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Ce mot vient de la préposition -»°, 8c de Ek°- ,Deus.
Hérodien, au commencement du livre 4 de son his-toire , parlant de l ’ apothéose de Sévère, a fait une des-cription exacte & sort curieuse des cérémonies qui s’ob-fervoient dans les apothéoses des Empereurs. Aprèsque le corps du défunt a été brûlé avec les solemni-tés ordinaires, on met dans le vestibule du palais, furun grand lit d’ivoire couvert de drap d’or, une imagede cire qui le représente parfaitement, ayant néan-moins un visage de malade. Pendant presque tout lejour le Sénat se tient rangé & astis au côté gauche dulit avec des robes de deuil. Les Dames de la premièrequalité sont au côté droit, ayant des robes blanchestoutes simples Sc fans ornemens. Cela dure sept joursde fuite, pendant lesquels les Médecins Rapprochantde temps en temps du lit pour considérer ce malade ,trouvent toujours qu’il baisse jusqu’à ce qu’enfin ilspublient qu’il est mort. Alors de jeunes ChevaliersRomains & de jeunes Seigneurs du premier rang char-gent fur leurs épaules ce lit de parade, & passant parla rue sacrée, ils le portent au vieux marché, où lesMagistrats ont coutume de íe démettre de leurs char-ges, & là il est placé entre deux espèces d’amphitéâ-tres, dans Pun desquels sont de jeunes Gentilshom-mes, «Sedans l’autre de jeunes Dames des meilleuresmaisons de Rome, chantant des hymnes en Fhonneurdu mort, composées fur des rstrs lugubres. Ces hymnesétant achevées, on porte le lit hors de la ville au champde Mars. Au milieu de cette place est drestée une formede pavillon carré qui est tout de bois : le dedans estrempli de matières combustibles , & au dehors il estrevêtu de drap d’or, Sc orné de figures d’ivoire & dediverses peintures. Au-delïus de cet édifice il y en aplusieurs autres élevés, qui sont semblables au pre-mier, tant pour la forme que pour la décoration, si cett'est qu’ils sont plus petits & qu’ils vont toujours endiminuant. On place le lit de parade dans le second jde ces édifices, qui a les portes ouvertes, Sc on jette !tout à l’entour une grande quantité d’aromates , de
{ >arsums,de fruits Sc d’herbes odoriférantes. Après quoies Chevaliers sont autour du catafalque une certainecavalcade à pas mesurés. Plusieurs chariots tournentauslì à l’entour. Ceux qui les conduisent sont aussi re-vêtus de robes de pourpre , Sc portent des représen-tations ou images des plus grands Capitaines Romains,Sc des plus illustres Empereurs. Cette cérémonieetantachevée , le nouvel Empereur s’approchedu catafalqueavec une torche à la main , Sc en même temps on ymet le feu de tous côtés, enforte que les aromates Scles autres matières combustibles prennent feu tout d uncoup; on lâche aussi tôt du faîte de cet édifice un aigle,qui s’en volant dans l’air avec la flamine, va porter auciel l’ame de l’Empereur , comme les Romains lecroient. Et dès-lors il est mis au nombre des Dieux.C’est de-là que les médailles qui représentent des apo-theoses ont le plus souvent un autel, sur lequel il y adu feu, ou bien un aigle qui prend son essor pour s’é-lever en 1 air ; quelquefois il y a deux aigles. Le motest toujours Consecratio. Quelquefois l’Empereurest assis fur l’aigle, qui l’enleve dans le ciel. Donat ,De urbe Roma ., A//, 4 , décrit une pierre antique quireprésente X apotheose de Tite. Il y a dans le trésor dela Sainte Chapelle de Paris une très-belle agathe orien-tale d’une grandeur extraordinaire, qui représente 1 ’a-pothéose d’Auguste, selon quelques-uns, <8c selon d’au-tres, de Commode. Voye\ Consécration.
CK? Apothéose, se dit aussi de la réception fabuleusedes anciens héros parmi les Dieux. L apothéose d’Her-cule, d’Enéç, &c.
Faire l ’apothéose de quelqu un, signifie figurémentlui donner les plus grands éloges. Bougainville.APOTHÉOSER. v. a. Déifier, mettre au nombre desDieux, déclarer Dieu. In Divos referre , Deum de-clarare. Quintilius se fit ouvrir les veines , & fut apo-théose par Aurelien, qui aima mieux lui accorder lenom de Dieu , que celui d 'Empereur. Feeury , Hst.Eccl. Liv. IV. Toutes les parties de notre terre, demême que ses diverses productions, ont été apothéo-
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fées , chacune en leur particulier. M. Beneton de Pét-rin , p. 464. du Merc. de Mars 1 7j/. Ce mot est enitalique.
APOTHÈSE. f. f. C’est dans Hippocrate Faction de pla-cer convenablement un membre rompu, Sc auquel lesbandages sont appliqués; c’est Faction de lui donnerla situation dans laquelle il faut qu’il demeure.
D’a’îioTA)«/u , placer.
APOTHICAIRE. Quelques-uns écrivent , Apothi-quaire : souvent on ôte le h , Sc l’on écrit Apoti-
caire , ou Apotiqu aire. Apothicaire est le mieux»
s. m. Qui exerce cette partie de la Médecine qui con-siste en la préparation des remèdes. Qui fak Sc q^vend les remèdes ordonnés par les Médecins. Medi-camentarius ■ Pharmacopola , Apothecarius. Voyezau mot Pharmacopole les différentes significationsdu mot latin Pharmacopola. De Rochefort définit lesApothicaires , les Cuisiniers des Médecins. NicolasLangius a fait un grand volume contre les Apothicai-res j fur le peu de connoissance qu’ils ont des simples jfur la facilité qu’ils ont à se laister tromper par le Smarchands étrangers, qui leur fournissent des droguessophistiquées ; fur ce qu’il donnent une drogue p ourune autre , une vieille qui a perdu íès forces , P oU1une nouvellement venue du Levant. Deroch. A Papris le corps des Maîtres Apothicaires est joint à celuides Epiciers & Droguistes, Sc on recevoir autrefoisparmi les Apothicaires des Epiciers qui faisoient l uneSc l’autre profession.
IpT" Encore aujourd’hui les marchands Epiciers de Panscomposent avec les Apothicaires le iecond des hx corpsdes Marchands : mais les Epiciers n’ont droit de débi-ter que les drogues simples, Sc les quatre grandes co im-positions galéniques qui sont réputées marchandisesforaines.
Apothicaire charitable. C’est celui qui donne sesremèdes par charité. C’est aussi un livre qui traite desremèdes, ôc qui a été fait particulièrement en vue despauvres.
Au reste il ne faut se servir de ces sortes de livresqu’avec précaution : comme le commun du peuplen’est pas en état de connoître les maladies auxquellesces remèdes conviennent, ilpourroitn’en pas faire unejuste application.
Aspirant Apothicaire. C’est celui qui veut êtreApothicaire , & se fait apprenti. Avant que 1 esAsp*~rans Apothicaires puissent être obligés chez aucunmaître de cet art, pour apprentis , ils doivent être ,selon les statuts, amenés Sc préientés au bureau p a 'devant les Gardes, pour connoître s’ils ont étudiés eUGrammaire, & s’ils sont capables d’apprendrelaFhat"macie. Après que l’aspirant aura achevé ses quatre au sd’apprentissage,& íervi les maîtres pendant six ans,il ^ olt ,en rapporter le brevet Sc les certificats. Il fera présentau bureau par un conducteur, & subira un examen p e sdant trois heures, par les Gardes, Sc neuf autres nss 1tics que les Gardes auront choisis Sc nommés, n ^bit encore un second examen, appelé F Acle des herbes*& ensuite les Gardes lui donnent à faire un chef d'^vre de cinq compositions. Voye \r dans le Traité de sPolice de M. de la Mare, Liv. IV, tit. 10 les regl £ 'mens pour les Apothicaires , Sc l’apothicairerie.
Ce mot vient du grec aVoâVx», qui signifie , R°stique. On trouve Boticario dans les Loix Palatine*Jacques II, Roi de Majorque, publiées en 1 ) 44 ' ^tolin se plaint qu’il y a trop à!Apothicaires en D fllinmarck ; quoiqu’il n’y en ait que trois à Copenhag 11 ^’Sc quatre seulement entour le reste du royaume,core faut-il qu’ils fassent quelque autre trafic P? tì pj,.vre: ce qui montre qu’on se pourroit bien pâlie 1 ^pothicaires. On en a compté 1 j 00 dans Londre*'a dans des états de la maison du Roi un A p o 1 ' 11distillateur distingué des Apothicaires. p eS :
Apothicaire , se dit proverbialement en ces P p ra j s ,des parties & Apothicaire , sont des mémoires cle ^ ^ou de fournitures , fur lesquels il y a beauc<soP ^battre. On appelle aussi un Apothicaire fans soc ’ . £ .pauvre Apothicaire dont la boutique est llia j°!, u iii ’iSc figurément tout autre homme ou marchand q