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Tome troisieme. K - P.
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723
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U) Virgile,

le nommeSichsus.

(b) Ex Juf-tino, Libr.Xviu , Cap.IV, & v.

(e) Joseph.

contra

Apion.

Libr. I, pag.îû 43*

(ï) Volezeì-dejsous laChat. (zi).

(z) Occiâit tnterras conjttx

maíhttm aiaras. Ovid.Epist. Di-don. Les 'Critiques veti-lent , les m>*Jid au lieu4 ’in terraso» lise Her-culeas, Usautres inter-nas B les ta-tres infernas.Votez. Mezi-liac fur lesEpîtres d’O-vide, pag.743 - 744.

Í 3 l Mezi-riac, fur lesEpitresd’Ovidê,?“&• 743-

(4) Idem ,ibidem, pag,

760.

P Y G M A L I O M, m

PYGMALION, Roi de Tyr , devoir régner conjointement avec fii sœur par le Testa*ment de son pere* mais le peuple lui conféra à lui seul le commandement souverain. Sa sœur $qui étoit très-belle, 8c qui se nommoit Elisse, est infiniment plus connue fous le nom de Didon.Elle fut mariée à Sicharbas (a), son oncle maternel, qui poíledoit la seconde Dignité de l’Etat*(c’étoit la Prêtrise du Temple d’Hercule) & qui avoir de fort grans thrésors. Pygmalion afaméde s’en emparer le fit mourir (A) , 8c n’obtint pas cependant la proie qu'il desiroit : les thrésorsde son beau-frere étoient enterrez , sa veuve trouva le moien de s’évader avec ces richesses, 5cd’aller bâtir Carthage. Son írere la voulut poursuivre j mais il en fut détourné par les prières defa mere , 8c par les menaces qu’on lui fit de la part des Dieux (b). II étoit alors dans l’an ?de son Régne. II mourut à l’àge de cinquante-six ans, dont il en avoir régné quarante-sept (c).Ceux qui souhaitent de conoitre en quel rems il a vécu n’ont qu’à prendre garde que selon Joie-phe la Ville de Carthage fut bâtie cent-vingt-six ans après le Temple de Salomon (d). II nefaut pas oublier qu’on lui donne une autre sœur nommée Anne, 8c qu’on dit qu’il la persécu-ta après la mort de Didon (B). II s’est élevé une Dispute sur ce qu’on a censuré le célébré Au-teur des Avantures de Telemaque d’avoir représenté Pygmalion comme un scélérat plongé danstoutes fortes de crimes , 8c nommément dans les excès de l’incontinence (C). On a prétendu

que

fa') Joseph, contra Apion. Libr. I, pag. 1043 ; mais notez, que dans son Texte, suivi par te Traducteur Latin à" par Genebrard dans fa.

TraduOitm Eranfoise, il y a I43 ans & huit mois, ce qui ne résulte nullement des nombres particuliers qu’il assigne an %egne de chaque "Epi.

(A) Pygmalion

le fit mourir. ] Ce fut au pied

des Autels selon Virgile (1), & selon Ovide (2); maisÉustathius fur Denis le Géographe , cr Cedrentis, ne parlentpas de la forte ; car Euftathius dit que Sichaee fut tué farPygmalion estant allé aux champs avec luy , cr Cedrenus ra-conte qu estant allez à la chasse, comme Sichde poursuivoit unsanglier, Pygmalion le frappa par derrière d'un coup de javelot,

CT jet ta son corps du haut d’un précipice en bas , puis estant deretour en fan Palais fil publia que Sichde poursuivant trop chau-dement le sanglier, s'eftoit jette dans ce précipice (3).

(B) On lui donne une autre sœur nommée Anne, c? on ditqu il la persécuta après là mort de Didon. ] „ II y a peu d’au-,» tireurs qui parlent de ceíle sœur de Didon. Virgile au„ 4■ de l’zîneide raconte que ce fut elle, qui voyant„ Didon en doute, si elle devoit s’embarquer en l’arnour,, d’Aenée, luy conseilla de n’en faire point de difficulté„ pour plusieurs raisons qu’elle luy allégua, & defpuis el-„ le servit souvent à ces deux amans de fìdele message-

„ re. . . . —-- Servius dit qu’au rapport de Var-

,, ton , ---— ce ne fui pas Didon, mais Anne , qui estant

», amoureuse d’JEnée se donna la mort sur le bûcher quelle a-,, voit sait construire ”. Ovide âu 3 des Fastes raconte qu’d-pres que Didon se fut tuée far désespoir, voyant qu’zEnee l’a-voit abbandonme , 1 e Roy de Mauritanie latbas s empara parfarce de la ville de Carthage. Anne atiec un bon nombre deDyriens s’ensuit par mer, CT se retira d abbord en l Iste de Mal-te, ou le Roy Battus , qui estait fan hofie, la receut fart cour-toisement, cr iu<y promit fan assistance. Màis defpuis redoutante pouvoir de Pygmalion , qui le menaçoit de luy faire la guer-re s il ne luy remettait fafœUr, il supplia fan hosiefie de cher-cher une autre retraitte, si elle ne vouloit efire cause de sa rui-ne. Anne fa remit donc sur mer, craignant sur toutes chosesla fureur de son frere, ct appréhendant extremement de tomberentre ses mains. Son vaisseau agité d’une cruelle tempefte ,fut porté aux tostes d'Italie (4) , où Enée lui fit un trèS-bon accueil. Voiez la fuite du narré dans Ovide même :elle est curieuse , mà aparemment une fiction de cePoëte. Son autorité ’en tout cás n’est pas Puissante pourfaire croire que Pygmalion àit voulu persécuter sa sœurAnne.

(C) On a censuré le célèbre Auteur des Avantures de-que d’avoir représenté Pygmalion comme un scélératplongé dans toutes sortes de crimes, CT nommément dans léLexcès de ïincontinence.’j „ II nous le dépeint comme un,, homme passionné pour les femmes, comme idolâtre„ de la beauté d’Astarbé, comme le plus grand débauché,„ & le plus transporté de tous les hommes pour les plai->> sirs sensuels, & comme un monstre d’irïcontinence.„ Mais cePrince n’étoit rien moins que cela. II avoir en-- horreur les femmes. II ne p ou voit les souffrir. 11 ne--- voulut jamais se marier, & partager sa couronne avec,,‘une épouse légitimé, & encore moins avec une illegì-», rime, & une concubine. Venus eut le chagrin, suffi„ bien que l’Amour son fils, de ne pouvoir jamais l’affer-»> vir fous son empire. L’Amour de l'or & de l’argent»» fut son vice dominant. L’avarice étoufa chez lui tou-» tes les autres -passions, & le rendit insensible à l’attrait1, des belles de fa Cour. Les Historiens prétendent que” f 6 ^ iniquement pour le punir du mépris & de l’m-" ienàhté qu’il avoir pour les femmes, que les Dieux„ ie tirent mourir. Les Poètes de leur côté assurent que„ venus & 1 Amour, pour se vanger de ce qu’ils n’avoient-> M le réduire fous leur empire, le rendirent amoureux-, d une statue, & que pour le châtier de l’horreur qu'il„ avoit peur les vivantes & animées idoles de chair ils„ le rendirent furieux & passionné pour une idole* de„ pierre. On peut voir fur ce sujet, & sur toutes les au-„ tres particularitez de la vie & des qualitez de Py^ma-„ lion les Auteurs suivans, Trogus-Pompëjus, ouJustj n-, son abreviateur l. 18. c. ç. Velleius Paterculus, lib. j.„ cap. z. Silius Italiens au 1. & 3. Livre de la Guerre pù-»> mque. Aristote dans son Traité des choses merveilleuses j10 M. IIP, ~~~

„ Joseph contre Appion. Livre 1. Samuel Bochard dans son„ Chanaam l. 1. c. 3. Saint Théophile d’Antioche dans,, son 3. Livre contre Antiloque, le Servius de Daniel sur„ le 1. Livre de l’Eneide, Sc enfin le Parallelle de l’His-„ toire d'Espagne par Jean Evêque de Gironne. On verra„ par tous ces Auteurs que le Pygmalion du Roman de„ Telemaque ressemble auffi peu au Pygmalion des an-,, ciens Historiens & Poètes qu’à un Moulin à vent Lc à„ un crocodile. L’Auteur du Roman nous le represente,

„ comme un Tyran effrayé par l’horreur de ses crimes,

„ & craignant à tout moment d’être assassiné, comme un,, homme que tout agite, inquiété, er ronge, qui a peur de„ son ombre, qui ne dort ni jour ni nuit-, comme un louga-

„ roux qui fuit le jour. —--- Les anciens Historiens

„ au contraire nous representent Pygmalion comme un„ homme doux. paisible, & tranquille. Son nom même„ le marque; car comme ^observe le sçavant Bochard »,, ce mot de Pygmalion, signifie en langue Phenicíene , h„ repos de Dieu. II n’y eut jamais de meilleur frere. II„ voulut partager fa Couronne avec Elisse, ou Didon fa,, sœur & fit tous ses efforts , n’aiant point de femme,„ pour la faire déclarer & reconnoître Reine. Après la,, mort du Roy leur commun pere, il voulut lili remet-„ tre le gouvernement entré les mains, mais le Peuple ne„ voulant point être gouverné par une femme s’y oposa,,, & déféra la Couronne au leul Pygmalion quoi qu’il fût„ extrêmement jeune, & que Didon eût été instituée he-„ ritiere du Royaume conjointement avec luy par leur„ pere, que les uns nomment Murgon , & les autres A-„ genor fils de Belus : au lieu que l’Auteur du Roman su-„ pose que Pygmalion avoit toujours été en horreur & en„ exécration au Peuple , il en étoit au contraire l’amour,, & les delices. Le Peuple le fit seul Roy par force con-„ tre lî disposition testamentaire de son pere , contre les,, Loix de l’Etat, Le avant qisil eut atteint l’âge de regner.„ Intérim r ex Tyri decedit, filio Pygmalione esr Elijsá filiâ in-,, fignis forma virgine huredìbus infiitutis. Sed populus Pygma-„ lioni admodum puero regnurn tradidit, dit Justin ( *). II„ servit toujours de pere à fa sœur Didon, & Payant raa-„ riée à Acerbas, ou Sicharbas, ouSichée souverainPon-,, tifé des Phéniciens, & grand Prêtre du Dieu Hercule», des Tyriens qui étoit la seconde dignité du Royaume ,„ & la premiere personne aptes le Roy, il ne nommoit„ jamais ce dernier cy autrement que son gendre, au lieu„ qu’il étoit son beau-frere, & en même teins son oncle„ maternel, frere de sa mere, Avunculumsmm, eundem-„ que generum , dit Justin (f) (j)

Le Critique trouve étrange en particulier que l’on aitdit que Pygmalion étoit un impie, au contraire, répond-il (6), c’étoit un Prince tres religieux, ct fi dévot envers lesDieux, que quelque grand sujet qu’il eut d'être irrité envers fasœur , qui lui avoit volé tous fa s trésors , CT s’en étoit ensuiteen Afrique , cr quelque grande facilité qu'il eut de ïatteindreCT de la faire arrêter dans l’Ifie de Chipre, où elle alla d’aborddécendre, avant que de pajjer en Afrique, il ne voulut pas fai-re le moindre mouvement contr'elle, parce qu ayant consulté lesDieux dans un sacrifice qu’il leur offrit , avant que de rien en-treprendre , les Devins lut assurèrent que t’étoit la volonté desDieux qu’on ne fit pas le momdre obstacle à l'éxecution des desseins de Didon zv qu’elle devoit sonder une Ville , à laquelle ilsprénoient grand interest : Victus minis deorum quievit, cuicum inspirati vates canerent, non impune laturum, fi in-crementum urbis toto orbe auspicatiffimse, interpellasses,dit Justin (|). Auffi voyons nous que toutes les injures que lesPoètes, CT les Historiens, ont dites contre Pygmalion se rédui-sent à dire de lui qu’il étoit avare.

Portantur avari

Pygmalionis opes pelago ; dux f termina facti (A.

C'étoit-là tout son vice, qui certainement est un leger fonde-ment à l’Auteur du Bjttnan pour le peindre dé auffi noires cou-leurs qu’il a fait.

yoici ce qu’íin Anonyme répondit à cette Censurey yrïl " ' „ L’Av^

(*)

Lib. IS.C,1$]

(f) u. nu,

(s) D AbbéFaydit, Te-lèmacoma.-nie, pag. m,iz6 ér siti-u.Je me fersd’une F.dittoi,de 1700, otè lelieu de f Im-pression estnommé Eleu«tcroplë.

f 6 ) Telema-eomanie , ’P a í- 119,

130 ;

( 1 ) JustlnJLib. is.

cap. 5,

(í) Vii-Éi.

t/£n, J4