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violence aux gens, les subjuguer, les captiver, entraî-ner Vamour ou L' amitié ? Celui qui fait tout cela estplus qu 'aimable*
AIMABLE ORPHEE. £ m. Tenne de Fleuriste. C’est unœillet cramoisi Sc blanc ; fa sieur n est pas bien large ,jnais elle est bien tranchée : ia plante est d’un beauvert, & donne beaucoup de marcotes. Il vient de Lille.AIMANT , ou AIMAN , ou AYMAN. £ m. Magnes.C’est une pierre minérale, ou plutôt un métal, ou unfer imparfait, dont la pesanteur & la couleur appro-chent fort de celles du fer. Il est pourtant plus pesant,& plus dur. On le trouve pour l’ordinaire dans lesmines de fer; & il fe rencontre souvent des morceaux,qui font moitié aimant 3 8 c moitié fer. Sa couleur estdifférente suivant les differens pays d’où il vient : lemeilleur est d’un noir luisant. Il n'y en a point deblanc. Celui d’Arabie est rougeâtre ; celui de Macé-doine noirâtre; celui de Hongrie, d’Allemagne, d’An-gleterre, &c. de couleur de fer non poli. Sa figure nifa grosseur ne font point déterminées. On en trouvede toutes figures , & de grosseurs différentes. Il a despropriétés merveilleuses. Il va s’unir au fer , lorfqu’ilen est à une certaine distance ;& il peut même le te-nir suspendu , quoiqu’il ne le touche pas , Sc qu’il yLit même entre eux du papier, du carton, du cuivre ,ou quelque autre corps mince. C’est ce qu'on appellefa vertu attractive. Il tourne toujours un certain côtévers le Nord, & le côté opposé vers le Sud. C’est làfa vertu directive. On appelle fes côtés, .les poles del’ aimant 3 & la ligne qui va de l’un à l’autre pôle, l’axede l’ aimant. Il communique ces mêmes propriétés aufer qu’il touche ou qui a passé près de lui à une cer-taine distance ; enforte qu’il a des poles qui fe tour-nent vers les poles du monde, aulîì-bien que ceux deY aimant. Ce qu’il y a de singulier, c’est que si ayantprésenté au pôle d’un aimant 3 le pôle d’un autre ai-mant 3 ils fe joignent; en lui présentant le pôle oppo-se , ils íemblent se fuir. On connoît les poles de Y ai-mant 3 en posant desius une aiguille en liberté : cetteaiguille fe tournera de forte qu’un de fes bouts mar-quera un pole de Y aimants & l’autre marquera le pôleopposé. Pour conserver un aimant , il faut l’armer ,ou l’entourer de petites plaques de fer, qui puissentle toucher ; ou bien le suspendre à un fil par son équa-teur, pour lui laisser prendre fa situation. S’il s’enrouille,si on le laissé quelque temps dans le feu , ou si on lemet en poudre, il perd la conformation naturelle defes pores, Sc par conséquent toutes fes propriétés, Onpeut augmenter, ou diminuer la force de Y aimant ,•au lieu qu’on ne peut point la rétablir lorfqu’elle estperdue. Il n’est pas vrai qu’un aimant frotté d’ail perdfa vertu. Matthiole dit que Y aimant fondu avec dubronze roux , le fait devenir de couleur d’argent ,comme la calamine donne la couleur d’or au cuivre.Pline dit, que l’Architecte Dinocrates Alexandrin avoircommencé à voûter d ’ aimant le temple qu’un des Pto-lomees avoit fait bâtir à Alexandrie à fa sœur Arsinoéqui ctoit auíïì fa femme, afin d’y faire tenir suspendueen 1 ait la statue de cette Princesse qui étoit toute defer. Mais Ptolomée Sc l’Architecte moururent avantque l’ouvrage fut achevé. M. Godeau écrit la mêmechose de la statue de Sérapis faite par le Roi Sesostris ,& suspendue dans un temple d’Alexandrie. On a faitfait accroire au peuple la même chose du cercueil deMahomet. Mais ce font des fables. Le tombeau deMahomet est en terre au milieu de la Mosquée.
$ Gassendi Sc le Pere Fournies dérivent ce mot de l’a-
mour que Y aimant a pour le fer & pour le pôle, quianihil amantiàs quàm attrahere & retinere. Ménage ledérive de adamante 3 ablatif de adamas , dont on ausé en cette signification. Voye\ les Acta SS. April.T. I.p. i p j Sc dans la vie de S. W aleric, Ch. 2. Cetteethnologie est pssis vraie que celle qu’apporteau mêmeendroit Henfchenius, q u j dit que nous l’appelons Pierreaimant 3 c est-à-dire , Lapis amans , ou adamans.Guichard va plus loin. II prétend qu ’ adamas signifieproprement la pierre aimant , Sc qu’elle a été ainsi ap-pelée du mot hébreux tNdî, adam , qui signifie êtrerouge, parce qu’en effet il y en a de rougeâtre. On l’ap-
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pelle en latin Magnes , Lapis Lydius , ou Ileraclius >parce qu’on le trouveir auprès d’Héraclée, qui est uneville de Magnésie, qui fait partie de la Lydie , ou dunom d’un berger nommé Magnes qui le premier ledécouvrit avec le fer de fa houlette au mont Ida.|£? L’ayant enfoncée dans la terre , dit Nicander, ileut de la peine à la retirer. Curieux de découvrir lacause du nouvel obstacle qu’il rencontrent, il creusaautour du bâton, Sc il en trouva la pointe attachée àun aimant.
Les Anciens qui ont su que Y aimant attire le fer,ont entièrement ignoré la propriété qu’il a de fe diri-ger vers les poles du monde. Cette qualité nous est• connue depuis 3 ou 4 siècles. On assure qu’un certainJean de Goya de Melphi dans le 13 e siècle a été l’in-venteur de l’aiguille aimantée. Cependant GeorgesWler Anglois, dans son voyage de Dalmatie, de Grèceôc du Levant, dit qu’il a vu un ancien livre d’Astro-nomie, qui fuppofoit l’ufage de l’aiguille aimantée ,quoiqu’on ne s’en servit pas pour la navigation , maispour d’autres usages d’Astronomie. Platon appelle Y ai-mant j Pierre Herculienne , à cause qu’elle commandeaufer, qui dompte toutes choses. C’est ainsi qu’elleest nommée dans Euripide. On l’appelle aussi Lapisnauticus , à cause de son extrême utilité pour la na-vigation; Sc fideritis 3 à cause qu’il attire le fer , queles Grecs nomment nftipct Sc en vieux francois cala-mite , ou marinette. Gilbert, Cabeus, les Peres Gran-dami & Kircher , en ont écrit fort au long. Le PereLieutaud en a donné un nouveau système. Defcartes,Rohault, & après eux M. Regis, ont traité la mêmematière. Ils ont tâché d’en expliquer les effets d unemanière très-claire Sc très simple ; & ils ont confirméleurs fentimens par une infinite d’expériences, quis’ac-cordent parfaitement avec leurs principes. Les Anciensont attribué la propriété attractive de Y aimant , ou àune ame qui l’anime, ou à une certaine sympathie en-tre le fer & Y aimant , ou à certains corpuscules quis’écoulent du fer, Sc de Y aimant 3 Sc qui vont s'insi-nuer dans les poles de l’un Sc de l’autre. Pour expli-quer les effets de Y aimant , les Philosophes modernesont imaginé plusieurs systèmes, dont quelques-uns ,quoìqu’ingénieux, font peu conformes aux loix de lafaine physique.
On doit supposer que chaque aimant a deux poles ,c est-à-dire , deux points dans lesquels réside toute faforce, savoir le pôle du nord ou boréal, qui se tourneconstamment vers le nord; & le pôle austral, ou mé-ridional, ou pôle du sud, qui fe tourne vers le sud.C’est au moins la dénomination reçue parmi nous. Chezles Anglois, c’est tout le contraire.
fjCT L ’Aimant a fes pores droits Sc parallèles à son axe.Il est probable que les pores qui vont du nord au midi,n’ont pas précisément la même figure que ceux qui vontdu midi au nord.
§ 3 * On donne à Y aimant une atmosphère composée decorpuscules magnétiques. On ne doit pas regarder cecicomme une simple supposition , puiíque l’expériencenous apprend que le fer d aimante fans toucher Y ai-mant 3 pourvu qu’on le mette dans l’atmolphère dela pierre. L’efpace dans lequel fe meut cette espèce detourbillon de matière magnétique autour de Y aimant,est ce qu’on appelle la sphère d’activité de Y aimant. Saqualité attractive ne s’étend point au-delà.
£f 3 * On regarde les pores de Y aimant comme remplis decorpuscules magnétiques , dont chacun est un petitaimant qui a son axe Sc fes deux poles. On peut soup-çonner que ces corpuscules ont une figure à peu prèsronde. La facilité qu’ils ont de fe mouvoir fur leur axeparoît l’annoncer. On peut supposer encore que les cor-puscules magnétiques qui viennent de la partie boréalede la terre ne font pas tout-à-fait semblables à ceuxqui viennent de la partie méridionale.
ifT Enfin chaque corpuscule magnétique a une directionconstante, & il tourne une des extrémités de son axevers le pôle boréal de la terre, & l’autre extrémité versle pôle méridional. D’où peut venir une direction aussiconstante?
fCT Les Physiciens ont toujours regardé la terre comme
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