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Tome troisieme. K - P.
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PYGMALION.

f«) r«tx.

%em, (C).

(7) Préfaced s Avantu-xss de Tele-mague,

à la. derniereEdition de iaHaie , pag. m.XXIV.

(8) L*.AbbéFaydit Su-plemens auxEssais deEirterature ,V Partie ,“pa^. 124»

& fmv.

(t) tAZn. r.

(|) Metam.lib. 10.

(t) Pag. IÍI.

(9) L'Au-

teur raporteici ces paro-les du XVIUvre des

.Métamor-phosés d’O-vide Quasquia &c,

qu*on peut liftci-defsus dansta "Rem. ( C)de l* Articleprécédent ,

(10) Vell.ïatercul.Lihr. I , Cap,II,

(n) Idem 9ibid. Cap, VI .

(12) Voìetrle , Libre />

W. 8 ,

II5 Libre II9$*&• 8I -

(13) F«m letrouverez,dans le Jus-tin Vario-lum, pag.370 Edit. deGrsvius1683 .

(14) Dans leTexte de cetArticle.

Os) Volet»Heursius,in Cypio %$ag. X26.

(16) Le Ti-tre L'ttin cftïaraUpome-na Historia:jíiip astic».

7W

1 que c’étoit trop s’écarter de la vérité des faitscès (e), Lc (D) j’y joindrai quelques Notes.

„ L’Auteur de la Critique prétend ici nous prouver que„ Pygmalion, Roi de Tyr, n’étoit pas débauché , parce,, qu’il y a eu environ 400 ans avant lui un fameux„ Sculpteur dans l’Ile de Cypre , qui portoit le même,, nom , & qui étoit fort continent. En effet ce Pygma-„ lion , dont il parle , & qu’il confond avec le Roi de„ Tyr, étoit un célébré Sculpteur de l’Ile de Cypre , qui„ avoit fait lui - même la statue dont il devint amoureux.„ Venus, touchée de fa passion, métamorphosa le mar-„ bre en une femme aussi belle que l’étoit l’ouvrage de,, Pygmalion. Ce fut de cette femme qu’il eut Paphos,, qui donna son nom au Pais de fa naissance. Paphos„ fut Pere de Cyniras, & Cyniras eut, de Myrra sa pro-„ pre fille, Adonis qui fut favori de Venus. Toute cette,, fable est fi connue, qu’on ne peut trop admirer l’igho-„ rance de l’Auteur, qui se pique d’une grande érudition,„ d’avoir embrouillé des choses fi claires. Cette erreur n’est„ pas la feule où il soit tombé au sujet de Pygmalion: il,, prétend que ce Prince,que Monsieur de Cambray nous„ dépeint comme un impie , étoit un homme très-reli-,, gieux, & que son avarice insatiable, & l’affassinat qu’il„ commit dans la personne de Sichée mari de fa SœurDi-„ don, n’étoit qu'une bagatelle, & n’empêchoit pas qu’il„ ne fût honnête homme&les délices de son peuple. Voi-„ là de beaux sentìmens, pour un homme qui nous veut„ faire un crime de la composition d'un Roman qui n’ins-„ pire que la vertu (7) ".

Voions la Répliqué du Censeur (8). VApologiste anony-me du Roman de Telemaque , dans fa Préface fur la nouvelleEdition de Moetjens, m accuse d’avoir pris Pygmalion, Roy deTyr c?" frere de Didon , dont parle Virgile ( f ) pour Pygmalionle Sculpteur Faiseur de statues d'yvoire, qui devint amou-reux d'une de fes figures, ev d'une fille d'y voire qu il avoit faitedont parle Ovide (j ). Et pour avoir commis cette pretenduébeveuè en matière de Littérature, ce galant homme, aujst bienque celuy qui a composé le nouveau livre, intitulé (j:) les Ca-ractères des Auteurs anciens & modernes, font d’avis qu onme chasse honteusement d'Athene c 7 de Velphe , iV qu on me

mette aux petites Maisons. —— - - Tout ce que je puis dire,

est que leur Apollon est un menteur t? un ignorant. Je n'ayjamais fait U beveuë qu ils m attribuent. Je connois mieuxles deux Pygmalions qu eux. Mais je rien ai fait qu un mêmeen humeur est en inclination. J'ay dit, avec tous les Anciens ,que, bien loin que le vice des Pygmalions fut d'être amoureuxcr des débauchez, en femmes , e? qu'on ait droit de les faire fer-vtr de modelés des désordres que l'impudicité produit, ( commefait iAuteur du Roman de Thelemaque ,) ils avoient au con-traire tous deux une horreur c? une aversion effroiable pour tou-tes les femmes e? filles, csr qu ils vecurent tous deux dans le cé-libat , ©• quainfi on ne pouvoit choisir dans toute i Antiquitéaucun exemple moins propre, pour reprefenter un Roy prostituéesr abandonné à l'amour des femmes, que celui de Tyr, qui nele fut jamais, non plus que le Sculpteur ou le Tourneur Pygma-lion , e-r dont tout le plaisir au contraire étoit à inveâiiver con-tre le sexe ( 9 ). •

(D) Et j'y joindrai quelques Notes. ] Aparemment j’enferai moins qu’on n’en pourroit faire: n’importe; viendraglaner 'qui voudra.

I. Je demande des Auteurs anciens qui aient dit quePygmalion frere de Didon ne pouvoit soufric les femmes,& que ce fut la feule raison pourquoi les Dieux le firentmourir, ou le rendirent amoureux d’une Statue. Je con-sulte les Ecrivains que l’on m’indique , & je ne trouverien de ce qu’on m’en fait attendre. Justin qui est le pre-mier n’en dit pas un mot ; & néanmoins c’est celui quiparle le plus_amplement de Pygmalion. Rien qui concernece Prince ne se .trouve dans VelleïusPaterculus qui dit seu-lement en peu de mots que les Tyriens bâtirent Clique (10),Lc que Didon bâtit Carthage (11). Silius Italiens (12) faitmention plus d’une fois de la malheureuse Didon, maisfans nous aprendre aucune des particularité! dont il est ici .question. Le passage d’Aristote (, 13 ) ne concerne que lafondation d’Utique. Josephe ne nous aprend que ce qu’onvoit ci-dessus (14). Les Remarques de Bochart ne 1e ré-duisent qu’à l’Obscrvation étymologique que le Censeur araportée. Saint Théophile d’Antioche se contente de nom-mer le pere de Pygmalion, & de marquer le tems que vé-cut & que régna Pygmalion (15 J. Le Servius de Danieln’est point plus capable de satisfaire ma curiosité; & pource qui est du prétendu Parallèle de l’Histoire d’Efpagne parJean Eveque de Gironne (16),' dequoi serviroit d’y trouverquelques particularité! ? Cet Evêque aiant Vécu au XVStecle ne mériteroit aucune créance qu’a proportion qu’ilciteroit les Anciens. ■

On n’a donc aucun témoignage, ni sor la chasteté dePygmalion, ni fur les peines dont elle fut châtiée. Voionsíi les autres bonnes qualité! qu’on attribue à ce Prince ontun meilleur fondement.

II. C’étoit un homme doux, paisible, er tranquille, nousdit-orr; & c’est ainlì que les anciens Historiens nous le repré-sentent. Son nom même marque cela, comme l’observe lelavant Bochart; mais par malheur pour le Critique du Te-lemaquç, u se trouve que le Pygmalion de Bochart étoit

historiques. Je raporterai les Pieces de ce Pro-

fils d’un Relus qui subjugua l’Ile de Cypre au tems de laGuerre de Troie (17): il n’étoit donc pas le frere de lafondatrice de Carthage. Qui ne fait d’ailleurs que le mê-me nom est donné succeffivementà plusieurs personnes quine ressemblent point du tout à la prémiere qui l’a porté &à qui peut-être on ne l’avoit imposé que comme une ima-ge de ses. mœurs ? Enfin, je ne trouve pas ces AnciensHistoriens qui ont fait ce beau portrait de notre Pygma-lion. Cette amitié tendre qu’on lui donne pour fa sœur,ces grans efforts de la faire reconoitre Reine, ne sont qu’u-ne paraphrase de deux ou trois mots de Justin qui nousaprenent que le peuple créa Roi Pygmalion > quoi queDidon eût été déclarée aussi bien que lui héritière de laCouronne par le Testament de leur pere. Par quel alam-bic, par quel pressoir,tirera-t-on de ce passage (18) lésonsquè notre Critique a prétendu y trouver? Ne peut-on pascroire avec beaucoup de vraisemblance, ou que la factionde Pygmalion travailla sous main à faire exclure la Prin-cesse, ou que le peuple se porta à cette exclusion parcequ’il crut que cela plairoit au Prince , & que ce seroít unbon moien de prévenir les mauvais effets du partage , vuque Didon étoit mariée à la seconde personne de ì’Etat ( r9),qu’elle étoit fort belle, & que sans doute on la conoissoitcapable de grans desseins (20). Enfin il n’y eut jamais deGlose plus mal fondée que celle qui fait trouver dans leTexte de Justin que Pygmalion voulut remettre le gouverne-ment entre les mains de Jd soeur, - mats que le peuple s’y

opofa - c? le fit seul Roi par force.

III. Comme Pygmalion n’avoit alors que neuf ans, onne peut guere s’imagmer que la Couronne ne lui fut don-née exclusivement à fa sœur, que parce qu’il étoit l’amourcv les delices des Tyriens : & il cft visible qu’il n’avoit paseu le tems de le devenir par ses actions, mais tout au pluspar de belles espérances de ce qu’il scroit un jour : chosetrompeuse , & sur laquelle on ne peut point afirmer qu’ila régné justement ; car combien d’enfans très-aimables, Scqui promettent beaucoup, se gâtent & sc pervertissent juf-qu’à devenir des scélérats?

IV. II n’étoit pas fort nécessaire de remarquer que Pyg-malion n'aiant point de femme fit tous fes efforts pour fairedéclarer Reine fa sœur Didon. On doit suposer presque tou-jours (21) qu’un enfant qui n’a que neuf ans n’est pointmarié;&l’on ne doit jamais suposer qu’il conformela con-duite au dessein de n’avoir jamais de femme :& après toutce n’est point fur le célibat de celui-là que Justin le fonde,lors qu’il dit que la Princefle fut dépouillée du Droit quele Testament de son pere lui avoit aquis.

V. Justin, ni aucun autre Ecrivain de l’Antiquité , nenous , disent que Pygmalion ait \oxí)Oxiï$ servi de pere à fasoeur bidon , ni qu’il Tait mariée à Sicharbas (22), ni qu’iln ait jamais nomme ce dernier-cy autrement que son gendre.Les paroles de Justin citées par le Critique , AvunculumJuum eundemque generum, ne sont destinées qu’à exaggererle crime de Pygmalion 5 car elles montrent qu’il tua Si-charbas qui étoit tout ensemble son oncle maternel & sonbeau-frere ( 23 ). Le mot gener se prend indifféremmentdans les anciens Ecrivains pour beau-pere,pour beau-frere,& pour beau-fils, quoi qu’exactement parlant il ait été en-fin afecté à cette derniere signification (24).

VI. Ce que le Censeur du Telemaque afirme (25), quePygmalion se saisit des richesses de Sicharbas, & que Didpnlui vola tous ses thrésors (26), n’est point exact. Pygma-lion ne put sc saisir des richesses de Ion beau-frere qui lesavoit enterrées: il espéra de les enlever,lors que Didon seseroít retirée che! lui; mais au lieu de choisir cette retrai-te, elle s’éloigna de Tyr le plus qu’elle put avec les thré-sors de son mari. C’est ce que Justin récite le plus claire-ment du monde. Les paroles de Virgile que le Censeur acitées (27), Portantur avariPygmalionis opes pelage, dux foe-mina fa£li (28), ne dévoient pas lui persuader que les ri-chesses de Pygmalion furent enlevées par fa sœur. Ce quiprécede montre manifestement qu’elle n’emporta que lesthrésors de Ion mari, que Virgile n’a nomme! Pygmalionisopes, qu’à cause que Pygmalion avoit espéré de s’en empa-rer. Les Commentateurs marquent cela très-expressément,& la chose est incontestable.

VII. La preuve qu’on nous allégué de la piété de Pyg-malion est très-équivoque ; les menaces de la colere desDieux annoncées pár les Devins l’empêchérent de poursui-vre Didon. Ce n’est une marque certaine ni d’amour,ni de crainte filiale pour la Divinité: les mdévots étonnezpar des prodiges ont quelquefois changé de résolution.

Je ne ferai que deux Remarques fur le Discours de l’A-pologilte.

VIII. La prémiere est qu’il laifle passer beaucoup de fau-tes (29) qu’il auroit pu relever dans le Discours du Critique.

IX. La seconde est qu’il a négligé un avantage que Vir-gile & que Justin lui pouvoient fournir. 11 justifie tres-bien Mr. l’Archevêque de Cambrai, à I’egard del’Anachro-nisme qui se trouve à suposer que Pygmalion Roi de Tyr& frere de Didon a vécu au tems du siégé de Troie : ill’en justifie très-bìen, dis-je; car il montre qu en cela l’ona du se conformer à la disposition de Virgile (30) : mais par

cette

f ty) Voter.Bochart, iriGeogr. Sa-cra, P .rtc11 , Ubr. I9Cap. IU f

3699

370 .

(18) Hâtezque Mr.fAbbéHay-dit le raportecomme on favu cì-dessus,

( 19 ) Hutcconjux Si -thaus erat ... ^Cui PATERintaéiam de-derat , pri-mifjue juga-rat

Ominibus .Virgil.

Libr.l , Vers*343-

(20) Elle Ufir bien voirpar la con •strnélion doCarthage,

fri) J'ufcde cette ref-tnéhoti , pat»ce qu*il y ades Princes 9qui marientquelquefoisleurs Enfantavant sagede pubertés

(22) On apu voir á-defsus Cita-tion (l8)»que Didonfut mariée‘par son Pere*

(23) Pypna*lion oblitusjuris huma-nt’ avuncu-lum fuumeundemquegenerum sinerefpeéiu.piemtaris occidit mJustinus,Ubr. XVIir 9 'Cap . IV ,pag. m. 372.

(24) VotezU Hôte de ■Berneggerusfur ce 'affalede Justin.

(25) Pag.

128.

(z6) Pag.

1 29 .

(27)

130.

(zt) vlr-

gil. Ma.

Ubr- I,st. 3«3-

(29I Cellesque je viensd'articuler,

(jo) Prési-des Avan-tures du

pag, xxij*