Band 
Tome premier. [A - BOU.]
Seite
746
JPEG-Download
 

746 BAP

On trouve dans les Auteurs Ecclésiastiques beau-coup de cérémonies qui ne font plus en usage, commede donner à ceux qui étoient baptilés, du lait & dumiel, ce qui íe hui ci t en Orient; ou du vin & dulait, comme en Occident; de leur laver les pieds, deleur donner la Sainte Eucharistie, V'oyey Durand. Ondonnoir, dic Tertullien, du lait Sc du miel au bap-tême } pour apprendre aux Néophytes, que le Chris-tianisme étoit une loi de douceur & de concorde.

Quelques Auteurs ont cru que dans les premierstemps on ne baptisoit que les seuls adultes. WalafrideStrabon, dans son Livre de rébus ecclesiajlids 3 ck. 26 3a prétendu que c étoit 1 usage de la primitive Eglise.Louis Vives, dans ses notes íur le 1 . liv. de la Citede Lieu, de S. Augustin, appuie ce sentiment. Mais lebaptême desenfans estautoriíé par toute 1 ancienne tra-.dition de l’Eglise depuis les Apôtres. Voye\ ce eueS. Cypricn dit fur cela d’un Concile d’Afrique, dansIon épître ad Fidum. Le premier Concile de Milève,Can. 2 ; le second, Can. 3 ; le Concile d’Auxerre, Can.

18 ; celui de Girone tenu sous Hormisdas I année 4 e duroiThéodoric; leConcile Généralde Vienne , Lus Clé-ment V; le Concile de Trente, Self. VII, Can. 13 ;l’Epí-tre deSiricus ad Himer. Terrae 1 celle d’innocent I, auConcile de Milève; Clementin. de summâ Trinitate 3& fide Cath. Innocent III. Extra. C. Majorés de Bap-tismo ; S. Irénée, Liv. II 3 ck. S. Origène, L. V 3 incap. IF' 3 épis. ad Roman. Le Livre de cedefii hic-rareh. attribué à S. Denys, au dernier chapitre ;S. Gré-goire de Nazîanze, orat, in S. baptisma 3 S. Jean Chry-íostôme, ad Neophyt. S. Cypri en, ep. ad Fidum ;S. Augustin, ad Hieronymum 3 serm. / 0 3 de vert.Dom. L. III 3 de peccatorum meritis 3 c. 1 & 26 3 I.IV. de bapt. c. 23 j S. Jérôme, Dialogi III. contra Pe-lag. S. Ambroise, I. de Myft. Pafich. c. j. L. I. deVocat. Gent. c. 6. S. Grégoire le Grand , L. I. ep.1 7 *

La coutume d’impcser un nom au Baptême 3 Sc unnom de Saint, est tiès-anciennc, Grégoire de Toursrapporte eue S. Herménégilde lut nommé Jean à ionBaptême, p"oye% Denys d’Alexandrie, I. FT IL c. 20.S. Jca'nChiyíostôme, Hem. 12.fur la I e ep. aux Co-rinth. Vicecomes de bapt- L. II 3 c. //. de Hauteícrreíur Grég. de Tours, L. V, p. 201.

Le Baptême signifie en un íens figuré de grandesafflictions,comme quand Jésus-Christ dit aux fils deZébédée , au ch. io de S. Marc, v. 38. Pouve^-vousboire le Calice que je dois boire , ou être baptisés duBaptême dont je dois être baptisé? Jesus-Christ ditencore au chap. 12 de S. Luc. v. y o. Je dois être bap-tisé d’un Baptême 3 & combien me sens-je pressé jus-qu à ce qu il s‘accomplisse ? Il marque par certe ex-pression métaphorique ses souffrances & ía mort. C’estaussi dans ce sens, qu il faut entendre ces paroles du ch.XV. de [a 1. épître aux Corith. Que feront ceux qui sontbaptisés pour les morts , s’il efi vrai que les morts neresuscitent point ?

Pour ce qui est de la forme du Baptême 3 ce fontles paroles que l’on prononce en appliquant l'eau aucorps du baptisa. jésus-Christ a prescrit cette formeen S. Math. chap. XXVIII. V. 19. Allcq 3 enseigne 3stoutes les nations , & baptife^-les au nom du Pe*e 3<§' d u Fds , & du S. Esprit. Elle est la même dans tou-tes les Eglises, soit d’Orient, íoit d’Occident; car cespatoles dont on íe ferr dans l’Eglise Romaine, Je tebaptise au nom du Pere _> &c. sont entièrement les mê-mes que celles-ci, qui font en usage chez les Grecs :N. serviteur de Dieu efi baptise au nom du Pere , &c.Les Grecs se servent de cette expression, parce eu'ilscroient qu il est plus modeste de s’exprimer cn troisièmepersonne. Plusieurs Théologiens ont prétendu que lesGrecs ne disent pas baptisatur 3 c’est-à dire , es bap-tise., mais baptisetur 3 soit baptisé 3 en quoi ils se sonttrompés.

bc ministre du Baptême , c’est celui qui donne , ouiconféré le Baptême , c’est-à-dire, qui fait l’applicationde 1 eau au corps de celui qui est baptisé, en pronon-çant la forme- Les anciens Canons de l’Eglise ne don-nent le droit de baptiser qu’aux Evêques seuls , puis

BAP

aux Prêtres & aux Diacres par la permission des Evê-ques. C’est ce que nous apprenons aussi deTertuihertdans son Traité du Baptême 3 Sc de S. Jérôme q 111 -dans son Dialogue contre les Lucifériens, dic queni les Prêtres ni les Diacres n’ont le droit de haptnerque par l’ordre de l’Evêque. Inde venit ut fine Ep l J~copï jujsone 3 neque Presbyter neque Diaconus jus h(t*beant baptisandi. Le Diacre n’aveit ce pouvoir qu e!1l’abíence du Prêtre ,& en cas de nécessité. Les Laïquesmême pou voient baptiser dans le cas de nécessité, com-me l’all urent Tertullien & S. Jérôme aux mêmes en-droits. Si necejstas cogit 3 scimus etiam licere Lattpbaptísare. Tertullien ajoure même que le Laïque q ulmanque d administret ce Sacrement dans ce cas, est cou-pable de la perte d’un homme.

Il y a eu autrefois de grandes disputes fur le Bap-tême administré pat les Hérétiques, savoir s’il étoit va-lide. La tradition constante a toujours été, que le B c Ppterne administré par les Hérétiques au nom delaTti-nité étoit bon & valide, Sc cela est de foi. A plus st>£ teraison le Baptême est bon & valide ; lorsqu’il est con-féré par un Chrétien, quoiqu’il soit en péché mortel& lié par des censures. Les femmes même le peuventconférer en cas de nécessité ; mais hors le cas de né-cessité ce doit être un Prêtre. On fe plaignit au Con-cile de Limoges cn 1031, que l’on baptisoit dans !cMonastère de S. Martial, à Pâques & à la Pentecôte»ce que les Clercs de la Cathédrale foutenoient nM cdevoir faire que chez eux. Mais on représenta que c e 'toit un ancien privilège de S. Martial, & de quelq° cSautres Monastères ; à la charge que ceux qui auroientété baptisés 3 feroient présentés le même jour devaul’Evêque pour la Confirmation. Fleury. ,

Le Concile de Rouen en 1072 ordonne au Prêtre uconférer le Baptême à jeun, revêtu d’une aube Sc d u )ieétole, hors les cas de nécessité.

Le Baptême a luccédé à la Circoncision, en ce st u . ele Baptême fait enfans de l’Eglisc ceux qui le rcÇ 01 ^vent, comme la Circoncision rendoit sujets de laSyfflgogue, ceux qui étoient circoncis ;& ìe Baptême d-P uJésus-Christ distingue les Chrétiens des InfideijÇ 5 »comme la Circoncision distinguoit les enfans m 3descendus d’Abraham des autres hommes.

On distingue trois sortes de Baptême. Le Bap’ c ^ grd’eau, dont nous avons parié ; le Baptême de sa n fle Baptême de feu. Baptismus suminis 3 Bap'ij !îiusanguinis 3 Baptismus fiaminis.

Baptême de feu. C’est un acte de parfait amour deD 1 ^'lequel joint à un désir véritable de recevoir leme 3 & une résolution de le recevoir en effet quand• le pourra, supplée au Baptême d’eau, Sc a les me’in .effets. On appelle ces actes Baptême de feu,mus fiaminis 3 c’est-à-dire, Baptême du S. Éfp IlC> i eBaptême de charité, d’amour de Dieu, parce p.feu est le symbole de la charité, & qu’en cas de n*- £)V.site, cet acte d’amour parfait supplée au B a p tcr! sJ 0 fi-force qu’un Infidelle adulte qui étant dans ces Áï P j rrions seroit surpris de la mort, fans pouvoir rf ^le Baptême 3 íeroit néanmoins justifié & ff uve j £S a „ce qu’a dit Cajetan, qu’un pareil souhait dansrens; (car on l'appelle aussi votum Baptismi -> \ e cc

hait du Baptême j résolution de le recevoir ) stvœu, dis-je, avec quelque bénédiction ou °b aPensant à Dieu, jointe à l’invocation de la ? aintC slC orcnité, peut suffire dans le danger pour un enfant e ^_ cdans le íein de fa mere , est une erreurautres par Alphonse de Castro adv. hœr. L-p /suiemot Baptismus ksr. q. On appelle aussi ce . yatcede feu 3 Baptême de délit, baptismus ’- n ? oí as 0 \uû oltque la charité parfaite emporte toujours la re ^q I jePtde garder tous les Commandemens Sc par c ° ncelui qui oblige de recevoir le Baptême . ç 4r ,G.On

Baptême du Martyre, ou le Baptême de - . JTl0 u-appeloitainsi le martyre des Catéchumènesba?-roient pour la cause de l’Evangile avant qu^ jj ell de

tisés. On crcyoit que lc martyre leur ten r-gflîostBaptême. Les premiers Chrétiens faifoien Fde désirer avec ardeur le Baptême de sang• j £ s-luL

Le Baptême est absolument néceflaire P°