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Tome premier. [A - BOU.]
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3oo A M N

Les Anciens en avoient un autre naturel qui se trou-voit dans les fables de l'Arabie ou de la Lybie , quin’étoit autre chose que le sel volatil de surine des cha-meaux qui alloient au temple de Jupiter Ammon. Ce 'sel étoit naturellement íublimé sur ces sablés, par lachaleur du soleil qui est brûlante dans ce pays-là: d’oùvient que plusieurs l’appellent ammoniac. Les autresdisent qui)n sappelìe sel armonïac 3 au lieu de lelacrimonial, à cause de son acrimonie. Les fleurs desel ammoniac ne íont autre choie que sa portion laplus subtile, élevée par le feu ; 8c ion esprit volatiln est autre chose que son sel volatil dissous dansquel-aue portion de son tìegme.

AMMONIEN, ENNE. í. m. & f. adj. Nom du peu-ple qui habitoit la foret de Jupiter Ammon. Ammo-nius. On les appelle austì Ammonites. Junon Am-monienne 3 Juno Ammonia. Elle étoit adorée dans l’E-lide. Quelques-uns prétendent que c’étoit la lune ,comme Jupiter Ammon étoit le soleil.

AMMONITE. £ m. Ammonita 3 Ammonites. Peupledescendant d’Anunon, fils de Loth. Gen. XIX, 38.Les Ammonites habitoient à 1 orient du Jourdain, en-tre les Moabites au midi, dont ils étoient séparés parle torrent de Jabboc , les Arabes au levant, la Cœlé-íyrie au nord , le Jourdain à l’occident. Leur capitaleetoit Rabbath , qui fut depuis appelée Philadelphie.Le Seigneur a exterminé les Enacins, & il a fair queles Ammonites ont habité ce pays au lieu d’eux. Saci.Les Ammonites furent iouvent vaincus par les Israéli-tes, i°. par Jephté, Jug. XI, 19 ; par Saiil, 1, Reg.XI, 1. Joíephe, Ant. Jud. Liv. VI, c. j & 6 ; par Da-vid , 2. Reg. X, 1 , 1. Parai. XIX, 1 ; par Judas Ma-chabée, Joíephe, De bello Jud. Liv. III, c. 2. Joíepheles appelle Ammanites. L’Ecriture , par un hébraïímeordinaire, les appelle souvent les enfans d’Ammon.Og Roi de Bafan étoit demeuré seul de la race desGéans. On montre encore son lit de fer dans Rabbath,qui est une ville des Enf ans d’Ammon. Ce lit a neufcoudées de long & quatre de large. Saci. D eut. III 311. Voye^ austì Ammoniens.

Ammonite. £ f. Ammonitis. Femme Ammonite. Aucunde nos Traducteurs, que je sache, n’a traduit Ammo-nitide. Salomon aima plusieurs femmes étrangères, ou-tre la fille de Pharaon, à savoir des Moabites, des Am-monites 3 des Iduméennes, des Sidoniennes, &des Hé-thiennes. Desmar. 3 ,Reg. XI. 1 , & de même tousles autres. Les Protestans 8c quelques Hébraïsans écri-vent Harnonites. Cela est c n rel usage. ,

Ammonite. £ m. Terme d’Histoire naturelle. Pierre com-posée de plusieurs grains semblables à du fable. Am-monites. Ce mot vient d’à'^os , fable. Un Auteur Al-lemand , qui publia en 1721 une Dissertation latine furcette pierre, sappelìe Oolcihe.

§ 3 * AMMONITIDE. Ammonitis , ou Ammanitis. Con-trée de l’Arabie-Pétrée, ainsi nommée de ses habitansles Ammonites. On n’est pas trop d’accord fur ses limi-tes. On íait seulement qu elle étoit au-delà du Jourdain,dans les montagnes de Galaad. Sa capitale étoit Rabba,ou Rabbath Ammon, nommée Philadelphie.

ÁMMONITION. Amonition.

A M N.

fíCT AMNIOMANTIE. £ f. Espèce de divination. Pré»sage heureux que les Amiens broient de la dispositionde la membrane nommée Amnio s( Voye £ sarticlesuivant ) quand elle enveloppoit la tete de Pensant ve-nant au monde. Le peuple regarde encore cette espècede coiffe, comme un présage de bonheur; 8c pour mar-quer qu’un homme est heureux, on dit proverbiale-ment qu’il est né coiffé.

AMNIOS. f. m. Terme d 1 Anatomie, qui se dit d 1 une se-conde membrane qui enveloppe immediatement toutle foetus, 8c qui est une substance plus déliée que lechorion. Amnium. Ce mot signifie agnelet 3 8c on luidonne ce nom à cause de sa délicatesse. Entre Yamnios 8cle chorion, autre membrane qui enveloppe 1 ’amnìospar dehors, il y en a une troisième où saluasse surine dufœtus, 8c qu’on appelle pour cette raison la membrane

amo

urinaire. La liqueur que contient l’a/nnios 3 donne beau-coup de marques d’étre nourricière ; 8c ce qui en peutconvaincre, c’est qu elle est fort íemblable à celle quise trouve dans le ventricule du fœtus, où apparemmentelle est entrée par la bouche. D’habiles Anatomistes ontfait de grands efforts pour imaginer des routes par les-quelles la liqueur de 1 ’amnios venant du placenta, puty entrer fans traverser la membrane urinaire, qu’ehene doit point traverser, ce semble, parce qu’elle íe cor-romproit en se mêlant avec surine, & perdroit la dou-ceur nécessaire à des sucs nourriciers.

M. Tauvry a recours à un expédient nouveau. Hsuppose que la cavité de Y amnio s se remplit dans lespremiers temps de la formation , lorsque le fœtus r.apoint encore d’urineà envoyer dans la membrane'uU'naire. L ’amnios rempli, & le fœtus devenu plus fort,la membrane urinaire commence à se remplir a ion tout,& V amnio s ne tire plus rien de nouveau; mais il tienten réserve & dépense peu-à-peu ce qui doit nourrir lefœtus jufqtsà fa naissance. Une observation qui confit'me cette pensée, c’est qu’en effet Yamnios est «sautantmoins plein, & la membrane urinaire lest d’autantplus, que le fœtus est plus avancé. Acad. des Sc. 1699-Hifl. p. 32 j 33.

$CT AMNISIADES, ou AMNISIDES. £ f. Nymphes dela ville d’Amnisus, dans file de Crete.

AMNISTIE. £ f. Pardon général accordé à des sujets patun Traité ou par un Edit, quand le Prince déclare qu’iloublie ou qu’il abolit tout ce qui s’est passé, 8c pro-met qu’on n’en fera point recherché. Oblivio injuriarurti 3Abolitio. ífT Vamnistie a lieu principalement pourcrime de rébellion ou de désertion. On a donné troismois à ces peuples pour accepter l 'amnistie. U y a uneamnistie pour tout le parti. Rochef. L ’amnistie géné-rale accordée ne couvre point une injure commise departiculier à particulier , qui n’est point pour la que-relle publique. Il se dit austì du pardon que le Princeaccorde aux soldats déserteurs.

Ce mot vient du grec à^nrla ., formé de s« priva-tif, 8 c de i/u* , mémoire , souvenir. Après que lestrente Tyrans eurent été chaflés d’Athènes, les Athé-niens firent une Loi, par laquelle il fut réglé ^u’on ou-blieroit de part & d’autre tout ce qui s’étoit paíïc pen-dant la guerre ; 8c cette Loi, dont Thrasibule iut Au-teur, se nomma , Amnistie. C’est la que ce

nom a commencé à s’employer ; & c est Cornelius Ne-pos, dans la vie de Thrasibule, c. 3 3 8c Valcre Maxi-me, Liv. IV 3 c. 1 j qui nous sapprennent. Andocides,Orateur Athénien, dont Plutarque a écrit la vie, 8Cdont Henri Etienne donna une édition en 1J75, nousa conservé dans son oraiíon fur les Mystères , une for-mule de Y amnistie 8c des sermens qu’on y faisoit.

Amnistie. Il y a en Languedoc, entre Niímes 8c U sex,un château qui s’appelle le Château d Amnistie.

AMO.

AMO BILE. Voye £ Amovible.

AMODÉRER.v. a. Vieux mot.Tempérer, modérer. Glojffur Marot.

AMODIATEUR. s. m. Fermier. Celui qui prend uneterre à ferme. Conductor. Ce mot signifie austì, celuiqui donne une terre à ferme. Locator. âCf Ce mot Nles suivans ne font d’usage que dans quelques pr°'

vmees.

AMODIATION. £ f. Convention par laquelle on donneune terre à ferme. Locatio. Faire Y amodiation, d’uubien. Ce mot signifie austì la convention par laquelleon la reçoit. Conductio.

AMODIER, v. a. Terme de Coutume. Donner à ferme*Locare. Amodier une terre en grain ou en argent. Bsignifie austì, prendre à ferme. Conducere. § 3 " Cesviennent de modius 3 parce que ces sortes de baux j efont d’ordinaire moyennant une certaine quantité demuids de grain.

AMODIÉ, ÉE. part.

§3* AMOER. Voye"3 Amour. Rivière.

AMOGABARE. £ m. Espèce de Milice Espagnole. An 10 'gabarus. Il n’y a plus d’Amogabares dans les troupes