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CAFÉ, s. m. C à fie uni, Semence qui nous est apportéede l’Arabìe - Heureuse. On estime davantage celuiqui nous vient par le levant - , il est plus vert, pluspelant, & paroît plus mûr qúe celui de Moka, le-quel est plus gros, plus léger & plus blanchâtre. Onappelle case en coque , cette même semence renfer-mée dans ses enveloppes propres Sc communes ; 8ccafé mondé, celle qui en est dépouillée. L’épargnefait quelquefois substituer à cette semence celle depois, de fèves , de seigle , d’orge, espèces de semen-ces qui étant rôties ne fournissent pas une matièrehuileuse aussi agréable-, Sc en auííi grande quantitéque le café, L’arbre qui donne cette semence se peutnommer Casier, Yoyez ce mot.
Café , se prend aussi pour une sorte de boisson qui estdevenue familière en Europe depuis quelque temps ,Sc qui est en usage en Turquie depuis plus d’un sié-cle. Cafceutn , casa a , cafieus liquor. On ne fait pasLU vrai son origine. Le case fur découvert, au rap-port de Maronite Fausto Nayronrie , par le Prieurde quelques Moines, après qu’il eut etc averti parun homme qui gardoir des chèvres oú des chameaux,que quelquefois son bétail veilloit Sc sautoir toutela nuit après avoir mangé du cafe.^fT Ce Supérieur■en fit boire l’infuíìon à ses Moines pour les tirerde Fasso n p j fié ment où ils croient aúx offices duchœur pendant la nuit. Cettè origine de l’usage ducafé approche sort de la fable. D’autres disent qu’ilen faut attribuer la découverte à la piété d’un Mufti ;qui, pour feire de plus longues prières Sc pousserles veilles plus loin que les Dervis les plus dévots,en fit le premier Inexpérience.
Abdalcader , dont le manuscrit est à la bibliothè-que du Roi, ôc M. Galand, d’après lui, en rappor-tent une autre plus croyable, prise de Sehehabed-din, Auteur plus ancién & plus proche de Forigiriede l’usage du case . II dit qu’au milieu du IX e sièclede l’Egire, c'est-à-dire , duXV e deFère Chrétienne,Un certain Gcmaleddih, qui é'toit de Bhabhan , pe-tite ville de l’Arabie^-Heuieuse , Sc qui demeuròit àAden, ville Sc port fameux à l’orierit de l’emboU-^chute de la mer Rouge , faisant un voyage enPerse, f trouva des gens de son pays qui prenoieritdu case , &qui vanròient cette boisson. De retoura Aden , il etìt quelque indisposition , dont il fë per-suada qu’il seroìt soulagé , s’il ptenóit dit café. II ènprit, Sc s’en trouva bien. II reconnut, par expérience,<iu’il dissipoit les fumées qui appesantissent la tête ,qu’il inspitoit de la joie ; qu’il rendoit les entrailleslibres ; qu’il empêchoit de dormit fans qu'on enfût incommodé. Gemaleddin étóìt Mufti d’Aden ,Sc avoir accoutumé de passer les nuits en prièresavec les Dervis. Pour y vaquer àvee plus de libertéd’esprit , il leur proposa de prendre dii Café. Leurexemple mit le café en vogue à Aden. Les gens deloi, pour étudier ; les artisans, pour travailler ; lesvoyageurs, pour marcher la nuit ; enfin tous les habi-tans d’Aden en prirent. De-là il passa à la Mecque, oùles dévots d’abord , puis tout le monde en prit. Del’Arabie-Heureuse,il fut porté en Egypte & au Caire.L’an c-ry de FEgire , 1 ; 1 r de Fère Chrétienne,KhàieBeg ie défendit, parce qu’il crut qu’il énivroit, Scqu’on lui persuada qu’il portoit à des choses défen-dues, Sultan Cansou leva píesqu’aussitôt la défense.Le café passa d’Egypte en Sytie, Sc de-là à Constan-
v A?^ e ’ "^ es Lseïvis déclamèrent contre, parce que1 Alcoran dit que le charbon ne peut être mis aunombre des choses que Dieu a créées pour la nourri-tute de 1 homme. Le Mufti ordonna que les maisonsa cq/e scroient fermées. Un autre Mufti déclara quele ci, e n ctoir point du charbon. Les assemblées desNouvellistes , qui parloîent trop librement des af-faires d’Etat dans les cabarets à café, obliderent leGrand-Vílìt Cuproli, pendant la guerre de Candie,de supprimet ces maisons de café à Constantinoplefeulement. Cette suppression, qui dure encore,n’em-pêche pas qu’on n’en prenne publiquement danscette capitale. Quant à la France, c’est Thevenot
"" ^ Voyageur qui a le premier apporté le café à Paris,
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^ Le nom dc Café que nous dormons à cette liqueurSc à la semence avqc laquelle on la. fait, est origi-nairement Arabe. Les Turcs , dit M, Galland, leprononcent Cahueh , Sc les Arabes Cahouah , oúCahouè. C’est de ce dernier que nous avons fait lemot Case, en changeant F oudou , oii Vu Arabe,en f. Pour ce qui est de Forigine, ou plutôt de lalignification primitive de ce mot, on varie jusqu’àdire les deux contraires'. Cahouah, ou cdho'uek ,n’est pas un nom propre, c’est un nom générique,bu appellatis, selon M. Galland, dans le petit Traitéqne nous avons cité. Cdhoudh , vient d’un verbe,qui lignifie avoir du dégoût , ríavoir point d’appétit ;Sc c’est un des noíns que les Arabes donnent auvin , à caufe qu’il ôte Fappéti'r quand il est prisavec excès. Ainsi il faut que Cahouah vienne den,;, ou ip , ou r,p, qui est la même chose, Sc quìen Arabe Sc en Turc signifie avoir de l’averlìon ,du dégoût pont quelque chose ; & qui se dit desviandes-, Sc de tout ce qui le prend par la bouche.Au contraire Golius, Meninski Sc Castel disent queCahouah signifie ce.quì donne de l’appétit, quodappetentiam tibi adducit. Si après de telles auto-rités il étoit permis de proposer un autre sentiment,on diroit qu’il ne lignifie ni ce qui donne de l’ap-pétit, ni ce qui Fore, Sc qu’il ne vient point d£iip , ou , ou 'Dp, qui lignifie, avoir ou donnerdu dégoût , mais d e n p , ou iTjp , qui ligninedonner de la vigueur & de la force, fortifier, cor-roborare , robor dr S i confirmare^ ; que Ca-houah en Arabe 8c en Turc n’est autre chose que cequi fortifie, ce qui donne de la vigueur ; lignifica-tion qui convient très-bien .au vin Sc au café; Sc c’estun mor ordinaire chez les T ures aux gens de guerrequi boivent tous du vin fans scrupule, de dire qu’ilsle font, parce qu’il fortifie. .Quoi qu’il en soit, de cemot Cdhoueh s’est formé en Europe, le nom d c café,en changeant, comme il arrive très-souvent, le 1,c’est-à-dire, Vu en /. Au reste, les Mahométansdistinguent trois serres de Cahoueh , ou Cahouah.La première est le vin 8c route autre boisson quìenivre, dit M. Galland ; Golius , Gastel Sc Me-ninski n’y mettent que le vin. La seconde se faitavec les gousses ou les enveloppes qui renfermentle fruit du café , ou le bunn. La troisième se faitàvee ce fruit-là même. C’est celle qui est en usage enEurope, parce que les gousses ou enveloppes riesont pas propres à être transportées., ou ne se trans-portent point ici, car on dit qu’on en porte enTurquie, Voye^ ci-dessous café à là Sultane. Lacouleur brune Sc foncée de cette boisson Fá faitappeler d’abdrd fyrop de Mûre des Indes, & c’estsous ce nom spécieux qu’on commença à débiterà Paris cette boisson.
La préparation du café consiste dans ìe juste dé-gté de fa torréfaction Sc de son infusion. On brûle ,ou plutôt Fort rôtit cette, semence, ou, dans unepoêle de fer , ou dans ùn plat de terre , jusqu’à cequ’elle ait acquis également de tous côtés , tìnè cou-leur tirant fur le brun ; on en moût ensuite dans unmoulin à café jusqu’à la quantité. dont on doit seservir sur le champ. Ou fait bouillir dans une cafe-tière de l’eau à proportion du nombre Sc de lagrandeur des tasses que l’on doit en remplir, danslaquelle on jette le café moulu. Certaines maisonsont des mesures à case pour la juste quantité destasses d’eau dàns laquelle on doit l’infuser. Lorsqu’ilá bouilli suffisamment, on retire la cafetière du feu%Sc on laisse pendant quelque temps feposer l’infu-sion pour la verser à clair daris les tasses ; la coutu-me est de l’avaler le plus chaud que l’on peur ; lesuns le boivent fans sucre , Sc les autres y en mettentjstus ou moins. Les Tûtes ne se mettent pas enpeine d’en adoucir Famertume avec du sucre; Le$grands Seigneurs mettent dans chaque tasse unegoutte d’essence d’ambre. D’autres le font bouilliràvee deux cloux de girofle ; d’autres avec un peud’ariis des Indes, Sc d’autres avec du cac.ouleh ,qui est la graine du Cardamomum minas. Le café
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