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SECONDE MARCHE DE NAPOLÉON CONTRE BLUCHER .
(Opérations mtrr la filante et l’^Usnc, et an bclà be cette rimère.
Le maréchal Blücher, isolé, comme on l’a vu, par la retraite de Schwarzenberg de Troyes , n’avait pas attendu leprojet de Yandœuvre pour agir. Après s’être replié sur la Marne , qu’il passa, le 24 février, à Baudemont, il marchacontre Marmont et Mortier, laissés en observation le premier sur la route de Châlons a Paris , le second aux environsde Villers-Cotterets pour harceler le corps de Winzingerode. Les deux maréchaux français comptaient à peine12 mille combattants lorsqu’ils eurent effectué leur jonction à La Ferté; ils battirent en retraite sur Meaux, qui leurfut enlevé par l’armée de Silésie. Obligés de se retirer sur la rive droite de l’Ourcq , et y ayant été renforcés pare mille hommes de toutes armes accourus de Paris avec 48 pièces de canon, ils disputèrent vigoureusement le passagede cette rivière à Lisy (PI. XXIV).
Napoléon, instruit de ces événements, partit de Troyes , pour marcher une seconde fois contre le maréchal prussien,dont il se voyait en position de menacer la retraite. Il porta à cet effet les jeune et vieille gardes, sous Ney, ainsi queles réserves de cavalerie, par la route de Sézanne sur La Ferté et Château-Thierry . Le général Arrighi dut appuyer cemouvement, et les deux maréchaux suivre l’ennemi en queue quand il se retirait. Les Prussiens se mirent en retraitepour gagner l’Aisne par La Ferté-Milon. Marmont et Mortier entamèrent leur arrière-garde, le 2 mars, au défilé deMareuil. Napoléon marchait sur leurs communications par Oulchi-le—Château, pensant les acculer à Soissons , quiavait été mis à l’abri d’un coup de main. Un incident grave déjoua ses projets. Le général Moreau, qui commandait laplace, avait capitulé, le 3 mars.
Si les manoeuvres de l’empereur des Français menaçaient l’armée de Blücher , d’immenses moyens se préparaient detoutes parts pour soutenir ce dernier, et la fortune se mettait de la partie pour le tirer d’embarras. Les corps alliés sesuccédaient sur le territoire français comme les vagues de l’Océan. Bulow, relevé en Belgique par le duc de Weimar ,qui commandait les troupes de la confédération germanique, enleva LaFère , méchante place, servant de grand dépôtd’artillerie, et y prit un immense matériel. De là il se dirigea sur Soissons .
D’un autre côté, le général Winzingerode, ayant enfin réuni ses forces et soumis Avesnes, venait d’arriver par lesArdennes avec sa cavalerie et le corps de Woronzof. Outre cela, les troupes de Saiat-Priest et de Langeron, relevéespar des landwehr allemandes, se mirent en marche pour la même destination.
L’empereur Alexandre, peu satisfait des opérations du prince Schwarzenberg, avait résolu de donner le gros desforces russes et prussiennes à Blücher , qui, plus hardi et moins enchaîné par une politique méticuleuse, se conformeraitmieux aux manoeuvres qu’on lui prescrirait. Bulow, Winzingerode et Woronzof furent mis à cet effet sous ses ordres,et les derniers marchèrent de Châlons par Epernay sur Reims , pour se mettre en communication avec lui. Ils sedirigèrent ensuite sur l’Aisne et Soissons .
A l’approche de ces forces imposantes, le général Moreau, à qui la défense récente de la ville d’Auxerre avait simal réussi, ne sachant distinguer un bon poste d’une ville ouverte et sans importance militaire, se laissa imposer parles forces immenses de l’ennemi et capitula un peu légèrement.
Cet événement et l’arrivée des renforts qui seuls surpassaient la force de son armée, laissaient peu de chances pourla réussite du beau plan de Napoléon. Blücher put, en effet, réunir ses forces imposantes en avant de Laon , et prendreune position avantageuse sur la Lette entre Soissons et Craonne .
Voyant que Blücher lui échappait, Napoléon voulut d’abord essayer d’enlever Soissons de vive force. Mortier etMarmont l’attaquèrent, mais le général Roudsewich, se sentant soutenu par toute l’armée, déjoua aisément cettetentative. En même temps, Napoléon avait envoyé Corbineau pour reprendre Rheims : celui-ci, plus heureux, enleva4 faibles bataillons qui gardaient cette ville. Alors Napoléon imagina effrayer Blücher en manœuvrant contre sagauche, qui couvrait sa base d’opérations. 11 passa l’Aisne à Bery—au-Bac, et s’avança sur Craonne . Cette fois, celui-ci,rassuré par son immense supériorité, résolut de reprendre l’offensive, en dirigeant son effort sur la droite de Napoléon ,et, afin d’assurer d’autant mieux sa ligne de retraite, il dirigea ses troupes sur le plateau de Craonne ; mais, prévenude nouveau par Napoléon , dont il trouva l’armée formée sur les hauteurs entre Corbeny et cette ville, il n’osa pasl’attaquer dans un poste où il se trouvait trop resserré pour faire agir ses forces, et il fit les dispositions suivantes :
Woronzof devait recevoir le combat sur les hauteurs de Craonne , soutenu de Sacken qui bivouaqua à la hauteur deBray*Les corps d’York et de Langeron avaient l’ordre de rester en réserve à Froidmont, tandis que Winzingerode, à la têtede 10 mille chevaux et soutenu par Kleist , passerait la Lette à Chevrigny pour se diriger sur Féthieux , autant pouropérer sur le flanc droit de Napoléon que pour regagner la route directe de Laon . Enfin, Bulow fut détaché avec ses20 bataillons sur Laon pour garder ce point décisif.
Soit que Napoléon fût instruit de ce mouvement un peu large, soit qu’il eût pris d’avance la. résolution d’attaquer,il déboucha, le 7 mars, de Craonne et de Corbeny par l’abbaye de Vaucler et Ailles sur le corps de Woronzof.
Blücher , instruit parle canon de cette attaque et des difficultés que rencontraient les colonnes détachées sur Féthieux,ne voulut pas exposer ses corps à des engagements partiels, et prescrivit à Woronzof et à Sacken de se replier sur laroute de Laon pour venir s’établir à la droite derrière la Lette .
Malheureusement, il n’était plus temps, ainsi qu’on va le voir : Woronzof (aa) avait pris un poste fort avantageux àl’endroit le plus resserré du plateau, où il ne pouvait être abordé que par des ravins difficiles. Ce front étroit étaitgarni de deux lignes d’infanterie et couvert de 60 pièces de canon, dont 24 de position battaient les ravins au loin. Nousregrettons que les bornes de cet aperçu nous interdisent les détails de cette lutte glorieuse ; en voici le précis :
PLAXCUE NLX.VI, Bp ».
Napoléon ordonna à Ney (3) d’attaquer la gauche des Russes, par le vallon de la Lette , et à Victor de le renforcer. Lacavalerie de Nansouty (2) devait aborder la droite par Vassogne, Mortier soutenir, avec la garde (1), les deux attaques.En attendant que Victor (4) et Mortier (5) fussent arrivés, on fit engager la canonnade par l’artillerie légère de la garde. —