PYTHAGORA S.
(îS>)Sene-ca, Epist.XC ,pag. m.369. Voiezles Mifcel-lanex Ob-íervationes
de récrieïctit ,p<ig.265.
(60) Votez,la Lettrtqifon prétendcjisil écrivitÀ <Amxi-menti apudX-aerf.
IJbro ■ VIH ,num. 49.
(61) Mena»gins inLaeit. Ubr.Vlll , mr».50.
(<>2) Valer.Maximus,Ubr. Vlll,Cap. XV %nnm r. inExtern is.
(63) Plurt -mis & opte-lentijjimìsftrbibas effec-tus saorftmJindìo rumapprobavit »Iaem, ibid.Cap. VU,num. zExtern.
(64) DansP SirtìcleEpïOjre,‘Rçm. (Z,),
(6j) Huet.
Demonst.
Evangel.
Proposit. lV tCap. U,num. 8 ,p<tg.89 Edit.
Lipf. 1694.Voiez. aussiMarsham,Chron.Canon.iEgyptiac.Sac. XI,pag.m. 277.278.
( 66 Ì AÍòapfcyfovT?
«i IïfJwjp-eM®*) m
t :!
(AîftriS oçaìS
«yr®-
j
O à pcòi TtfvàfWrtçsfí'fyvgX' THZ-Tg-
TgC 6 X 7 Vy,ïïcCejacv #2-v#* 1 pócreaçfiZpf&OÙTf-•tfseze.v.Itaquesanótiíïì-muni jus-jurandutnPythagoreiquaterna-lio suntcomplexi ,quain te-tractynvocant. Pertìbì nojiraanima prx-bentem tetra -da jur0Uatura son -tcmrjue &firmament*perennis.plutarch,de Placit.Libr. I ,Cap. III,pag, 877 *^*
744
pussent rendre heureux les particuliers. II est surprenant qu’un Philosophe aussi habile que luien Astronomie, en Géométrie, Lc dans les autres parties des Mathématiques, se soit plu a débi-ter ses plus beaux préceptes fous le voile des énigmes. Ce voile étoit si épais, que les Interprètesy ont trouvé une ample matière de Conjectures (AT), & autant de sens mystiques qu’il leur a plu.Quelques-uns prennent au pied de la lettre Tordre qu’il donnoit de ne manger point de feves (7).
auprès de ceux qui savent juger des choses, que d’avoirfourni au monde quelques bons Législateurs. C’eít unegloire qui redonde fur toute la Philosophie, comme Sene-que l'a bien observé: Poftquam, f.urrepentibus vitïis, in ty-rannïdem régna versa sunt : opus este evepit legibus , quas zv
ìpsas inter initia tulere saptentes. Solon , --—-■ Lycurgus
._ Zaleuci leges Ckarond&que laudantur , bi non in fo-
ro y nec in confultorum atrio , sed in Pythagora tacito iilosanfíoque ficestu didicerunt jura, qua jiorenti tune Sicilia , zyper Italiam Gracia ponerent (59)- Outre qu il s’apliquoitfortement à pacifier les guerres qui s’élevoient dans l'Ita-lie, & les factions intestines qui troubloient les villes (60).II ne faut faire la guerre, diibit-il souvent, qu’à ces cinqchoses, aux maladies du corps, à 1 ignorance de 1 esprit,aux pallions du cœur, aux séditions des villes, & à la dis-corde des familles. Voilà cinq monstres qu’il faut com-batre à toute outrance par le fer & par le feu. Sustuïtjfepenitus omnes difiordías, non à notts filum z? familiaribus,eorumque posteris ad aliquot [ecula , sed ab omnibus omninoItalia atque Sicilia civiiatibus, tam intestinas quam externat,autior est Porphyrius m ejus Vit a: qui addit , boc apophtheg-ma crebro ei in ore fuisse , Fttgandum omni conatu, z? igniatque serra, z? quihujcumque denique machinis pracidendum ;à corpore qúidem morbutn ; ab anima, tgnoYantiam ; et ven-tre, luxuriam; à civitate sedttionem ; à familia,, discor-diam (61 ). II ne faut pas s’éíonner que les habitans deCrotone aient voulu que leur Sénat se conduisit par lesconseils d’un fi excellent personnage. O'est Valere Maxi-me qui le dit,pour faire voir que l’autorité de Pythagorasétoit reconue hors de son College. Pythagora tanta vene-ratio ab audit oribus tribut a est-, ut qua ab eo acceperant, indisputativiiem deducere nefas exifiimarent : Quinetiam inter-pellât i ad reddendam caujfam; boc solum respondebant ; ipsumdixisfe: Magnushonos, (edfchola tenus. Illa urbium sttjfra -giis triluta est. Enixo Crotonìata studio ab eo petierunt ut fe-natum ipforum , qui mille hominum numéro conftabat, const-liis fuis utipateretur (6z). Le même Auteur nous aprendque plusieurs villes d'Italie se ressentirent du bon effet desétudes de ce Philosophe (63).
(H) Les Interprètes y ont trouvé une ample matière deConjeèlures.j Voiez, par exemple S ce qu’ils ont dit furce Précepte Pythagorique , Ne t'ajstés pas fur• le Cbenix,Chœnici ne infideas: voiez-le, dis-je, dans la docte Disser-tation que j’ai indiquée en un autre endroit (64). Monsr.du Rondel en est l’Auteur. Cette méthode symboliqued’enseigner a été fort en usage dans l’Orient, & dansl’JE-gypte. C’est de là fans doute que Pythagoras l’avoit tirée.II revint de ses voiages chargé des dépouilles de 1 érudi-tion de tous les pais qu’il avoit vus. On prétend fur toutqu’il fit une ample moisson parmi les Juifs, & qu’il apritbien des choses d'Ezechiel & de Daniel. On veut mêmeque fa tetractys soit la même choie que le nom tetragram-maton, nom ineffable 6c tout rempli de mystères, à ceque disent les Rabins. Consultez le savant Monír. Huet.Úídde, dit-il (65), zv vert perstrnilem conjeóturam Seldeni,ZSt Wèndelini , qua mirìficam illam Pythagora rtTçcanvy ip-sum esse suspicantttr Del nomen , nin’, atque
ejus notitiam à Daniels jam fi ne Pyt hagcram, cum in Baby-lonia degeret, accepijje. Danieli adjungi poterat zv Ezechiel,ut oftendam infra. D’autres veulent que cette tetractys,'ce grand objet de vénération & de sermens,' ne fût autrechose qu’une maniéré mystérieuse de dogmatiser par lesnombres (66). Considérez ces paroles du Journal deLeipíìc à la page 204 de Fan 168;, dans l’Extrait d’unLivre Anglois de Jean Turnerus. Ex bac ipsa tamen gen-ùlium notitta insche à qmbujdam colligi ait, PythagoraorumTetractyn , qttam tam reverenter habuerunt, zsr per quam ju-rare etiam soliti leguntur, este unum idemque cum nomine te-
tragrammato , quod à studais ipfi acceperint. -- zlliam
proinde viam demonstrat Autor tetraíîyn istam explicandi , de-fumptam puta à methodo Pythagoraorum mystiea , qua dog-mata sua sere per numéros certos indicare zsf explanare fuerìntsoliti. Mais n’oublions pas de dire, que Pythagoras & lésSuccesseurs avoient deux maniérés d’enseigner, l’une pourles initiez, l’autre pour les étrangers & pour les profanes.La prémiere étoit claire & dévoilée : 1 a seconde étoit sym-bolique 8c énigmatique. Voiez là-dessus le Chapitre XIIIdu Livre de Jean Schefferus Professeur à Upsale, de natu-ra & conftitutione Philosophia Italica. Ce Livre fut im priméà Upsale Fan 1664 in 8.
(/) L'ordre qu il donnoit de ne manger point de seves.]Ceux, qui expliquent cette défense littéralement, allèguententre autres raisons que Pythagoras fut instruit par lesEgyptiens, 8c que même il se laissa circoncir, a fin d’êtreadmis à leurs mystères les plus secrets. Ai êt Tn&tefifa-, iv* <b} t&j eif m tíìtify j^TíZS-àiv, ttj'v ftvmb waf Aij«rar-rias tpiXompíctt Propter quos (Prophetas Hígyptios)
etiam fuie cireunctjus , ut adyta ingrédient JEgyptiorum mysti-
cam difieret philofipbiam (67). Or les Egyptiens s’abstenoientdes feves: ils h’en scmoient point, & .s’ils en trouvoientqui fussent crues fans avoir été semées,ils n’y touchoientpas (68). Leurs Prêtres poussoient plus loin la lupersti-tion,ils n’osoient pas même jetter les yeux fur ce légume,ils le tenoient pour immonde, ils eussent plutôt mangé lachair de leurs peres, ©aT?ov ecv teKstpuÁas (pxfiív potoz tcóv7mmat í xváuxç. ’Dicunt Je parenium capka citkts efuros quamfabas (69). 11 faut donc croire, conclut-on, que Pytha-goras le Disciple de ces gens-là interdisent litéralement cet-te espece de légume. Plusieurs Auteurs graves parmi lesAnciens entendent ainsi cette interdiction. Quelques-unsont dit qu’il aima mieux se laisser tuer par ceux qui lepoursuivoient, que de se sauver à travers un champ defèves (70), tant ii respectent, ou abhorroit cette plante!II n’y a, je croi, qu’Aristoxene qui ait dit que Pythagorasen mangeoit souvent. Ariftoxenus muficus vir litterarumveterum dìligentijjìmus, Aristotelìs philofophi auditor, in libro,quim de Pythagora reliquit, nullo sapius legumento Pythago-ram àicìt usum quàm fabis : quoniam is cibus zy subduceretsensìm alvum cr Uvigaret. VerbaistaAriftoxenisubscripst:
nvjxpçp; j rat itrerÇivf ft&Xie as rh x.úx,p$v ìhy-luam Ale»
mo'v Tí yS eh SU j yest dit yçtj rjy^sfii au-
tS (71). Nos Savans ne font point grand cas de ce té-moignage d’Aristoxene: ils suposent qu’il s’est trompé; ilsregardent comme un fait certain cette abstinence Pytha-gorique, 8c ils en recherchent les causes. Aristote en adonné quatre ou cinq. II prétend que ce Philosophe dé-fendit de manger des feves, ou parce qu’elles ressemblentaux parties qu’on ne nomme pas, ou parce qu’elles res-semblent aux portes de l’enfer, o.u parce qu’elles excitentà la luxure, ou parce qu’elles font semblables à la naturede l’Univers, ou parce qu’elles étoient emploiées danssélection des Magistrats (72). Ceux qui veulent que cettedéfense soit un Précepte moral, 8c que Pythagoras nelait entendue qu’en un sens allégorique , se figurentqu’il a défendu par là à ses Disciples de se mêler, du Gou-vernement. Cela est fondé sur ce qu’en certaines villes ondonnoit avec des feves son suffrage, quand on procédoit àsélection des Magistrats. D’autres veulent qu’il ait défen-du le plaisir vénérien. Voici un passage d’Aulugelle: ilest tiré du Chapitre où l’Auteur raporte 8c aprouve le té-moignage d’Aristoxene. Videtur autem de xvúftu non esitatocausam errorts fuisse, quia in Empedoclì carmine quo discipli-nas Pythagora fecutus est, versus hic invenitur:
A«Aol, tsúydti^ei , xvúfim -fort ïyeSrtu 4
opinâti enim sunt plerique xúxftti legumentum vulgo dici. Sedqui diligentius anquìfitiufque carmìna Empedoclì arbitratì sunt,Y.váft,xç hoc in loco testicules fignificare dìcunt ; eosque more Py-thagora opertè atque symbolice xváu.n$ appellatos, quia stnt íìirc xùsb htvci ycfj etlmt tS xveï»; z? genìtura humana vimprabeant, iccircoque in Empedoclì versu tsto non a fabulo eden-do, sed à rei venerea proluvio voluiste hommes deducere (73).Le Mauro, dans un Poème où fous le nom délia Fava ildésigne quelque chose de lascif (74), joint ensemble l’opi-nion d’Aristoxene, 8c celle qui la combat. II prétend quePythagoras défendoit l’usage des feves, c’est-à-dire le plai-sir vénérien; 8c que néanmoins il n’y avoit point d’alimentqui lui fût plus ordinaire que celui-là : il défendoit aux au-tres ce qu’il pratiquoit lui-même; 8c cette conduite, íìnous en croions le Mauro, est fort commune.
Non fe Natura mai cosa s'i ghtotta,
Che finza quasi romperla co i dentìPare , ch’ogni perfina se la inghiotta.
Furon certi Filosofi prudenii,
De' qualì fu P h agora il maestro,
Che vietava la Fava a quelle genti.
Eran ribaldi, e ladrì da capeftro.
Che ingannavan con arte gli ignorants.
E poise ne mangiavano un caneftro.
Cosl fanno hoggt certi mormoranti,
Che ogni per/ona fipelifion vìva,
Chiamando Amore, Venere ifurfanti.
Riprendono in altrui la vita attiva,
Et estt ogrihor di vespro, e di mattinoHartno in ufi l'attiva, e la pastiva,
Così Maometto già per terre il vìno,
Seppe persuader provincie, e regniCo’l Juo sottile ingegno, e diavolìnó „
Gli parue, che i plebei non foster degniDi quel lìquore, e così fempre al mondeSovra laforza son ftati gl'mgegni.
Pitagora, c’havea pescato al sonde »
E de le cose la ragton sapea ,
Ogni gran savio fea parer seconde.
E de
(«7) Cle-mens Ale-xandrines,Strom.Libro I,fag. 302 .
(fis) H«o-
dotus ,Libro II,Cap.
XXXVII,.
(69) SextusEmpiricus,Pyuhonic-,Hypotyp.Libr. III,pag. i;6.Voiez auffè
st. chry-
sostôme.Horail. Hin Joann.
(70) Voiezla \tmer-que (P),Citât. (128).
(71) AulnsGellius,Libre IV,Cap. XI,fag. m. IJI«
QQAlisto-teles, in Li-bro de Fa-bis, apniDi°g.
L acre. inFythago-ra , Libr.VIII,num. 34.
(73) Aulll*Gellius,Libr. IV,Cap. XI,pag. m. 13I.
(74) VoiezP ^ArticleM 01 . Z A ,'Rem. (O),