PLACE.
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troubles qui s’élevérent peu après le contraignirent de se retirer pour la seurtè de sa personne en unesienne maison au pays de Picardie. Le calme étant revenu en If6z il alla trouver le Roy pour se justi- ni. ce,
W u mt- fi er de plusieurs calomnies , que quelques malvueillans luy avoient imposées, Cs? après que fa Majesté eut receu *; e /•rtumJf's contentement de ses defenfes, il fit la reverence au Prince dc Coude qui des cefie heure la luy commit principaux"ZTd'L 1(1 char í e & surintendance des affaires de toute fa maison , laquelle il prift dès lors en telle affection j^'vifdequ'en toutes choses qui ont concernésa\grandeur , il n' a efpargné ny biens , ny enfans , ny mesme sa propre Messirefsssst personne , tant il s'estait dédié à son service. Les tumultes qui recommencèrent cinq ans après furent<judi cause qu'il se retira de rechef de Paris au Chafteau du V ? en Valois (e) , où il souffrit de grandes persecu- devant d »tmj fi « fions (B). L’Eglise Réformée aiant eu quelque relafihesiì retourna en sa maison,^ quelque résistance de
Farnace, que luy fift quelqu'un, qui durant la guerre avoit esté pourveu de fa despouille (C), il rentra en son estât àe dedèla'rhfce. de Président , & Vexerça sans aucune reproche , honoré de toutes gens de bien , & craint des meschans cSiìn,Fwis. ' jusqu’à h journée de Sainct Barthélémy , où il fut tué de la maniéré que l’on verra ci-deísous (/) (D), tw l8 -
fa) P. deParu ace,Bries Re-cueil desprincipauxpoiníis dela Vie deMessirePierre dela Place,
p. u.&fuiv.
f î) Vtr’ez. lesEloges dePapyieMaison Viede Calvin.
„ toit fort l’esprit. Par ce moyen en peu de temps Dieu„ luy toucha le cœur, & luy ouvrit les yeux pour pou-„ voir contempler la lumière de l’Evangile , tellement,, que le Roy François second venant à mourir, il se de-„ clara ouvertement du nombre de ceux qui faisoient„ profession de la Religion Reformée (z)”. Le frerede Papyre Masson assûre (3) que Pierre de «la Place , 8cBertrand de la Place frétés, & Jean du Tillet suivirent àLion Jean Calvin qui les avoit infectez, de ses Hérésies àAngouleme. Cela n'a point d’aparence à l’égard de ce-lui dont je donne ici P Article ; car s’il eût suivi Calvinjusques à Lion, l’Auteur de fa Vie l’eût su , 8c n’eûtpoint dit une chose très-diférente de celle-là.
(B) il souffrit de grandes persécutions . ] „ Ny la prì-
„ vation de son estât, ny la vente de tous ses biens„ meubles, ny la saisie des immeubles, ne luy donnerent„ tant d’occalìon d’ennuy 8c fascherie, que firent les in-„ dígnitez qu’il receut de ceux desquels humainement il„ devoir esperer secours, comme estans proches parens:
„ " - ■ - Un certain Conseiller en la Cour,—-ayant
„ faict profession de la Religion, voire mesmes après les,, premiers troubles, cognoissant que Dieu alloit rude-,, ment esprouver les siens se révolta incontinent, & se„ voyant en quelque danger pour les menaces qu’on fai-„ soit à ceux qui avoient esté de la Religion, pour osier,, tout soupçon qu’il luy fut demeuré quelque regret de„ sa révolté, ou quelque désir de retourner en la trouppe,, des gens de bien, il se proposa de commettre quelque„ acte bien insigne, qui fut de poursuivre par toutes for.„ tes de calomnies 8c injures Pierre de la Place, qui estait„ tuteur de ses neveux, enfans de la femme de ce Conseiller ;
„ N qui s'estoit aussi retiré à un chafteau appartenant a, ses,, neveux. Ce Conseiller fur cela , par infinies requestes diffama-,, toires, ne cessa de controuver , e? donner à entendre mille„ mefihancetezcy calumnies à la Court: tant qu il fit non,, seulerpent priver ignominieusement de sa tutele ledit de la,, Place absent cy ignorant ces choses, mais aussi obtint com -„ mission pour se saisir tant dudit chasteau que de la personne„ dudit de la Place. Et de saisi cela eut esté exécuté en un,, temps fi malheureux e? turbulent, veu la diligence qu'il fit„ faire à Tanchou & à ses Archers , comme s'il eust esté ques-„ tion de la capture de quelque voleur : n eust esté que Dieu„ suscita quelque amy , qui la nmfl de devant arriva pour„ l'advenir de tout. Sur quoy, encore qu'il sust detenu d'une>» g r 0 JT e fievre continue, neantmoins il fut contrainll avant,, jour de se sauver dans la forest de Rez, affez prochaine de„ ce chasteau , là oh depuis il trouva un estranger qui le re-„ ceut, cependant que ce Conseiller au contraire violant non„ seulement tout droiSl d'affinité , mais aussi de toute huma-„ nité , se saisit du chasteau , chafia les enfans dudit de la„ Place, pilla le bien qu’il y avoit laissé : cy outre tout cela», envoya Tanchou avec ses archers a la poursuìtte d’iceluy,,, Lequel pour ceste cause fut contrainél eftre dans les bois,, l'espace de quelques jours vagabond, jusques à ce qu enfin,, le Sieur de Bouchavane luy fit ce plaisir de le retirer fort fe-„ crettement , en une petite chambre du chasteau de Cotes-
» sy (4). J
( C ) La résistance que luy fifl quelqu'un qui -- avoit
esté pourveu de sa despouille. ] Ce quelqu’un n’est autrequ Etienne de Neuilly. On voir dans le Dialogue des
(4) P. de
Earnace,
Viedu Prés.de la Place,f. 15 &smv.
Avocats du Parlement de Paris qu’il se fit premier Présidant(j'Opuscu- Cour íles -4ysi s ! iors que le Sieur de la Place fut tué
les de Loi- * s - Barthélemy (5). Voions la Note marginale qui a étéfaite àr cet endroit-là du Dialogue. „Miraumont tir. de„ la Cour des Aydes, dit que le Sieur de Neuilly fut pour-„ veu de cet estât de premier Président le r r. Janvier 1560.„ qu u exerça depuis parl’absencedeM.Pierre de la Place"-> & toutes-fois Pasquier au X VI. liv. de ses lettres eseri-,» val "; a Théodore Pasquier son fils aisné. p. za<. dit», ssi 1 '* ^ ut Lit premier Président par M. du Mayenne c’est,, à dire pendant la Ligue”. La dificulté proposée danscette Note marginale est nulle; car Pasquier (6) ne p ar j ede la Charge de Président au Mortier conférée par le Ducde Mayenne à Etienne de Neuilly, qui étoìt déjà premierPrésident en la Cour des Généraux des Aides. Voiez ei-dessusl’Article N u l l y.
{D) La journée de Sainéì Barthélémy , oh il fut tué de lamaniéré que l'on verra ci-deffous.] Le Capitaine MichelArquebuzier de Charles IX alla chez Pierre de la Place à
T O M. III.
(«) îaf-quiet Lettr.Livr. Xv 1,peg. 245 du
11 Tome,
six heures du matin. II estoit armé d’une arquebuse furson espaule, çy de une pistole en sa ceintlure, zy portoit peursignal qu’il estoit des massacreurs une ferviete à ïentour dubras gauche. Les premieres paroles qu'il tint surent , que Mon-sieur de Guise avoit tué par le commandement du Roy, l’ad-mirai zy plusieurs autres Seigneurs Huguenots : cy d'autantque tout le reste des Huguenots, de quelque qualité qu ils fus-sent , estaient destinez, à la mort, qu’il estoit venu au logis du-dit Seigneur de la Place , pour ï exempter de ceste calamité.Mais qu il vouloit qu on luy monfirast l’or cy ïargent quiestoit dans le logis (7). La réponse du Seigneur de Ja Placefit blasphémer ce Capitaine & l’obligea à lui dire qu’il luyenjoignoit de venir parler au Roy. La Place se doutant alorsqu il y eust quelque grande sédition par la ville, s’escoula parVhuis de derriere de fin logis , en délibération de se retirer enla maison de quelque voisin. Cependant la plufpart de tousfis serviteurs s'esivanouit, cy ce Capitaine ayant receu environmilefius, comme il fi retirait fut prié fie Madamoiselle desMaretz fille dudit Seigneur, de la conduire avec Monsieur desMaretz fan mary, chez quelque amy Catholique , ce qu’ilaccorda, cy l'accomplit aussi. Apres cela ledit Seigneur de laPlace, ayant esté refusé en trois divers logis, fut contraintde rentrer dans le sien, oh il trouva fa femme fort defilée (8).
IIl’exhorta à la patience, ,, puis commanda que les servi-„ teurs & servantes, qui estoient de reste en fa maison,
„ fussent appeliez, lesquels estans venus en fa chambre,„ suyvant ce qu’il avoit accouítumé tous les Dimanches,, de faire une forme d’exhortation à fa famille , il se„ mit à prier Dieu, puis commença à lire un chapitre de„ Job, avec l’exposition ou sermon de Monsieur Calvin,„ & discourut un peu sur la justice & miséricorde dé„ Dieu, lequel (difoit-il) comme bon pere, exerce ses„ eíleus par divers chastimens, afin qu'ils ne s’arrestent
,, aux choses de ce monde. - Puis il se remit dere-
„ chef à prier Dieu,préparant, Sc luy Sc toute sa famille„ à endurer plustost toutes sortes de tourmens & la mort„ mesme, que de faire chose, qui sust contre l’honneur„ de Dieu. Ayant finy sa prière, on luy vint dire que,, Monsieur de Senescay Prévost de l’hostel avec plusieurs„ de ses Archers estoit à la porte du logis, demandant„ qu’on eust à luy ouvrir la porte de par le Roy, & di-„ faut qu’il venoit pour conserver la personne dudit de la„ Place, & empescher que le logis ne sust pillé par la po-,, pulace : à ceste occasion ledit Seigneur de la Place com-„ manda que la porte luy sust ouverte, le quel estant en-„ tré luy déclara le grand carnage qui se faisoit des Hu-,, guenots par toute la ville , & par le commandement„ du Roy, adjoustant mesmes ces mots entre-meslez de„ Latin, qu'il n’en demeureroit un seul , qui mingat ad„ parktem. Toutesfois qu’il avoit exprès commandementde fa Majesté d’empelcher, qu’il ne luy fuit fait aucun„ tort, ains de remmener au Louvre, par ce qu’elle de-„ siroit estre instruicte par luy de plusieurs choses tou-„ chant les affaires de ceux de la Religion, dont íí avoit», eu maniement, Sc pourtant qu’il se préparait pour ve-„ nir trouver sa Majesté, Le Seigneur de la Place res-,, pondit, qu’il se senriroit toufiours fort heureux d’avoir„ le moyen devant que partir de ce monde, de rendre„ conte à fa Majesté de toutes ses actions Sc deportemens,„ Mais que lors pour les horribles massacres qui se com-„ mettoient par la ville , il luy seroit impossible , de„ pouvoir aller jusques au Louvre, fans encourir un grand„ 8c tout evident danger de fa personne, mais qu’il estoit„ en luy d’affeurer sa Majesté de sa personne,laissant dans„ son logis tel nombre de ses Archers que bon luy sem-„ bleroit, jusqu’à ce que la furie du peuple fuit appaisée.„ Senescay luy accorda cela, 8c luy laissa un de ses Lieu-„ tenans, nommé Toutevoye , avec quatre de ses Ar-„ chers. Peu de temps âpres que Senelcay fut parti, le„ Président Charon, pour lors Prévost des marchans de„ Paris, arriva au logis, auquel aptes avoir parlé quelque.. temps en secret, se retirant il luy laifla quatre Archersde la ville, avec ceux de Senescay (9). ——■ Senescay
í?) P. de
Farnace,Vie du Prés.de la Place,paj.iS.
(8) Là mi-me ,f «g-
„ retournant le lendemain sur les deux heures âpres dilher,,, luy déclara, qu’il avoit tresexpres 8c itératif comnian-„ dement du Roy de l’emmener, 8c qu’il ne falloit plus,, reculer (10) ”. Les remontrances de la Place aiant. étéinutiles, il le pria enfin de l’accompagner de fa personne, àquoy Senescay responàit que pour estre tmpesché st tl’antres as-C c c c c /«,
(») Là mè
me ,fa%. 21& Jhìv.
( 10 ) Là vi:-me,p*g. a4,