P I E N N É.
fence qu’ils y euílent jamais consenti, quoi que cette Demoiselle sût d’une naissance très-ilíus-
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lut bien que
L’ambítion du Connétable trouvoit trop son compte dans cette alliance, pour lui permettre desoufrir que 1’engagement de son fils aîné passât pour bon. II mit donc-tout en œuvre pour lefaire rompre ; ôc se trouvant auprès de Henri 11 dans la plus haute faveur où jamais sujet íe soitVu auprès de son Roi,il porta ce Prince à emploier tous les moiens imaginables pour faire décla-rer nulle la promesse que la Demoiselle de Pienne pouvoit alléguer. Cette affaire devint la plusgrande de la Chrestientê , par le concours des deffeïns que le Pape Paul IV avoit de pratiquer P alliancede cette fille de Henri 11 desja vefve d'un Italien petit-fils de Pape , avec un autre Italien son Ne-veu. - Ce seul interefi du Pape fit toute la difficulté de la dispense qu'on lui demanda , £5? que
François de Montmorenci fiit solliciter en personne (£). Le Roi ne crut pas que le Pape deutrien refuser à sa considération , dans un temps fi favorable que celuy de la Ligue qu’ils traits oient ensem-ble contre VEspagne . Néanmoins Paul IV se montra si dificile, que le Roi fut obligé de re-courir à d’autres expédions (B). II publia un Edit qui déclarait nuls les mariages clandestins,
Le
(b) Le Là*boureur,Additions àC listel nau,Tarn. II,U»»
de satisfaction : mais il feignóit ou bien il n’avoít pas,, encore pensé à cette occasion d ailier sa Maison à celle„ de France > qui luy fit tirer l’affaire en longueur pour„ en favoriser les moyens Dans un Acte de protesta-tion que Mr. de Montmorenci fit dresser ester le Cardinaldu Lestai à Rome le 23 de Mars 1557 il déclara §uedepuis cinq ans c? davantage s’estant par chaleur de jeunesseengagé d'amitié envers Damoiselle Jeanne de Halluin dite dePiennes, ct contraEíé Mariage par paroles de prejent, fans con-sentement du Roy c? de ses Pere c? Mere: depuis ce temps-lk leRoy c? fin Pere ayans résolu son Mariage avec Diane, de Fran-ce , il seroit venu à Rome par leur ordre pour avoir Absolution& Dispense du Pape, depuis quatre mois qu il en auroit toufiourssolicité S. S. es? mesme justifié sa demande par une Dispense parelle accordée en cas pareil. Surquoy il auroit esté amusé d’espé-rances , es? remis à une Congrégation de Théologiens es? Cano-nises appeliez le 23 de ce mois avec les Cardinaux, Archeves-eques, s? Evesques, fias pretexte de rendre la chose plus-juri-dique; mats en effet, comme il auroit appris de bonne part, pournuire k fin dessein , contre les promeffes du Pape, qui auroitfavorisé les opinions four fa Partie adverse quoy que non requé-rante, fait mauvaise mine es? maltraité ceux qui concluoient àfin Absolution , z? donné toutes fortes de Preuves de luy eftrecontraire. C’est pourquoy , ayant advìs de la renonciation dela Damoiselle de Piennes, il proteste contre tout ce que le Papepourroit ordonner a l'advenir contre la liberté qu il prétend dese pouvoir marier , D 1 demande l enregistrement des Supliquespar luy présentées à cette fin à fa S. comme aulji de la Dispenjepar luy accordée en c as pareil (3). Les plaintes qu’il faitde.laconduite du Pape font fondées, fur les choses que l’on ver-ra ci-deíîous (4).
Paul IV fi montra fi dificile; que le Roi fut obligé derecourir k d'autres expédient.! Volons la fuite des parolesdé Mr. le Laboureur (5)/ Le Pape retint long-temps kRome François de Montmorency , le remettant de Congré-gation en Congrégation, tant que le jeu estant découvert , es? leRoy or le Connestable frustrez de leur efperance de fin cofté, netions à Cas- voulans pas avoir le démenty d’une chose qui n auroit tant écla-félnau, Tam. t p ^ \ mr désavantagé , ils firent drejfer un Ediíl fait exprèses? qui fut publié es? vérifié , par lequel les Mariages clandestinsfurent déclarez nuls : & d’autre part on fi servit de l'authoritépoitr faire quitter prise k la pauvre Damoiselle ; qu on enfermaau Convent des Filles Dieu k Paris, es? laquelle dans la crain-te d'eftre plus mal traittée , es? dans le désespoir du succez deses efperances, fi laijfa encore persuader que le S. de Montmoren-cy avoit eu dispense du Pape.
Pour bien conoître le pouvoir qu’eurent sur ce Pape lesintérêts de Famille, il ne faut point perdre de vue ce pointcapital, c’est que Paul IV vouloiï procurer à son neveule mariage de. la fille naturelle de Henri II, & qu’il nejjouvoit y rétiffir en déclarant nulle la promesse qui avoitété faite à la Demoiselle de Pienne. Nous verrons qu’ilsouhaita en cette rencontre que IAutorité Papale futamoindrie , & qu’on lui ôtât un droit dont il eût été fortjaloux dans un autre cas. Le bien particulier de fa Fa-mille lui tint plus au cœur que les privilèges du Papat,soit qu’il crût qûe ses .Successeurs fauroient bien fe rele-ver du préjudice qu’il leuf vouloir faire, soit qu’il ne con-sidérât qne le tems présent, & qu’il préférât absolument, .avantages personels à ceux du saint Siégé. L’afaireetoit poursuivie de la part de la France avec beaucoup dechaleur : on n’y oublioit rien. On présenta l’Acte parlequel la Demoiselle de Pienne renonçoit à ses préten-tions , & 1 Edit des mariages clandestins (6). On recou-vra (7) le double d’une dispense que le Pape avoit concédée ensemblable fait. Voici un passage de la Relation que le Doc-teur de la Haye envola au Connétable (8); la chose est
( 3 ) Le La-boureur ,Additionsà Castelnau,Tam. II,gag. 43 L
(4) DitnJ MTfmatq. (fi)*
(s) Addi-
II, pag. 420.
<«) Le La-boureur ,Additions àCastelnau,Tam. 11,
t*S- 424-
(?) Là-mê-
42 j.
(8) La-mà-nu, pag. 4*4.
(s) La-rnê-t*g. 416.
Voitz.
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curieuse: Paul IV envola (9 ) quérir des l’heure M. le Da-taire peur entendre comme cette Dfpenfi avoit esté expédiée -s’émerveillant de cela, es? encore plus de ce qu’elle estait tom-bée en nos mains; k quoy fut. répondu par ledit S. Datairequelle avoit esté accordée en pleine signature , es? par S. S. mes-me: dont fe pouvoit souvenir, estant de telle nature S. S. qu’el-le voyott es? vouloit entendre plut que nul de [es Predecelfiurs ceTOM. m. "...
qui fe faifiit en fa signature. Dont demeura toute efionnéeS. S. demandant audit S. Dataire quel moyen il y avoit deretraEler ladite Dispense , chose que ledit S. Dataire lui dit nefi pouvoir faire , damant quelle estoit défia entre les mainsdes Parties , es? qu’en vertu d’icelle ils estoisnt mariez. Don-nons aussi quelques Extraits du Résultat de la prémiereCongrégation qui fut tenue pour la dispense de ce ma-riage. Le Pape y présida’ (10): on y a p esta aufíì plusieurs
Théologiens es? Canonises : -- le Pape commença , & après
avoir proposé lésait, il dit (n): Nous demandons fi,, le Mariage contracté par paroles de présent, qui est vray,, Mariage, vray Sacrement selon l’avis des plus Saints„ Théologiens, s'il peut estre défilé & rompu par nous,
,, j'en tens où la conjonction charnelle n’est point interve-,, nue. Puis adjousta cecy, & ne vous amusez , je vous„ prie , aux faits & exemples de nos Prédécesseurs, qúe„ je proteste ne vouloir ensuivre, sinon damant que l’au-„ thorité de l’Ecriture & la raison des Théologiens vous,, induira à ce faire. Ii dit encore ce qui s’ensuít : je ne„ fay doute que mes Prédécesseurs & moy n’ayons pu,, faillir quelquefois, non seulement en ce fait, mais en,, plusieurs autres, & toutefois nous ne sommes du tout,, à condamner ; car Dieu conduit tellement son Eglise -„ qu’il luy cache pour un temps plusieurs choses, Iesquel-„ les puis âpres il revele: ce que Christ luy - mesure nous„ a assez iriíinué, comme quand il disoit à St. Pierre , ce„ que je fais maintenant tu 11e i’ente.ns pas, mais tu l’en-„ tendras puis âpres. Et en, un autre heu il disoit j’ay„ beaucoup de choses à vous dire , lesquelles vous ne„ pouvez comprendre pour cette heure , mais l’Esprit„ qu’envoyera mon Pere en mon Nom vous enseignera„ tout. Qui sçait donc maintenant ss ce que Dieu a laissé„ inconnu le passé aux autres touchant l’indissolubilité du„ S. Mariage, il le veut maintenant déclarer par nous ?„ parquoy taschez , mes frères & enfans, à ce que vous„ m’aidiez en cette affaire, & fans vous attester à ce qu’a„ fait un tel 8c tel de mes Prédécesseurs, comme j’ay„ défia dit, voyez s’il n’eíì point vray qu’ils n’ayent assez-„ entendu ce que nous voulons maintenant rechercheri, touchant cette indissolubilité de Mariage. Cecy achevé„ il adressa fa parole à l’Archevesque Cousance autrefois„ Nonce en la Cour de l’Empereur f & luy commanda„ de délibérer , lequel fit tout son effort à montrer que-> tel Mariage ne se pouvoit aucunement deffaire; auquel,, le Pape fit plusieurs demonstrances d’avoir très agréable„ son opinion : qui poussa ledit Archèvesque à dire en-„ core beaucoup plus qu’il n’avoit pas délibéré , comme„ il appert assez tant par ses Escritures, que par les Con-,, ferences qu’il en avoit tenues, par tant de fous-ris, de,, clinemens d’œils, de teste, & par certains frappemens„ de mains: adjousta encore de dire cecy tout haut ; que,, ledit Archevesque avoit fait bien entendre cette affaire.„ Apres luy parla l’Evesque Antoniellus, homme fort an-„ cien 8c vénérable, lequel fut d’avis tout contraire à.,, l’autre j & en peu de paroles donna 8c prouva cette,, conclusion, que le Pape pouvoit ce dont il estoit ques-„ tion ; auquel le Pape fit telle réponse , qu’il ne lé,, remerciroit ja de tant de Puissance qu’il luy vouloit don-„ ner en cette part. Et pour ce que ledit Evesque s'estoit„ aidé de quelques lieux de St. Thomas, le Pape adjousta„ de dire cecy , que S. Thomas avoit pu dire plusieurs„ choses estant jeune , lesquelles il avoit puis après retrac-„ tées estant, venu à meilleure connoissance, adjoustant„ cette authorité de S. Paul, quand j’estois petit je parlois„ comme un petit, mais quand je fuis devenu homme ;9 > j’ay délaissé ce qui estoit déniant. II adjousta puis après„ de dire cecy: 1 ce n’est pas fans cause que je vous donnecet avertissement, mais afin que nul de ceux qui auront” à délibérer ne fasse fondement de telles authoritez du-” dit S. Thomas, lesquelles il auroit dites en jeunesse'” Après celuy-ci délibéra M. le Sacrifie-, lequel fut dé„ mesme avis avec l’Evesque Antoniellus, à íçavùir que„ le Pape pouvoit & devoir rôïhpre tels Mariages quand„ L cause estoit raisonnable & pour ce q u’en ses preu-Xxxx z * veé
C10) LeLa* 1 .boureur jAdditions iCasteJnau,Ta?#. II tpag. 427.
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