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Tome premier. [A - BOU.]
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B

s. m. Est la seconde lettre de l’Al-phabet , dans noue langue , &dans plusieurs autres , commel’Hébraïque, la Chaldaïque 8c laSyriaque, l’Arabique, la Grecque,ìa Latine, &c. Cest la neuvièmedans l’Alphabet Ethiopien , telque Ludolf l a dispose ; la 26 edans l’Arménien, &c. Le B est laprenne.e des consonnes. La prononciationdu B appro-che un peu du cri & du bêlement des moutons: il riya de différence que celle qui est entre bé 8c bc.

La figure de cette lettre est prise des Latins, qui l’a-v oient prise des Grecs. Le b majuscule est tout-à-faitsemblable au grand des Grecs, 8c notre petit béa Pproche fort du petit des Grecs. Ceux-ci l’a-Voient eu des Phéniciens, dont Cadmus apporta lescaractères en Grèce. Le Betk Phénicien, ou le Bethde l’ancien Hébreu; car les Phéniciens Le les Hébreux,avant la captivicé de Babylone, avoient le même caractè-re Sc la même langue: ccBetk, dis-je,étoità peu-près lamême chose que le b«™ des Grecs. Il a la pance d’en-haut & la moitié de celle d’en-bas ; les Grecs n’ont faitque la fermer. Nous la trouvons souvent sur les mé-dailles Hébraïques presque fermée, & ayant quasi laforme de ce C des Grecs. Voye\ la Dissertation du P.Soucier Jésuite, sur les médailles Hébraïques.

Pierius , dans ses Hiércglifiques, Liv. XLVII,ch. 28 , dit, que les Egyptiens exprimoient par la fi-gure d une brebis le son que nous exprimons par lecaractère B, parce que la brebis exprime presque ceson en bêlant, comme nous disions tout à 1 heure.

Le B est une des lettres que les Grammairiens Hé-breux, Chaldaïcs,Syriacs & Arabes, appellent labiales,labiales 3 parce que les lèvres, labia 3 font principale-ment employées dans la prononciation de cette lettre.Le B a beaucoup d’astìnité avec d’autres lettres aussi labia-les, qui font le V consonne, le P & le * des Grecs, ou no-tre F,que nous tenons des Latins.De là vient que dans lesmanuscrits le B & l’V font souvent mis l’un pour l’autre ;que les Arméniens ont tiès-souvent mis le B pour le P,&iePpour B, Òc quïls disent, par exemple, Betrusau lieu de Petrus 3 Bolus au lieu de Paulus , 8c Apra-hamui, pour Abraham. Ludolf a remarqué la mêmechose des Orientaux en général. Voyey encore sur ceschangemens M. Spanheim le Médailliste, pag. 120 &1 28. Le même changement est souvent arrivé en arabede dans les autres langues. De-là vient encore quê dansL prononciation latine on ne distinguent pas fort le B& le V, comme Saint Augustin l’indique quelque part,de comme il paroít par les manuscrits, où nous treu-'* )ns amabit pour amavit 3 8c amavit pour amabit 3l*erna pour Verna, ou autres semblables. C’est furte ia qu étoit fondée l’équivoque d’Aurélien fur l’Ern-pereur Bonoí'e, grand buveur : Non ut vivat natus est,ha ut bibat. Les Espagnols & les François même, voi-ms d Espagne, comme les Gascons, ont conservé cet^ âge,ne mettant guère de différence entre le B se le Vj-unsonne. Il en faut mettre cependant en François pourI£ n parler. Le B a un son plus fort; & pour le pro-noncer, ií faut commencer par fermer entièrement lesev res, St les prester même un peu l une contre l’autre,ai1 lieu que pour prononcer le V consonne, il ne fautF as wême les fermer entièrement. Plutarque, dans sespestions grecques , dit que les Macédoniens chan-e0ie m le P en b , & prononçoient Bilippe , Ealacre1 orne I. *

& Béroniee, pour Philippe, Phalacre, & Phéronice.Au contraire, ceux de Delphes à la place d un *mettoient un B , disant Bà» pour »»6«» ; & £i*p»»pour a/xpo 1 5 aussi- bien que les rtoliens, comme le mê-me Auteur nous 1 apprend, Sympcsac, Lib. VI,quest. 8 . Les Latins difoient suppono , oppono , au lieude sulpono , obpono, & prononçoient optlnuìt, quoi-qu ils écrivissent obtinuit, comme l’a remarqué Quin-tilien. Ils faiíoient au ffiscrips 3 c scriptum àe. scribo,3 cc. Les Latins ont aussi fait quelquefois le change-ment non-seulement du B en P, & du P en B maisencore du F, ou EH, en B. Ainsi on trouve Brugespour Phryges, 8c dans l’ancienne inscription rappor-tée par Gruter, p. DCCCixxxv 1, n. 16. obren-dario, pour ofrendario : ce qui montre que le sondu B n’étoit pas fort différent du F sc du V con-sonne.

La lettre B est une de celles que M. l’Abbé Dangeau,dans ses EJjais de Grammaire , appelle foibles, les-quelles font précédées par une petite émission de voix,ou d un petit mouvement de bouche, & qui par con-séquent ne peuvent être employées qu’au commence-ment des íyllables, & ne peuvent jamais terminer unmot dans la prononciation. Desorteque, pour ne par-ler ici que du B, s’il est à la fin du mot, comme dansAminadab , Joab, on le changera naturellement enla lettre forte qui lui répond , c’est-à-dire, en P 8cl’on prononcera Aminadap, Joap , ou si l’on veuts’effbrcer à prononcer le B, on ajoutera nécessairementaprès, un petit e féminin, pour donner lieu à la pro-nonciation du B; Aminadab e, Joabe. C’est ce que lesHébreux appellent un scheva , 8c quïls supposent setrouver sous toutes ces consonnes finales.

Les lettres foibles, & les lettres fortes, ont encoreune propriété; c’est que pour que deux de ces conson-nes se prononcent l une auprès de l’autre, il faut qu’el-les soient de même force; c’est-à-dire toutes deux for-tes, ou toutes deux foibles; ensorte que si l’une estforte & l’autre foible, il faut que l’une ou l’autre sechange, & devienne forte ou foible, selon que l’autrel’est; 8c c’est toujours la seconde qui fait changer la pre-mière. Ainsi, parce que le B est la lettre foible 8c mple I> est 1« lettre fo,te qui lui eípond; ces ’rcnZ-tres, ie B se change en P, ou le P en B. Cest pour-quoi, bien que nous écrivions observer, obtenir, ab-Joudre, nous prononçons néanmoins epserver, op te-mr, apsoudre, comme s’il y avoir un P. Quintilien aremarqué que la même chose se faisoit en latin. Voye^JonLiv. Ij ch. 7. C’est encore pour cela que lorsquepour faire « ,septieme , d’, sept, on a changé

£ r r 11 A ° U 011 a au ® c hangé le n en B.

Enfin le B, dit encore M. l’Abbé Dangeau , s’il estpasle par le nez, devient un M. Ainsi un homme quiest fort enrhumé, qui a le nez embarrassé, qui est fortenchifrené, ne pouvant faire passer les lettres par len ez, met des b, où il faut prononcer des m, 8c il dit,par exemple, Je nescaurois banger ie bouton _,au lieude dire, J e nescaurois manger de mouton. Le B, enpassant par le nez , doit s’affoibîir, ou tout au moinsfa prononciation ne fera pas si distincte qu’elle étoit. Sidonc elle a à soutenir la prononciation d une liquide,comme L & R, il faudra qu’elle reprenne sa nature deB. C’est pour cela que ouand Tremulus est devenuFrançois,& que dans le passage perdant leVjeM sc le Lse sont trouvées immédiatement l’une auprès de l'autre,le M s’est changé en B, trembler, 8c de même dans

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