66r
PERIANDRE,
(st) Dk>g.Laëitius,Libr. I ymtm. 98.
.(b) Heroda-
tus, Libr. V,Cap. XCll,]'“£■ m. 324.
(c) Diog.Laè'r-tius,Libr. /,mtm. 96.
(d) 11 fi-Komsnoit L Y-COPIIRON.Votez, son<Artide, ouje raconte ceCfn'en dit
Hérodote.
(î) Diog.Laërc. mPeriandro,». 98 Libri /.
(2) Aïáo-brandinusìn Diogen.Eaërc. ibid.
(î) Unefa-loit donc paj
qtVAldo-brandin em»ploiât le Motomnium.
Ce <fu*il cited’AristoteU réfuté.
(4) Hero-dot. Libr. V,Cap. XCll,
Z 24.
(5) Etyopcç»
içopet àçbIÍ^uito, seVHtviaetsvO 'hùywictt eÔptVTsip »%pv<rovyÁvtylÚVTCtdmâsivat.iHfcfaaç £1,HCiì KXQpiïv
Xpvcîov ,Scc.
Ephoms inhistoria , vo -visse illumtradit , fiOlympiacpuadrìga vi-cijsty attreamfiat team deosacrai urum ,
1 níioria vetopotitum , drauro egentem ,drc. Diogen.Laëitius,IJbr. I y mtm.96, pag. 60.
(6) Hieron.Epist. adGauden-tium dePacatulasInstitut.pag. m , r6S.
(7) Idem yÈpist. adDemetiia-dem defervandaVirginitate ,ì*g?
(«) Diog.Laërtius,Libr. 1 ,mtm. 96.
(s) Parthc-
nius, inEr.orjci s y
ap. xvìl
PERI ANDRE j Tyran de Corinthe. On l’a mis au nombre des sept Sages de 1a Grece;mais on auroit eu plus de raison de le ranger parmi les plus médians hommes qui aient jamais,été:car il changea le Gouvernement de fa patrie en oprima la liberté, il y établit pour lui la
puissance monarchique (A) ; & afin de se maintenir dans l’usurpation, il fit mourir les principaux ( f ) vîox--de la ville, les croiant capables de remettre les affaires au prémier état {b). Le jour d’une Fête ne / Laïrc a e ;>tsolennelle il ôta aux femmes tous leurs ornemens, & les emploia à faire faire la Statue d’or qu’il i»Xsavoit vouée (f) (B). II commit inceste avec fa mere (C) j il tua fa femme à coups de pied p en- Pfissp ’dant qu’elle étoit enceinte j il fit brûler ses concubines dont les calomnies l’avoient irrité contre asxLvìn,son épouse ; il se fâcha tellement de ce que son second fils (d) pleura la mort de fa mere, qu’ille chassa, & qu’il le déshérita. II forma un vilain plan de vangeance contre les habitans de Cor-cyre: ce fut d’envoier leurs jeunes garçons (e) au Roi Alyattes pour être châtrez: Sc quand il f pss deeut su que le vaisseau qui portoit ces innocentes victimes avoit relâché à Samos, Sc que cettejeunesse avoit été préservée du malheur à quoi il la destinoit, il en conçut un si-grand chagrin M T ‘ r fs‘qu’il en mourut. II étoit alors âgé d’environ quatre-vingts ans (/). II y en a qui disent qu’il eut dífcsmà faire avec fa femme depuis qu’elle fut morte (D ); brutalité qui n’est guere moins horrible quecelle de ce Monarque Lydien qui mangea fa femme (A). Quelques Auteurs (§) font assez sim- zà
pies,
(3) Ravisius Textor, in Officina, Libr. V, Cap. III, an Titre de Amore conjugal!, pag. m. 553 , ir plnsieurs antres après lui.
-a) ll changea le Gouvernement de fa patrie.] DiogeneLaërce l’aflïïre formellement. OtÍ7-@- dit-il, ( 1 ).
bçjtpíçSí Ï%Í , 2S-1 vA» 'fy'/J'* èts Tvppmihc fustrritn. PR 1 -MUS hic armatis circumjeptus incejstt , magiftratumque adtyrannidem tranfiulit. Aldobrandin remarque fur ces paro-les, que íi l’on en croit Aristote, il faut donner à Perian-dre l’invention de la plupart des moiens qui établissent 8cqui maintiennent la Tyrannie (z). Omnium autem earumrerum qm ai tyrannidem faciunt ionfiitueniam & confer-vandam , auâîorem suisse Periandrum Cypfeli filium , tumaliis lacis , tum pracipue eodem lib. 5. polit, ait cap. 11.Txraï , inquit , to (3) epetin jgt&s %<n*í IJtgáectSpar.
Mr. Ménagé fur ces mêmes paroles de Laërce cite Suidas,qui assure que Periandre eut 300 gardes, 8c qu’il défenditaux Corinthiens d’avoir des valets, & de vivre fans rienfaire. II inventoit toûjours quelque chose pour les occu-per, & il mettoit à l’amende ceux qu’il trqûvoit astis auxplaces publiques : il craignoit qu’ils ne machinassent quel-que chose contre lui. Disons néanmoins qu’Herodote nelui attribue point la prémiere institution de la Tyrannie,mais à Cypsele qui aiant régné trente années dans Corinthefort durement, laissa toute son autorité à Periandre son fils.
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£71 -ks 7 Cypselus vero tyrannide potitus , tahsextitit ut Corinthurum multos infequutus fit , multos pétunia ,longe plurimos anima privaverit (4). Celni-ci d’abord futmoins rude que son pere, & puis beaucoup plus cruel.
(B) La statue d'or qu il avoit vouée.] Remarquez iciune preuve fort sensible dn désordre où les fausses Reli-gions laissent le cœur & l’esprit. Elles ne corrigent pointl’inclìnation au péché. Voici Periandre qui fait des vœux,& qui n’ose fe dispenser de les accomplir, lors même qu iln’a point d’argent (j). II croit donc qu’il y a des Dieux ;il croit une Providence : cependant il fe souille dans l’in-ceste , & dans le sang innocent, il tue fa femme , &c.Passons aux désordres de l’esprit. Ce même Tyran necraint pas le châtiment de ses incestes, & de ses meurtres;mais il craint que s’il n’offroit pas aux Dieux une massed’or qu’il leur a promise, ils l’accableroient de maux, ilsle puniroient sévèrement. Bien plus, il se persuade qu’en-core qu’il n’accomplisse son vœu que par un vol très-in-julte, & qui met au désespoir toutes les femmes de Corin-the , la statue d’or qu’il consacre ne laissera pas de plaireaux Dieux, & de le sauver-des malheurs qu’ils eulîent ver-sez sur sa tête, s’il n’eút pas offert le simulacre qu’il avoitvoué. Excepté la violence faite à l’honneur & à la foi, iln’y en a point de plus rude aux honnêtes femmes, que deles dépouiller de leurs ornemens. La passion d’être bienmise, & bien parée, a toûjours eu une grande force dansle sexe. <t>Míxoa-fíov genus femineum est : multafque etiaminstgnis pudicitu , quamvis nulli virorum , tamen fibi feimus
libenter ornari (6).- Ut taceam de inaurium pretiis ,can-
dore margaritarum ,rubri maris profunda testantium , fmarag.dorum virore, teraumorum fiammis, hiaoynthorum pelago , adqua ardent c? injaniunt Jludia matronarum (7). Je ne remar-que cela que pour rendre plus odieux l’esprit tyranniquedu prétendu Sage de la Grece. Volez la Remarque (O).
(C) ll commit inceste avec fa mere.] Elle s’apelloit Cra-tea (8) : quelques-uns disent (9) que ne pouvant réprimerles mouvemens impétueux de fa passion, elle proposa àson fils, de coucher sécréteraient avec ; une femme très-amoureusc de lui, & qui ne vouloit pas être reconnue.II y aquiesça, & ainsi il eut à faire avec sa mere sans lesavoir ; car Cratea s’étoit mile au lit, où la prétendueamante dont elle avoit parlé a son fils se devoir trouver.Ce commerce dura long-tems fur le même pied; mais en-fin Periandre voulut savoir qui étoit cette personne dont ilavoit si souvent joui. II fit cacher quelqu’un dans la cham-bre , & lors que fa mere s’alloit coucher, il vint à elleavec un flambeau. II l’auroit tuée fur le champ, si unGénie qui lui aparut ne l'en avoit empêché. Depuis cetems-là il yêcut comme un furieux, il fut cruel, ôc il fit
mourir plusieurs personnes. Pour ce qui est de Cratea,elle fit bien des complaintes fur fa destinée, & se tua.D’autres ne content pas ainsi l’Avanture : ils veulentbien (10) que le commerce de Periandre avec fa mereait été couvert fous les voiles d’un profond secret ; maisnon pas qu’il ait ignoré qu’il couchoit avec fa mere. Ilssoutiennent que le jeu lui plut beaucoup, & qu’il ne futen colere que parce que son inceste fut découvert. II dé-chargea son chagrin iur ses sujets, & fe comporta depuistyranniquement.
Après que fa mere fe fut tuée, il discontinua d’honorerla Déesse Venus, & de lui ofrir des sacrifices; mais enfin,à cause de quelques songes deMelisse fa femme,0 recom-mença la pratique de ce culte. C’est ce que Plutarque ob-serve au commencement de son Banquet de sept Sages, 6cil supose que le jour de ce Festin fut celui où Periandre re-commença de sacrifier à cette Déesse.
[D) Il y en a qui disent qu il eut à faire avec fa femmedepuis quelle fut morte.] Voici un des contes d’Herodote:il le fait en raportant Pinjustice que les femmes de Corin-the soufrirent sous Periandre. Ce Tyran envoia consulterl’Oracle des Morts, pour aprendre des nouvelles d’un cer-tain dépôt. Sa femme Melissa aparut, 8c déclara qu’ellefe garderoìt bien de révéler ce secret; car j’ai grand froid,dit-elle, je fuis toute nue, les habits avec lesquels on m’aenterrée ne me servent de rien, parce qu’ils n’ont pas étébrûlez. Pour prouver, continua-t-elle, que ce que je disest véritable , il me siifit d’observer que Periandre a misson pain dans un four froid. Ce diicours raporté à Pe-riandre lui parut très-vrai; parce qu’il se ressouvint d’avoireu a faire avec Melisse, après même qu’elle eut rendu l’a-me > ( V )' J*"™ 3 “S «sirai Ùrniyfélfy, n e&Kilfa ,
Wîfîv y) et it T crjf/xcÀMoy , ìí ssy-fá. íésrtt MíàÍcs-^ íftsya.Hae Periandro renunciata , ob illud argumentum fidem fecere,quod ipfe cum Melijfa quamvis defunìla coierat (11). II fitdonc publier que toutes les femmes de Corinthe eussent àfe rendre au Temple de Junon. Elles obéirent, 8c fe pa-rèrent de tout ce qu’elles avoient de plus beau , commepour un jour de Fête; mais les gardes que l’on fit cacherdans le Temple les dépouillèrent toutes fans exception ; lesmaîtresses 8c les servantes furent traitées de la même forte.Tous leurs habits furent brûlez fur le tombeau de Melisse.Cette femme étoit fille de Procles Tyran d’Epidaure ,8c du côté de fa mere elle apartenoit à de grans Seigneursqui régnèrent dans presque toute l'Arcadie ( 13 ). Dn Au-teur dans Athénée ne parle pas si avantageusement dela qualité de Melisse : il assure que Periandre en de-vint fort amoureux (14), la volant verser à boire à desouvriers (t5j.
(£) Ce Monarque Lydien qui mangea fa femme.] LeSieur de Rampalle , voulant prouver que notre siécle nesurpasse point en vices le tems passé, raporte entre autresexemples d’intempérance la voracité de Maximin, celled’Albinus, celle de Phagon, 8c celle d’Astidamas; 8c puisil dit que Cambyfes Roi de Lydie soupa une nuit de fa fem-me (16). II fe trompe à l’égard du nom : je ne pense pasque l’on trouve qu’aucqn Roi de Lydie fe soit apellé Cam-byfes ; 8c en tout cas il n’est pas vrai que celui qui dévorafa femme s’apellât ainsi. II s’apelloit Cambles. C’étoit ungrand mangeur 8c un grand buveur. L'Historien qui enparle insinue qu’il commit ce crime fans savoir ce qu’ilfaisoit, 8c qu’il ne conut sa barbarie, que parce qu’il sen-tit dans fa bouche la main de fa femme en s'éveillant. IIfe tua , quand il fut que son action étoit conue.
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dCpóyjgs TÎtd >£Îgjí é ywantùsí átiimti ci ttS styy.-n , iav'b» ïsn-(rpáìiít •eé&sëorstts 'ê oifastaí fy/ofO/lt);. Xanthus in Lydiacis nar-ras Cambleta Lydorum olim regem , edacem , bibacem , gulo-fum suisse , noâluque uxorexn fuam in frusta diffebtam vorajfe:deinde crastino marie » repertâ conjugis manu , qm ad ejus oshnferat, re cognitû, V in vulgus fparfa , Jeipjum jugulasse (i 7).
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(10) Alistip-pus, apuiDiogen.Laëitium,Libr. Iynum. -6,pag. 6o %
su) Heio-dot. Libr. VyCap. XCll.
(12) Idem yibidem , pag,
m. 325.
fiî'ï Diog-Laërtius»Libr. I ymtm. 94-
(1+) pj-th*-netus, Li’fiIII de jES 1 'na, apniAthen.
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