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Tome premier. [A - BOU.]
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AMO

nous-mêmes , est la mesure & la règle de celui quenous devons avoir pour notre prochain. S’aimer foi-mêine , c’est désirer son bien, craindre son mal, re-chercher son bonheur. U amour du prochain nous im-pose les même devoirs par ráppcrt aux autres. C’estde tous les sentimens le plus juste, ôc en même temps^celui qui tourne le plus à notre profit.

Non-seulement la proximité est une source d’ami-be; mais encore nos affections varient selon le degréde la proximité que nous avons avec les personnes quien font l’objet. La qualité d’hommes que nous por-tons, fiait cette bienveillance générale que nous appe-lons humanité. Homo sum 3 humani à me nihil alie-num puto. Il est certain que, s’il n’y avoit que deuxpersonnes au inonde, elles s’aimeroient avec tendres!e:ínais cette proximité générale se confondant avec cenombre infini de relations différentes que nous avens*Ç S uns avec les autres, il arrive aulïî que cette affec-* 10 n naturelle qu’elle avoit fait naître, se perd dans lafoule des pallions que tant d’autres objets produisentdans notre cœur. Nous ne voyons point dans notreprochain la qualité d’homme par laquelle il nous res-semble , pendant que nous voyons en lui un rival ,un envieux, un homme ennemi de notre prospérité,comme nous le sommes de la sienne ; un orgueilleuxqui n’estime que lui-même, un homme qui par f esbonnes qualités attire l’estime & l’attention des autres,& nous jette dans l’oubli ôc dans l’obscurité, ou quipar ses paillons est occupé à nous tendre des pièges,Ôc à entreprendre fur ce qui nous appartient. Maisquand la mort l’a dépouillé de ces relations odieuses,| 10 p S .f r ? uv P ns en lui cette proximité générale qui nousle faiíoit aimer, nous souvenant qu il étoit homme,f eulement quand il a celfé de l’être.

La proximité de la nation s’affoiblit dans le mêmepays par le nombre de ceux qui la partagent ; maiselle se fiait sentir quand deux ou trois personnes ori-ginaires d’un même pays fie rencontrent dans un cli-mat etranger. Alors 1 amour de nous-mêmes , qui abesoin d’appui &- de consolation, & qui en trouvedans ceux qu’un pareil intérêt & une semblable pro-ximité doit mettre dans la même disposition, ne man-que jamais de faire une attention perpétuelle à cetteproximité, si un fort motif pris de son intérêt ne l’enempêche. Voyez Amitié, Reconn ois s an ce,Int é rê t .

A l’égard du prochain, ce seroit aíïez pour nouímouvoir, que l’équité naturelle ; mais nous croyon:etre quitte des devoirs de l’équité, quand nous nt• faisons point de mal. Sur ce principe, le prochain setoit mal secouru.

fíCP (sotte grande règle de traiter les autres comme nouvoudrions en etre traites nous-mêmes, est la règle d<tous les hommes : il ne faut pour cela qu’un esprit d<„ Justice.. Notre intérêt bailleurs y est attaché.

Amour. On dit en parlant des animaux, qu’ils sont eiamour ; pour dire, qu’ils sont en chaleur. Une biche.une chienne en amour.

En Fauconnerie, on dit voler èì amour 3 en parlandes oiseaux qu on laisse voler en liberté, afin qu ils soutiennent les chiens.

Dans les arts libéraux, travailler un ouvrage ave°m, le rechercher, le finir, c’est ce qu’on appel!Peindre, dessiner, graver avec amour. Félibien a ditf 1 Pelant des portraits : non-seulement il faut les defr 1 er savamment, mais les peindre avec beaucoup dm ^ amour - On dit aussi peindre en amour.t encore qu’une toile a de l’ amour , pour direla £ lf a " Un fEtit duvet qui la rend propre à recevoiAm'o C ° ^ ^ à s’attacher fortement à la couleur.

Mythologie, fe prend encore pour la Divi1 e fabuleuse des Païens, qu ils s’imaginoient présier a 1 amour. Ils disoient que l’amour exerçoit sompire fur tout le monde, ôc qu’il inspirait aux deuexes une inclination mutuelle. C’étoit l’ame de 1a ,r* Pa ; t< ? ut a sE, tout respire, tout se ténor», e so perpetue. On a travesti l’amour en DieL? sl eX °, er le vice> Eort-R. VAmour est tout niambeaux de l’ Amour , les flèches de f Amour1 orne L

A M O j o 7

le bandeau de l 'Ámour. VAmour est aveugle. On re-présente l ’Amour comme un enfant, parce qu’il n’estjamais sage, & qu’au contraire il est toujours badin& indiscret. S. Evr. On lui donnoit plusieurs frétés,ôc c’est en ce sens qu’on dit, pour désigner tous lespetits agrémens qui naissent de la beauté, les jeux ,les ris, les amours , & les grâces. Gratia 3 veneres 3/ lepores. Venus est la mere des Amours. Les amoursne fe pressent plus guère autour d’elle, ôc je ne vou-drais point efíuyer la honte de porter les derniers en-cens fur un autel qui tombe en ruine. Le Ch. d’H.

Je veux des grâces qui rient, & des amours qui folâ-trent. Id.

Poire d’Amour. Espèce de poire qui se nomme autre-ment poire de livre. Voyey; Livre.

Pomme d’Amour. C’est le fruit d’une espèce de morel-le ; les feuilles de la plante qui le porte, sont grandesôc découpées en plusieurs segmens ôc d’un vert pâle. Satige fe divise en plusieurs branches qui poussent d'en-tre les feuilles des fleurs monopétales au nombre dedix à douze ensemble, jaunes & découpées en cinqparties. A ces fleurs succède un fruit gros comme unecerise, vert au commencement, & jaune lorsqu’ilestmûr, qui renferme dans une pulpe succulente plu-sieurs semences aplaties, blanchâtres.

Freres de l’Amour. Une secte de fanatiques née en .Hollande vers i’an 1590, prit le nom de Freres de l’ A-mour. Elle passa vers le même temps en Angleterre ,où Henri Nicolas de Liège fit paraître plusieurs livrespleins de rêveries ôc des blasphèmes de fa secte. En-tre autres l’Evangile du Royaume, les Sentences Do-minicales, la Prophétie de l’esprit d ’amour, la Publi-cation de la paix sur la terre.

Amour , ou Amur. Grande rivière de Tartarie, en Asie.

, Amura. Elle a sa source dans la Province de Dauria,j près du lac Baycal, fous le 117 degré de longitude.

| Elle sépare cette province du pays des Mongous, &

| après un long cours peu connu jusqu’ici , se jette

j dans l’Océan oriental fous le y y degré de latitude, ôc

\ le 152. de longitude. Le P. d’Avril, Jésuite,l’appelleI C * ans ^ es Voyages. Le P. Gaubil ôc M. de

1 appellent Amour. D’autres ecrivent Amoêr. ll| faut prononcer en notre langue Amour. Le P. Gaubil,

[ dans ses Observations publiées en 1629,à Paris, par leI P. E. Soucies, Jésuite, dit qu’elle se nomme auíîiO non. Selon cet habile Missionnaire, la source del’Onon est à 107°, i', 30" du méridien de Paris ,cest-à-dire, à 127°, 1', 30" de longitude, en suppo-sant Paris au 20 e degré de longitude, ôc elle a 4y°,

2T de latitude. Et fe- fleuve ce jette dans un lac au154 0 , 41', 30" de longitude, ôc à 48°, yo' de latitu-de. Samson appelle ce fleuve G hamas. Voye^ lesCartes de M. Witsen & de M. de Liste.AMOURACHER. Qui ne se dit qu’avec le pronom per-sonnel , ôc en mauvaise part, de ceux qui s’engagenten de folles amours. Insano alicujus amore capi.Cette femme s’est amourachée de son valet. Il n’estguère que d u style familier.

AMOURACHÉ, ÉE. part.

sj AMOURETTE, f. f. Diminutif. Amour de pur amu-sement, ôc d’ordinaire sans une forte passion. Amatio.Cet homme a toujours quelque amourette. Se ma-rier par amourette, c’est fe marier par amour. Ce quise dit ordinairement en mauvaise part, en parlant d’unmariage inégal & qui n’est pas approuvé.

Dans les cuisines on appelle amourettes la moellequi fe trouve dans les reins du veau ou du mouton.AMOUREUSEMENT, adv. D’une manière amoureuse.Amanter. Cet amant regardoit amoureusement sa maî-tresse. Et en matière de piété, ôc en parlant d un amoursaint, il regardoit amoureusement son crucifix, ôc lebaignoir de ses larmes.

AMOUREUX, EUSE. adj. m. ôc f. qui a de la passionpour quelque personne. Amator , amatrix. Les ten- .dres sentimens.naissent en foule dans un homme amou-reux. Les airs passionnés paraissent avec ménagementdans les manières d’un amant. M. l’Abbé Girard. Syn.Voyez Amant.

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