Band 
Tome premier. [A - BOU.]
Seite
236
JPEG-Download
 

zz6 ALL

sT Le mystique anagogique est celui qui, caché fouslesens littéral , a pour objet les biens célestes & la vieéternelle. Telles font les promesses des biens tempo-rels , dans l’intention du Saint Esprit, image des biensspirituels.

ALLÉGORíQUEMENT. adv. D’une manière allégori-que. Per allegoriam. On ne doit pas prendre cepallageà la lettre, il s'entend allégoriquement.

ALLÉGORISER. v. a. Parler par allégorie , donner uníerís allégorique. Uti allegoriis. Les Levantins íe plai-sent a allégoriser. Par exemple, le Gouverneur de Subi-ras fait ajouter à tous ses titres , fleur de courtoise,muscade de consolation , & rose de plaisir. Ils ne man-quent pas d’obícurcir & & allégoriser le texte de l’Al-coran , dès qu’im intérêt de secte le demande. Le P.de L au bru s sel. Les Peres ont allégorisé tout l’an-cien testament.

ALLÉGORISEUR. f. m. Celui qui allégorisé. Il ne sedit guère qu'en mauvaise part, en parlant d’un hom-me qui s’artache toujours à chercher un sens allégo-rique à toutes choses. C’est un allégoriseur perpétuel.Acad. Fr.

ALLÉGORISTE. f. m. Celui qui explique un Auteur parallégorie dans un íens allégorique. Qui allegorias ad-hibet. Les anciens interprètes de l’Ecriture ont été preí-que tous des allégoriftes. Saint Augustin, S. Grégoire,Théophy lacte , Origène, Denis le Chartreux, ont ex-pliqué, la bible en allégoriftes , dans des sens allégo-riques. Les Hérétiques Millénaires donnoient le nom& Allégoriftes aux Catholiques, parce qu’ils n’enten-tcndoient pas à la lettre comme eux le règne demille ans, dont il est parlé dans l’Ecriture. L’EvêqueNépos, qui vivoit au troisième siècle, & qui fut leurprincipal Auteur, fit, pour soutenir cette erreur, unlivre qu’il intiula '.Réfutation des Allégoriftes.

Ces mots viennent du grec «VAir/so*», muto , jechange.

f T ALLEGRO, adv. italien. Terme de Musique , quiíe met à la tête d’un air, pour marquer que cet airdoit être joué vivement 8c gaiement. Il désigne unmouvement gai 8c animé, le plus vif de tous aprèsle presto.

fCF Allegro, se prend aullì substantivement, en par-lant de l’ai r même. Jouer un allegro.

if]" Le diminutif allegretto indique un peu moins devivacité dans la mesure.

ALLEGUER, v. a. Citer une loi, une autorité, un exem-ple. Laudare , citare, proferre. Les Avocats doiventrapporter les propres termes des loix qu’ils allèguent.Plusieurs Orateurs allègent des passages, 8c des au-torités qu’ils forment eux-mêmes.

Alléguer, signifie auísi, mettre en avant. Causari , al-legare. Celui qui a tort, a toujours quelque prétexte,quelque vaine excuse à alléguer. C’est à celui qui al-lègue un alibi, de le prouver. En Droit on ne croitpoint à celui qui allègue ía propre turpitude.

ALLÉGUÉ, ÉE. part. Allegatus , laudatus , prolatus.Un Juge doit prononcer selon ce qui est allégué 8cprouvé. -Judex debet judicare secundiìm allegata &probata. C’est une thèse de morale.

ALLELUIA. í. m. Petite plante, dont les racines fontlongues , menues, fibreuses, comme écailleuses dansquelques endroits, 8c d’un blanc tirant fur le rouge.Elles donnent des feuilles portées fur des pédiculesgrêles. Chaque pédicule soutient trois feuilles à sonsommet, comme le trefle, taillées en cœur. D’entreces feuilles, qui sont d’un vert tirant fur le jaune lors-qu’elles passent, s’élèvent quelques pédicules, qui pourTordinaìre ne soutiennent qu une seule fleur en formede cloche, découpée en cinq parties jusque vers soncentre. Le pistil qui sort du fond du calice, s’emboíteavec la fleur, & devient ensuite un fruit membraneux,semblable en quelque manière a une lanterne, 8c di~viíé le plus souvent en cinq loges, qui s’ouvre chacuneen dehors par une fente étendue de la base du fruitjusqu’à sa pointe. Chaque loge contient quelques se-mences enveloppees dans une coiffe , qui par fa con-traction pouffe ordinairement la graine assez loin du(fruit. Il y a plusieurs espèces d ’alléluia ; les plus com-

ALL

munes en France, & celles auxquclles cette descrip-tion convient, ont les fleurs, ou blanches, ou jaunes,ou purpurines. Elles ont un goût aigrelet dans presquetoutes leurs parties. Elles sont bonnes dans les fièvresmalignes. Francus , Médecin Allemand, a ramaflédans un traité toutes les propriétés de cette plante. Lesautres espèces qui sont étrangères diffèrent de celles-ci , parce qu’elles sont, ou branchues, ouparçe qu’ellesont de sort grolsos racines. On l’appelle autrement,Pain de Cocu, 8c en latin, Trifolium acetosum,oxys,oxytriphillum, acetosella , 8c lujula. Selon Dodonéeon l’appela alléluia, parce qu’elie fleurit dans le tempsqu’on chante alléluia dans les Églises, vers le tempsde Pâque ; & selon Scaliger, son nom vient de l’ita-lien juliola par corruption.

Alléluia, est un mot de réjouissance, que l’Église chanteau temps de Pâque à la fin des traits ou versets. C’estS. Jeromequi l’avoit introduit dans l’Egliso du tempsdu Pape Damase. Somozène se trompe , quand il ditqu’il ne se chantoit qu’une fois l’année, & S. Jérômeau contraire témoigne qu’on le diíoít même dans l’en-terrement des morts. God. Il semble néanmoins quedans l’Eglise romaine, on ne le disoit plus hors le tempsde Pâque avant S. Grégoire le Grand ; mais qu’on ledisoit dans l’Eglise grecque. Car ce saint Pape ayantordonné qu’on le dît pendant tout le cours de l’année ;& quelques gens l’ayant trouvé mauvais, parce qu’iíintroduisent, disoient-ils, à Rome les coutumes del’Eglise de Constatinople, il répondit qu’il n’avoit euégard en cela à la coutume d’aucune Eglise ; que ç’a-voit été l’ancien usage de Rome, & que sous le PapeDamase cette coutume avoitété apportée de Jérusalem.Ainsi S. Grégoire ne fit que la rétablir. Les Grecs di-sent encore aujourd’hui souvent l ‘alléluia durant lecarême, 8c même dans les cérémonies funèbres. Goar.S. Jérôme dans la vie de Sainte Paule, 8c dans sonépître is à Marcelle, fait entendre qu’on appeloit 8cqu’on assembloit les religieuses pour l’office, ou laprière, au chant d ’alléluia , au lieu des cloches. Dansla Liturgie ambroisienne, alléluia signifie ce que nousappelons le Graduel.

JfF II y avoir en Ethiopie un Monastère qu’on appeloitalléluia , parce que son premier Abbé faiíoit souventchanter alléluia.

Ce mot est hébreu , ou plutôt ce sont deux motshébreux , dont l’un est ibVn, hallelu , &l’autre n'»J a, nom abrégé du nom propre de Dieu , rum,Jéhova. L’un signifie, Laudate, louez ; 8c l’autre, se-lon l’interprétation commune, Dominum , le Seigneur.Louei le Seigneur . Ç’a été aussi autrefois un cri mili-taire , comme on voit dans Ado Viennensis.

ALLEMAGNE. Alemannia , Germania. Grand paysd’Europe, qui a titre d’Empire. Au lieu J Alemannia,les médaillés de Crispus 8c de Constantin le jeune,tous deux fils de Constantin le Grand,disent Alamanni a.L ’Allemagne avoir autrefois pour bornes au septen-trion la mer Baltique 8c la mer Germanique; au midile Danube ; à l’occident le Rhin, & à l’orient la Vis-tule. Elle avoir encore ces bornes du temps de Char-lemagne. Aujourd’hui & depuis plusieurs siècles on fcomprend encore au midi tout ce qui s’étend depuisle Danube jusqu’à la Suisse, à l’Italìe, &à la Dalma-tie. Elle a à l’orient la Hongrie, la Pologne 8c la Prusse.Au nord, la mer Baltique 8c le Danemarck, & unepartie de l’Ocean; &à l’occident l’Alsace, 8c les Pays-Bas. La haute Allemagne est la partie qui est au midi,& dont la Franconie, la Bohème, 8c la Moravie, sontle nord. La basse Allemagne est tout ce qui est com-pris entre ces trois provinces, & la mer Baltique, leDanemark & l’Océan. ÌÇT II y a des Auteurs qui met-tent les Pays-Bas au nombre des Etats de la balleAllemagne . Leur erreur vient de ce qu’anciennementune partie des Pays-Bas étoit comprise dans la Ger-manie inférieure. Or l 'Allemagne 8c la Germanie ne*sont pas des noms qui signifient les mêmes peuples ,renfermés dans les mernes bornes ; non plus que laFrance & la Gaule ne signifient pas la même chose ,quoique dans les livres écrits en latin Germania seprenne pour l’anciennc Germanie ; 8c pour \Allemagne