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Tome troisieme. K - P.
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830
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G?) r«!«.

aussi Monfr *Xatllet,Jugemcas

(47. > Pope

Bíouiic,

Censura

Autiioium,

p. 6K9, Edit .

Londin.

Î690.

(43' Il fatgmpriraé àParis L*anaóoj,

<4+) Lui-lart, Aca-dém. desSciences,Tom- 11,fag. 220.

(45) Ce queje Jttprimcici fe trou-ve dans dansla "Rem. (-£>).

(46) VitaErycii Pu-teani, iniimineEpîst. po£-thura.

(4^) Ery-cius Putea-nus,Bpiílo-1 a ad Joli,BaptistamSaccmn,*pud Mar-tinumKempíum,Difíeitat.

X n 'de Os-culis,»ww.6, P*£. 626.

(48} Quzxi-tur tertio,xSÎn cum le-gs bus castita -tis, cjtia ton «fer ami a estjpeties , btneconvntiat te -cep t d UlaAptid nostra-tes Belgas »

Alìafque na-ttants , con*fiutudo , qu aperegrin: of-cula figuntA'ìtnis uxo-ribu.'ìVidms ,ac vìrgini -éwj , quandotas humant -

Î4s/j

falutant ?

Adrianus

Heere-

boord ,

Exercitat.

Etlîic.

XLIV,

m. 173.

'< 4 î>) Apudìapientilli-rnum Sent -c<*w, Virgi-nis Sacei-dotcm ( ilfaloit diresacerdo-tium ) pe-tentis, indearguiturimpudentia( il faloitdiri irnpu-ciicitia )<]uod ofcu-lo falutatafuisscc.

Idem , ibid.

Ce r? est pointP état de laynefi'on.Votez. Sene-que, Con-trov. uLibri I.

(jo) Oscah

pudiatiafít

virgtnis de•Mari cenft-bant vetcreSyttnde illuiOvidii.

J 4 em> ibid.

830 P U T E A N U S.

Pope Blount(G), & l’Académie de Bullart (g). L’un des principaux amis qu’il eut â Milan étoitSécrétaire du Conseil, & s’apelloit Jean Baptiste Saccus. Je raporterai quelque chose touchantla maniéré dont Puteanus éleva une jeune fille (/) , à laquelle cet ami prenoit intérêt.

Com-

(G) La Censure de Pope Blouht.J Mais retranchez-ences paroles, Inter pncipua Galliœ ornamenta , dum viveret ,merito Juo semper habitas est Erycius Puteanus (42,). Ellesfont citées de la Préface de Cafaubon fur l’Histoire Au-guste; mais, 1, notre Puteanus n’étoit point François;2,11 n’étoit pas fort conu lors que Cafaubon publia ceLivre (43); 3, II a vécu plus de quarante ans depuis quece Livre de Cafaubon fut publié.

. ( h) - N l'Académie de Bullart.’] Vous y trouverez

ceci. „ (44) Ce fut cette grande doctrine qui ayant ga-,, gné le cœur d’Urbain VIII. porta ce grand Pontife à,, luy envoyer son portrait dans une médaillé d’or de grand„ poids, avec quelques exemplaires de ses ouvrages: ce„ fut cette mefme doctrine qui obligea le Cardinal Fre-,, deric Borromée, à le recevoir en son Palais lors qu’il,, retourna à Milan, & à luy faire part de ces preneuses„ Reliques de son onde saint Charles Borromée, que ce„ fçavant homme a données à l’Eglife Collégiale de saint„ Pierre à Louvain. ' Ce fut encore cette doctrine qui le,, fit aimer tendrement du Comte de Fuentes Gouverneur,, de Milan , & depuis de l’Archiduc Albert, qui aptes,, savoir placé dans-la Chaire de Juste Lipíe , le receut,, encore avec honneur au nombre de ses Conseillers. En-,, fin ce fut cette doctrine qui le rendit considérable dans

„ les premieres Cours de l’Europe (45). --- II a’eu la

„ gloire de sauver la vie au Roy de Pologne, par l’expli-„ cation d’un écrit énigmatique, formé en caractères in-,, connus , que personne ne pouvoit lire ni entendre,„ & qui cachait une détestable conjuration .contre ce„ Prince.

Voici ce qu’o n trouve sur ce dernier fait à la tête de sesLettres posthumes, Ejus ingénia ac folertia conjurationem Po-lonicam deteítam c? fie impeditam suisse tanti momenti fuit utomne pr&mium fuperarit. Verba Patris H e r m a n n i Hu-go n 1 s qui Marchions Spinol* à facris confejfionibuserat, astimanda hic fimt : mea cautio erit, ut R e x P o l o-nií sciât, cui falutem debeat fuam ut Phakaonis 11-beralitatem imitetur inJosEPHuM, aut A s s u e r i gra-titudinem in Mardoch«um. P.o tosnt quidem rece-pit hoc ab illo beneficium, fed in univerfum orbem Chriftianumextenfum est , quod quale quantumque fit Bohemiac? tur b ainde nat& satis dtclararunt (46).

(I) La maniéré dont Puteanus éleva une jeune fille.] IIécrivit à son Ami, qu’il ne fouí&oit point qu’elle fe laiíïatbaiser. Cela, difoit-il, est dangereux pour des Italiennes:nos filles Flamandes le peuvent souffrir fans risque & im-punément : elles n’y entendent point de finesse, elles igno-rent qu’il y ait dans les œillades, & dans les aplicationsdes levres, aucune leçon d’amour; mais celles de votrepaïs en savent bien les conséquences, c’est pourquoij’aifait aprendre à celle-ci la langue de notre pais, & noscoutumes excepté celle de baiser. Si je ne raportois pasles propres paroles de cet Auteur, on croiroìt peut-êtreque j’amplifie; je les raporte donc,& l'on verra que j’ex-ténue fa pensée. De puella vestra quidscribam ? valet , vï-get , jam matura viro, jam plenis nubilis annis. Mores 2?linguam quoque noftram difeit , t amen oficula non libat. Siceam habeo , uti educata est. Scis tu ; ut confringi vas citoSamium fiolet. Pudica quidem Belgarum ofiula , fed tamenoficula : ey infinuentur multo honeftius , quam figantur. Ab-horrere iìla ab hoc rìtu debet , etf fi pudicitia alumna este ve-lit , ilUfurn ufque quoque verecundi& florem fervare. Neficiuntnoftra virgincs ullum libidtnìs rudìmentum ocults aut ofculisinejje , ìdeoque fruuntur. Vefira fciunt. Si nofira este hicquoque incipiet, particeps candoris nostri erit, cy casta immu-nisai is capax (47). lvempius cite tout ce passage dans fadocte & curieuse Compilation de Ofculis , & nous renvoieà un Professeur en Philosophie dans l’Académie de Leide.Ce Professeur traitant de la tempérance, l’une des quatrevertus cardinales, fe propose entre autres questions celle-ci:La coutume qui permet aux étrangers dans le Pais-Bas &ailleurs de baiser les femmes d'autrui , les veuves, les filles,quand on leur rend des visites de cérémonie, efi-elle conformeaux loix de la chasteté (48)? 11 répond que cette coutumeest fort ancienne, mais que plusieurs Sages de l’AntiquitéPont condamnée comme peu chaste. 11 cite Socrate quivouloit qu’abfolument on s’cn abstînt, n’y aiant rien quiexcite davantage le feu de l’amour que les baisers. II citeSeneque comme aiant dit qu’une fille fut taxée d’impu-dence parce qu’elle avoir reçu un baiser (49). II dit queles Anciens fe perfuadoient qu’un baiser donnoìt une viveatteinte à la pudeur (50), & il le prouve par ces parolesd’Ovide,

Ofcula qui fumpfit , fi non & entera fiumpjìt

Mac quoque qua data funt perdere dignus erat.

Sa conclusion ou fa décision est celle-ci, que les baisersde cérémonie ne font point contraires à la chasteté, vu

qne rien n’empêche qu’on ne les donne fans aUCtm mau-vais désir, & qu’il ne faut pas croire que tout le mondesoit si facile à être ému , <jue les baisers de civilité nepuissent être tout-à-fait honnêtes. Neque exiftimandum est ,omnium este tam pronam Ct irritabilem ad libidìnes naturam ,quin citra violationem caftitatis , ac circa libidinem ullam ,id genuj mediorum, officii testandi causa, adhiberì pojfit (51).Cette décision & la raison sur quoi on la fonde font soli-des 8c valables. ■ Mais que peut-on voir de moins senséque l’allégation d’Ovide; car les paroles de ce Poète neconcernent que les baisers des amans? Ce Professeur esttrèá-blâmable de les avoir raportées fur un tel sujet: il de-voir chasser de fa Thefe toute l’Erudition qu’il y a four-rée, 8c s’en tenir comme Puteanus à la difference des cli-mats. Les mêmes familiaritez, qui font dangereuses enItalie, ne le font pas ou le font bien moins dans les PaïsSeptentrionaux : c’est fans doute la pensée du Professeur deLouvain ; car il ne faut pas prétendre qu’il ait eu en vueles - salutations d’adieu, ou celles qui se pratiquent a u re-tour d’un long volage. II n’y a nulle aparence qu’en pa-reils cas il exceptât de la coutume fa jeune Italienne. IIy avoir assez d’autres occasions où il lui pouvoit prescrireun régime particulier, 8c où elle eût pu conformémentaux lumières de fa nation (52),éprouver ce que dit Ho-race (53).

Le Professeur de Leide n’a point outré ce qu’il ra-porte de Socrate , Socrates apud Xenophontem abfiinendumeste in totum ab ista ofculandì confuetudine cenfet : quia mhil ,inquit , ad amorem incendendum acrius est ofeulo (54): carcet ancien Philosophe s’est exprimé fur cela de la maniéréla plus vive qu’il eût pu choisir. Critobule, difoit-il (55),est plus temeraìre que s’il fe jetois fur la pointe des efpées nuesou que s’il fautoit dans le feu, car il a eu la hardiefie de bai-ser un beau visage. Est-ce là une si grande témérité? luirépondit Xenophon. „ Vrayment il me semble que je,, m’exposerois bien au mefme danger que lui. Ah mal-,, heureux! reprit Socrate, fonges-tu bien à ce qui t’ar-,, rive âpres avoir baisé un beau visage, ne p ers-tu pas ta„ liberté, ne deviens-tu pas esclave? ne t’engages-tu pas», en des dépenses excessives pour t’acquerir des voluptez». nuisibles, ne te trouves-tu pas dans l’impuissancc de„ faire le bien, 8c ne te sens-tu pas contraint de t’em-„ ployer tout entier à poursuivre des choses .que tu mef-„ priseroìs si ta raison n’estoit corrompue? O Dieu! dit„ Xenophon, c’est attribuer une estrange force à un bai-„ fer. Et t’en estonnes-tu, répondit Socrate, ne vois-tu,, pas de petites araignées, dont la morsure est si veni-„ nie u se, qu’elle cause des douleurs estranges 8c fait mef-„ me perdre l’efprit. Je le fçay fort bien, dit Xenophon,„ mais ces animaux jettent un venin en mordant. Et tu„ penses, insensé! adjousta Socrate, que les baisers amou-,, reux ne soient pas envenjmez, à cause que tu n’en vois„ pas le poison ? Sçache qu’une belle personne est un ani-„ mal plus dangereux que les Scorpions, parce que ceux„ là ne nous peuvent blesser s’ils ne nous touchent, mais„ la beauté nous frappe fans nous approcher; de quelque„ endroit que l’on puisse l’appercevoir, elle lance fur„ nous son venin & nous renverse le jugement. C’est,, peut-estre pour ce sujet que les amours font represen-„ rez. avec des arcs 8c des flèches, parce qu’un beau vi-„ sage nous blesse de loin. Je te conseille donc, Xeno-,, phon, quand tu découvriras quelque beauté de t’enfuir,, fans regarder derrière toy; 8c pour toy, Critobule, je,, pense qu’il seroit à propos que tu t’ablèntasses un an,, tout entier, car ce ne sera pas trop de temps pour te„ guérir de ta blessure”. Peut-on voir une Morale plusdigne d’un grand Philosophe que celle-là ? Nos bons Ca-fuistes ne la jugeroient pas trop scvere, 8c ne trouveroientpoint d’hyperbole dans les comparaisons de Socrate (5?í).Les Maximes d’un ancien Romain n’avoient pas moins derigueur. II avoir un affranchi qu’il aimoit beaucoup, 8cune fille qui commençoit à être nubile. II fut que cetaffranchi savoir baisée, 8c il l’en punit sévèrement, quoiqu’il y eût dans les circonstances de cette faute un motifd’excuse; mais il n’eut aucun égard à cela, ni à l’amitiéqu’il avoir pour le coupable, il ne considéra que les con-séquences de la peine. On ne marque point s’il se con-tenta de la punition ordinaire d’un baiser, c’étoit la peinedu fouet (57) : il y a de l’aparence qu’il ne s’en contentapas; 8c quoi qu’il en soit, nous savons que son principalmotif fut de faire entendre à fa fille, qu’à l’égard mêmedes baisers elle ' devoir se conserver vierge pour le mariquelle épouseroit, 8c lui en garder la prémiere fleur. Va-lere Maxime s’est exprimé fort heureusement là-deffus. pfaut l’entendre: §)uid P. Maniusì quam feverum pudicitiaeufiodem egit ! In Uberturn nantque gratum admodum fib* ant ~madvertit, quiaeum nubilis jam isatis filìi sua oficulum de-dijje cognoverat , cmn pnfertim non libidine, fid errore lap-sus videri postes. Ceterùm amarìtudine peem > ttneris adhuc

puella

fur les Cri-tiquesGril m m,tmm. 503,

\

(51) litm %ibidem.

(sz) Nef.ciunt nos-tiaj virei-nes . . .vestncíciunt.

Voiez. ci-des-sus Cita-tion (47).

(53) OfinUqua Venusquintíi pairiefui Ntftaristmbuit. Ho-rat. Libr. /»Ode XIII.

(54) Hee-teboord,Exercit.Ethic.XLIV,/«-Dr.'

Cîs) Xeno^phon, Libr,I deMe-morab. So-cratis. Jeme fers de UTraduction Jde Monfr •Charpen*ricr,^.57.Edit. deParis 1657

in X2.

(j6) Confetque Achil-les Tatius,Libr. II,pag. m . 79.

(57) Siali’t-71 x feeminxofeulum in-stxum ratio -nis fit verbe -rt vindicatifnonne quiillui punét*temporis f* mcerit » incom-parable ho-T ar**rn fpade

x>erberatur ,& suavitasvluptatistxigua diu~turn» dolortpunitur?Auguft. lieCivit. DeisLibr. XXI fCap. XI.