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Tome second. [BOU - CRA.]
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est une des choses nécessaires que les Turcs soiitobliges de fournir à leurs femmes.

Beaucoup-de gens déjeunent avec une tasse decase 5c un morceau de pain. Dans la plupart desmaisons on íert le case immédiatement après le re-pas. Lc café fe prend poiuyáiiFcrcnrcs intentions :les uns en usent par amuíefticnt, par coutume ;les autres pour résister au sommeil ; beaucoup degens pour faciliter la digestion ; souvent différentespersonnes d’une même compagnie le prennent pouríe procurer des effets tout opposés. II sert d'amu-sement 6c d’entretien dans une longue conversa-tion , ou de prétexte pour se taire âvec bienséance.Mais les qualités les plus réelles que les Méde-cins lui reconnoissent, font de mettre lc sang enmouvement, moyen par lequel il tient éveillé ;de dissiper les migraines, & d’abforber les aigreursde Testomac. Le bon café contient des sels, dessoufres 6c des huiles capables de produire ces effets, !6c de rétablir un estomac dérangé. L s expérienceSl appris qu’il convient LUX personnes qui ont dei’embonpoint ; 8c qu’il nuit à celles qui sont sèches,maigres, 8c d’un tempérament bilieux, à ceux quidigèrent trop vîte, à ceux dont le sang circule tropvire, à ceux qui ont un crachement de sang pro-venant de quelques extrémités de veines, ou d’ar-tères trop ouvertes, ou d’un sang trop subtil 6c tropacre. Simon Pauli , Médecin Danois, a prétenduqu’il énerve les hommes 6c les rend inhabiles à la gc~

• nération. Une personne qui % demeuré quinze ansen Turquie m’a dit que les Turcs attribuent au caféle même effet, 6c qu’ils pensent que le grand usagequ’ils en font est la cause pour laquelle les provincesqu’ils occupent, autrefois si peuplées, le sont au-jourd’hui si peu. Bufour réfute cette opinion dansson Traité du Café, du Thé 6c du Chocolat.

Les personnes qui ne font pas accoutumées àcetteboiíibn, la trouvent amère, 5 c sont obligées d’ymettre beaucoup de sucre.

On n’a pas toujours rôti le café pour faire cette bois-son : il y a toute apparence qu’on s’est servi d’abordde cette semence bouillie dans de l’eau fans autrepréparation, 6c qu’on n’a pas eu de peine à aban-donner cette première, puisque le café rôti est beau-coup plus efficace 6c plus agréable.

C-e premier qui a écrit du café vers le IX e siècle , a etcZacharie Mahomet Rases ou Rasis , célèbre Mé-decin Arabe , puis Ebensina, dit Avicenne , Pros-per Alpinus, au Livre des Plantes d’Egypte, qui estle premier qui en a donné des nouvelles aux Eu-ropéens il y a plus d’un siècle. Avicenne en parledans le second Livre de son Canon , 6c en expliqueles qualités, Vestingius dans ses Observations, Bau-hin dans son Pinox. Olaìis "Wormius, Oléarius,. 5 cLéonard Rauwolf dans leurs Itinéraires ; Mollem-brok, Piétro délia Valle , Thévenot dans leursRelations. Simon Pauli en a condamné l’usagcdans un Commentaire contre le Thé 8c le Tabac, 6cil objecte qu’il énerve les hommes, comme témoi-gne Oléarius , 6e comme on l’a dit ci-dessus.

Les instrumens 8c les vaisseauxpropres à préparerle café, sont une poêle, ou un moulinet pour lerôtir, un moulin à moudre, une boete à conservercelui qui est moulu, une cafetière, un pet'.t four-neau, 8c un cabaret à café, composé de tasses avecleurs soucoupes, d’un sucrier, de petites cuillières6c des serviettes à café. Quelques gens font cuire leca se à un feu de lampe , 5c quelques autres à un feud’espric de vin. Le plus ordinairement c’est au feu ,sou bien sur un petit fourneau de fer dans lequel onallume du charbon.

Philippe Sylvestre du Four, dans son Traité , duCase, Thé, Chocolat, se sert du terme de torréfier1 c case. Dans l’usage ordinaire,on dit brûler le caft.Votre café n'est pas bien brûlé ; il est trop brûlé ;vous brûlez mal le case. Vous ne savez pas brûleriecafé. On dit aussi rôtir le café , du café bien rôti.On dit que le café est trop grillé, lorsqu’on l’a ré-duit en charbon ? 8 c qu’il, sont Peau froide, lorsqu’on

C A F

l’a versé dans l’eau fans qu’ellcait bouillie suffisam-ment. On appelle un case sort, lorsqu’on a misdans l’eau une quantité de café moulu plus grandequ’à l'ordinaire : 8c lorsqu’on n’en a pas mis assez,ou qu’il est éventé, ce qui en rend l’insuíîon moinschargce, on l’appelle café foible.

Càfe au lait est ou l’infusion que font quelques-uns ducs/è moulu dans du lait, ou le mélange d’une cer-taine quantité de lait ebaud fur une partie d’infulïondu café à l’eau, en y joignant si l’on veut du sucre.

On appelle case chocolaté, une infusion de café danSlaquelle oh a fait fondre 6c cuire un morceau dechocolat. Quelques Cafuistes soutiennent que socafé ne rompt pas le jeûne.

Café à la Sultane est l’infusion des coqites qui ferventd’enveloppe au café, laquelle est en usage en Tur-quie, où les Sultanes en ont introduit la mode, patInexpérience qu’elles ont qu’il échauffe moins quel’infusion de la semence même, 6 c qu’il rient leventre libre. Les coques ont été- appelées impropre»ment fleurs de café par nos François qui les ont ap-porté de Mocha. Voye^ la Bibliothèque Orientaitd’Herbelot au mot Cahua,

On mêle quelquefois avec le Café de la pelliculasine qui couvre immédiatement la fève, ensorteque quand le tout est bien préparé, on estime qusnulle boisson n’est comparable à celle-là. Nos Fran*cois qui, à la cour du Roi d’Yemen , chez les Gou-verneurs 6c les gens déconsidération, n’ont pointpris d’autre café , avouent que c’est quelque choiede bon ô£ de délicat. Ils ajoutent qu’il n’est pas né-cessaire d’y mettre du fuere, parce qu’il n’y a aucuneamertume à corriger, & qu’au contraire on sent unedouceur modérée qui fait plaisir. II y a beaucoupd'apparence qu’on ne peut guère la faire avecsuccès que fur les lieux ; car pour peu que les écor-ces dc café qui deja n’ont pas beaucoup de substance,quand elles sont trop sèches, soient transportées otfgardées, elles perdent beaucoup de leur qualité,qui consiste principalement dans la fraîcheur. Poufpréparer le café à la Sultane, on prend l’écorce duCafé parfaitement mûre , on la brise 6c on la metdans une petite poêle ou terrine, fur un feu dscharbon, en retournant toujours en sorte qu’ell®ne íe brûle pas comme le café, mais feulementqu’elle prenne un peu de couleur. Eu même temp*on fait bouillir de l’eau dans une cafetière ; & quandl’écorce est prête, on la jette dedans avec un quartau moins de la pellicule, en laissant bouillir le roufcomme le café ordinaire. La couleur de cette bois-son est semblable à celle de la meilleure bierrsd’Angleterre. On garde ces écorces dans des lieu*fort secs & bien enfermés ; car l’humidité lentdonne un mauvais goût Voyage de P Arabie HeU'reufe,p. 187 8c fuiv.

Les Orientaux prennent le café fans sucre & dan?de fort petites taises'. II y en a parmi eux qui sonsenvelopper la cafetière d’un linge mouillé en la re-tirant du feu ; ce qui fait précipiter le marc incon-tinent , & rend la boisson plus claire ; il fe fait aussipar ce moyen-là une petite crème au-dessus, &lorfqu’on le verse dans la taíïè , il fume beaucoupdavantage, 6c forme une espèce de vapeur graíîe,qu’ils fe font un plaisir de recevoir , à cause des bon-nes qualités qu’ils lui attribuent.

Voici une nouvelle manière de préparer le caft ,inventée par M. Andry , docteur de la faculté àfPâtis , 6c expliquée dans son Traité des alimens d fCarême:. Jufqu’ici on n’a reconnu qu’un moyenfe servir du café, qui est de le brûler. II y en a u stautre néanmoins auquel il est étonnant qu’on n’aj cpas encore pensé , c’est de tirer la teinture du caft »comme celle du thé, & d’en faire, par cette mé-thode toute simple, une boisson d’autant plus sa-lutaire, qu’on n’y peut rien soupçonner d’aduísoj6c que de plus elle doit contenir un extrait nature*de ce qu’il y a dans le case de moins fixe 6c de ph !Sétheré, c’est-à-dire, la partie la plus mçrcurieiso*