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détrempée dans seau ; íì elles font bonnes, elles doiventdevenir jaunâtres : on les éprouve en frottant du pa-pier avec de la craie blanche, & en frottant ce mêmepapier avec quelqu'une de ces pierres : fi elles fontbonnes, les marques qu’elles y laisseront, feront vertes.On réprouve encore en le mettant fur un fer chaud ;s’il est bon , il ne souffrira rien ; s’il n’est pas bon, lefer le fera rissoler; ou bien en le mettant dans de l’eauaprès lavoir pelé , st après lavoir lailíe tremperdeux heures il ne perd rien de son poids, c est uneînarque assurée qu’il est bon 8c véritable, il fe fait ungrand débit de bézoard à la côte de Coromandel.
La qualité du bézoard consiste dans les sels volatilsalcali, dont il est formé, puilqu’il ne lest effective-ment que de la bile des animaux, (lest par-là qu’ildétruit les acides, & excite la transpiration; 8c fansaller chercher le bézoard si loin , toute pierre dú field’un animal en est un, quoique peut-être plus oumoins actif, íelon les différens animaux, 8c les diffe-rens climats où ils auront vécu. Le bézoard fe tire auísiquelquefois de quelques autres endroits que de la vé-sicule du fiel.
Il y a des bé^oard's de chèvre, de vache, qui nefont formés que par un amas du poil de lanimal, quien fe léchant les a enlevés avec fa langue; fa salive setrouvant pour lors visqueuse, colle ces poils les uns auxautres, lesquels forment en roulant dans Lestomac uneboule de différente figure, & qu’on nomme Agagropile.■dgagropila. Veschius a tait un traité fur cette matière.
H y a encore des b égards qu’on nomme fossiles,a cause qu’on les trouve dans la terre, 8c qu’ils ne fontproduits par aucun animal. Ces pierres íont rondes or-dinairement, ou arrondies; il s’en voit qui ont d autresfigures. Elles íont toutes composées de plusieurs cou-ches appliquées les unes fur les autres. Boccone en atrouvé en Sicile, 8c il en parle dans ses observations,& dans son Mus&um. On en a observé à Boutonet prèsde Montpellier : elles font là plus petites qu’en Sicile.
Ce qu’on nom me bézoard de Goa, est une composi-tion dont la baie, à ce qu’on prétend, est le bézoard.Cette pierre n’est point par couches, elle est fudorifi-que, on la tape dans les bouillons pour cet effet.
Dapper rapporte ,pag.s4Ó, que l’on dit que dans labasse Ethiopie, au Royaume de Congo, dans la tête decertains Eléphans, on trouve une espèce de pierre debézoard de couleur pourpre : qu’elle n’est pas trop dure,ôc qu’elle íert à teindre cn pourpre, 8c à des remèdes.
Le bézoard occidental, ou celui du Pérou, esttout-à-fait disterent, & fe trouve dans plusieurs animauxqui font particuliers en ce pays-là. Dans les uns le bé-\oard est de la grosteur d’une noiíette ; dans les autresgros comme une noix ; dans d’autres de la grosteurd’un œuf de poule. Quelquefois on en trouve trois ouquatre dans le même animal tout à la fois. On en trou-ve de figure ovale, d’autres qui font ronds, d’autresqui font presque plats ; les uns de couleur cendrée,d’autres de couleur fort obscure. Les animaux danslesquels on trouve cette pierre dans le Pérou, fonteeuxqu’on appelle Guanacos , Jachos , Vicunnas , í ara-guas. Les Taraguas portent les meilleurs. Le P. d’Oua-gìie dit qu’on en trouve aussi dans le Chili.
Quelques-uns disent qu’il y a un bé^oard de Persequi se trouve dans le corps des singes. Celui-ci est sifort, que deux de fes grains font autant d’effet que ladose ordinaire de celui des chèvres ; mais il est fortrare, & ces fortes de singes fe trouvent particulière-ment dans. l’île de Macassar.
Il y a austî un bé-\oard qu’on appelle à!Allemagne,qui est une pierre qui fe trouve dans le ventriculedes chamois. Pline dit qu’on en trouve auísi dans lesjeunes vaches, que Cardan appelle œufs de vaches. Ilest certain qu’on trouve également dans l’orient & dansl’occident quantité de be\oards qui viennent des va-ches. Il y en a qui pefent jufqu’à 18 onces; mais il estpeu estimé, & six grains de Lordinaire font plus d’effetque trente de celui-ci.
IW tholi n dit qu’en Dannemarc on en trouve souventdans l e ventre des moutons, & d’autres pierres qui feforment <i ans le ventricule ou dans les intestins desTomes,
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chevaux, qui chassent le venin des corps pestiférésqu’on préfère & compare au be\oard occidental. Celles*ci font comme des pelotes de poil, qu’on croit être.faites des restes des herbes qui n’ont pu être digérées iM. de Choisi, dans ía Relation de Siam , dit que lébé\oard vient dans le ventre dti hérisson, du singe,de la chèvre, & quelquefois de la vache, 8c que celuidu hérisson est le meilleur. Plus les bé^oards font gros,plus ils ont de valeur. Cependant les petits ont lesmêmes propriétés que les gros. U y a des personnes quilavent groísir le bézoard avec une certaine pâte com-posée de gomme, & d’une autre matière de couleurde bé^oard. Ils lui savent même donner autant d’en-veloppes que le naturel en doit avoir. La plupart desléopards qu’on trouve en si grand nombre, ne fontque des compositions faites avec des magisteres , de larue, du feordium, & d’autres semblables plantes qu’oit.fait être très-propres pour faire íher.
La véritable váletir du bézoard oriental ne consistéqtie dans fes propriétés médicinales. Postr cette raisonil est estimé au poids de lot, c’est-à-dire, à raison de40 ou 4y livres fonce : & pour loccidcntâl il n’excèdepas 1 o à 11 livres fonce, à moins qu il ne soit d’unegrosseur extraordinaire, auquel cas, pour la curiositéplutôt que pour futilité, il feroic vendit jiisqu’à zo Jiy.fonce. De Rosnel.
Ménage prétend qu’on a dit ce mot par corruptionpolir pa^ar, & qu’il vient de Pa^an, qui est le nomde l’animal qui le porte. Voisins de Idol. Liv. III ,ch. 68 , pag. j4.2 , est de même sentiment. Il dit queles Arabes ì'ivppoYiznihagerbe^ahar-, que quelques-unscroient avec plus de raison qu’il faut dire hel^oar, artlieu de be^ahar; ou plutôt encore belpa^ar, forme debel, Seigneur, & parçan , qui est le nom que les Ara-bes & ks Perses donnent à f espèce des chèvres qui léproduisent. Bochard croit qu’il vient d u Persan bed-iphard, qui signifie antidote contre les poisons , com-posé de bed 3 remède , & de tpibar , poison-, D’autresdisent qtìe be^ahard est un mot arabe, qui signifie con -servateur de la vie. D’autres disent que cette pierre estappelée des Hébreux ba^ar^ehar, c’est-à-dire, victo-rieuse du venin, ou bellabar, maître du venin. De-làvient qu’on appelle héqoardiques, tous les antidotes& contre-poisons. Clulms croit que bézoard vient dúmot indien, bavard , marché, forum , d’où l’on a faitbe\ard, 8c enfin bé\oard. Voyez Gardas ab Horto, quien fait une description particulière, 8c Anselmus Roo-tius ou de Root j Hifi. Gemman & lapid. Lib. Ilgcap. 1 p 1 , avec les notes que Tollius y a faites. Biendes Auteurs ont parlé des pierres de bé\oard , entr’au-tres Camille Léonard, Spec. Lap. Gareias, Liv. /,de Aromat. Hijlor. apud Indos. Christoplt, Aeosta/Lib. Arom. & Med. ìn Ind. Orient. Chapuzeau His-toire, des Joyaux . Voisins , de Idolol. L. III 3 chap 68Bézoard, en termes de Chimie, fe dit d’une pou-ce emenque eomgee avec f esprit de nitre & narfaitement adoucie pat plusieurs lotions qui ôtent la qua-lité purgative de 1 antimoine, & l a convertissent endiaphonique. On la nomme béroatd minéral ; àcauíe qù elle a de qualités bé^oardiques ; c’eíi à-dire *qu’elle fait íuer comme k pierre de lézard.
On appelle áuffi bé^oard jovial, une préparationqu °n fait de f étain. Voycq Etain.
Bézoard animal, est une poudre composée dû eœúè8>C du foie des vipères, pulvérisés ensemble.
BEZOABDIQUE, adj. m. & f. Q ui appartient au bé-ioard § 3 “ Qui tient du bézoard, 011 il entre du béo-\ard ou quelque chose qui lui en communique les pro-priétés. Re^ahardìcus 3 beioardicus , salarie us, bed-\aharicus. M. Boyle appelle le bézoard minéral 3minéral bé^oardique . Il a des qualités bépoardïqties.Les remèdes béioardiques font ceux qui ont la pro-priété de résister à k malignité du poison, & de lechasser. Il y a différentes préparations béioardiques enchimie. M. Harris en explique trois. Il appelle l’unebçioardicum joviale , f autre beioardicum lunale , 8clà troífièmc be^oar dïeum martiale , c’est-à-dire, hepau^dique de Jupiter, bé-teardiquc de k Lune, & b '
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