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Tome troisieme.
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DISCOURS

» Enfin, et c’est là sans doute le plus grand des miracles opérés par votre génie, cepeuple , que l’effervescence civile avait rendu indocile à toute contrainte , ennemi detoute autorité, vous avez su lui faire chérir et respecter un pouvoir qui ne s’exerçait quepour sa gloire et son repos.

» Le Peuple français ne prétend point s’ériger en juge des constitutions des autresÉtats.

» Il n’a point de critiques à faire , point d’exemples à suivre ; l’expérience désormaisdevient sa leçon.

» Il a pendant des siècles goûté les avantages attachés à l’hérédité du pouvoir.

» Il a fait une épreuve courte, mais pénible, du système contraire.

» Il rentre, par l’effet d’une délibération libre et réfléchie, dans un sentier conforme àson génie. *

» Il use librement de ses droits, pour déléguer à Votre Majesté Impériale une puissanceque son intérêt lui défend d’exercer par lui-même.

» Il stipule, pour la génération à venir ; et par un pacte solennel, il confie le bonheur deses neveux à des rejetons de votre race.

» Ceux-ci imiteront vos vertus.

» Ceux-là hériteront de notre amour et de notre fidélité.

» Heureuse la nation qui, apres tant de troubles et d’incertitude , trouve dans son seinun homme digne d’appaiser la tempête des passions, de concilier tous les intérêts , etde réunir toutes les voix!

» Heureux le prince qui tient son pouvoir de la volonté, de la confiance et de l’affectiondes citoyens !

» S’il est dans les principes de notre constitution, et déjà plusieurs exemples semblablesen ont été donnés , de soumettre à la sanction du peuple la partie du décret qui con-cerne l’établissement d’un gouvernement héréditaire, le sénat a pensé qu’il devait sup-plier Votre Majesté Impériale d’agréer que les dispositions organiques reçussent immé-diatement leur exécution ; et pour la gloire comme pour le bonheur de la République , ilproclame à l’instant même NAPOLÉON Empereur des Français. »

L’Empereur a répondu en ces termes:

« Tout ce qui peut contribuer au bien de la patrie, est essentiellement lié à monbonheur.

» J’accepte le titre que vous croyez utile à la gloire de la Nation .

» Je soumets à la sanction du peuple la loi de l’hérédité. J’espère que la France ne serepentira jamais des honneurs dont elle environnera ma famille.

» Dans tous les cas, mon esprit ne sera plus avec ma postérité, le jour où elle cesseraitde mériter l’amour et la confiance de la grande Nation. »

Le sénat a été ensuite admis à l’audience de Sa Majesté l’Impératrice.

Le consul Cambacérès , président, lui a dit :

MADAME,

« Nous venons de présenter à votre auguste époux le décret qui lui donne le titred’EMPEREUR, et qui, établissant dans sa famille le gouvernement héréditaire, associe lesraces futures au bonheur de la génération présente.

))

II