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Tome troisieme. K - P.
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PYTHAGOR.A

W

d’autres

tsti lieu qui n’avôit pas été profané, ou pollué (N), jc n’ai point marqué la patrie de Pythago- (/) ,Aras, parce que les opinions varient fort la-deffus; lés uns veulent qu’il l'oit Tyrrhenien, d’autresle font Syrien, d’autres le font naître dans l’Ile de Samos, & d’autres dans l’íle de Cephalonie (/),

Lee (g). On ne peut rien voir de plus beau dans des Philosophes Païens, que ce qu’il disoit deDieu, Lc du but où nous devons tendre {0)j & aparemment il eût pouffé l’orthodoxie beaucoupplus loin j s’il eût eu assez de courage pour s’expofér au martyre. Les circonstances de fa mort

font

(Z ) ró/ísFarnabe iiiOvidium,Atetarn.Libr. If,Vtrs. 60 í

corps il avoir été avant que d’être Pythagoras. Mais il neremontoir que jusqu’au siecle du siégé de Troie. 11 avoirété prémiérement iEthalide sils putatif de Mercure , 8caiant à son choix de demander à ce Dieu tout ce qu’ilvoudroit, il lui demanda la grâce de se souvenir de touteschoses même après fa mort. Quelque tems après il futEuphorbus , 8c reçut de Menelas une blessure au siégé deTroie. Après la mort d’Euphorbus il fut Hermotime, &puis un pêcheur de Delos nommé Pyrrhus, &thagoras, homme qui se souvenois de toutes ces transmi-

J©» cd&lïei iïvÁhc , ií «V vxLo fj£vú.iïi atìàa’òslt vznrwctfjeve ( ioó). Omnium rerum id quod unum est, este- initium ;ex eo geminum quod infinitum est, profeâlum tanquam mate-riem illi ipsi uni, quod causa est, subjeùíutn este , ogre ( 107).II a dit que cette unité étoit Dieu,le bien.l’entendement,l’esprit. T lu) ’fH fjyiáhifb , M rùyzffii , nnç irìv b §ïv@-(pétris ' aôros b sSq. Unitatem Deum ac bonum qua fit XJniusnatura, ipfa mens (108). Casaubon le sils ( 109) raporteenfin P.y- un passage de Stobée qu’il faut corriger. Xìvfu-yb^q r ts-S transmi- rbj) tÁù uaváPisù 9ròi ttcfà r ccyzjot. rjrtq 1

(S>8) ExlîeiaclideTónticò,aptuí Líiel-tium, Libr.VIII, nttm.4 ct S-

( 99 ) Confé-rez. ce quedessus vers lafin de la Tf-marque (F).

( 100) Ovì-dius , Me-tam. Libr.XV, Vers.

Í58.

(roi) Lâc-hant. divin.Institut.Libr. m,Cap. XVIII,pag. m. iLS.

(toi) Aul.Gellius,Libr. IV,Cap. X I.Votez, ci-dessus ?.Ar-ticle PERI-CLES,Citât. (ISS).

(103) Heto-dotus

grations, & de ce qu’il avoit souffert dans les enfers, 8cque les autres âmes y souffrent (98). Voici une petite con-tradiction (99); car si les âmes en sortant d’un corps pas-sent en un autre , elles ne vont point dans les enfers.Notre Philosophe dans Ovide ne remonte que jusqu'à Eu-phorbus :

Morte carent anima, semperque prìore reliffâSede , novis domibus vivunt , habitantque recept/e.

Jpfe ego (nam memini ) Trojani tempore belliPanthóides Euphorbus eram: cuï pebíore quondamH&fit in adverse gravis hasta minoris Atrida.

Cognovi clypeum lava gestamina nostra

Nuper Abanuts, templo Junonis, m Argis (100).

O l’heureuse mémoire d’homme, s’écrie agréablementLactance , O mirant, <& Jìngularem Pythagora memonam.O miferam oblivìonem nostrum omnium , qui nefcíamus , quiante fuerimus ; sed fortaste vel errore aliquo , vel gratia fitejfellum , ut ille solus leth&um gurgitem non attigerit , necoblivionis aqttam guftaverit. Videlicet fentx vanus [peut ocio-se articula soient) fabulas tanquam infantibus enduits finxit.Quod (i boni finfiffet de ïis, quibus hue locutus est , fi homi-nes eos existimastet , mtnqv.am phi tam petulanttr mentiendtlicentiam vendicastit. Sed deridenda homìnis levistìmi vani-tas (roi). Lactance ne devoir pas révoquer en doute quePythagoras n’attribuât fa mémoire à une faveur des Dieux,il le pouvoit lire dans Heraclide ; & fans cela, dira-t-on ,il étoit aisé de s’imaginer que Pythagoras alla au devant del’Objection que les autres hommes lui pouvoient faire ,eux qui ne se souvenoient d’aucune prééxistence. Voiciune Réponse à cette Objection. A certains égards il n’estpoint probable qu’il ait eu assez de hardiefle pour se vanterdune telle chose: il eût falu, comme l’observe Lactance,que son mépris pour les autres hommes fût monté au der-nier point; mais si l’on tourne la médaille on ne trouverarien là qui choque la vraisemblance. II s’étoit aquis unetelle réputation, 8c il avoit fait tant d’expériences fur l’a-veugle docilité, 8c fur la crédulité infinie de ses Auditeurs,qu’il pouvoit bien se promettre qu’on lui passeroit tout cequ’il diroit de sa mémoire. Si vous voulez savoir ses trans-migrations depuis la mort de Pythagoras, vous n’avez qu’àjettei les yeux fur ces paroles , vous y aprendrez qu’autroisième changement il fut une courtisane. Pythagoramvero ipsutn jìcuti célébré est Euphorbum primo se fuisse dìâîitaste 5ìta h&c remotiora sunt his, qu&Cíearchus <17 Dicaarchus memo-rutraâiderunt ,fuisteeumpoftea Pyrandrum , deindeCallideam,deìnde feminam pulchra facie meretricem , cui nomen fueratAlce (ioz). Au reste, il n’inventa pas la métempsychose; ill’aprit des Egyptiens ( 103 ) : cela lui fit gâter les belles le-çons qu’il avoit ouïes de Pherecyde fur l’immortalité del’ame, & qui l’avoient tant touché, qu’il abandonna toutd’un coup le métier d’Athlete pour étudier en Philosophie.Qftts nunc extremus idiot a, vel qua abjeâla muliercula non cré-dit anima immortalitatem , vitamque poft mortem futuramìQuod^apud Gr&cos olim frimus Pherecydes Affyrius cum dis-

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iLìbro putajjet) Pythagoram Samium ûlius disputâtìonìs novitate p&r-

//» Capìte

cxxw ,

cù il taitnéanmoins lenom de Py-thagoras.Mais Dio~dore de Si-cile, Lihr,Jï*b finem , ne

tnotum ex athleta in Philosophum vertït ( 104),

( N) On remarque qu’il adora un autel - comme un lieu

qui n’avoit pas été profané , ou pollué.'] C’étoit un autel

consacre à Apollon dans l’Ile de Delos. Lisez ces parolesrte Macrobe (105): Constat, stcut Cloatius Verus ordinato-rum hbro secundo docet , esse Deli aram ; apud quam hoflianonc&ditur, sed tantum sollemni deum prece vénérantur ver-

,-j .. ba cloatlt h *c sunt .- Deli ara est Apollinis TsviÍtcp®- , j n

le tait f oint. si ua ijmlum animal sacrificatur: quam Pythagoram velm-

ìnvtolatarn adoravisse produnt. - Meminit hujus ara

C? Culo de liberis educandis m h&c uerba .* Nutrix hîec om-nia faciebat ìn verbenis ae tubis sine hoflia, ut Deli idApollinis Genitivi aram.

(O) Rien déplus beau - que ce qu . n disoh ^

Dieu, & du but ou nous devons tendre.] II a reconu l’uni-

(104) Au-gustinus,E Pìst. III,t a l. m. 9 .

('->!) Ma-ciob. Sa-tura. Libr.â> Cap. VI,

31s,

té de Dieu; car il a dit que l’unité étoit le principe de tou-tes choses, 8c que d’elle étoit sorti le sujet qu’elle emploiacomme sa matière, 8cque de son action sur cette matièresortirent les nombres, les figures, les élémens, le mondevisible , 8cc. ’AM» fSst r stnúrnri , [/yám. <f« 3 umdTOM. ÍU.

(to 5 ) Dîog 1 ,»Laertìus,

Lìtro VIII pnnm* 25.

(107) r’*/?ainsi <p’Al-dobrandìntraduit au.commence-ment de saNote fur cesparoles de

Laërce.

Votez, ausjlMetic Ca-sáubon sucLaërce,ibid . niim m

(io«) riutiae PlaciersPhilosophaLibro I yCap . VI I tpag, 88l.

(109) Not*in Dioge-nem Lacr-*tium, inAlcmaiondjLibro VIII tnum, 8z.

(no) ^Jçrès^ce qt?onvient de citerde Plutar -que on Ut ,

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lnhnitantautem bi»narîi natu-ram, ge-nium Scmalum uií-deestmulci-tudo mate-nx, &visuí

expofítusmundus.

(ni)Ckn^, 1Alexandr.in Admo-nit.ad Gen».tes , fag. 47 ,C. Volez, aufseJustinMartyr 3Orationead Gentes,'pag. 58 .

(112) Cicé-ro, de Na-tura Deo-rum, Libr»I, Cap. XnConsultez.MïnucmsFélix, qui*

d't pa?.

Mi.Pytha-gotx D eusdst aniniuspet untver-sam rerumnaturarticommeans,& intentas Sex quo' etiam ani-ma lium

vita capiatur, Lalhtnet dit U même chose Libro /, Cap. V, pag. m. t 4 . °tn^ï'Ení-phan. Hat. XV, m?. 14. (it 4 ) Apud Clement. Alexandt. Sliomat. LibroIV,

pag. a 17 . (-- 5 ) Joícphus , contra Appton L,b, II, rr7I _ (n6) Idem,

ibidem, pag. Jtt?) -M r, v dOVsÇùti náo™, vziet-

Mpt/Ss®a ìicn[x.av r í>iXo«-íip»irat»7»». _ Sapeentia fr diUmpietate Philosophes M-tits excellais. Idem, Libro I, contra Appiou. pag.

Bbbbb r '

psto tIw ststj fdgyoIsa stov lecf t ceyAfot. rinç î-rio é f vooç ipóertç'o àvroc ò vëç. sè] tIvj ètíe/trci íl/áht ., ^ r ifr-Hst -sfet l/JÍ

ÌXIW cri,Kê@a. Stobée avoit pris cela de Plutarque ( 110 ),il faut donc effacer % »««?, 8c mettre La doctrine

de Pythagoras n’est point là aussi orthodoxe que dans lepassage de Diogene Laërce; car selon Plutarque il admet-toit deux principes indépendans, l’Unité, 8c le Binaire,8cil donnoit au prémier l’essence divine, la bonté, l’enten-dement ; 8c à Pautre la nature d’un Démon, le mal, lamatière. Nous jugerons plus avantageusement de son dog-me, si nous le prenons dans Clement Alexandrin, où»

òimy.gvi flso# TXç àpclpì r IïvJrtyójjt» , 01 tpucrtíi, ’O ! ©E05 ,

eTf. -st SÎt^F 1 3 &% èáç TWÇ issfovoSo-iv , Ov-T; TOÇ ^l^s^o-pc^eri ®^,íì>a’ ci aires 'oXsfre, ci o\u rd »vx.Àoo , îctícy.ùcrlfr- erke-aç ypJS-tri©- , r-pátrl? T ’oê'm’ Àès àv , -M tpyaì&i v airS feos-polm s^òj’tpyao àcrármt, ci ìpguiîé (paií-'ng , ùf cravrav 7 tarhg, »2; syèf 4'ù-ffUrtí rtS x-óx-Xip , crmrzov aívartc. ìsec vtr'o pratermittendisunt Pythagora jtttatores ; quippe qui dicant, Deum quidemunum este, non ita t amen, ut quidam opinant ur, quasi fit ex-tra munit admmìstratïanem, sed est totùs ìn ipfa, in loto cir-cula , speculator totius gtnerationis, univerjorum contemperatioìqui fetnper est , & suas facultates deducit ad opus, omnium ope-rtim in coclo illustrator, pater omnium, mens zv apiimatio to-tius circuit, omnium motus ( 111 ). Le mal est que Pytha-goras en se représentant Dieu comme le moteur de 1 Tdri-vers, & Pâme du monde, vouloir que nos âmes tussentdes portions de Dieu. L’Objection qu’on lui propose là-dessus dans Cicéron est insoluble. Nam Pythagoras, quicensuit (Deum) animum este per naturam rerum omnem in-tentum c? commeantem , ex quo nostri animi caperentur , nonvid’tt difirablìone humanorum anìmorum discerpi <&• dilacerariDeum : CT 1 cum miseri animi estent , quod plerisque contingent,tmn Dei partem esté miferam : quod fieri non poteft. Cur au-tem quicquam ignorant animus hominis, fi estes Deus ? quomo-do porro Deus iste , fi nihil estes nifi animus , aut instxus, autinfusus estet in mundo (112). Saint Epiphane attribue à cePhilosophe un sentiment qui ne vaut rien, c’est d’avoirdonné à Dieu une nature corporelle, 8c organique, Dieun’étant autre chose que le ciel, 8c se servant du soleil Scde la lune comme de deux yeux, 8c ainsi des autres par-ties du firmament ( nz). Mais voici une pensée qui estsimplement & absolument vraie, Clement Alexandrin lacompare avec les paroles de St. Paul. II n’y a que Dieuqui soit sage, disoit Pythagoras (r 14). L’Auteur des An-tiquitez Judaïques paroit fort content de ce que plusieursPhilosophes, 8c nommément celui-ci, pensoient de la na-ture de Dieu , 8c il ne doute point qu'ils n’eussent parléencore plus sainement,s’ils n’eussent craint la persécution;car, comme dit Platon, il n’est point sûr de dire la véritétouchant la nature divine à des ignorans. TLaj fi Iïvjuyi-rfi ’Avalayo^s vefi ïïlúrm , ufi o’i pc-f cAèrnsq fbn vi) Saoxq OíAoireipoí, uç/d piucçS bisj cc 7 tathq isra Çaitovraf, aée* rfs§ 5*2 eptxnoiq mQçor/ingríq. àxd cì fifì stppq ’ohípii tbiletnipët-7ss kq waïô®- ìtstctcq dsPjuff-roIepofijJos rhù àxóiHotv § ìóvfca-

r©- ífilèsésv cèv. \%'Apcr l czM>. - Autos íï IViá-

rao àpts^óyturev , «m rît» bÀ-ffri ào%ao líq rícu V oys aï

aytctav crsu D Uirpecleq i^siefícési. Pythagoras emm , CV Ana-xagoras, zsr Plato, cv pojï illos philofophi Stoict, cr pene eme-ti, vìdentur de divina sapuiffe natura. Sed hi quidem ad bre-ve philosophantes , populo sapersthionum opinionìhus jam praoc-

cupato veritatem dogmatis proferre timuêre (fis). - Ipfi

fiquidem Plato confestus est, quia veram de Deo opimonem pro-

pter ignorantiam pleíis proferre securtim non est (116). Lc mê-me Josephe assure que Pythagoras surpasse en piété & ensagesse tous les anciens Philosophes (iry). N’oublions pascette Observation de Plutarque : lors qu’il montre la con-formité qui se trouvoit entre les pensées de N-mna & cel-les de Pythagoras, il dit que Nutna ne voulut point qu’onreprésentât lá Divinité'par des-images, & que Dieu selonPythagoras est une nature impassible, qui ne tombe point

fous