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d’aujourd’hui , & Gallia pour la Gaule de Jules César,Se pour la France íous Louis le bien aimé. L ’Alle-lemagne s’appela d’abord T'eutortie , ensuite Germa-nie, & enfin Allemagne. Trebells Pollion , qui vi-voit íous Constantin Chlorus , est le premier que jelâche, qui se soit servi du mot Alemannia. On letrouve ensuite dans Claudien, de Laud. Stilic. Liv. i.Mais celui d 'Allemannus se trouve dans Spartien, & ilparoît qu’il étoit plus ancien, & que dès le tempsd’Antonin Caracalla il étoit en usage ; puisque Spar-tien dit dans la vie de cet Empereur, qu’il prit le titred-’Allemannique,Allemannicus,pzïce qu’il avoir vaincula nation des Allemands, c’est de ce peuple que l’ Alle-magne a pris son nom. \!Allemagne est entre le 44 eSc le jj e degré de lat. & entre le 27 e & le 41 e de lon-git. Mat y.
E’Allemagne est appelée Saint Empire, un Savant croitque ce titre a été donné à l’Empiïe germanique , àlimitation du grec, où tout s’appeloit saint & sacré ,même les dignités fort inférieures à celle de l’Empe-teuf; témoin son Trésorier qui s’appeloit, Comes fa-brarum largitionum: Que jusqu à l’encre del’Empe-rcur s’appeloit sacrée : Que les Empereurs de Cons-tantinople étoient appelés Saints ■ de forte qu’unPa-triarche de Constantinople ayant manqué de donnerce titre dans un acte à l’Empereur Michel Paléologuc,cela lui suscita une grolle querelle, comme on le voitdans l’histoire de Pachimere. Ensorte qu’il est très-vrai-íemblable que les Empereurs d’Occident , voulantjouir des mêmes prérogatives que ceux d’Orient, ontpeu a peu pris les mêmes titres, que les Papes leuront donnés pour leur faire leur cour, comme à nosKois celui de Très- Chrétiens. Cette conjecture paroîtd autant plus probable, qu’elle est confirmée par quel-ques exemples, qu’on peut voir dans le Glollaire latinde Du Gange , aux mots sacer & sanclus. M. le P. B.Allemagne Françoise. Germania F rancie a. Quel-ques Auteurs appellent ainsi les terres d’Allemagne ,qui ont été cédées à la France parla paix de Munster,cu depuis, comme la haute & la basse Alsace, & leSundgaw.
La mer d’A llemagne. Mare Germanicum , GermanicusOceanus. C’est le nom que l’on donne à la partie del’Océanfeptentrional, qui est renfermée entre la Grande-Bretagne au couchant, les Pays-bas au levant, avec unbout de l 'Allemagne & la Jutie , & qui s’étend de-puis le pas de Calais jusqu’aux côtes méridionales deNorwege.
Í'A On 1 appelle quelquefois Y Empire , parce qu’elle apour souverain un Prince qui porte le titre à'Empe-pereur_ d’Occident. après le renversement de l’EmpireRomain sous Augustule, cet Empire fut rétabli parCharlemagne, qui conquit une grande partie de Y Al-lemagne ; mais son Empire ayant été affaibli par lespartages, & plus encore par la foibletfe de fa postérité,il s’en forma quantité de souverainetés, & les Rois deGermanie s’approprierent enfin le titre impérial , du-quel ils lont demeurés en possestion. L’Empire d'Al-lemagne n’a rien de commun ni avec l’Empire Romain,ui avec l’Empire d’Occident fous les Rois de France.Ce ne font ni les mêmes pays ni les mêmes gouverne-llie ns. C’est un Empire particulier dont le commence-tuent doit se prendre à Conrad I, duc de Franconie, éluPar les seigneurs Allemands pour succéder à Louis IV ,C1 'her Empereur de la maison de Charlemagne.
L Allemagne est une République dont l’Empereur5 , e Chef, & dont les membres font les trois Col-Çges de l’Empire. Le Collège des Electeurs, le Col-ì^r u - Princes tant ecclésiastiques que séculiers, &,5 .^ouege des villes impériales. La souveraineté deAllemagne ne réside point dans l’Empereur, mais, ai |f es Etats ou assemblées générales & Allemagne ,e J Empire, qu’on nomme Diètes , ou Journées Im-periales. Dans la vie de Charlemagne composée parginard, il est dit que le Leck séparoit la Bavière des1 T fí? an ds.<Walafridus Stratio, qui écrivoit fous Louise ~ e b°nnaire, dit dans la préface de la vie de S. Galle,Uell r trouv é que l’Auteur de la vie de ce Saint ap-e ss uvent XAllemagne Alùmannïa , Hautemannie.
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11 ajoute qu’il n’a trouvé ce nom nulle part ailleurs ;qu’il croit qu’il a été forgé par les Modernes à causede sa situation élevée, parce qu’une partie òxìAltc-magne est entre les Alpes Pennines, & ic rivage méri-dional du Danube.
ALLEMAND, ANDE. f. m. & f. Ce mot est le nctmdudu peuple qui a occupé la vieille Germanie , qui ha-bitent le long des rives duRhin,du Danube, de J'Elbe& de l’Oder. Allemannus, Germanus. Le mot Alle-mand, Allemannus, ne se trouve point, comme j’aidit, avant Caracalla. Quelques Auteurs ont tiré cenom du Lac Leman, à Lacu Lemano ,aujcurdliurlcLac de Genève ; d’autres d’un fleuve nommé Almon ,aujourd'hui Áltmul. Mais la plus commune opinion,
- ct qui paroît certaine , est qu’il vient de deux motsallemands, dont l’un esta//, qui signifie tout, & l’au-tre man, qui signifie homme. Dès le III e siccle Asinius .Quadratus, qui écrivoit fous les Philippes, disoit, aurapport d’Agathias, que dans la langue àzs Allemandsc’étoit-là le lens de leur nom ; cependant on ne con-vient pas de la raison qui le fit donner à ces peuples,& l’on varie fur cela, selon que l’on varie fur l’originede ce peuple. Quelques-uns ont prétendu, qu’onavoitappelle les Germains Allemands , c’est-à-dire , Touthomme , de gar , & man , plané virum , entièrementhomme ; parce qu’ils étoient très-belliqueux ; qu’ilsn’avoient rien que d’homme & de mâle; que tout en.eux étoit homme, maie, viril. Peu d’Auteurs lont dece sentiment, qui ne paroît pas vrai. Cluvier, dans leIII e Liv. de ion Ancienne Germanie, prétend que lesAllemands n’étoient pas Germains, mais Gaulois d’o-rigine. Tacite dit au Liv. des mœurs des Germains ,ch. 2g , que des Gaulois avoient passé le Rhin , & s’é-toient établis au-delà de ce íieuve & du Danube, cty avoient étendu leurs conquêtes : ce lont là, félon Clu-vier , les premiers Allemands , qui furent ainsi appelés ,parce que c’étoit un mélange de différentes Nationsgauloises. D’autres veulent que les Gaulois riaientpoint été les vrais Allemands , mais un assemblage dedifférens peuples venus dc différens endroits, du nord,ou de l’orient de la Germanie. M. Speriiuger , lavantDanois, dans une Dissertation où il a prétendu mon-trer que nous venons du Nord, auffi-bien que presquetous les peuples de l’Europe , soutient que le septen-trion a été peuplé d’abord ; que c’est la première de-meure des Celtes; que ces peuples multiplièrent en sigrande quantité dans ce pays , qu’on les appela All-man ,qui ne signifie pas assemblage de disterens peuplesmais grande & nombreuse nation; comme il paroît parles autres composés semblables du nom ail. Car, dit celavant Danois, allas signifie grande & universelle suc-cellìon , magna & universa h&reditas , & alting , Ju-gement grand & général. Tout cela peut être vrai ,sans que 1 es Allemands, ni les Gaulois soient venus duNord; & l’on a pu appeler les Celtes des Gaules, lagrande & universelle nation, parce qu’en effet ils mul-tiplièrent extrêmement , & peuplèrent beaucoup depays, en Espagne, en Italie, dans l’Albion, & en Ger-manie. Sous Clovis , les Allemands qui ri avoient pasencore donné leur nom à toute cette grande étenduede pays aujourd’hui si peuplée & si féconde en vail-lans guerriers , failoient un peuple à part, qui habi-toient la plus grande partie des terres situées entre leMein , le Rhin & le Danube. P. Daniel. Allemand ,selon Chrétien Juncker , ne signifie autre chose qu unhabitant du fleuve Almon, aujourd’hui Altmuhl, quicoule entre la Souabe, la Franconie ct la Bavière.
Le mot Allemand est venu en usage dans la langue,en ces phrases proverbiales: Vous me prenez bien pour’w. Allemand ; c’eXt-'z-àise., pour une dupe , pour unhomme qui ne connoît pas le prix des choses , pourun brutal, pour un ivrogne. Ainsi Sarrasin a dit , Phi-lis, la plupart des amans font des Allemands, de tantpleurer, &c. On dit auisi, une querelle d ’Allemand •c’est-à-dire, une querelle faite fans sujet, & de gaietéde cœur. Je n’cntends non plus cela que le haut Alle-mand ■ c’est-à-dire, que c’est une choie qui ri est pointintelligible.
Ce mot en langage de pays,signifie Tout homme :
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