcmnt. Ibi adeo sécréta ejus curatiofuit , admittentibus neminem , ut fama mortuum in Afiamperferret, Attalus quoque celerius quàm dignum concordiafraterna erat , treàiàit. Namzy cum uxorefratris , zy prs-feâlo arci, tanquam jam haud dubius regni hsres est locutus.Qua poflea non fefellere Eumenem : zy quanquam dijfimularezy tacite habere id patique statueras , tamen in primo congrejfunon temperavit, quin uxoris petenda prsmataram festìnatio-nem fratris objieeret, Romam quoque fama de morte Eumenisperlata est. Plutarque a converti tout ceci en matière dePanégyrique, tant pour Eumenes , que pour Attalus : ilavoit besoin d’y donner ce tour; car il faisoit un Traité del'Anritié fraternelle dans lequel la Maison Roiale de Per-game devoir paraître de bon exemple, après ce qu’il avoitdéjà dit de la mere des quatre freres (36). Pour moi jetrouve le Récit de Tite Live plus vraisemblable. Voici lenarré de Plutarque. „ Ayant entendu qu’il venoit de là„ marine vers la ville pour fe conseiller àl’Oracle d’Apol-„ lo, 8c l’assaillans par derriere, lui jetterent de groiíes„ pierres, qui l’assenerent fur la teste 8c fur le col : dont„ il fut tellement estourdi, qu’il en tomba par terre tout„ palmé, de maniéré qu’on pensa qu’il soft mort, 8c en„ courut le bruit par tout, tant que quelques-uns de ses„ serviteurs 8c amis mesmes coururent jusques en la ville„ de Pergame en porter la nouvelle, comme de chose à„ laquelle ils avoient esté préscns. Parquoi Attalus, lé„ plus aagé de ses freres, homme de bien , 8c qui s’estoit„ tousjours plus fidèlement 8c plusloyaument que nul autré„ porté envers son frere, fut non seulement déclaré Roy,„ 8c couronné du Diadème Royal, mais qui plus est, ií„ espoula la Roine Stratoníce femme de son frère, 8c,, coucha avec elle: mais depuis,quandles nouvelles arri-„ verent qu’Eumenes estoit vivant, 8c qu’il s’en venoit*„ posant le diademe, 8c reprenant la javeline , comme il„ avoit accouftumé de porter à la garde de Ion frere, il„ lui alla au devant avec les autres gardes, 8c le Roy le„ receut humainement, salua 8c embrassa la Roine avec„ grand honeur 8c grandes caresses : 8c ayant vesou lon-„ guement depuis fans plainte ni suspicion quelconque,„ finalement venant à mourir il consigna 8c laissa son„ Royaume 8c sa femme à son frere Attalus. Mais que;; fit Attalus après fa mort ? il ne voulut jamais faire„ nourrir aucun de ses enfans qùe Stratonice fa femme„ lui porta, 8c si en eut plusieurs, ains nourrit 8c este va„ le fils de son frere défunct, jusques à ce qu’il f ut en âae.. d’homme, 8c lors lui-mesme lui mit sur la teste le ni,„ deme Royal, 8c l’apella Roy (37) ",

Ooooi

(3 2) Titus;Livíus,Libu XLVtM* 877 .

(3$) Hmdàmbigi*umpropediemregnaturumcum infirmétate AtatequcEumenis effetnullam fîir-pem libcrïímhabentis ,

( Nec durpenìm agnove •rat cum , quipofîea. régnaivit. ) Quidattinerct vimafferre ret suasponte mox adtv,m advenu *-ra ? Idem ,ibid*

(34) Idem ,Libr, XLUipag. 815.

( 3 5) Voìct unfait remar-quable : ontransporta unVaisseau parterre d*ttn detGolfes du Pe-loponneft à

Cela Pcft faiien d 9 autt*s

(?6) Voietci ^dessusmarque (£

(r?) Piutàfc.que.del’Amitiéfraternelle,P-Vî- 273 >

( dans l'E-dition Grequtdr Latinec y efi a la pagt48 9 i ) j* w*fers de laVersion d*A.*

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