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un grand aimant. On peut donc lui donner des poresparallèles à son axe, & supposer qu’elle nous fournittous les corpuscules magnétiques qui se trouvent dansson atmosphère ; & que l’émiíìion des corpuscules cau-sée probablement par la fermentation qui se irait dansle sein de notre globe , ne peut se faire que par lespoles de la terre, puisque l’ouverture par laquelle ellese fait, se trouve aux poles ou aux environs des po-les. Enfin l'on peut supposer que les corpuscules ma-gnétiques conservent une direction vers les poles dela terre, puisque c’est delà qu’ils sortent,fjc? Avec ces suppositions on explique avec alsez de fa-cilité les expériences de Y aimant.
CtT Si l’on fait toucher à une pierre & aimant une aiguillede fer ou d’acier, elle recevra par le contact les pro-priétés de l’ aimant , parce que le fer & l’acier ont des
( «ores à-peu-près semblables à ceux de Y aimant : ainsies corpuscules qui sortent de l’ aimant 3 vont se logerdans les pores de l’aiguille, & lui communiquent lespropriétés de Yaimant.
A 3 L’extrémité de l’aiguille qui touche le boréal d'unepierre d’ aimant , acquiert une vertu méridionale, c’est-à-dire, une vertu qui la fera tourner vers le pôle de laterre opposé à celui que regardoit le pôle de la pierrequi a servi à l’aimanter; parce que les corpuscules ma-gnétiques qui sortent du pôle boréal de la pierre, en-trent dans l’aiguille d’acier en conservant leur direction.Ils y entrent donc la face boréale la première. Donc1 extrémité de l’aiguille qui ne touche pas la pierre,doit acquérir la vertu boréale, & celle qui touche lepôle boréal de la pierre, doit acquérir une vertu mé-ridionale.
§ 3 “ Par la même raison, si l’extrémité de l’aiguille tou-choìt le pôle méridional de la pierre, elle acquêteroitune vertu boréale.
Si on sait toucher l’équateur de la pierre à l’aiguille.au lieu de lui faire toucher un des deux poles , ellene s aimantera pas sensiblement, parce que 1 aiguillene s’aimante qu’autant qu’elle reçoit dans ses poresles corpuscules magnétiques. Or c’est par les poles dela pierre que se sait l’émiision de ces corpuscules, &non par l’équateur.
§ 3 * Pour ce qui concerne la direction & la déclinaisonde l’aiguille aimantée, Voye\ au mot Aiguille.
Pour Pattraction & la répulsion magnétique. Voye\au mot Attraction.
Un aimant armé a beaucoup plus de force qu’uraimant désarmé, & il soutient quelquefois un poidscent quatre-vingts fois plus grand. On arme un aimanten appliquant à chacun de lès poles une plaque d’a-cier terminee par un bouton. Ges deux boutons fontles deux endroits où va se réunir toute la force desdeux poles. Auffi c’est fur un de ces boutons que l’ondoit frotter ce que l’on veut aimanter.
CG" On ne fera pas surpris de la force prodigieuse desaimans armés, si l’on fait attention que par le moyendel’armure, les corpuscules magnétiques non-feule-ment ne s’évaporent pas, mais encore au lieu d’étree pars çà & là, ils vont tous se réunir dans les deuxl t -r° ut °ns que l’on nomme les deux poles,f-* De plus, l’acier étant plus poli que la pierre d’sli-mant 3 il leste moins d’air entre l’acier & les corps quis attachent immédiatement à lui, qu’il rien resteroitlt? n p e J a P* crre & ces mêmes corps.
** £ n ^n l’acier a des pores moins larges que Y aimant.cs corpuscules magnétiques qui sortent de Yaimantpour entrer dans l’armure d’acier, patient d’un endroitP us arge dans un endroit plus étroit : ils accélèrentonc leur mouvement ; & par conséquent leur force
est augmentée.
1 < j IU1 , connoître les deux poles d’un aimant , enter-íeZ 1 r nS IimailIe d’acier. En le retirant, vous ver-rez la limaille attachée à deux endroits préférablement
u t0 . us ’ es autres. Ces deux endroits font les deux polesde la pierre.
m Parent est persuadé que dans le système de Yai-/ , on ^oit admettre deux tourbillons de matièreA § n Çtiqu e , qui tournent en hélice autour de la terrec °ng de son axe en deux sens opposés l’un à l’au-
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tre, & dont l’un fort par un hémisphère, & l’autrepar l’hémisphère opposé. Acad. des S. 1703. Hiji.P- 1 S’
M. André, Médecin, dans ses Entretiensfur P acide& fur Paikali 3 prétend qu’on peut expliquer, par lemoyen de ces sels, tous les effets qu’on attribuoit au-trefois à des qualités occultes, •& entr’autres la vertude Yaimant. 11 dit que la force de Yaimant qui est unfer imparfait, consiste dans de petits corps pointus quiremplissent ses pores ; qu’il fort fans celle de Yaimantquantité de ces petits corps, en même temps qu’il y enrentre d’autres qui prennent leur place , parce quel’air en est tout rempli ; que ces atomes qui sortentcontinuellement de.Y aimant 3 s’insiniient dans les poresdu fer, & les remplissent ; mais que comme ils ne peu-vent sortir fans agiter l’air avec violence , cet air ainsiagité poulie le fer vers Yaimant 3 ou Yaimant vers lcfer, suivant que l’un de ces deux corps lui résiste.
Nicolas Elaríoeker dans ses Principes de Phyfque 3prétend que Yaimant 11'est qu’une pierre ordinaire par-semée d’une infinité de prismes creux , qui, par lemouvement diurne de la terre fe font rangés parallèlesles uns aux autres, & à-peu-près parallèles à l’axe dela terre. Ces prismes contiennent dans leurs canaux;une matière extrêmement subtile, qui par le mouve-ment diurne de la terre doit couler par les canaux desprismes qui font à la file l’un de l'autre ; ayant ainsicoulé de prisme en prisme jusqu’au dernier, elle doitretourner vers le premier,& y rentrer par la même ouver-ture qui luiadéja servi d’entrée; ainsi elle doit faire unecirculation perpétuelle auteur de ses prismes. Par cesprincipes il prétend expliquer tous les phénomènes deYaimant.
Monconis, T. II. p. 449, parle d’une pierre d’ai-mant qui ne pesoit qu’une once, & qui en portoit 33etant année, & dune autre qui pesoit y onces, & por-toit 13 livres de 12 onces chacune. Voye ^ fur Yaimantle livre du Pere Lieutaud Jésuite, intitule Magnetolo-gia 3 Sc imprimé à Lyon en 1668, i/2-4 0 . Velschius,dans ses Observationes Phyfco-Medicœ 3 parle d’un ai-mant blanc, qui avoir la même force Sc la même vertuque le meilleur aimant du monde, & d’un aimantartificiel fur lequel il discourt amplement.
On trouve en presque toutes les provinces de la Chinedes pierres d 'aimant. Il en vient aussi du Japon-, maisle grand usage qu’en font les Chinois est dans la Mé-decine. On les achete au poids, 8 c les meilleures nefe vendent que 8 ou 10 fols l’once. J’en ai apporté uned’un pouce òc demi d’épaiíleur, qui quoiqu’assez malannée, lève néanmoins 11 livres; Elle en levera 14 ou1 y, quand elle fera en état. Au reste, ils ont unefacilité fort grande de les tailler; 011 a coupé à Nankinla mienne en moins de deux heures. La machine dontils fe servirent pour cela est simple ; & si nos ouvriersveulent en user, ils abrégeront beaucoup le travail. Elleest composée de deux jambages de 3 ou 4 pieds dehaut arc-boutéspar deux liens en contrefiches, & sépa-rés par une membrure qui les traverse , & qui est em-mortaisée dans leurs semelles. Sur la tête des jambages* on pose de champ un petit rouleau , ou un cylindre,d un pouce & demi de diamètre, qui peut tourner cir-culairement par le moyen d’une corde roulée sur le.milieu, dont les deux bouts pendans font attachés à unedouble marche, fur laquelle pose les pieds de l’ouvrier.A l’une des extrémités du cylindre, on a mastique parson centre une plaque de fer fort mince , fort ronde ,& bien aiguisée en tout son contour, qui a environ huitpouces de diamètre, & qui fe meut avec une grandevitesse , tantôt en dessus & tantôt en denous, selonqu’on élève ou qu’on abat les marches. L ouvrier ce-pendant présente d’une main Y aimant 3 & de l’autrede la boue faite d’un sable très-fin, qui rafraîchit le fer,& qui sert à couper la pierre ; mais parce que le fer enpaílantau travers du fable, le jette & le pousse tout au-tour avec violence, ce qui pourroit aveugler celui quitravaille, on a foin de placer précisément au-dessus unepetite latte tournée en demi-cercle qui le reçoit & quien défend l’ouvrier. P. Le Comte.
AIMANTER, v. a. Faire toucher une aiguille ou autre.