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Tome premier. [A - BOU.]
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AU S

rifîent leur esprit & leur sens, qui se privent des plai-nts 8c des commodités de la vie : ce religieux est fortaustère , & mene une vie austère.

Austère, dans s usage ordinaire , se prend encorepour rude , tév ère. Un Juge austère. Visage austère.Les mœurs austères de Caton. II y a des gens d’uneprobité st austère 3 qu’elle est plus propre à dégoûterde la vertu , qu a la faire aimer. U s’élevoit par uneaustère vertu au-dessus des craintes & des complai-rances humaines. Flech.

Austèie , févère 3 rude 3 considérés dans une signi-fication synonyme.

La vie austère j dit M. l’Abbé Girard , consiste dansra privation des plaisirs & des commodités. On 1 em-brasse quelquefois par un goût de singularité, qu’on„_£ c repréíente comme un principe de religion.

’Oj On est austère par la manière de vivre ; sévère parra manière de penser; rude par la manière d’agir.

La vie des’ anciens Anachorètes étoit austère ; lamorale des Apôtres étoit fevère , mais leur abord n’a-^v°it rien de rude. ^

Ce n'est pas pour foi qu’on est austère j & l’onn est rude que pour les autres ; mais on peut être sté-pour foi 8c pour les autres.

Austère, se dit aussi d un Peintre chez qui 1 atten-tion de ne se permettre aucune licence, dégénéré env ice. Ses tableaux font froids & arides. Encyc.

V? Austère, appliqué à la peinture même, a la mamère, au coloris, désigne quelque choie de dur, lecaride.

Ce mot vient du grec “RrijpoV.

AUSTÉREMENT. adv. D’une manière austère. Austerè 3J'everè , duriter. Les Religieuses de sainte Claire vi-^vent tort auste'rement. Jeûner austérement-v^* AUSTÉRITÉ, s. f. Ne le dit point dans le sens phy-sique. On ne dit point Yaufiérité d un fruit, quoi-qu on dise un fruit austère. Austérité signifie la rigueurqu on exerce lur son corps, la privation des plaisirs& des commodités, la mortification de l’esprit & dessens. Austeritas , vit& asperitas. On dit dans cette ac-ception supporter l ’austérité d’une règle. Faire, pra-tiquer , exercer de grandes austérités. U y a beaucoupà!austérité dans cette maison religieuse,fr? l’Austérité, est dans la manière de vivre. C’estl’opposé de la mollesie. il est rare de passer immédia-tement de l une à l’autre : une vie ordinaire & régléetient le milieu entre elles. Les Saints se plaiícnt dansles exercices de Y austérité : elle étoit autrefois le par-tage des cloîtres, où le goût en paroit usé. Nous La-vons vue pratiquer à la rigueur, toute l ’austérité desjeûnes 8c des abstinences M. de S. Evremont dit quela frugalité des anciens Romains, n’étoit qu’une igno-rance des plaisirs, & qu’on a cependant consacré cetteaustérité nécessaire, comme une vertu. Jugement in-juste.

tfT Ce mot est souvent employé comme synonyme desévérité. On dit en ce tens Yauftérité de la vertu ro-maine. L’ austérité des mœurs de Caton. Il y a naturel-lement trop à’austérité dans lc style d’un homme d unevertu trop rigide. Vall. Ce font les lâches chrétiensqui gémissent fous Y austérité & fous le poids de l’é-vangile. FlecH.

Je sens qu en vous quittant _, le malheureux TitusPaste /'austérité de toutes les vertus. Racin.

A? Austérité , signifie encore la rigueur qu’on exerceenvers les autres, lé auftérité des Censeurs Romainstenoit tout le monde dans le devoir.

Le sexe aime à jouir d’un peu de liberté ;

On le retient sort mal avec /'austérité. Mol.

AUSTERLITS. Ville du royaume de Bohême ; on lanomme autrement Slaukow. AusterUt’um , Slaukovia.Elle est dans la Moravie, entre Hradisse & Brin. Lecercle d ’Austerlits est un cercle du même royaume,Luquel la ville d ’Austerlits donne son nom , parceRuelle en est la capitale.

A U S 66s

AUSTRAL, ALE. adj. Terme de Géographie 8c d’AlQtronomie. Australis 3 Austrinus . Méridional, qui estdu côté du midi, du côté que souffle le vent, queles Latins appellent Auster. Le Cap de bonne Eipé-rance est à trente-cinq degrés de latitude australe. LeCapricorne est dans la partie australe d u ciel. Les terresaustrales furent découvertes en 162.8, par une tìcttede la Compagnie hollandosiè des Indes orientales,commandée par Charpentier. C’est la qu’est la nou-velle Hollande, nommee d’abtìrd Carpentaria , du nomde ce Commandant. Larrey. 1 om. IF 3 p. 8 6. Le P,Noël, Jésuite, dans ses Observationes Mathematica& Physica j cap. 4, donne un catalogue plus exact:que ceux de Riccioli 8 c d’Hervelius, de toutes les étoi-les de l’hémisphère austral , avec leur déclinaison 8 cleur grandeur , telles qu’elles se saisoient voir en1687.

Ce met vient d' auster , le vent du midi.

AUSI RASíE. Auftrajia. Grand pays de la France orien-tale , c.ui a eu titre de Royaume. Quelques-uns déri-vent ce mot d un Gouverneur qu’y envoya , dit-on ,Justinien, & qui íe nommoit Âujlrastus ; dautres d’unRoi nommé Aistrcse , Austrajus , qui régna dans cepays. La véritable étymologie de ce nom est gauloise.Dans certe langue, comme en allemand, C/r, ou Est tlignifie Y Orient : dc la viennent les noms d’Ofírehng ,à Ostsri/e , à’Fftsaxe , d' Est'angle , à’Ostrogoths , &beaucoup d’autres. Nous diíons encore Est ■ pour dire,

Y Orient. Ce pays t ut donc ainsi appelé, parce qu’il étoitla partie orientale de la France. Francia Orientali s.On1 appela aufiì Boyautne de Met{. Mctense F.egnum.

L ’Austrafte fur d abord renfermée entre la Meuse , laMoselle & la rivière d’Ill, & comprenoit la Lorraine,une partie de 1 ’ Alia.ce & le Palatinat. On assure que quel-quefois il a compris la Lorraine, la partie septentrionalede la Champagne & del’île de France, avec toutes lescontrées qui tour entre ces pays & le Rhin; & encore tousles pays que les François avoient conquis en Allemagne,la su abc, la Bavière, la Franconie, la Thuringe , unegrande partie de la Saxe 8c la Frise. Ensuite elle futresterréc entre le Rhin, 1 Escaut, la Meuse & les mon-tagnes de Vauge, & on la divisa en deux parties, lasupérieure & Linféric-ure. VAustrafte inférieure étoitla partie septentrionale de YAustnste. \J Austrafte su-périeure étoit la partie méridionale de YA ufircsie ,qu’on appeloit auiîì Mosellanique , ou Toulingienne 3c’est a-dire, Y Austrafte de Toril & de la Moselle , &elle répondoit à peu-près à la Lorraine d’aujourd’hui.Hoffm. Mat.

La France commença après la mort de Clovis, ouun peu auparavant, a être diviiee en deux parties.L’une qui comprenoit tout ce qui etoit en-deçà duRhin, s’appcla Auftrie , ou partie Orientale , & puisAusrajie. L’autre partie, qui s’ètendcit j uíqu’à la Loire,s appela Neustrie , ou partie Occidentale. Cordem.La division du Royaume François entre les fils de Clo-vis fut 1 occasion des nouveaux noms qu’on lui impoía*On nomma Austrie , ou Austraste , cette partie c! c SGaules Françoiíes qui est située vtm i’Gricnt, entre lcRhin & la Meule. Cc nom venoit du mot Ost , quoi-que corrompu par les François dans l’écriture , qui si-gnifiait Oriental. P. Dan. Depuis les enfans de Clovis,plusieurs Princes de la première 8c de la seconde racede nos Rois possédèrent Y Austrafte avec titre de Royau-té. Thicrri, fils de Clovis, né d’une concubine, Fut lepremier Roi d ’Austraste enyn* Au VI e siécle , .e

Royaume d’Au ft rase comprenoit une grande pâme del’Aquitaine , ou même toute l’Aquitaine, selon la re-marque de Bullandus fur les actes de S.Sigehert, pre-mier jour dc Févr. n. 2S , & du P. Papebroch fur S.Médard, Juin, T. II , p■ 7 2 > ^

AUSTRASIEN, ENNE. f. m. & f. & adj. Qui est dsl’Austrafte , ou qui appartient à l’Austrafte. La répu-gnance des Australiens à diviler les terres de 1 ancien»Royaume d’Austrasie fous Clotaire II, marque bien.qu encore qu’ils n’euflent qu’une même origine , 8Csouvent qu’un même Roi avec les Neustriens , ils ssregardóient néanmoins comme un peuple differentd’eux. Ce qui les entreteneit le plus dans cette pensée,