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Tome premier. [A - BOU.]
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chose à de saimant, la frotter d aimant, la faire passersur une pierre d'aimant Magnete perfricare. Le Fer &l’acier ne s ’aimantent pas Feulement en les faisant tou-cher à une pierre d’ainjant ; les fameuses croix des clo-chers d’Aix & de Chartres ont asser appris qu’expoíè àl’air pendant une longue fuite d’annees, le fer íemblese convertir en un véritable aimant. Une barre de ferposée verticalement a bientôt deux pôles comme l’ai-mant. On peut en faire ^expérience avec des pincettes decheminée, pourvu qu’on ait Fattention de ne les pas. renverser. M. Rohaut rapporte qu’ayant fait rougir unmorceau d’acierlong & 'délié, & sapant ensuite trempéen le tenant perpendiculaire à l’horizon, il a trouvé àchacun de ses bouts la vertu d’un des pôles de saimant,jointe à celle d’attirer assez bien la limaille de fer. Il ya une façon dont le fer & 1 acier s aimantent 3 beau-coup plus Fuie & plus commune que la précédente,Sc cependant plus connue des ouvriers en fer que desPhysiciens. Dans les boutiques de Serruriers, des Cou-teliers , de Taillandiers ,on ne voir qu’outils aimantés.Presque tous ceux dont ces ouvriers se servent pour cou-per ou percer le fer à froid, comme ciseaux , forêts,poinçons, se chargent de limaille de fer dès qu’on lesen approche; il y en a même qui enlèvent auffi-biende petits doux, qu’ils le feroient, son les avoit faittoucher par un aimant médiocre. Les limes mêmes setrouvent souvent aimantés: en un mot, cela est pro-pre à tous les outils qui entament le fer. Les expérien-ces montrent que ce n est point la trempe qui leurdonne .cette propriété. Les outils qui viennent d’êtretrempés ne sont nullement; mais il ne faut qu’unins-tant pour la leur donner. Qu’on prenne un ciíeau, ouun poinçon au sortir de la trempe ; qu’on pose le tail-lant de î’un ou la pointe de sature Fur un morceau defer, n’importe sous quelle inclinaison, Sc qu’on donneeníuite un coup de marteau íur sature bout de sou-ri! , en voilà assez, on a aimanté sa pointe ou son tail-lant. Il a suffi à soutil de couper le fer, pour pren-dre la vertu de satrirer. Après le premier coup demarteau, cette vertu est encore foible ; on saugmentes son recommence à appliquer & à frapper de mêmecet outil. Et cette opération smple, répétée un nombrede fois, ajoutera toujours à la nouvelle force attractive :mais il y a un terme par-dcla lequel on répéterait inu-tilement l’opération. La vertu de soutil n’y gagneraitplus rien. Un morceau cle fenton de fer de Berry, C’est-à-dire, de fer très-doux, ferré dans un étau , à qua-tre ou cinq pouces d’un de ses bouts, plié & repliéplusieurs fois dans le même endroit, se casse. Auísitôt onprésente la callure de chaque bout à de la limaille defer, elle s’en couvre entièrement ; elle en attireraitmoins, f elle n’eût touché qu’un aimant foible. Touteschoses Tailleurs égales, plus le fer qu’on a cassé est doux,plus il est fibreux, plus il s’est laillé tourmentés avant quede se caser , plus vigoureusement se trouve-t-il ai-mante dans ses cassures. Le fer à lames, le fer cas-sure s'aimante plus faiblement; mais 1 acier trempés’aimante encore moins. Pour l’acier non trempé, Li-cier recuit, il s ’aimante plus ou moins, selon qu’ilest plus ou moins doux. En général on ne trouve pointde fer dont le cassure n’attire au moins quelques grainsde limaille, si on l’elsaie dans l’instant qu’elle vientd’être faite. Foycq M. De Reaumur. Acad. des S.i j24. Mém. p. 1S1 &Juiv.

AIMANTÉ, ÉE. part. L aiguille aimantée est l’aiguillede la boussole. Magnete perfrictus. , ,

AIM ANTIN, INE. adj. Qui a la propriété de l’aimant,ou une nature semblable. Fi magneticâ praditus.sieurs Philosophes attribuent à la terre une vertu ai-mantine , qui lui fait attirer les corps graves. Cemot n’est pas d’usage. On dit magnétique.^

AIMAR. f. m. Adcrnarus. Nom propre, le même que ce-lui d 'Ademar, ou Adimar , dont il s’est formé par leretranchement du d , Ademar , Aemar, Airnar. A de-mar 3 ou Aimar de Chabanois, Moine de S. Cibard’Angoulême, au XII e siècle écrivit une chronique quicommence à fan de Jésus-Cîirxst 829, & finit en1010. Ademar 3 ou Aimar 3 Cardinal de S. Anastaseau XIV e siècle, |

AIM

{CT AIMARGUES. Armanit. Petite ville de Languedoc,dans le diocèse de Nismes. Elle est dans les marais. Elle tétoit assez forte quand les PP. Réformés s’en rendi-rent'maîtres.

AIMER. v. a. En général c’est avoir de l’affection pourun objet quel qu’il soit, dans la pensée que c’est unbien. Amare. Un ancien a dit qu’il faut aimer ses amis,

■ comme devant les haïr un jour; & haïr ses ennemis,comme devant les aimer un jour. Cet ancien est Iso-crates , & il n’est pas le seul qui ait été dans ce senti-ment : sa maxime peut avoir un bon íens, mais abso-lument parlant, elle est fausse, Sc même pernicieuse,& contre les loix de la Religion & de la raison. Foyeyce qu’en ont dit Cicéron Sc M. de Sacy, dans leurstraités de l’amitié. Il faut aimer Dieu de tout son cœur,& íon prochain comme soi même. fCF On le dit dansce sens pour marquer l’attachement qu’on a pour lesanimaux Sc pour certaines choses qui font plaisir. Onaime les chevaux, les chiens, les oiseaux. Là Religionfait aimer saustérité aux personnes pieuses. S. Evr. Lesuns aiment le bien ; les autres la gloire. Les uns aimentl’étude ; les autres les plaisirs, le vin , la débauche,le jeu.

Aimer , absolument,se dit plus particulièrement de l’in-clination qu’on a pour une maîtresse, Sc de cette forte& tendre affection, qu’un sexe a pour sature. Le ma-riage n’apprend point à aimer 3 il veut seulement qu’oníe laisse aimer. Qui aime en plus d’un lieu, ne Fau-roit bien aimer. Despor. Aimer ou n ’aimer pas, n’estpas de notre choix. M. de la Suze. Il est dangereuxÒl aimer.

Quanduiraer signifie prendre plaisir à quelque chose,il veut le verbe qu’il régit à sinfinitif avec la parti-cule à. On n’aime point d louer, & on ne loue jamaisFans intérêt. Rochef. Le monsonge est tellement re-connu pour un vice, que ceux qui aiment le plus àmentir, le condamnent. Pelis s. Le lecteur aime à êtretraité en habile homme, & non pas en ignorant, quine peut rien suppléer de lui-même. Perr.

Aimer, signifie auísi quelquefois, savoir gré à quelqu’und’une choie, lui en être obligé. Mol. Je vous aimede ce que vous avez répondu à Octavius. Aime-q qu’onvous conseille , Sc non pas qu’on vous loue. Bon..

Aimer, se dit auílì avec le pronom personnel, & alorsil signifie, se plaire, Delectari aliquâre. Us 'aime bienà la cour, à la guerre, à ì’ctude.. Les éléphans ne s’ai-ment pas dans les pays froids. Les saules, les auness aiment dans les lieux humides'. C’est-à-dire, y pro-fitent , y réulsiííent mieux qu’ailleurs. On dit auiliqu’une personne s'aime bien, quand elle a un soin ex-traordinaire de la personne, ou quand elle a trop d’a-mour propre. Sibi placere.

Très-souvent un esprit qui se flatte 3 6’ quis 3 aime,

Méconnoît son génie 3 ó’ s 3 ignoresoi-même. Bon.»

Aimer mieux. Malle. Quand ces mots font suivis d’uninfinitif, cet infinitif veut être suivi des particules queSc de qui en régissent un autre. Ils aimèrent mieux leprendre vif, que de le tuer. Vaug. Il aime mieux diredu mal de Foi, que de n’en point parler. Rochef.

Aimer mieux 3 le dit quelquefois des choies dont on pré-féré les unes aux autres. Il aime mieux une fortuneballe Sc tranquille, qu’une fortune élevée & tumul-tueuse. Bouh.

Aimer mieux , se dit aussi des personnes, quand il nes’agit pas d amitié, mais d’une simple préférence. 5’ai-me mieux un valet mal fait & sage, qu’un valet bienfait Sc fripon. 1 d. Mais quand il s’agit d’amité , &non pas de préférence, il faut dire Aimer plus , Sc nonpas aimer mieux. Ainsi il faut dire, c’est l’homme dumonde que p aime le plus 3 Sc non pas, c’est l’hommedu monde que j 'aime le mieux. Id. Foye% Plus etMieux.

Aimer, se dit proverbialement en ces phrases : qui aimeBertrand, aime íon chien, cu qui m’aime , aime m onchien; pour dire, que quand on aime quelqu’un, onaime tout ce qui lui appartient. On dit à la guerre ,ou en quelqu’entreprile périlleuse, qui mainte, rnS